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COMMENT MZEE LAURENT DESIRE KABILA A ABORDE L’EPINEUX PROBLEME DES TUTSI CONGOLAIS
Ce discours de Mzee Laurent Désiré Kabila prononcé devant la communauté congolaise venue l’accueillir lors de son passage à Bruxelles le 26 novembre 1998, est encore d’actualité.
Discours d'un homme libre
26 novembre 1998
Écoutons Laurent Désiré Kabila:
«Nous venons de séjourner quelques 48 heures ici. Notre propos était de dire aux autorités belges qu’elles ne doivent pas demeurer passives devant la violation flagrante de la charte des Nations Unies, devant l’agression que subit notre pays, la ménace de la perte de notre souverainété et de notre indépendance; et nous avons démandé aux autorités belges de péser de tout leur poid auprès d’autres décideurs de la communauté internationale et en particulier de l’Union Européenne afin de faire respecter le droit du peuple Congolais; d’exiger le rétrait des troupes d’occupation de notre territoire.
Nous avons informé à tous ceux que nous avons rencontrés qu’il ne faut pas confondre l’agression venue de l’éxterieur et ceux qu’ils appellent être «la rébellion interne».
Tout le monde sait que trois semaines après que les agresseurs ait lancé leurs troupes contre notre territoire, ces envahisseurs parlaient encore moins des rebelles. Ce n’est qu’après qu’ils se sont rendus compte qu’ils ne peuvent pas renverser le gouvernement légitime du Congo après trois semaines de résistance, qu’ils ont accouru à une tactique célèbre vraiment ordinaire et bien connue en politique: récruter des farfélus un peu partout. Ils ont créee ce qu’ils s’accordent maintenant d’appeler une rébellion.
Ces gens tout le monde les connaissent. Nul n’a vu le pauvre Wamba qui était à l’université de Dar-Es-Salam, physiquement affaibli (applaudissements) avoir la force de commander même deux soldats quand on l’a vu. Il n’y a jamais songé d’ailleurs. On a vu Zahidi Ngoma, prisonier, pardonné, malade. L’Unesco m’écrivant d’avoir pitié de cet homme, et je l’ai confié à mon directeur de cabinet [Mr Abdoulaye Yerodia Ndombasi] ici présent pour qu’on l’accompagne à l’avion. N’est ce pas Monsieur [Mr Abdoulaye Yerodia Ndombasi]? (rire). Et tout cela dans une chaise roulante. Quelques jours après, ce Monsieur est dit être un général, avoir une armée. Et je ne pense qu’en France on lui a donné une armée?! Il n’avait pas d’armée en France, il n’en avait pas au Congo. Ce sont ces gens que les envahisseurs disent qu’ils ont devenus des responsables d’une rébellion!
Les autres vous les connaissez! Nos frères qui ne tarrissent pas d’ardeur bien qu’ils aient été pendant plus de 30 ans au pouvoir. Ils réfusent de prendre congé et veulent continuer pour faire voir ce qu’ils ont déjà fait voir à tout le monde. Ils des noms, Tambwe Mwamba et autres. Et lui aussi, je pense, vous qui êtes ici, parcequ’il a toujours été ici, vous ne connaissez pas s’il a même un seul bataillon! Il ne peut pas l’avoir ici, non? (NON! repond l’assemblée). L’a-t-il ici là? (NON! repond l’assemblée). Dans quelle forêt ici, où est ce qu’on fait le maquis ici? (rires). Alors brusquement, ils sont présentés comme des généraux d’une armée qui s’est révoltée contre Kabila. Pas contre Kabila, bien sure, ils se trompent, mais tout ce que nous disons, ces frères-là ont été utilisés par les envahisseurs pour cacher leur motivation.
L’agression, vous le connaissez, a une motivation économique. Tous ces pillages fait à l’est: des mines, du cafés, mais c’était la raison de nos mésattentes avec nos anciens alliés.
L’autre motivation c’est de prendre le peuple Congolais pour un peuple mineur, et lui dire ce qu’il doit faire.
Et Museveni l’avait dit à la délégation des ministres des affaires étrangères de la SADC que le Congo a besoin d’un dirigeant faible, Kabila est trop fort. On lui dit fait ceci, il réfuse.
Et qu’est ce qu’on nous disait de faire? De donner à Museveni et à ses frères des concessions parcequ’ils s’y trouvaient déjà. Je ne sais pas s‘ils coopéraient avec les autres, les Mobutistes avant! Ils avaient des concessions, on leur disait maintenant allez régulariser votre situation au ministère des mines. Pour eux, c’était là des insultes. Ils avaient droit d’avoir des concessions au Congo, on a dit. Monsieurs, ce n’est pas possible. Le droit de frauder le café, le bois, la papayer, l’or… Et comme on ne pouvait accepter que ces choses se fassent autrement que par le canal légal établi, c’était une source de mésattente.
Enfin, l’expansion territoriale est une autre motivation. L’empire Hima-Tutsi a besoin des territoires, des terres Congolaises. Et vous savez que nous ne sommes pas d’accord. Je viens d’apprendre ici que vous n’êtes pas d’accord non plus.
Alors, cette guerre qu’on nous impose est une guerre injuste. Nous devons la dénoncer. Nous sommes venu la dénoncer parcequ’il y avait une duplicité dans l’attitude de beaucoup de pays de la communauté internationale.
Vous savez, même si le progrès est déjà fait pour reconnaitre que nous sommes victimes d’une agression, mais cette attitude est tellement molle, elle n’est pas energique. C’est une attitude qui ne va pas [même après le tout dernier rapport des experts de l’ONU] jusqu’à l’exigence de dire aux aux agresseurs: parce que vous avez reconnu – ils l’ont fait eux mêmes - que vous êtes sur le territoire Congolais et personne ne vous y a invité, retirez-vous! Cette exigence est très importante pour notre cas. Il faut rappeler que ce sont des pays membres de l’ONU, membres de l’OUA qui, avec leurs armées, ont envahi la terre Congolaise. Dans le cas de Koweit, tout le monde le sait, on a pas demandé aux Koweitiens de discuter avec les Irakiens. Nous avons vu tous, une armada pour aller rétablir l’ordre! Dans notre cas, on nous dit: négotier avec l’agresseur. Partant de tous les examples que nous avons donnés, dire à une victime dans les crocs d’un crocodile de négotier avec le crocodile qui veut la dépecer, ce n’est quand même pas de l’indulgence de la part de la communauté internationale!
C’est pourquoi à Kinshasa, il est difficile de tenir un autre langage que le langage de solidarité de tout un peuple. Contrairement à ce que j’ai écouté quelque part là, c’était où ça, à Gants où j’ai trouvé un groupe de Congolais qui criaient: «Kabila assassin, il a tué les enfants des Tutsi». Alors que je n’en ai tué même pas un seul. J’étais à [Yuri?] et j’ai voulu réfuser d’aller, parceque ça, ce sont des insultes unutiles! Des gens irresponsables, réfugiés ici, loin de chez eux, ils ne connaissent pas la réalité. Et ils insultent des gens parce que les Tutsi leur mettent la vérité dans la bouche, leur vérité à eux! Le pays est occupé par les Tutsi qui assassinent, et vous savez, Museveni a envoyé dans de pays là, 1.500 soldats sero-positifs! Pour faire quoi? Pour faire quoi? Pour continuer le génocide [de plus de 5 millions de Congolais]! C’est une maladie comme une autre bien attendu, mais choisir ces gens là pour les envoyez au Congo, quelle est l’intention de ce diable là! Et ce pétit Monsieur que j’ai vu là nous insulter, j’aimerais bien qu’il aille crier ça à Kinshasa, il ne serait même pas écouté (applaudissements, chants en choeur).
Et s’ils ne savent pas parcequ’il y a des télévisions. On a vu le dimanche passé, l’ambassadeur de Belgique, qui avait plus de 29 Tutsi chez lui. Le Gouvernement de Salut Publique a donné une protection de plus de trois mois à ces gens là. L’ambassadeur de la Belgique est sorti avec ces gens là, mon directeur de cabinet, l’inspecteur de la police, l’ANR, le Ministre des Droits Humains She Okitundu, on les a vu accompagner ces Tutsi, très contents, qui se sont exprimé à la télévision nationale pour dire qu’ils regrettent de quitter leur pays, que ces gens là - les Kagame, donc ils parlent de Kagame – sont venus leur créer des difficultés, ils étaient bien et ils sont tous là. Maintenant que je vous parle, les Tutsi sont entrain d’être nourris par les soldats à Kinshasa. Ils sont nourris et protégés. On les dit, bon rentrez chez vous à la cité. Ils nous disent qu’ils ne peuvent pas rentrer parcequ’ils seront massacrés par la population. Alors comme nous ne pouvons pas mettre un soldat pour surveiller chaque Tutsi, il faut quand même qu’ils soient protégés. Et nous le faisons. La Croix Rouge est présente, temoin. On les nourris.
Mais maintenant là, c’est nous qu’on accuse d’assasiner les Tutsi, nous on ne l’a jamais fait. Et que dire de ceux qu’ils ont déporté à Bukavu, les notres. Qui connait où ils sont? Ces gens là aiment le sang (le génocide ce n’est pas Congolais, intervient quelqu’un dans l’assemblée). Il a bien dit, le génocide, ce n’est pas Congolais. Ce n’est pas dans nos traditions. Ça n’a jamais été dans nos traditions (applaudissements, chants en choeur). Ils ont déporté des gens, tué chez nous.
Quand le Saint Siège a appri les chrétiens dans l’église de Kasika avec le prélat, on en a parlé dans le monde. Et tous les autres qui sont massacrés partout. On en parle pas. Chaque jour ils tuent. Ils ont la haine des Congolais. Qui en parlent! Qu’avons-nous fait au monde?! Et surtout au monde occidental pour être si neutre (applaudissements).
Nous mêmes, quand nos soldats meurent, nous les enterront avec diginité. Mais, Kagame, le sanguinaire, un sadique, a donné l’ordre à ces soldats, il y a de ce la deux semaines: «Si un soldat Tutsi tombe, coupez! Coupez la tête! Et ceux qui étaient tués à Kabalo, on les a vus, ils avaient encore des têtes. Et comme la guerre se poursuivait, il sont venus avec détente, ils répoussent la compagnie qui était à l’aéroport de Kabalo, juste pour venir s’occuper des coupe-coupes de têtes. On a trouvé plus de 89 corps des soldats Tutsi sans têtes. Où ont-ils améné des têtes des Tutsi? [aux mausolées de Kigali?]. Et tout ça pour dire après qu’on a tué les Tutsi, voilà ceci, voilà cela. Mais ces gens sont des sanguinaires. Ils n’ont même pas peur de couper les têtes des morts (rires). Mais ils sont formidables. Eux en ont l’habitude, parceque c’est dans leur tradition. Si vous avez une tradition pour manger de la viande crue, vous la mangerez toujours. Et si vous avez l’habitude d’egorger les gens, vous le fairez. C’est pourquoi, couper la tête d’un mort, pour eux ça ne pose aucun problème.
Nous avons en face ce genre de personnes. Donc, j’espère que vous suivez ce qui se passe au pays. La résistance est là. Que vous soyez du Kivu, du Maniema, la résistance est nationale. Comme je vous ai dit ici, vous devez lutter vous Congolais, parce qu’en résistant, si vous contre-attaquer, on vous dit vous voulez faire le génocide. Mais qu’est ce qu’il faut faire alors! Il faut laisser les Tutsi occuper notre pays? C’est ce qu’ils disent. Oh, on veut commettre des génocides en prévision de la réponse musclée de notre peuple à l’agression. Ils disent, oh, nous préparons le génocide. A un ceratin moment ils disaient nous sommes des génocidaires. Tantot, ils disent parceque nous préparons le génocide, ils sont venus empêcher le génocide. Donc le génocide n’a pas encore commencé et en même temps nous sommes des génocidaires. Nous ne sommes génocidaires de personnes et nous ne le serons jamais. Mais on ne va pas laisser les étrangers venir occuper le pays d’autrui et si on veut les répousser, on devient génocidaire.
Qu’est ce que cela signifie? On veut faire de nous ce qu’on a fait des Hutu chez eux. Tous les Hutu, femmes, enfants, vieillards, on les appelle génocidaires. Tout un peuple, 85% de la population rwandaise Hutu ne sont que des génocidaires? Et la communauté internationale est là, calme (applaudissements).
Oui, naturellement, mon directeur de cabinet me disait ce qu’il a attendu ce matin lorsqu’un responsable politique d’ici me disait hier: «Mais, Mr le Président, pourquoi vous identifier l’ennemi avec les Tutsi, avec une ethnie?»
Mais au Rwanda, il n’y a qu’une seule armée mono-ethnique composée de Tutsi. Comment allez-vous les appelés? (rires). J’ai dit: trouvez-moi le nom que vous donnerez à l’armée des Tutsi [qui vient chez nous, à la recherche de l’or, du diamant, de la cassiterite, du bois et des terres]. Il n’a pas eu de réponse! On n’identifie pas l’ennemi avec une ethnie. Mais quand une ethnie constitue une armée, mais c’est l’armée de cette ethnie là! (rires). Et comment va-t-on les appeler? En tous cas les Hutu ne sont pas dedans. Vous voyez que les Hutu sont victimes d’une injustice car ils ne sont pas tous génocidaires. Et nous on les a vus être massacrés à l’Équateur. Quand on a dit à Kagame «STOP». Il ne faut pas…! Il a cru que nous avons viré les alliances. Je lui ai dit qu’il ne faut pas tuer des gens qui ne se défendent pas.
Le Congo doit avoir sa conscience tranquille. Il est en rétard de dévelopement, tout le monde le sait. Nous n’avons pas le temps de nous occuper des affaires des Rwandais. Nous n’irons pas la-bas. Le contraire ce n’est pas possible. Voyez-vous? (rires). Allez chercher quoi! Qu’est ce qu’on va chercher la-bas! (applaudissements). Je ne vois pas ce qu’il faut aller chercher la-bas. Ils ont du café, nous aussi nous avons du café. Ils des bananes, nous en avons nous aussi. Et puis quoi encore? (rires). Il n’y a plus rien! C’est que les Congolais ne peuvent pas aller massacrer les gens sans motifs. Le malheur est que notre sous-sol est trop riche. C’est pourquoi nous sommes convoités. Je ne nous vois pas aller faire des aventures inutiles ailleurs. Nous sommes assez occupés chez nous et nous avons assez de choses à faire.
Alors, mes amis, restons unis. Et parceque nous avons besoin de cette unité, demeurez solidaires face à nos ennemis, grands et pétits. La raison est de notre côté. Et puis notre pays est riche. S’il n’y a pas de guerre, vous avez vu quand on a commencé la reconstruction. On a nettoyé Kinshasa et autres rien qu’avec l’argent de chez nous. Et nous continuerons à faire ces choses là. On va faire de ce Congo un grand pays démocratique, un pays prospère. (applaudissemnts). Restez vigilants. Criez fort que vous êtes victimes d’une injustice et la communauté internationale doit la réparer. Je vous remercie.»
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