The Congo Panorama ~ Le Panorama Congolais
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Le Président Joseph Kabila se prononce sur toutes les questions de l'heure. Neamoins, il est estimé que l'époque des dons présidentiels toujours détournés doit être révolue:
 
La privatisation du Congo s'accèlere:

Les princes du mobutisme et l’avenir de notre pays, commentaire critique de Kâ Mana

Kengo wa Dondo doit répondre aux crimes suivants:
 
L'implantation militaire des puissances occidentales sur le continent africain pour controler les matières prémières, une réalité évidente!

De la Françafrique à la Mafiafrique: François-Xavier Verschave. Entretien avec Enrico Porsia.

 
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Video Choc: Assassinat barbare, sauvage et terroriste de Patrice Lumumba!

VIDEO SHOCK: Watch Patrice Lumumba's savage and terrorist assassination here!

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Hommage à un veritable révolutionaire Lumumbiste: Léopold Amisi Soumialot parle de son défunt père, Gaston Soumialot.

Video: Ecoutez la voix de Gaston Soumialot ici.

Video: Le film réalisé par Jihal El Tahri et intitulé "L'Afrique en Morceaux: La tragédie des pays de la Région des Grands Lacs" desormais discrédité.

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Video: Mobutu ou les 32 ans de démagogie, de kléptocratie, de terreur et de prédation! Film réalisé par Thierry Michel

Regardez-le ici! Mais attention! Ce film contient des mensonges, surtout à propos de Lumumba!

 
Congo at the ICJ ~ Verdict de la CPI
 
Horribles Photos du genocide au Congo: sickening photos of the genocide of the Congolese people committed by Rwandans, Ugandans and Burundians, backed by Western superpowers and multinationals.
 
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Trois discours clés sur le panafricanisme par Patrice Lumumba, le porte-drapeau de "la libération africaine et du panafricanisme", lesquels sont aujourd'hui bafoués à la suite de l'agression contre le Congo par la coalition anglo-américano-rwando-ougando-burundo-sud-africaine

Comme si Patrice Lumumba a prevu l’agression anglo-américano-rweando-ougando-burund—sud-africaine contre le Congo:

«Nous connaissons l’objectif de l’Occident: Hier, il nous divisait au niveau des tribus, des clans, des chefferies. Aujourd’hui – parce que l’Afrique se libère – il veut nous diviser au niveau des États. Il veut créer des blocs antagonistes, des satellites, et à partir de cet état de guerre froide, accentuer les divisions afin de maintenir sa tutelle éternelle», a-t-il déclaré.

«Tous, en militants de l’Unité Africaine, ont répondu «Non» à l’étranglement de l’Afrique. Tous, ont immédiatement compris que les colonialistes, par leur entreprise de reconquête, remettent en question non seulement l’indépendance réelle du Congo, mais aussi l’existence de tous les pays indépendants d’Afrique. Tous ont compri que si le Congo meurt, toute l’Afrique bascule dans la nuit de la défaite et de servitude.»

Les discours suivants ont été compilés par Antoine Roger Lokongo, Editeur du site Internet www.congopanorama.info

DISCOURS PRONONCÉ PAR P. LUMUMBA, PRÉSIDENT DU MOUVEMENT NATIONAL CONGOLAIS A LA CONFÉRENCE D’ACCRA LE 11-12-1958

Pour la prémière fois dans l’histoire du Congo, des militants noirs particiapaient à une conférence internationale panafricaine. A la suite de l’Exposition Universelle de Bruxelles en 1958, les Congolais avaient exercé une pression décisive qui ébranla le paternalisme belge. Malgré l’opposition de l’administration coloniale, le Gouverneur Général, sur Conseil de Bruxelles, autorisa le départ d’une délégation à Accra. Une ère nouvelle commençaient au Congo de l’Afrique, par la voix de Lumumba, allait entendre ce éveil d’un peuple qui, deux ans plsu tard, suscitera des remous à l’échelle mondiale.

Nous remercions les organisateurs de la Conférence du Rassemblement des Peuples Africains de l’aimable invitation qu’ils ont voulu adresser à notre mouvement. Nous tenons à rendre hommage à Son Excellence le Premier Ministre N’Krumah et au peuple ghanéen, pour l’accueil fraternel qu’ils nous ont reservé.

Nous remercions également les représentants des peuples indépendants ic présents, pour la défense qu’ils n’ont cessé de prendre en faveur du Congo dans les assisses internationales. Qu’ils trouvent ici, au nom de tous nos compatriotes, l’expression de notre sincère gratitude.

SITUATION ACTUELLE AU CONGO

Jusqu’à la fin de l’année dernière, il n’existait aucun conseil délibératif au Congo. Tous les organes du Pays étaient – et sont encore – consultatifs.

Depuis le mois de janvier de cette année, une modification fut apportée dans la structure politique du pays, notamment par la création des communes dans certaines villes du Congo. Une législation similaire a été votée et sera mise en application dans les circonscriptions rurales dans le courant de l’année prochaine.

Mais les nouveaux décrets sur l’organisation des villes et des circonscriptions ne consacrent pas encore une autonomie complète à ces institutions. Dans les conseils des villes, comme dans tous les autres organes consultatifs du pays, il a été institué un système de représentation paritaire entre la minorité européenne et la majorité africaine. Ce qui, inutile de le souligner, est antidémocratique.

Se rendant compte de l’évolution acquise par les populations et des révendications maintes fois formulées par les administrées, la Belgique a envoyé dernièrement une commission chargée de s’informer, sur place, des aspirations du peuple.

Nous croyons, pour notre part, qu’à cette occasion, le pays s’est prononcé en faveur de l’auto-determination. Le gouvernement belge a promis de se prononcer solennellement à ce sujet, le mois prochain.

NOTRE PAROGRAMME D’ACTION

Le «Mouvement National Congolais», que nous répresentons à cette grande conférence, est un mouvement politique, constitué à la date du 5-10-1958. Cette marque, pour le peuple Congolais, une étape décisive dans la voie de son émancipation. C’est vous dire avec quelle sympathie la naissance de notre mouvement a été accueillie par la population.

Notre mouvement a pour but fondamental la libération du peuple Congolais du régime colonialiste et son accession à l’indépendance. Nous fondons notre action sur la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme – droit garantis à tous les citoyens de l’humanité par la Charte des Nations Unies – et estimons que le Congo, en tant que société humaine, a le droit d’accéder au rang des peuples libres.

Nous désirons voir établir dans notre grand pays un État démocratique moderne, assurant la liberté, la justice, la pix sociale, la tolérance, le bien-être et l’égalité des citoyens, sans discrimination aucune.

Dans une motion que nous avons adressée récemment au ministre du Congo, à Bruxelles, nous avons clairement stipulé – et beaucoup d’autres de nos compatriotes l’on également fait -, que le Congo ne pouvait plus être considéré comme une colonie, ni d’exploitation ni de peuplement, et que son accession à l’indépendance était la condition sine qua non de la paix.

Dans notre action pour la conquête de l’indépendance du Congo, nous n’avons cessé de proclamer que nous n’étions contre personne, mais uniquement contre la domination, les injustices et les abus, et nous voulions tout simplement nous libérer des entraves du colonialisme avec toutes ses conséquences.

Ces injustices et l’idiot complexe de supériorité qu’affichent des colonialistes, sont, comme cela ressort clairement des rapports troublants des autres délégués, à la base du drame de l’Occident en Afrique.

En plus de cette lutte pour la libération nationale dans le calme et la dignité, notre mouvement s’oppose de toutes ses forces à la balakanisation du territoire national sous quelque prétexte que ce soit.

De toutes les interventions qui ont précédé la nôtre, il s’est dégagé une chose pour le moins curieuse et à laquelle n’a échappé aucun peuple colonisé: c’est la patience et cette bonté de coeur proverbiales dont les Africains ont fait preuve dépuis des millénaires et ce en dépit des vexations, des exactions, des discriminations, des ségrégations et des tortures de tous genres.

Le souffle libérateur qui traverse actuellement toute l’Afrique ne laisse pas le peuple congolais indifférent. La consscience politique, qui, jusqu’à ces dernièrs moments, était latente, se manifeste, s’exteriorise et s’affirmera davantage dans les mois à venir. Nous sommes ainsi assurés de l’appui des masses et de la réussite dans les efforts que nous entreprenons.

Cette conférence historique, qui nous met en contact avec les hommes politiques qualifiés de tous les pays africains et du monde entier, nous révèle une chose: malgré les frontières qui nous séparent, malgré nos differences ethniques, nous avons la mêmes conscience, la même àme qui baigne jour et nuit dans l’angoisse, les mêmes soucis de faire de ce continent africain un continent libre, heureux, dégagé de l’inquiétude, de la peur de toute domination colonialiste.

Nous sommes particulièrement heureux de constater que cette conférence s’est fixé comme objectif: la lutte contre tous les facteurs internes et externes qui constituent un obstacle à l’émancipation de nos pays respectifs et à l’unification de l’Afrique. Parmi ces facteurs, on trouve notamment le colonialisme, l’impérialisme, le tribalisme et le séparatisme réligieux qui, tous, constituent une entrave sérieuse à l’éclosion d’une société africaine harmonieuse et fraternelle.

C’est pourquoi nous crions vivement avec tous les délégués:
A bas le colonialisme et l’impérialisme
A bas le racisme et le tribalisme
Et vive la nation congolaise, vive l’Afrique indépendante.



EXPOSÉ DE PATRICE LUMUMBA A LA SÉANCE DE CLOTURE DU SÉMINAIRE INTERNATIONAL D’IBADAN (Nigeria) le 22-3-1959, ORAGNISÉ PAR LE CONGRES POUR LA LIBERTE DE LA CULTURE DE L’UNIVERSITÉD’IBADAN

Je remercie le «Congrès pour la Liberté et la Culture» et l’Université d’Ibadan pour l’aimable invitation qu’ils ont bien voulu m’adresser pour assister à cette Conférence Internationale où l’on discute du sort de notre chère Afrique.

C’est une satisfaction pour moi de rencontrer ici plusieurs Ministres Africains, des hommes de lettres, des syndicalistes, des journalistes et des personnalités internationales, qui s’intérêssent aux problèmes de l’Afrique.

C’est par ces contacts d’homme à homme, par des rencontres de ce genre que les élites africaines pourront se connaître et se rapprocher afin de réaliser cette union qui est indispensable pour la consolidation de l’unité africaine.

En effet, l’unité africaine tant souhaitée aujourd’hui par tous ceux qui se soucient de l’avenir de ce continent, ne sera possible et ne pourra se réaliser que si les hommes politiques et les dirigeants de nos pays respectifs font la preuve d’un esprit de solidarité, de concorde et de collaboration fraternelle dans la poursuite du bein commun de nos populations.

C’est pourquoi, l’union de tous les patriotes est indispensable, surtout pendant cette période de lutte et de libération. Les aspirations des peuples colonisés et assujettis sont les même; leur sort est également le même. D’autre part, les buts poursuivis par les mouvements nationalistes, dans n’importe quel territoire africain, sont aussi les mêmes. Ces buts, c’est la libération de l’Afrique du joug colonialiste. Puisque nos objectifs sont les mêmes, nous atteindrons facilement et plus rapidement ceux-ci dans l’union plutôt que dans la division. Ces divisions sur lesquelles se sont toujours appuyées les puissances coloniales pour mieux asseoir leur domination, ont largement contribué – et elles contribuent encore – au suicide de l’Afrique.

Comment sortir de cette impasse? Pour moi, il n’y a qu’une seule voie. Cette voie, c’est le rassemblement de tous les Africains au sein des mouvements populaires ou des partis unifiés. Toutes les tendances peuvent coexister au sein de ces partis de regroupement national et chacun aura son mot à dire tant dans la discussion des problèmes qui se posent au pays, qu’à la direction des affaires publiques. Une véritable démocratie fonctionnera à l’intérieur de ces partis et chacun aura la satisfaction d’exprimer librement ses opinions.

Plus nous serons unis, mieux nous resisterons à l’oppression, à la corruption et aux manoeuvre de division auxquelles se livrent les spécialistes de la politique du «diviser pour régner»

Ce souhait d’avoir de nos jeunes pays des mouvements ou des partis unifiés ne doit pas être interpreté comme une tendance au monopole politique ou à une certaine dictature. Nous sommes nous mêmes contre le despotisme et la dictature.

Je veux attirer l’attention de tous qu’il est hautement sage de déjouer, dès le début, les manoeuvres possibles de ceux qui voudraient profiter de nos rivalités politiques apparentes pour nous opposer les uns aux autres et retarder ainsi notre libération du régime colonialiste.

L’expérience démontre que dans nos territoires africains, l’opposition que certains éléments créent au nom de la démocratie, n’est pas souvent inspirée par le souci du bien général; la recherche de la gloriole et des intérêts personnels en est le principal, si pas l’unique mobile.

Lorsque nous aurons acquis l’indépendance de nos pays et que nos institutions démocratiques seront destabilisées, c’est à ce moment là seuelement que pourrait se justifier l’existence d’un régime politique pluraliste.

L’existence d’une opposition intelligente, dyanmique et constructive est indispensable afin d’équilibrer la vie politique et administrative du gouvernement au pouvoir. Mais ce moment ne semble pas encore venu et ce serait desservir le pays que de diviser aujourd’hui nos efforts. Tous nos compatriotes doivent savoir qu’ils ne serviront pas l’intérêt général du pays dans des divisions ou en favorisant celles-ci, ni non plus dans la balkanisation de nos pays en de pétits états faibles. Une fois le territoire national balkanisé, il serait difficile de réinstaurer l’unité nationale. Préconiser l’unité africaine et détruire les bases mêmes de cette unité, n’est pas souhaiter l’unité africaine.

Dans la lutte que nous menons pacifiquement aujourd’hui pour la conquête de notre indépendance, nous n’enetendons pas chasser les Européens de ce continent ni nous accaparer de leurs biens ou les brimer. Nous ne sommes pas des pirates, Nous avons au contraire, le respect des personnes et le sens du bien d’autrui.

Notre seule détermination – et nous voudrions que l’on nous comprenne – est d’extirper le colonialisme et l’impérialisme de l’Afrique. Nous avons longtemps souffert et nous voulons respirer aujourd’hui l’air de la liberté. Le Créateur nous adonné cette portion de la terre qu’est le continent africain; elle nous appartient et nous en sommes les seuls maîtres. C’est notre droit de faire de ce continent un continent de la justice, du droit et de la paix.

L’Afrique toute entière est irrégistiblement engangée dans une lutte sans merci contre le colonialisme et l’impérialisme. Nous voulons dire adieu à ce régime d’assujetissement et d’abâtardissement qui nous a fait tant de tort. Un peuple qui en opprime un autre n’est pas un peuple civilisé et chrétien.

L’Occident doit libérer l’Afrique le plus rapidement possible. L’Occident doit faire aujourd’hui son examen de conscience et reconnaître à chaque territoire colonisé son droit à la liberté et à la dignité. Si les gouvernements colonisateurs comprennent à temps nos aspirations, alors nous pactiserons avec eux, mais s’ils s’obstinent à considerer l’Afrique comme leur possession, nous serons obligés de considérer les colonisateurs comme ennemis de notre émancipation. Dans ces conditions, nous leur retirons avec regret notre amitié.

Je me fais le devoir de remercier ici publiquement tous les Européens qui n’ont ménagé aucun effort pour aider nos populations à s’élever. L’humanité toute entière leur saura gré pour la magnifique oeuvre d’humanisation et d’émancipation qu’ils sont entrain de réaliser dans certaines parties de l’Afrique.

Nous ne voulons pas nous séparer de l’Occident, car nous savons bien que qu’aucun peuple au monde ne peut se suffire à lui-même. Nous sommes pratisans de l’amitié entre les races, mais l’Occident doit répondre à notre appel.

Les Occidentaux doivent comprendre que l’amitié n’est pas possible dans les rapports de sujétion et de subordination. Les troubles qui éclatent actuellement dans certains territoires africains et qui éclateront encore ne prendront fin que si les puissances administratives mettent fin au régime colonial. C’est la seule voie possible vers une paix et une amitié réelles en tre les peuples africains et européens.

Nous avons impérieusement besoin de l’apport financier, technique et scientifique de l’Occident en vue du rapide développement économique et de la stabilisation de nos sociétés. Mais les capitaux dont nos pays ont besoin doivent s’investir sous forme d’entraide entre les nations. Les gouvernements nationaux donneront toutes les guaranties voulues à ces capitaux étrangers.

Les techniciens occidentaux auxquels nous faisons un pressant viendront en Afrique non pour nous dominer mais bien pour servir et aider nos pays. Les Européens doivent savoir et se pénétrer de cette idée que le mouvement de libération que nous menons aujourd’hui à travers toute l’Afrique, n’est pas dirigé contre eux, ni contre leurs biens, ni contre leur personne, mais simplement et uniquement, contre le régime d’exploitation et d’asservissement que nous ne voulons plus supporter. S’ils acceptent de mttre immédiatement fin à ce regime, instuaré par leur prédécesseurs, nous vivrons avec eux en amis, en frères.

Un double effort doit être fait pour hâter l’industrialisation de nos régions et le développement économique du pays. Nous adressons un appel, dans ce sens, aux pays amis afin qu’ils nous envoient beaucoup de capitaux et de techniciens.

Le sort des travailleurs noirs doit aussi être sensiblement amélioré. Les salaires don’t ils jouissent actuellement sont nettement insuffisants, le paupérisme dans lequel vivent les classes laborieuses est à la base de beaucoup de conflits sociaux que l’on rencontre actuellement dans nos pays. A ce sujet, les syndicats ont un grand rôle à jouer, rôle de défenseurs et d’éducateurs. Il ne suffit pas seuelement de revendiquer l’augementation des salaires, il est aussi d’un grand intérêt d’éduquer les travilleurs afin qu’ils prennent conscience de leurs obligations professionelles, civiques et sociales, et qu’ils aient également une juste notion de leurs droits.

Sur le plan culturel, les nouveaux états africains doivent faire un sérieux effort pour développer la culture africaine. Nous avons une culture propre, des valeurs morales et artistiques inestimables, un code de savoir-vivre et des modes de vie propres. Toutes ces beautés africaines doivent être développées et preservées avec jalousie. Nous prendrons dans la civilisation occidentale ce qui est bon et beau et rejetterons ce qui ne nous convient pas. Cet amalgame de civilisation africaine et européenne donnera à l’Afrique une civilisation d’un type nouveau, une civilisation authentique correspondant aux réalités afriacines [après avoir trahi Lumumba, c’est ici où Mobutu s’est approprié sa philosophie de l’authenticité] .

Des efforts sont aussi à faire pour la libération psychologique des population. On constate chez beaucoup d’intellectuels, un ceratin conformisme dont on connaît les origines. Ce conformisme provient des pressions morales et des mesures de représailles qu’on a souvent exercées sur les intellectuels noirs. Il suffisait de dire la vérité pour que l’on fut vite taxé de révolutionaire dangereux, xénophobe, meneur, élément à surveiller, etc.

Ces manoeuvres d’intimidation et de corruption morale doivent prendre fin. Il nous faut de la véritable littérature et une presse libre dégageant l’opinion du peuple et non plus ces brochures de propagande et une presse musélée. J’espère que le «Congrès pour la Liberté de la Culture» nous aidera dans ce sens.

Nous tendons une main fraternelle à l’Occident. Qu’il nous donne aujourd’hui la preuve du principe de l’égalité et de l’amitié des races que ses fils nous ont toujours enseigné sur les bancs de l’école, principe inscrit en grands caractères dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Les Africains doivent jouir, au même titre que tous les autres citoyens de la famille humaine, des liberté fondamentales inscrites dans cette Déclaration des droits proclamés dans la Charte des Nations Unies. La période des monopoles des races est révolue.

La solidarité africaine doit se concrétiser aujourd;hui dans les faits et dans les actes. Nous devons former un bloc pour prouver au monde notre fraternité.

Pour ce faire, je suggère que les gouvernments déjà indépendants apporte toute leur aide et appui aux pays non encore autochtones.

Pour favoriser les échanges culturels et le rapprochement entre les pays d’expression française et ceux d’expression anglaise, il faudrait rendre l’enseignement de français et de l’anglais obligatoire dans toutes les écoles d’Afrique. La connaissance de ces deux langues supprimera les difficultés de communication auxquelles se heurtent les Africains d’expression anglaise et ceux d’expression française lorsqu’ils se rencontrent. C’est là un facteur important d’interpénétration.

Les barrières territoriales doivent aussi être supprimées dans le sens d’une libre circulation des Africains à l’intérieur des états africains.

Des bourses d’études seraient également à prévoir en faveur d’étudiants des territoires dépendants. Je porfite de l’occasion qui m’est offerte pour rendre publiquement hommage au Dr Kwamé Nkrumah et M Sékou Touré d’avoir réussi à libérer nos compatriotes du Ghana et de la Guinée.

L’Afrique ne sera vraiment libre et indépendante tant qu’une partie quelconque de ce continent restera sous la domination étrangère. Je conclus mon intervention par ce vibrant appel:

Africains, levons-nous!
Africains, unissons-nous!
Africains, marchons main dans la main avec ceux qui veulent nous aider pour faire de ce beau continent un continent de la liberté et de la justice.


DISCOURS D’OUVERTURE DE LA CONFERENCE PAN-AFRICAINE DE LEOPOLDVILLE PRONONCE PAR LE PREMIER MINISTRE P. LUMUMBA LE 25-8-1960

Messieurs les Ministres,
Mesdames, Messieurs
Chers Camarades,

Le peuple Congolais au combat est fier et heureux de recevoir aujoiurd’hui sur sa terre ses frères de lutte.

Votre présence ici, en un tel moment, est pour mon gouvernement, pour nous, Congolais, la preuve la plus vivante de cette réalité africaine que nos ennemis ont tooujours niée, et qu’actuellement encore, ils s’entêtent à nier. Mais, vous le savez, la réalité est encore plus têtue et l’Afrique est bien vivante. Elle se refuse à mourir pour donner raison aux attardés de l’Histoire, de cette histoire que nous avons faites avec nos mains, avec notre peau, avec notre sang.

C’est dans des réunions comme celle-ci que nous avons pris conscience de notre personalité et de notre solidarité agissante. Lors de nos prémières conférences qui se sont tenues dans les différentes villes, d’Afrique et au cours desquelles nous avons posé le problème de la décolonisation, les impérialistes ne croyaient pas à notre réussite.

Et pourtant, dépuis la prémière Conférence des Peuples Africains tenue à Accra en décembre 1958, que de chemin vers la libération de notre continent n’avons-nous pas parcouru ensemble?
N’est-ce pas depuis cette conférence historique qui a posé les jalons de la libération de l’Afrique, que pour le mouvement populaire de libération, rien, ni les vents, ni les armes, ni les répressions, rien n’a pu et ne pourra l’arrêter?

Les travaux de cette conférence ne feront qu’accélérer ce mouvement d’indépendance du Continent Africain.

Messieurs les Ministres,
Chefs combattants de la liberté africaine,

Vous avez le devoir de montrer une fois de plus au monde et à nos détracteurs que rien de saurait nous faire dévier de notre objectif commun: la libération de l’Afrique. Ce but, nous ne saurons l’atteindre avec efficacité que si nous restons solidaires et unis, Notre solidarité n’a de sens que parce qu’elle n’a pas de limite, et qu’enfin nous sommes conscients que le destin de l’Afrique est indivisible.

Ce sont là les raisons profondes des travaux que vous allez entreprendre. Cette réunion prépare la grande Conférence Sommet au cours de laquelle nos États auront à se prononcer sur:

1. l’appui total de tous les pays africains dans la lutte générale en faveur du bloc panafricain;

2. la politique de neutralisme pour une indépendance réelle;

3. la suppresion des barrières linguitsiques colonialistes par les échanges culturels;

4. les accords commerciaux entre pays africains;

5. la position de l’Afrique vis-à-vis du Marché Commun Européen

6. la coopération sur le plan militaire;

7. l’étude de la création à Léopoldville d’un poste émetteur à haute tension avec la contribution de tous les États africains;

8. l’étude et la création à Léopoldville d’un centre de recherche scientifique dans le cadre de la Commission de Coopération Technique.

Messieurs les Ministres,

Vous prenez contact avec la réalité du Congo africain, ici même, au coeur d’une crise qu’il nous appartient de résoudre. Nul doute que votre conscience de l’avenir de notre continent vous permettra de conclure heureusement vos travaux. Ils vous appartient principalement de préparer la rencontre de nos Chefs d’État qui, eux, entérineront, dans les faits, cette unité africaine au nom de laquelle vous avez répondu à notre appel.

Vous connaissez la génèse de ce qu’on appelle aujourd’hui la crise congolaise et de ce qui n’est, en réalité, que le prolongement d’un combat entre forces d’oppression et forces de libération.

Mon gouvernement, garant et représentant de la souveraineté du peuple Congolais a décidé, dès le debut de l’agression belge, de faire appel aux Nations Unies. L’ONU y a repondu. Le monde libre s’est prononcé. La Belgique fut condamnée.

Dans le but d’éclairer l’opinion publique internationale sur les vritables mobiles du drame congolais, je me suis décidé à entreprendre le voyage à new York.

A notre retour des États-Unis, nous avons répondu à l’invitation des Chefs d’Etats d’Afrique libre, qui, unanimement, nous ont exprimé, par des prises de position publiques, leur soutien fraternel.

Les sequelles classiques du colonialisme, que nous tous avons connues, ou connaissons en core ne partie, sont particulièrement vivantes ici: survivance de l’occupation militaire, division tribaleslonguement entretenues et encouragées, oppositions politiques destructives préparées, orchestrées, monnayées.

Vous savez combien il a été difficile jusqu’ici, pour un État nouvellement indépendant, de se débarasser des bases militaires installées par les anciènnes puissances occupantes. Nous devons proclamer aujourd’hui, ic même, que l’Afrique refuse desormais le maintien sur son sol des forces armées impérialistes. Plus de Bizerte, de Kitona, de Kamina, de Sidi Slimane.

Nous avons nos propres armées pour défendre nos pays. Notre Force Publique, victime de machinations, se débarasse elle aussi des structures colonialistes pour retrouver, sous l’autorité de chefs Congolais, les qualités d’une véritable armée nationale.

Nos difficultés internes, les luttes tribales, les noyaux d’opposition politique, sont, comme par hasard, centrés sur les régions où nos ressources minières et énergétiques sont les plus riches. Nous savons comment ils furent organisés, et comment ils sont soutenus, encore aujourd’hui, dans nos murs.

Notre Katanga, à cause de son uranium, de son cuivre, de son or, notre Bakwanga, au Kasaï, à cause de son diamant, sont devenus les foyers des intrigues impérialistes. Ces intrigues visent à assurer la reconquête économique de notre pays.

Une chose reste certaine et je le proclame solennellement: le peuple Congolais ne se laissera jamais plus exploiter; tout dirigeant qui voudrait l’entraîner dans cette voie serait rejeté de la communauté.

Le retentissement que connaît le problème Congolais signifie à quel point le poids de l’Afrique pèse aujourd’hui sur le monde. Nos pays, que l’on voulait ignorer hier encore, en faisant éclater le cadre colonial, inquiètent le vieux monde. Ces structures différentes des nôtres sont-elles mises en question? Oui, chez nous, en Afrique. Qu’elles soient sauvegardées par ceux qui en ont la charge là où elles conviennent à ceux qui les ont adoptées! Ce n’est pas notre affaire. Notre affaire c’est notre avenir, notre destin: L’Afrique libre.

Cette année est la nôtrem vous en êtes les témoins et les acteurs. Cette année est celle de notre victoire inconditionelle. C’est celle de l’Algérie ensanglantée, héroïque, l’Algerie martyre au combat exemplaire qui nous rappelle que l’on ne compose pas avec l’ennemi. C’est celle de l’Angola baillonné, celle de l’Afrique du Sud esclave, du Ruanda-Urundi prisonier, du Kenta bafoué.

Nous savons tous, le monde sait, que l’Algérie n’est pas française, que l’Angola n’est pas portugais, que le Kenya n’est pas Anglais, que le Ruanda-Urundi n’est pas belge. Nous savons que l’Afrique n’est ni française, ni britannique, ni américaine, ni russe, mais africaine.

Nous connaissons l’objectif de l’Occident: Hier, il nous divisait au niveau des tribus, des clans, des chefferies. Aujourd’hui – parce que l’Afrique se libère – il veut nous diviser au niveau des États. Il veut créer des blocs antagonistes, des satellites, et à partir de cet état de guerre froide, accentuer les divisions afin de maintenir sa tutelle éternelle.

Je ne crois pas me tromper en affirmant que l’Afrique aujouird’hui unie se refuse à ces machinations. C’est pourquoi nous avons opté pour la politique de neutralisme positif, la seule politique valable qui nous permettra d’affirmer notre personalité.

Il n’y a pas pour nous de bloc occidental ou communiste, mais des nations dont l’attitude vis-à-vis de l’Afrique nous dictera la nôtre.

Nous refusons d’être le terrain des intrigues internationales, le foyer et l’enjeu des guerres froides.

Je rends hommage solennellement au Président Bourguiba, à sa Majesté Mohammed V, au Président Sekou Touré, au Président Tubman, au Président N’Krumah, au Président Olympio que j’ai eu l’honneur de rencontrer en cette période décisive.

Et je regrette les impératifs matériels qui ne m’ont pas permis de répondre à l’invitation du Président Nasser et de Sa Majesté Haïlé Sélassié.

Tous, en militants de l’Unité Africaine, ont répondu «Non» à l’étranglement de l’Afrique. Tous, ont immédiatement compris que les colonialistes, par leur entreprise de reconquête, remettent en question non seulement l’indépendance réelle du Congo, mais aussi l’existence de tous les pays indépendants d’Afrique. Tous ont compri que si le Congo meurt, toute l’Afrique bascule dans la nuit de la défaite et de servitude.

Voilà encore une fois, la preuve vivante de l’Unité Africaine. Voilà la preuve concrète de cette unité sans laquelle nous ne pourrions vivre face aux appétis monstrueux de l’impérialisme.

Tous ces hommes d’États ont alors témoigné que l’on ne débat pas de ce principe de base mais que l’on se bat pour le défendre.

Nous sommes ici pour défendre l’Afrique, notre patrimoine, ensemble! A l’action concertée des puissances impérialistes, dont les colonialistes belges ne sont que l’instrument, nous devons opposer le front uni des peuples libres et des peuples en lutte en Afrique. Nouis devons opposer aux ennemis de la liberté la coalition des hommes libres.

Et notre sort commun se joue pour le moment ici au Congo. C’est ici, en effet, que se joue un nouvel acte de l’émancipation et de réhabilitation de l’Afrique.

Poursuivant la lutte dont l’objectif primordial est de sauver la dignité de l’homme africain, le peuple a choisi l’indépendance immédiateet totale.

Ce faisant, il savit qu’il ne se débarrassait pas d’un seul coup de l’empreinte coloniale, que l’indépendance juridique n’était qu’un premier pas, que l’effort à fournir encore serait long et plus dur peut-être.

Nous n’avons pas choisi les voies de la facilité, mais celles de la fiérté et de la liberté de l’homme.

Nous avons compris que tant qu’un pays n’est indépendant, tant qu’il n’a pas assumé son destin, il lui manque l’essentiel. Et ceci reste vrai quel que soit le niveau de vie des colonisés, quels que soient les aspects positifs d’un système colonial.

Notre volonté d’indépendance rapide, sans période intermédiaire, sans compromis, nous l’avons imposée avec d’autant plus de force, que nous avions davantage été niés, dépersonnalisés, avilis.

A quoi nous aurait servi d’ailleurs, de tarder, de pactiser davantage, alors que nous avons pris conscience de ce que, tôt ou tard, il nous faudrait tout revoir, tout repenser par nous mêmes? Créer des structures nouvelles adapatées aux exigences d’une évolution proprement africaine, reconvertir les méthodes qui nous avaient été imposées, et surtout nous retrouver nous-mêmes, nous débarasser d’attitudes mentales, de complexes, d’habitudes, dans lesquels la colonisation nous avit maintenus durant dès siècles.

Le choix qui nous a été offert n’était pas autre chose que l’alternative: liberté ou prolongement de l’asservissement. Entre la liberté et l’esclavage, il n’y a pas de compromis. Nous avons préféré le prix de la liberté.

Nous affirmons notre personalité d’hommes libres qui prennent, jour après jour, en mains les destinées de leurs nations et de leur continent.

Nous avons un besoin urgent de paix et de concorde, notre politique internationale est axée sur la coopération loyale et l’amitié des peuples. Nous voulons être une force de progrès pacifique, une puissance de conciliation. Une Afrique indépendante et solidaire approtera une contribution positive importante à la paix universelle.

Déchirée en zones d’influence rivales, elle ne ferait que renforcer les antagonismes mondiaux et aggraver les tensions. Nous n’opperons aucun choix discriminatoire dans nos rélations internationales. Le Congo est ouvert à tous et nous sommes prêts à nous rendre partout.

Notre seule exigence est la reconnaissance et le respect de notre souverainété. Nous recevrons des techniciens de toutes nationalités animés d’un esprit d’amitié, de loyalisme, de coopération et décidés non pas à dominer les Africains mais à servir l’Afrique. Ils trouveront chez nous un accueil amical.

Je suis certain que de traduire les sentiments de tous mes frères africains en affirmant que l’Afrique ne s’oppose à aucune nation en particulier, mais qu’elle est vigilente devant toute nouvelle tentative de domination et d’exploitation tant dans le domaine des intérêts que dans celui de la pensée. Notre objectif est de réhabiliter les valeurs culturelles, philosophiques, morales, sociales de l’Afrique et de sauvegarder nos ressources. Mais notre vigilence ne signifie pas isolement. Le Congo a marqué dès son indépendance, son désir de participer à la vie des nations libres, et ce désir s’est concrétisé par sa demande d’admission à l’Organisation des Nations Unies.

Messieurs les Ministres,

Chers Camarades,

Je ne saurais vous exprimer la joie et la fierté qu’éprouvent aujourd’hui le Gouvernement et le peuple congolais par votre présence, celle de l’Afrique.

Aujourd’hui le temps des projets est revolu. Aujourd’hui l’Afrique doit accomplir des actes. Ces actes, les peuples d’Afrique les attendent avec impatience. L’Unité et la Solidarité africaines ne sont plus des rêves, elles doivent se traduire par des décisions.

Unis dans un même esprit, dans un même élan, avec le même coeur, nous ferons bientôt de l’Afrique, de notre Afrique, un continent réellement libre et indépendant.

Vivent l’indépendance et l’unité africaines.

En avant Africains vers la libération totale!»

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