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Horribles Photos du genocide au Congo: sickening photos of the genocide of the Congolese people committed by Rwandans, Ugandans and Burundians, backed by Western superpowers and multinationals.
 
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DISCOURS D’INVESTITURE –DISCOURS PROGRAMME DU PRESIDENT JOSEPH KABILA

SUR LE PROCESSUS D’ORGANISATION DE LA GESTION DE LA TRANSITION APRES L’ACCORD DE SUN CITY

SUR LA CONFERENCE INTERNATIONALE SUR LES GRANDS LACS

JOSEPH KABILA A BATON ROMPU AVEC LA PRESSE

JOSEPH KABILA VU PAR LUI-MEME A TRAVERS SES DISCOURS

Recherche par Antoine Roger Lokongo

27.03.2005

Kinshasa, le 26 janvier 2001

Congolaises et Congolais, Chers compatriotes,

Des circonstances tragiques ont conduit à la disparition inopinée du Président de la République, Chef de l'Etat et Chef du Gouvernement, M'zee Laurent-Désiré Kabila, circonstances qui laissent inachevée l'oeuvre combien exaltante de reconstruction et de consolidation de la Nation congolaise. L'ignoble assassinat du Chef de l'Etat a fait que les hautes charges de la magistrature suprême me soient confiées, à un moment où la Nation, déchirée par la guerre, avait encore besoin de l'illustre disparu, artisan de sa libération, du réveil de sa conscience nationale, ainsi que de la fierté et de la dignité retrouvées. Visionnaire et précurseur, Homme d'Etat de grande envergure, M'zee Laurent-Désiré Kabila a consacré toute sa vie, dans la constance et sans compromission, à la lutte pour le triomphe des valeurs sacrées que sont : la liberté, la justice, l'égalité des citoyens dans un Congo uni, indépendant et souverain.

C'est du reste, pour la sauvegarde de ces valeurs essentielles que le Président, M'zee Laurent-Désiré Kabila, a payé le prix le plus fort, celui du sacrifice suprême, le sacrifice de sa vie, en ce quarantième anniversaire de l'assassinat de Patrice-Emery Lumumba, notre héros national.

En tant que Chef de l'Etat, il a tenu à ce que les décisions qui concernent la République Démocratique du Congo soient prises par les Congolais, eux-mêmes, pour l'intérêt de la Nation et sans ingérence extérieure.

Il a gouverné en comptant essentiellement sur ses ressources aussi bien humaines que naturelles. A cet égard, il convient de relever que le Président de la République, M'zee Laurent-Désiré Kabila, est parmi les rares dirigeants dans l'histoire du monde contemporain à avoir exercé le pouvoir pendant plus de trois ans, sans avoir contracté de dettes extérieures à la charge de l'Etat, ni accumulé de fortune personnelle.

Le Chef de l'Etat, Laurent-Désiré Kabila, a toujours demandé au peuple congolais de se prendre en charge lui-même.

Homme austère et discret, à la fois simple, humble et convivial, d'une grande générosité, il n'a jamais voulu mêler les membres de sa famille à la gestion des affaires de l'Etat. C'est ainsi que, jusqu'à sa mort il a préféré que les membres de sa famille mènent une vie de simple citoyen. C'est pour toutes ces raisons que le peuple lui a rendu un si vibrant hommage. Je rassure le peuple congolais qu'une enquête judiciaire est déjà ouverte afin que la lumière soit faite sur les circonstances de l'assassinat de l'illustre disparu.

Les defies

Congolaises et Congolais, Chers compatriotes,

Maintenant que les Institutions de la République me confient la Magistrature Suprême, j'accepte d'assumer cette charge avec responsabilité, fidélité, amour de la patrie, en suivant une politique d'ouverture sur l'Afrique et le monde, et en m'employant à réaliser des changements profonds dans tous les secteurs de la vie nationale. En ce moment où tous les regards sont tournés vers la République Démocratique du Congo, en ce moment où les fils et les filles de la Nation s'interrogent sur l'avenir du pays, je tiens à souligner que nous n'avons plus droit à l'erreur. Ensemble, sans exclusion, nous devons nous armer de courage, de détermination et de l'esprit de sacrifice, pour affronter et surmonter les défis de l'heure, défis à la fois nombreux et complexes. Parmi ces défis, je citerai en premier lieu, celui de l'instauration de la paix et la consolidation de la communion nationale, face à une Nation déchirée par plus deux ans de guerre d'agression inacceptable.

Ce défi repose essentiellement sur le retrait immédiat et sans conditions des Etats agresseurs, en l'occurrence, le Rwanda, le Burundi et l'Ouganda. C'est ainsi que nous allons oeuvrer pour une politique qui privilégie le dialogue et la réconciliation. Nous invitons, pour ce faire, nos voisins et nos frères à revenir à de meilleurs sentiments, de bon voisinage, de règlement pacifique des différends, de coopération fructueuse et d'unité pour poursuivre la reconstruction du pays et le progrès de l'Afrique Centrale.

A ce titre, nous allons, en accord et en concertation avec les pays Alliés qui nous soutiennent pour faire face à l'agression, examiner les voies et moyens pour relancer l'Accord de Lusaka afin qu'il puisse, non seulement arriver à un cessez-le-feu effectif, mais aussi, à ramener la paix dans la région des Grands Lacs, en prenant en considération toutes les résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies, tout en préservant les attributs fondamentaux de la République, à savoir l'indépendance, la souveraineté, l'intégrité territoriale et l'unité du pays.

En deuxième lieu, il y a le défi de la normalisation de la vie démocratique telle que le Président de la République, M'zee Laurent-Désiré Kabila, l'avait lui-même proposée. Il s'agit de renforcer l'Etat de droit, de consolider la démocratie et la bonne gouvernance, de garantir les droits de l'homme et la justice, afin que toute Congolaise, tout Congolais et tout étranger accueilli sur notre sol, dans le respect de la loi, jouissent de la liberté, de l'égalité, de la dignité, de la protection de sa personne et de ses biens. Je tiens à affirmer que je consacrerai toutes mes forces à ce que ce beau et grand pays retrouve la paix et l'unité. C'est de cette façon qu'on pourra mieux préparer les échéances futures, notamment l'organisation des élections libres et transparentes sur toute l'étendue de la' République Démocratique du Congo.

La République Démocratique du Congo, renouvelle une fois de plus son engagement de respecter les droits fondamentaux ainsi que les libertés individuelles et publiques consacrées par les instruments internationaux.

Il en est ainsi de la Charte des Nations Unies, de la Charte de l'Organisation de l'Unité Africaine et de celle de la SADC. Pour ma part, je ne ménagerai aucun effort afin d'assurer le respect par les autres Etats de ces mêmes instruments vis-à-vis de la République Démocratique du Congo.

Il y a aussi le défi de la reconstruction nationale sur tous les plans, car il convient de poursuivre le programme et les efforts engagés par le Gouvernement de Salut Public, sous la haute direction de M'zee Laurent-Désiré Kabila, depuis la libération du 17 mai 1997, mais, hélas ! freinés par la guerre d'agression.

Cette guerre d'agression, avec ses conséquences fâcheuses sur l'économie nationale, déjà en ruine sous la deuxième République, a accru la misère de notre peuple. En ce début du 21ème siècle, il s'agit de reconstruire un pays plus beau qu'avant comme l'affirme notre hymne national. Et pour cela nous avons besoin de toutes les énergies et de tous les bras. Personne n'est de trop.

La politique et les Institutions

Congolaises et Congolais, Chers compatriotes,

Au niveau politique et institutionnel, la situation intérieure actuelle requiert davantage une ouverture politique en vue de la reconstruction nationale. A cet effet, dans l'esprit et l'orientation du Président de la République, M'zee Laurent-Désiré Kabila, je prends l'engagement de poursuivre cette ouverture afin que tous les acteurs politiques exercent leurs droits dans le respect des lois et règlements.

Les problèmes politiques d'importance majeure devront trouver leur solution dans le cadre du Dialogue intercongolais. Dans cette perspective, j'invite tous les acteurs politiques ainsi que les membres de la société civile à se joindre sans réserve aux efforts de préparation en vue de la réussite de ce Dialogue, notamment la poursuite des efforts pour faire aboutir le processus de Libreville.

Au niveau juridique et judiciaire, j'entends amener tous les organes et services de l'Etat à oeuvrer, dans le respect des lois, afin que la sécurité juridique et judiciaire devienne une réalité. La réforme de la justice militaire sera menée à son terme. Désormais, la Cour d'Ordre Militaire ne s'occupera que des infractions relatives aux Code et Règlements de la Justice Militaire. Je prends l'engagement que le Gouvernement garantira, plus que jamais, la sécurité des personnes et des biens sur toute l'étendue du territoire congolais.

L'économie et le social

Congolaises et Congolais, Chers compatriotes,

Au plan socio-économique, mon objectif est de mobiliser toutes les forces vives de la Nation dans la production afin d'améliorer, par le travail, les conditions de vie de nos concitoyens et de pourvoir à une éducation et à des soins médicaux qualitatifs et accessibles à tous. En effet, l'économie congolaise est caractérisée par une forte baisse du niveau des affaires Pour relancer cette économie et ainsi créer des richesses et combattre la pauvreté, je compte libéraliser l'activité économique:

premièrement, en libéralisant les marchés des biens et services, du diamant et du change ;
deuxièmement, en autorisant la libre circulation concomitante des devises étrangères et du Franc Congolais et,
troisièmement, en promulguant un nouveau code minier et celui des investissements.'

Pour ce qui est des relations entre le Gouvernement et les opérateurs économiques, un cadre de concertation sera mis en place pour instaurer un dialogue franc et sincère et ce, dans le respect strict des textes en vigueur car le Congo se veut un pays de droit. En appui à nos propres efforts, je demande à la communauté financière internationale de nous assister à mobiliser les ressources humaines, techniques et financières pour accélérer notre programme de reconstruction nationale.

La diplomatie

Congolaises et Congolais, Chers compatriotes,

Sur le plan diplomatique, le Congo entend jouer un rôle plus actif dans les affaires internationales. Devant la prolifération des guerres, l'aggravation de la pauvreté et la mondialisation, la République Démocratique du Congo entend apporter une contribution particulière en vue d'arriver à des solutions adéquates avec les autres peuples du monde. Concernant le continent africain, je voudrais lancer un appel pathétique pour une plus grande solidarité. En effet, l'Afrique se meurt. J'exhorte donc les peuples frères d'Afrique à redynamiser l'Organisation de l'Unité Africaine dans l'esprit des pères fondateurs. Comme l'exprimait 'M'zee Laurent-Désiré Kabila, un grand panafricaniste, il faut renouer avec la flamme rédemptrice de N'krumah et de Lumumba.

La République Démocratique du Congo étant physiquement au centre géostratégique de l'Afrique, elle entend jouer un rôle de première importance dans le renouveau de l'Organisation panafricaine.

Concernant la SADC, la République Démocratique du Congo en appelle à une plus grande intégration. Elle jouera un rôle encore plus actif dans le cadre de cette organisation dont elle attend un soutien moral et économique inconditionnel.

La République Démocratique du Congo exhorte ses pairs du COMESA à lui assurer une représentation valable dans les structures de cette organisation. Elle demande également la concrétisation et la mise en oeuvre des projets sectoriels qu'elle a soumis à cette organisation.


Quant au processus de paix au Burundi, la République Démocratique du Congo s'implique davantage dans la contribution à la réussite de la médiation du Président Nelson Mandela, comme l'a initié dernièrement M'zee Laurent-Désiré Kabila à Libreville.

Fidèle à la ligne de conduite de M'zee Laurent-Désiré Kabila, et soucieux de préserver notre indépendance politique, j'ai la ferme résolution de poursuivre l'amélioration des rapports de coopération avec nos principaux partenaires de l'Union Européenne. Je m'efforcerai de panser les plaies causées par certaines incompréhensions, car je suis conscient que l'Union Européenne a un rôle à jouer dans le développement du Congo.

Je pense particulièrement à la France, à qui j'adresse, au nom du Peuple Congolais toute ma gratitude en raison de ses nombreux engagements au Conseil de Sécurité des Nations Unies dans la recherche des solutions pacifiques à la crise qui sévit dans notre pays. J'affirme, ici, ma disponibilité et ma volonté de poursuivre l'amélioration de nos relations bilatérales multisectorielles.

Je pense aussi à la Belgique avec laquelle la République Démocratique du Congo partage des liens historiques. Je veillerai à développer des relations amicales de compréhension et d'entente pour une coopération plus fructueuse. Quant aux relations avec les Etats-Unis d'Amérique, je voudrai affirmer, sans ambages, qu'il y a eu des moments d'incompréhension mutuelle avec l'ancienne administration. La République Démocratique du Congo entend normaliser les rapports bilatéraux avec la nouvelle administration, basés sur le respect mutuel et la volonté de progrès de nos deux peuples.

Je salue les relations fraternelles existant entre mon pays et la République Populaire de Chine, la Russie ainsi qu'avec d'autres pays d'Asie. J'entends les renforcer.

Remerciements

Congolaises et Congolais, Chers compatriotes,

Je salue et remercie le peuple congolais, peuple grand et digne, qui a su surmonter et vaincre de nombreuses épreuves. Je le félicite pour le courage et la sérénité dont il a su faire preuve pendant les heures difficiles et douloureuses que traverse notre Nation. Je ne saurai ne pas féliciter l'Assemblée Constituante et Législative-Parlement de Transition pour avoir posé des actes de haute portée politique et historique en cette période difficile que traverse le pays. Je cite particulièrement le fait d'avoir élevé le Président Laurent-Désiré Kabila au rang de Héros National et de m'avoir investi de la confiance du peuple. Je tiens également à féliciter et à remercier le Gouvernement de Salut Public d'avoir su assurer la continuité dans la gestion de l'Etat, en ces heures tragiques.

Je pense particulièrement aux Forces Armées Congolaises, présentes sur divers fronts, à la Police Nationale et à toutes les forces de sécurité. Je les encourage à exercer leur devoir patriotique et les exhorte à observer le testament que leur a légué M'zee Laurent-Désiré Kabila. Je m'engage à en faire une armée et une police modernes, fortes, bien équipées, respectables et respectueuses des droits d'un chacun, capables de défendre la nation en toutes circonstances.

Je salue et remercie les Comités du Pouvoir Populaire, les Forces d'Autodéfense Populaire ainsi que la Territoriale pour leur contribution remarquable au maintien de l'ordre surtout en cette période difficile.

Je dis merci, au nom de la Nation Congolaise, aux pays membres de la SADC, particulièrement le Zimbabwe, l'Angola et la Namibie, ainsi qu'à d'autres pays amis, qui se sont toujours tenus à nos côtés, soucieux de nous aider à trouver les voies et moyens pour que cesse la guerre d'agression et que se retirent, immédiatement et sans conditions, les, années régulières du Rwanda, de l'Ouganda et du Burundi du sol congolais. Je saisis cette occasion pour exprimer ma gratitude à l'Organisation de l'Unité Africaine pour tous les efforts qu'elle déploie en vue d'une solution politique négociée de la crise congolaise.

A cet effet, je l'invite solennellement à s'impliquer davantage pour une mise en oeuvre efficace de la cofacilitation du Dialogue intercongolais.

J'ai noté avec satisfaction l'adoption par le Conseil de Sécurité des Nations Unies, en date du 14 septembre 2000, de la résolution 1332 condamnant de manière explicite le Rwanda et l'Ouganda tout en exigeant le retrait de leurs forces du territoire congolais. J'ose croire que le Conseil de Sécurité des Nations Unies honorera ses engagements en déployant rapidement ses forces conformément à la résolution précitée et aux sous-plans de désengagement adoptés dernièrement à Harare.

Par ailleurs, je réitère l'engagement de la République Démocratique du Congo de collaborer étroitement avec la Mission d'Observation des Nations Unies au Congo de manière à lui permettre de remplir avec efficacité son mandat, notamment en ce qui concerne le déploiement urgent de ses forces sur le territoire congolais en vue de ramener la paix.

Appel

Congolaises et Congolais. Chers Compatriotes.
Devant la Nation en péril, la Nation déchirée et meurtrie, la Nation objet et victime de toutes sortes de convoitises et de violences, j'en appelle à l'union de tous ses fils et filles, quels qu'ils soient et où qu'ils se trouvent. J'en appelle aux Forces armées, à la police nationale, aux forces de sécurité et à toutes forces vives pour résister et défendre le territoire national. J'en appelle également aux hommes politiques, aux Eglises, aux travailleurs, aux femmes congolaises, à la jeunesse, aux pays amis et aux étrangers qui ont choisi de vivre avec nous, à participer à l'édification d'un Congo nouveau, paisible, uni et prospère, dans la communion et la réconciliation de tous.

Aux frères et soeurs vivant dans les territoires sous occupation, je salue votre sens élevé de sacrifice ainsi que votre attachement pour la patrie. Je vous exprime notre solidarité dans la lutte que vous menez, dans des conditions difficiles pour la libération du pays. Mes efforts militaires, politiques et diplomatiques seront orientés vers votre libération totale de l'occupation des forces d'agression. En ce moment où j'accède aux hautes charges de la République, je lance un appel solennel et pathétique à la jeunesse congolaise afin qu'elle se joigne à moi dans la défense des intérêts vitaux de la Nation et pour assumer notre destin.

Conclusion

Congolaises et Congolais. Chers Compatriotes.

Pour finir mon adresse, je vous appelle à l'unité, au dialogue et à la confiance dans l'avenir.

L'Armée, dont je suis l'émanation, n'a pas vocation d'accaparer le pouvoir, mais a la responsabilité de garantir la stabilité de celui-ci et d'assurer l'intégrité du territoire national. Une fois la paix retrouvée et l'intégrité territoriale restaurée, mon action consistera à préparer des élections libres et transparentes, pour amener le peuple à se choisir lui-même, un chef qui présidera aux destinées de ce pays.

Notre pays traverse l'une des plus douloureuses crises de son histoire. Mais je crois que tous ensemble nous la surmonterons, car nos ennemis n'ont pas réussi à briser l'essentiel : notre courage, l'amour que nous vouons à notre patrie, à l'Unité de ce grand Congo que Lumumba conduisit à l'indépendance et pour lequel le Président de la République, M'zee Laurent-Désiré Kabila, lutta jusqu'à sa mort tragique.

Les hommes peuvent disparaître ou s'effacer, mais cette flamme-là, nous allons tous ensemble la transmettre à nos enfants.

Que Dieu bénisse et protège la République Démocratique du Congo! Je vous remercie.

Joseph KABILA
Président de la République Démocratique du Congo


SUR LE PROCESSUS D’ORGANISATION DE LA GESTION DE LA TRANSITION APRES L’ACCORD DE SUN CITY

Le Président Joseph Kabila a adressé un message à la Nation pour éclairer l'opinion sur le processus d'organisation de la gestion de la transition après le dialogue dont les travaux ont été sanctionnés par l'Accord de Sun City signé le 19 avril à l'issue de ce forum national.

Ci-après l'intégralité du discours du Chef de l'Etat.

Chers Compatriotes,

Pendant 52 jours, l'attention du peuple congolais et de la Communauté Internationale est restée focalisée sur les assises du Dialogue National qui viennent de se tenir à Sun City, en République Sud Africaine.

Ce grand forum était considéré, à juste titre, par tous comme une rencontre importante pour la recherche de solution à la crise qui secoue notre pays depuis près de 4 ans. Avant toute chose, je voudrais m'acquitter d'un agréable devoir, celui de remercier, au nom du peuple Congolais, tous ceux qui ont de près ou de loin participer à la tenue de ces assises.

Je pense ici au Facilitateur Sir KETUMILE MASIRE et tout son bureau, qui n'ont ménagé aucun effort pour aider les Congolais à se concerter pour la tenue des négociations politiques intercongolaises.

Mes remerciements s'adressent également au Président THABO MBEKI, à son Gouvernement ainsi qu'à tout le peuple Sud-africain d'avoir accepté d'accueillir sur leur sol ces assises importantes pour le devenir de la République Démocratique du Congo.

Je remercie enfin toute la Communauté Internationale et plus particulièrement l'Union Africaine, l'Union Européenne, les Nations Unies et tous les autres partenaires dont la contribution matérielle et le soutien politique ont permis d'aboutir aux résultats enregistrés à Sun City.

Chers compatriotes,

Avant de poursuivre mon propos, permettez-moi de vous rappeler qu'à l'occasion de mon discours d'investiture du 26 janvier 2001, j'avais pris l'engagement de faire aboutir le processus de réconciliation nationale, de la pacification et de la réunification du territoire national.

J'avais à cet effet sollicité de l'ensemble du peuple congolais, sans exclusion, son courage, sa détermination et son esprit de sacrifice pour affronter et surmonter les défis de l'instauration de la paix, de la consolidation de la communion nationale, de la normalisation de la vie démocratique et de la reconstruction nationale sur tous les plans, face à une Nation déchirée par une guerre d'agression inacceptable.

Pour concrétiser cet engagement, j'ai choisi de privilégier les voies politique et diplomatique en lieu et place de la logique militaire.

Ma détermination à faire la paix m'a amené à réactiver l'Accord de Lusaka, à rencontrer les Présidents des pays agresseurs et les Chefs des Mouvements rebelles, à réhabiliter le Facilitateur SIR KETUMILE MASIRE et à l'appuyer dans ses efforts pour la tenue du Dialogue National.

Par ailleurs, j'ai tout mis en oeuvre pour que le Dialogue National devienne une réalité et soit inclusif pour permettre aux congolais de se rencontrer, de se parler entre eux et de décider en toute indépendance de l'avenir de leur Nation.

Tous ces efforts ont été couronnés par la tenue effective du Dialogue National à Sun City en Afrique du Sud.

Conformément à l'Accord de Lusaka, le Dialogue National devrait permettre la réalisation des objectifs principaux que sont : la paix, la réconciliation nationale, la réunification du pays, l'instauration du nouvel ordre politique et la mise en place des mécanismes pour la tenue des élections libres, transparentes et démocratiques en République Démocratique du Congo.

Pendant près de 40 jours, alors que les travaux avaient connu une évolution sensible dans la plupart des commissions du Dialogue Intercongolais, la question du nouvel ordre politique a bloqué toute perspective de solution à la crise politique dans notre pays, à la suite d'une interprétation divergente dans l'approche de la mise en oeuvre des Institutions d'une transition consensuelle.

Pendant que le Gouvernement proposait l'organisation consensuelle d'une transition inclusive de différentes forces et sensibilités politiques du pays, en vue de la tenue dans les meilleurs délais des élections libres, démocratiques et transparentes, certaines composantes soutenaient mordicus la théorie de la table rase qui consacrait la non-existence des Institutions de la République, tentant ainsi de transformer les négociations politiques intercongolaises en une Assemblée Constituante.

Déterminé à promouvoir la réconciliation nationale en vue de restaurer la paix et de réunifier le pays, le Gouvernement a invité toutes les composantes à se concerter avec lui pour une gestion consensuelle de la transition à travers des Institutions classiques, avec des compétences bien définies entre le Président de la République, l'Assemblée Nationale, le Sénat, le Gouvernement et les Cours et Tribunaux.

C'est cette offre qui a permis au MLC, au RCD/ML, au RCD/National, aux Maï-Maï, à l'opposition politique et à la Société Civile/Forces Vives de signer un Accord politique autour des questions fondamentales de la République. Au total, sept des huit groupes participant au Dialogue Inter Congolais, soit près de 80 % des délégués au Dialogue National, ont adhéré à cet accord qui, aujourd'hui, réjouit l'ensemble de notre peuple.

L'essentiel de cet Accord prévoit :
Primo : la fin de la guerre dans les parties du territoire national contrôlées par le MLC, le RCD/ML et le RCD/National ;
Secundo : la participation de toutes les composantes dans l'exercice du pouvoir pendant la transition ;
Tertio : la détermination et la mise en place de deux types d'institutions de la transition, à savoir les Institutions traditionnelles que sont le Président de la République, l'Assemblée Nationale, le Sénat, le Gouvernement, les Cours et Tribunaux, et les Institutions citoyennes, en l'occurrence la Commission Electorale Indépendante, la Haute Autorité des Médias, la Commission Vérité et Réconciliation, l'Observatoire National des Droits de l'Homme, la Commission de l'Ethique et de la Lutte contre la Corruption.
Quarto : la formation d'une Armée Nationale, restructurée et intégrée incluant les Forces Armées du Gouvernement de la République Démocratique du Congo, celles du RCD/GOMA, du MLC, du RCD/ML, du RCD/National ainsi que les Maï-Maï, selon des modalités à définir par les Institutions politiques de la Transition issues du Dialogue National.

Je saisis cette occasion pour féliciter le sursaut patriotique qui a conduit la grande majorité des participants à adhérer à cet Accord-Cadre qui ouvre la voie à un nouvel ordre politique en République Démocratique du Congo.

Pour ma part, je réitère mon adhésion totale à cet accord et je m'engage à le respecter et à en garantir le contenu.

Chers Compatriotes,

Je crois que l'heure est donc venue pour que le RCD/Goma et les quelques Partis de l'Opposition politique qui hésitent encore, puissent se joindre, dans un élan patriotique, à la majorité en adhérant à cet Accord en vue de mettre un terme définitif à la guerre d'agression et au conflit armé qui déchirent notre pays depuis près de quatre ans, et à toutes les humiliations dont le peuple congolais a tant souffert.

En signant l'Accord politique de SUN CITY, les congolais ont désormais résolu d'oeuvrer maintenant pour la paix, la réconciliation nationale et la reconstruction de leur pays.


J'invite la Communauté Internationale à soutenir cet Accord et à encourager les parties restantes à y adhérer.

En effet, en se rendant à SUN CITY, la volonté du Gouvernement était de rechercher et de réaliser, entre autres objectifs, la réunification du pays tout entier. Malheureusement, les exigences du Rwanda et du RCD ne nous ont pas permis d'atteindre cet objectif.

L'Accord politique de Sun City permettra donc de réunifier les territoires sous le contrôle respectif du Gouvernement de la République, du MLC, du RCD-ML et du RCD National. Le Dialogue National étant ainsi terminé, on peut considérer que l'Accord de Lusaka dans son volet politique a désormais trouvé son dénouement et rempli pleinement sa mission.

Chers Compatriotes,

Au regard de l'article 17 de l'Accord politique de SUN CITY pour la Gestion consensuelle de la transition en République Démocratique du Congo, un Groupe de travail, représentant toutes les composantes et entités et ayant pour mission d'élaborer un projet de la Charte Constitutionnelle de Transition, doit être constitué pour finaliser les conditions d'installation de nouvelles Institutions dans les meilleurs délais.

Ce groupe de travail aura aussi pour missions l'élaboration d'un calendrier fixant le début des consultations et les séquences des rencontres avec toutes les composantes jusqu'à la formation du Gouvernement de Transition.

Dans l'entretemps, un groupe d'experts comprenant les délégués du Gouvernement, du MLC, du RCD/NATIONAL et du RCD/ML devra se réunir pour que la libre circulation des personnes et des biens sur toute l'étendue du territoire national et le trafic fluvial, terrestre, ferroviaire et aérien soient rétablis le plus vite possible afin de permettre une reprise rapide du commerce entre les différents centres du territoire ainsi réunifié. Les Congolais pourront désormais se déplacer librement entre Kinshasa, Beni, Buta, Butembo, Gbadolite, Lisala.

Pour ma part, le Gouvernement de transition qui sera mis en place aura pour mission principale de conduire le peuple congolais aux élections démocratiques, libres et transparentes. Ce Gouvernement devra s'atteler à établir le calendrier qui prévoit l'organisation de ces élections dans les meilleurs délais sous l'égide de la Commission Electorale indépendante afin de permettre à notre peuple de se choisir librement ses dirigeants après 40 ans de privation de liberté démocratique.

Chers Compatriotes,

Le Dialogue National n'était pas une fin en soi. C'est une étape dans le long processus visant à terme, non seulement la pacification, mais aussi la démocratisation et surtout le développement de notre pays que personne, quel que soit le motif, n'a le droit de détruire ni de laisser se détruire.

Il nous appartient donc maintenant de gérer et de capitaliser, en toute responsabilité et patriotisme, l'après Sun City, c'est-à-dire le respect et la mise en oeuvre de nos engagements mutuels librement consentis.

Pour sa part, le Gouvernement reste ouvert aux négociations avec le Rwanda, le RCD/Goma et leurs alliés des partis politiques.

Personnellement, je mettrai tout en oeuvre pour les convaincre de s'y impliquer et de rejoindre tous les patriotes qui se sont engagés. Car, notre détermination est de préserver l'intégrité territoriale de la République Démocratique du Congo, de ramener la paix, de reconstruire le pays et de respecter tous les engagements qui concourent au triomphe de l'idéal démocratique.

En attendant, dans l'intérêt supérieur de la Nation, outes les Institutions de la République, notamment le Parlement, le Gouvernement et les Cours et Tribunaux continuent à fonctionner normalement jusqu'à l'installation de nouvelles Institutions. J'enjoins donc les animateurs de ces Institutions de continuer à oeuvrer avec patriotisme et intégrité.

Aujourd'hui, plus que jamais, nous devons enterrer la hache de guerre et nous surpasser pour qu'ensemble nous puissions construire un Congo nouveau fort et prospère.

C'est pourquoi, la gestion de la transition sera désormais une gestion plurielle dans le respect mutuel des attributions de toutes les institutions pour que l'apprentissage des règles démocratiques soit déjà effectif et conduise à la véritable stabilité des Institutions à laquelle aspire le peuple congolais.

La paix, la réconciliation nationale et la réunification du pays qui ne viendront pas par les armes, mais plutôt par la négociation, ont un prix. En effet, elles passent par des concessions réciproques. Et comme vous le savez, le Gouvernement de la République en a fait suffisamment.

Toutefois, ces concessions ne peuvent être considérées ni comme une faiblesse ni comme une trahison des intérêts du peuple mais, au contraire, comme étant le prix payé pour la paix et la réunification du territoire national.

Qu'il me soit permis, avant de terminer cette adresse, de remercier et de féliciter tous les délégués pour l'élan de patriotisme dont ils ont fait montre en participant activement aux assises du Dialogue National, au cours desquelles les 37 résolutions qu'ils ont adoptées constituent un acquis important pour la Nation. Je ne pourrais terminer ce message à la Nation sans m'adresser particulièrement à vous, compatriotes de l'Est du pays. Je salue ici, encore une fois, votre courage, votre bravoure et votre résistance à l'agression de notre pays. Je suis de coeur avec vous et je ne ménagerai aucun effort pour un aboutissement rapide du processus de paix, de reconstruction nationale et de la réunification de l'ensemble du territoire national.

Par ailleurs, je rends un vibrant hommage au peuple congolais tout entier pour sa patience et son adhésion aux résultats des assises de Sun City.

Mes remerciements les plus sincères s'adressent également à tous les chrétiens, aux musulmans et à tous les autres croyants qui n'ont cessé de prier pour la tenue et la réussite du Dialogue Intercongolais. Je rends grâces à Dieu d'avoir écouté et exaucé leurs prières et je les encourage à continuer à prier pour la paix et la réunification totale de notre pays.

Que Dieu bénisse la République Démocratique du Congo.

Je vous remercie.



CONFERENCE INTERNATIONALE SUR LES GRANDS LACS:

Joseph Kabila appelle à un esprit franc, serein et conciliant dans la région Joseph Kabila à la conférence internationale sur les Grands Lacs : « Les auteurs des actes de barbarie doivent s’amender publiquement ». Il exige réparation des torts commis contre la Rdc

Kinshasa , 20.10.2004 | Politics

Le Président de la République, le Général Major Joseph Kabila, a procédé mardi dans la Salle de conférences internationales du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale à l’ouverture solennelle de la IIème réunion du Comté régional préparatoire de la Conférence internationale de la région des Grands Lacs. Dans un style direct, le président de la république a tenu à jouer franc jeu pour amener les participants à saisir l’essentiel des problèmes dans cette perspective de proposer des solutions durables à la situation qui prévaut dans la sous-région, tant sur le plan politique économique que social.

Aussi, le président de la république a appelé tous les acteurs concernés par cette quête de la paix, de la sécurité, de la démocratie et du développement dans la région à faire preuve d’un esprit franc, serein et conciliant en vue de créer un espace économique, politique et social dans la région à même de servir de référence en Afrique et dans le monde. Mais auparavant, évoquant le processus de ces assises depuis la réunion de Nairobi à Kinshasa en passant par la rencontre de Bujumbura, le président de la République avait tenu à relever la volonté politique, de plus en plus active, observée jusqu’ici en vue de mettre en place un cadre de dialogue des dirigeants et de fraternité. Mais il s’est empressé de préciser que la République démocratique du Congo « aspire à vivre en paix avec tous ses voisins, mais dans le strict respect de la souveraineté nationale et de l’intangibilité des frontières héritées depuis 1960 ». Ce sont des conditions essentielles, a-t-il souligné, de nos Etats pour consolider le développement économique afin de parvenir à une coopération efficiente et intégrative.

La reconnaissance des crimes commis en RDC

Evitant la langue de bois, le chef de l’ Etat s’est attardé sur les causes qui entretiennent les conflits armés dans la sous-région. Il s’agit des enjeux autres que politiques qui ont provoqué des millions de morts dans la région. Le respect des droits de l’homme est bafoué occasionnant le drame des réfugiés. Mais il y a pire, a-t-il dit : le pillage des ressources congolaises et le désastre écologique avec la destruction de l’environnement. « Il y a cette nouvelle crise caractérisée par les violations des droits de l’homme. Nous devons éviter ces répétitions des drames et demandons à tous ceux qui ont commis ces actes sur les Congolais qu’ils reconnaissent leurs crimes », a dit le chef de l’Etat. Il a précisé par ailleurs que la Rdc est consciente de tous les enjeux. Aussi, tient-elle à une stabilité politique dans la région, bénéfique pour tous.

La vision politique, économique et sociale de la RDC Entrant dans le vif du sujet des travaux, le président de la république a esquissé la vision politique, économique et sociale de la Rdc. Au plan politique, la Rdc tient à une architecture qui privilégie la cohésion sociale et combat l’impunité. Son regard est porté vers l’avenir et le président de la république a insisté sur le contrôle de la circulation des armes, légères dans la région.

Bien plus, la Rdc pose le problème de la redéfinition du dialogue régional en mettant un accent particulier sur la violation des droits de l’homme, la question des communautés transfrontalières. Sur ce point précisément, le chef de l’Etat a dénoncé cette tendance à manipuler les populations frontalières pour des raisons politiciennes. Il s’est empressé de souligner que la Rdc s’engage pour la convivialité, mais demeure déterminée à combattre les cultures d’exclusion, d’extermination par la violence.

« Nous ne pouvons pas subir cette culture dans notre espace », a dit Joseph Kabila.

Parlant de la vision régionale de la Rdc au plan de développement, le chef de l’Etat a relevé que son pays s’engage à promouvoir des investissements privés et étrangers. Mais dans le strict respect des lois et conventions nationales et internationales. Il estime qu’après, 40 ans d’indépendance, le moment est venu pour s’appuyer sur des expertises et compétences nationales en vue de relancer le développement. Qui, pour la Rdc, devra partir de l’Océan atlantique jusqu’à l’Océan indien, avec comme finalité de mettre sur pied une organisation économique des pays des Grands Lacs. C’est dans ce cadre qu’il faut envisager l’élargissement de la Cepgl à des pays de la côte orientale et occidentale de la région. « C’est le grand défi à relever à l’heure de la mondialisation », a dit Kabila. D’où, a-t-il soutenu et salué l’entrée d’autres pays dans cette conférence. Il s’agit de l’Angola, du Congo Brazzaville, de la République Centrafricaine et du Soudan.



JOSEPH KABILA A BATON ROMPU AVEC LA PRESSE

Sous une tente blanche dressée dans la cour arrière du Palais de la Nation, le Président de la République, le général-major Joseph Kabila a dialogué ce jeudi 07 octobre dans la matinée avec une trentaine de journalistes représentant plus de vingt lignes éditoriales des différentes opinions politiques nationales. Au menu de ce dialogue tant attendu, les deux parties ont abordé tour à tour les questions politiques et autres de brûlante actualité les unes et sur lesquelles l’opinion se nourrit des rumeurs de la rue et des spéculations des journalistes. Une impressionnante prestation de l’hôte présidentielle qui a tiré son épingle du jeu avec un brio remarquable. Un parcours sans faute comme qui dirait !

Kinshasa , 09.10.2004 | Politics

L’opinion nationale et internationale est depuis ce jeudi matin édifiée sur la position du Président de la République en rapport avec les problèmes socio-politiques qui se posent en ce moment en République démocratique du Congo et ce grâce aux réponses données par le Chef de l’Etat congolais aux différentes questions que lui ont posées ses invités avides de connaître sa position personnelle et celle du Gouvernement.

Qu’il s’agisse de l’éventualité de son périple dans la partie orientale de la République ; de la nomination des mandataires publics dans les entreprises de l’Etat, de la tenue des élections, de l’éventualité de la prolongation de la Transition de la prétendue pré-campagne électorale menée par certains partis politiques dont le Pprd et de son opinion sur ses intentions électorales; du bilan social à présenter par le Gouvernement l’an prochain ; de la tenue prochaine à Brazzaville d’une réunion des pays producteurs du diamants ; de la grâce présidentielle aux condamnés à mort ; de l’amnistie ; de l’indemnisation de la Rdc par les trois pays agresseurs ; des mécanismes de vérification aux frontières avec le Rwanda ;des shégués ; du retour à Uvira des réfugiés congolais ;de l’accélération du processus de l’intégration dans l’armée ;du major Eric Lenge ; de la déclaration de guerre contre la corruption et les corrupteurs;des grèves observées par les travailleurs de l’Ocpt et de l’Ofida ;de la réorganisation de son cabinet et du soit-disant débauchage d’Antoine Ghonda ;de l’aide à la presse ;des dénégations des Pygmées de Mambassa ; de la justice internationale pour juger des crimes sur les violations des droits de l’homme en Rdc ; de la justice internationale en Rdc pour juger les crimes de sang ; des dividendes attendues de ses contacts à New York avec les pays membres du Conseil de sécurité : Joseph Kabila n’a éludé aucune question et aucune question n’a été préparée à l’avance par ses interlocuteurs.

A toutes ces questions dont certaines ont paru embarrassantes, l’interlocuteur présidentiel a donné la réponse appropriée, nettoyant les questions du flou que la rumeur public ou les spéculations des journalistes les ont quelques fois entourées. Des réponses appropriées, mais surtout rassurantes et étonnantes de précisions faites parfois sur le ton de l’humour, comme lorsqu’il dira, à propos du débauchage soit-disant débauchage d’Antoine Ghonda: « Ce que je veux au niveau de la Présidence de la République, c’est l’efficacité. Et si pour y parvenir il faut faire appel à des compétences qui se trouvent dans le camp opposé, je n’hésiterai pas à le faire, une fois de plus, pour le bien de la Nation et non pas de Joseph Kabila » ! L’hilarité générale a ponctué ce propos.

La situation à l’Est

La situation se stabilise non seulement à l’Est de la République, mais un peu partout sur toute l’étendue du pays. Ce qui lui laisse l’opportunité d’effectuer dans les jours à venir un voyage à Kisangani, Kindu, Butembo, Isiro, Beni, Buta, Bukavu, Goma et vraisemblablement dans la province de l’Equateur. Un voyage qui s’effectuera par étapes successives, a-t-il précisé.

Joseph Kabila et le phénomène de délestage

Le Chef de l’Etat a d’abord fait comprendre à ses interlocuteurs qu’il n’y a pas que la capitale qui est concerné par ce phénomène qui affecte aussi Lubumbashi, Kisangani et bien d’autres grandes villes du pays, et qui est lié au problème de la réhabilitation de l’outil de production au niveau d’Inga où quelques turbines connaissent un arrêt de fonctionnement.

A cet effet, le Président de la République a révélé que la Banque mondiale « nous a accordé un crédit pour réhabiliter 3 ou 4 turbines. Deux sociétés ont obtenu ce marché et elles sont déjà à pied d’œuvre. D’ici peu, a-t- il conclu, ce vieux problème sera résolu ». Et il pense même que cela se passera avant la fin de la Transition.

Les anciens de l’ACL/PT.- A une question tendant à plaider en faveur des anciens parlementaires de ACL/PT envoyés au chômage depuis de longs mois et dont beaucoup sont bloqués à Kinshasa sans espoir de regagner leur milieu d’origine à l’intérieur, le Chef de l’Etat a répondu que les anciens de l’Acl/Pt ont obtenu gain de cause sur le plan judiciaire et que leur dossier sera étudié de façon à ce qu’il soit trouvé une solution satisfaisante. « Ce n’est plus qu’une question d’exécution maintenant », a-t-il dit à ce sujet.

Entreprises publiques : « Ma position est celle de la majorité de notre peuple : les entreprises publiques appartiennent au patrimoine de l’Etat et il faut beaucoup de transparence pour désigner ceux qui doivent les diriger. C’est pour cela que je propose que le Gouvernement mette en place une commission constituée d’experts congolais et ceux des institutions de Bretton Wood pour identifier et examiner les candidatures des postulants, car il n’est pas question de placer à leur tête des prédateurs ».

Pour le Président de la République, le hic se trouve au niveau de l’interprétation de l’article 198 de la Constitution de Transition qui parle de la mise en place dans les entreprises du Portefeuille.

Et que évoquent certains pour exiger prestement aujourd’hui le partage des postes de responsabilité dans ces entreprises.

Le Président de la République a estimé qu’il ne voit qu’un but inavoué dans la démarche des tenants de cette exigence : placer dans ces entreprises des hommes des partis politiques, qui auraient pour mission de renflouer les caisses des partis dans la perspective des élections. D’où le mot : prédateurs pour illustrer sa hantise.

A la question de savoir si sa position a trouvé des répondants au niveau de l’espace présidentiel, le Chef de l’Etat a répondu : « J’ai eu à partager avec les Vice - Présidents sur ce sujet. Si nous n’arrivons pas à harmoniser nos vues sur cette question, le Ciat peut être intéressé et si malgré tout aucun consensus ne serait trouvé, je me référerai à la Cour suprême de justice pour demander son avis consultatif sur l’interprétation de cet article 198 de la Constitution de Transition ».

Mais, pour lui, une chose est certaine : cette question ne peut en aucune façon servir de prétexte pour bloquer la Transition.

A une autre question d’un éditeur de journal ressortissant de l’Equateur qui craignait que sa province ne soit davantage marginalisée comme elle est présentement avec le dégommage du patron de la Direction générales des recettes administratives et domaniales –Dgrad- qui est présentement en état d’arrestation et de détention au Centre pénitentiaire et de redressement de Kinshasa, Joseph Kabila s’est fait rassurant : « Lorsque interviendra la signature du décret de nomination des mandataires publics, je veillerai à ce que l’équilibre provincial soit respecté, afin que l’Equateur ne soit pas lésé».

Confirmation du pari sur la tenue des élections.

- « Oui, le Gouvernement tiendra son pari, mais n’oubliez surtout pas que ce n'est pas le Gouvernement qui va organiser les élections. Non, celles-ci serant organisées par la Commission électorale indépendante. Ce sera elle qui devra dire si oui ou non elle saura organiser les élections que nous voulons tous libres, démocratiques et transparentes. Notre seule crainte, c’est de ne pas arriver à mobiliser les 285 millions de dollars nécessaires à cet effet. Jusqu’aujourd’hui, nous ne disposons que de la moitié de cette somme. Mais, d’ici au 30 juin 2005, je reste optimiste.»

Intégration dans l’armée.

- Au niveau du commandement de l’armée et des Régions militaires, c’est chose faite. Sur le plan des hommes de rang, le Ddrrr est chargé de démobiliser et de ramener les effectifs de l’armée qui sont aujourd’hui de 300.000 hommes à plus ou moins 100.000 -150.000 hommes. Au niveau de la Défense, les deux structures mises en place par la Conader qui est chargée de la démobilisation sont fonctionnelles déjà.

Sur le retour des réfugiés congolais du Burundi.

-On ne parle que des réfugiés qui viennent du Burundi, alors qu’il y en a aussi en Zambie, en Tanzanie, en Rca, au Soudan, en Ouganda/plus de 300.000 au total. J’ai demandé au vice-Président chargé des questions politiques, défense et sécurité et au ministre de l’Intérieur de créer une mission qui se rendrait dans tous ces pays pour identifier nos compatriotes afin d’examiner les conditions de leur rapatriement au pays avant la fin de la Transition, car je souhaite qu’ils viennent voter au pays plutôt que dans les camps de réfugiés.

Où est- le major Eric Lenge ?

« L’enquête à son sujet continue à être menée. Trois de ses comparses avaient été arrêtés».

Et la grâce présidentielle aux condamnés à mort ?

«La justice doit faire son travail : ceux qui ont été condamnés l’ont été par la justice et non par Joseph Kabila. Une demande de grâce ne doit pas nécessairement être accordée à celui qui la sollicite : elle peut aussi lui être refusée ».

Et l’amnistie ?

« On me demande si oui ou non on doit amnistier les gens qui ont assassiné un Président de la République :ces gens ont commis un crime politique. Si demain un quidam tire sur moi, qu’on l’arrête et qu’on le mette ensuite en liberté après un mois, c’est un laxisme qu’il ne faut pas encourager. Car après Joseph Kabila il y aura sûrement un jour ou un autre un autre Président de la République. Et quand sa tête déplaira à un autre quidam : il se fera assassiner, puisqu’il exigera qu’il soit lui aussi amnistié comme ses prédécesseurs. Vous voyez : l’amnistie est une boîte de Pandore : elle ouvrira la voie à la permissivité envers les Chefs d’Etat, quels qu’ils soient. Ce sera irresponsable de ma part de cautionner un tel amalgame. C’est même dangereux pour la Transition ».

Du règlement de la dette intérieure.-Les institutions de Bretton Woods ont mis à notre disposition entre 50 et 80 millions de dollars Us pour nous aider à régler notre dette intérieure, alors que cette dette s’élève à 250 millions de dollars Us ! Le Gouvernement procède maintenant à la certification de cette dette grâce à une commission composée des ministères des Finances et du Budget, de la Fec et des bailleurs de fonds, avant de commencer à payer les créanciers de l’Etat. Bientôt, les entreprises privées concernées seront satisfaites : 60 millions de dollars sont disponibles ».

Les grèves des agents de l’Office congolais des Postes et de l’Ofida

« Je suis au courant de ces mouvements de grève et leurs dossiers se trouvent sur ma table de travail. Des tractations sont en cours avec les représentants des deux offices : elles déboucheront sur des résultats positifs ».

Mais le Chef de l’Etat a tout de suite fait savoir qu’il n’y a pas que dans ces deux offices où il y a des problèmes sociaux. « Savez-vous ce que gagne un général et un simple soldat ? Le Gouvernement fait tout juste la politique de ses moyens jusqu’ici. Il doit aussi penser aux médecins, au corps enseignant, aux militaires, aux policiers : ils sont tous aussi socialement défavorisés que ceux que vous avez cités ».

Quid de l’intervention de la justice internationale en Rdc ?

Joseph Kabila a rappelé que c’est à son initiative que la Cpi s’occupe maintenant de connaître des crimes de sang et autres commis en Rdc. Cette Cour étendra son champ d’investigation jusqu’à la période avant juillet 2002 ! A l’heure actuelle, l’adjoint du procureur près la Cour pénale internationale est dans nos murs. Le Gouvernement collabore avec lui : »Nous serons en mesure de traduire bientôt en justice tous ceux qui ont commis des crimes et des massacres ».

Et que pense-t-il des témoignages et des contre-témoignages des Pygmées de Mambassa?

« Des enquêtes nationales ont été initiées au niveau national et international au sujet des massacres en Ituri. Il ne m’appartient pas de faire des commentaires là-dessus ».

Pourquoi il veut réorganiser son cabinet ? Pardi, parce qu’il recherche à tout moment l’efficacité autour de lui ! Quand on lui a fait remarquer que des rumeurs de congédiement circulent sur le départ de certains de ses collaborateurs, il a répondu : « Ca peut être vrai. Il y a autour de moi aujourd’hui les professeurs Boshab et Mupapa, qui étaient à l’université avant de venir au cabinet de la Présidence. Ils pourront un jour partir comme ils étaient venus, pour laisser la place aux autres ». Et sans se retenir, il cite en exemple : « C’est comme aussi un jour, moi Joseph Kabila je ne serai plus Président de la République, je quitterai mes fonctions. Pour moi, c’est tout à fait naturel !... » Et les journalistes de se dilater de nouveau la rate !

Et pourquoi Antoine Ghonda se trouve dans votre entourage, lui demande-t-on ?

Parce que, répond-t-il, étant au-dessus des partis et étant dans le besoin de placer à mes côtés des Congolais capables de m’aider à travailler efficacement pour le bien du peuple congolais, là, je n’hésite pas un seul instant, je le prends. « Si c’est pour ça qu’on dit que je l’ai débauché, c’est de la mauvaise polémique ça » ! Et de renchérir crânement : « Si le besoin se fait encore sentir, je vais récidiver et je prendrai n’importe où, pour autant que c’est dans l’intérêt supérieur de la Nation que je le ferai » ! Une énième fois : rires dans la salle.

Et le problème des « shégués » ?

«Vous les appelez aussi les enfants de la rue : est-ce que la rue a des enfants ? Ces enfants appartiennent à des pères irresponsables, qui ont abdiqué de leurs responsabilités. C’est cela la vérité. Le Gouvernement doit un jour frapper quelque part pour mettre fin à cette irresponsabilité ». Mais il a aussi dit que ce problème lie autant le Gouvernement que les parents, et que, pour sa part le Gouvernement a initié un programme relatif à l’encadrement des « shégués ».

Abordant le cas de la tuerie des enfants de la rue qui a eu lieu dernièrement à Mbuji-Mayi, Joseph Kabila, qui a présenté publiquement ses condoléances aux parents éplorés, a indiqué qu’une enquête est en cours. Sa position est que les vrais responsables de ce qui est survenu à Mbuji-Mayi soient traduits devant la justice.

Au niveau du Gouvernement, il se pose un problème de moyens

Nouveaux rires lorsque le Président dira : « La guerre est déclarée contre les corrupteurs : j’aimerai voir tous les corrupteurs jetés en prison ! »

Le Président de la République apprendra à ses hôtes qu’à ce sujet, ayant constaté « qu’il y a beaucoup de faiblesses et de légèretés, il a mis en place une Task Force, non pas pour résoudre ce problème de la corruption, mais bien pour l’attaquer et l’acculer dans ses derniers retranchements ».Et d’inviter la presse à s’associer à cette guerre pour dénoncer les corrompus, à commencer par moi-même, si vous êtes convaincu que je suis corrompu ! » Nouveaux éclats de rires sous la tente !

Aide à la presse ? « Oui, organisez-vous et faites-moi des propositions, je verrai dans quelle mesure je pourrais tant soit peu m’impliquer ! » ,Br>
Le boom du cellulaire : une révolution sociale incontestable !

Au journaliste qui lui a demandé s’il serait en mesure de présenter un bilan social à la population avant les élections, le Chef de l’Exécutif de Transition a opiné du bonnet non sans révéler au passage que le budget pour l’exercice 2005 sera fin prêt et qu’au Conseil des ministre de la semaine prochaine, il sera adopté au niveau du Gouvernement avant d’être déposé au Parlement.

Evoquant la question du social, le Président de la République a indiqué qu’il faille « d’abord identifier ce social, car on oublie trop souvent qu’il y a beaucoup de projets en cours qui participent au relèvement du secteur social dans notre pays ». Entre autres projets en cours cités, il a plus particulièrement monté en épingle le boom du marché cellulaire qui constitue une véritable révolution sociale en Rdc avec une extension de réseaux et de villes sans cesse croissante depuis 1997. La réhabilitation totale de la nationale n°1 a permis depuis l’an dernier de raccourcir le temps de liaison entre la capitale et le port de Matadi. Et le chantier ouvert à Ndjili pour la construction d’un hôpital général ultra moderne participe également au relèvement du secteur social dans notre pays.

La question de l’indemnisation de la Rdc par le Rwanda et l’Ouganda, pays qui l’ont agressée en 1998, qui se sont payés le luxe de se battre sur le sol congolais par deux fois en occasionnant d’immenses pertes humaines et matérielles n’a pas été en reste dans la conférence de presse tenue par le Chef de l’Etat qui s’est étonné en apprenant que la Rdc réclamait 16 milliards de dollars à Kigali et à Kampala.

16 milliards de dollars, s’est-il exclamé en souriant avant de reprendre sur un ton dubitatif : « Où le Rwanda et l’Ouganda vont-ils trouver tout cet argent ? Tant mieux pour notre Gouvernement si cela pouvait se faire ! ». Pour l’essentiel, le Président de la République a explicité sa pensée sur le dédommagement qu’attend la Rdc en disant que « ces deux pays doivent de toutes les façons payer les crimes qu’ils ont commis dans notre pays, c’est ma position ! ».

Et que pense-t-il des mécanismes des vérifications aux frontières mis en place ? « Ils permettront d’enlever aux Rwandais tout prétexte, dès lors qu’ils seront dans les commissions mises en place pour procéder aux enquêtes sur terrain. Ces commissions sont composées des représentants de la Rdc, du Rwanda, du Burundi, de la Monuc et de l’Union africaine », a dit le Président de la République.

Cette prestation du Chef de l’Etat n’a laissé personne sur sa soif, si bien que M. Mankenda Voka, du journal L’Observateur lui a exprimé toute la gratitude de la corporation pour cette initiative qui a permis aux chevaliers de la plume de s’informer à la source afin « de barrer la voie aux rumeurs et aux ragots ». Il a émis le vœu que cela devienne une tradition, de façon à ce que le peuple soit exactement informé de ce qui se passe dans le pays.
| MMC (cvm)


JOSEPH KABILA VU PAR LUI-MEME A TRAVERS SES DISCOURS

Mieux que ne les décriraient les hagiographes, la personnalité ainsi que l’œuvre politiques de Joseph Kabila en tant que Président de la République du Congo se dégagent mieux des différents discours que celui-ci a prononcés depuis qu’il exerce la magistrature suprême il y a quatre ans

Kinshasa , 29.01.2005 | Politics

A la suite de la paralysie des institutions de la République, occasionnée par l’assassinat le 16 janvier 2001 du Président Laurent-Désiré Kabila, le Général-Major Joseph Kabila, alors commandant de la Force terrestre, se voit confier par le gouvernement de salut public et l’Assemblée constituante et législative, la direction de l’action gouvernementale.

Beaucoup d’observateurs s’interrogent alors sur son identité, son parcours, afin d’évaluer ses chances devant l’immensité de la tâche qui l’attend face à un pays en guerre, dévasté, sans voies de communication et où des régions entières (presque la moitié du territoire) échappent à toute autorité.

Qui est Joseph Kabila ?

Dans une interview à « Jeune Afrique l’Intelligent » six mois après son investiture à la magistrature suprême, (2001), le nouveau Chef de l’Etat se pose, lui-même, cette question et y répond « Un homme de bonne volonté dont la main est tendue en direction de tous ses concitoyens. Ensemble, oui, nous pourrons nous en sortir (sur le plan économique et social) à force de travail et de cohésion ».

Le journaliste François Soudan, qui a recueilli l’interview, dit de Joseph Kabila qu’il a « un sourire rare, le regard perçant, scrutateur, parfois glacé. Il écoute avec attention, murmure des ordres brefs, et semble constamment aux aguets ». Timide ? Joseph Kabila dit, de lui-même, qu’il n’est pas timide mais réservé. « Mon expérience et mon éducation m’ont appris à contrôler mes sentiments et mes emotions (. ..) J’ai les nerfs solides, vous savez ! ». Le Président de la République ajoute que son père lui a légué comme vertu la détermination : « Savoir ce que l’on veut ; s’en donner les moyens, ne pas dévier ; aller jusqu’au bout ».

Marxiste ? Maoïste ? Castriste ?

Joseph Kabila répond : « Jamais. Ces idéologies n’étaient déjà plus celles de ma génération. J’étais plutôt influence par le progressisme au sens large, l’humanisme aussi, un courant que représentait assez bien l’ANC de Mandela et de Tambo ».

Son age ?

Joseph Kabila : « Ce n’est pas l’âge qui compte, c’est la volonté et la détermination. Ai-je été mûr avant d’autres ? Disons que mon expérience et les circonstances m’ont oblige à le devenir. C’est vrai que la jeunesse a un double avantage : celui de ne pas avoir un lourd passé que l’on traîne derrière soi. En l’occurrence, je ne me reproche rien. Celui aussi d’être en phase avec un pays où les deux tiers de la population ont moins de 30 ans. Pour le reste, tout est clair à mes yeux : le Congo est une nation en guerre, une nation agressée. Seul compte le rétablissement de la paix. Pour y parvenir l’âge n’a aucune importance ». « J’étais à Lubumbashi lorsque j’ai appris, le l6 janvier, l’assassinat du président Laurent-Désiré Kabila. J’en ai été profondément choqué. J’ai aussitôt regagné Kinshasa. Le gouvernement s’est réuni et a pris la décision de me proposer la magistrature suprême. J’ai accepté. C’est tout »... « Je n’ai eu le temps ni d’hésiter ni de me poser des questions. Je n’ai vu que l’urgence de la situation et les intérêts du pays. J’ai pris cela comme un délit personnel ».

Les préalables à l’organisation des élections libres et transparentes

« Nous allons oeuvrer pour une politique qui privilégie le dialogue et la réconciliation. Nous invitons, pour ce faire, nos voisins et nos frères à revenir à de meilleurs sentiments de bon voisinage, de règlement pacifique des différends, de coopération fructueuse et d’unité pour poursuivre la reconstruction du pays et le progrès de l’Afrique Centrale. A ce titre, nous allons, en accord et en concertation avec les pays allies qui nous soutiennent pour faire face à l’agression, examiner les voies et moyens pour relancer l’Accord de Lusaka afin qu’il puisse, non seulement arriver à un cessez-le-feu effectif mais aussi, à ramener la paix dans la région des Grands Lacs, en prenant en considération toutes les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, tout en préservant les attributs fondamentaux de la République, à savoir l’indépendance, la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’unité du pays.

En deuxième lieu, il y a le défi de la normalisation de la vie démocratique telle que le Président de la République, M’Zee Laurent-Désiré Kabila, l’a lui-même proposée. Il s’agit de la bonne gouvernance, de garantir les droits de l’homme et la justice, afin que toute Congolaise, tout Congolais et tout étranger accueilli sur notre sol, dans le respect de la loi, jouissent de la liberté, de l’égalité, de la dignité, de la protection de sa personne et ses biens. Je tiens à affirmer que je consacrerai toutes mes forces à ce que ce beau et grand pays retrouve la paix et l’unité. C’est de cette façon qu’on pourra mieux préparer les échéances futures, notamment l’organisation des élections libres et transparentes sur toute l’étendue de la République Démocratique du Congo ». Appel à l’union de toutes les forces vives pour organiser les élections

« Devant la Nation en péril, la Nation déchirée et meurtrie, la Nation objet et victime de toutes sortes de convoitises et de violences, j’en appelle à l’union de tous ses fils et filles quels qu’ils soient et où qu’ils se trouvent. J’en appelle aux Forces armées, à la Police nationale, aux Forces de sécurité et à toutes les forces vives pour résister et défendre le territoire national. J’en appelle également aux hommes politiques, aux Eglises, aux travailleurs, aux femmes Congolaises, à la jeunesse, aux pays amis et aux étrangers qui ont choisi de vivre avec nous, à participer à l’édification d’un Congo nouveau, paisible, uni et prospère dans la communion et la réconciliation de tous. Aux frères et soeurs vivant dans les territoires sous occupation, je salue votre sens élevé de sacrifice ainsi que votre attachement pour la patrie.

Je vous exprime notre solidarité dans la lutte que vous menez, dans des conditions difficiles, pour la libération totale de l’occupation des forces d’agression. En ce moment où j’accède aux hautes charges de la République, je lance un appel solennel et pathétique à la jeunesse Congolaise afin qu’elle se joigne à moi dans la défense des intérêts vitaux de la Nation et pour assumer notre destin.

Congolaises et Congolais, Chers Compatriotes, Pour fin mon adresse, je vous appelle à l’unité, au dialogue et à la confiance dans l’avenir. L’armée dont je suis l’émanation n’a pas vocation d’accaparer le pouvoir, mais à la responsabilité de garantir la stabilité de celui-ci et d’assurer l’intégrité du territoire national. Une fois la paix retrouvée et l’intégrité territoriale restaurée, mon action consistera à préparer des élections libres et transparentes pour amener le peuple à se choisir lui-même un Chef qui présidera aux destinées de ce pays ».

Droits de l’homme : Une préoccupation majeure

« La situation des droits de l’homme et du droit international humanitaire en République Démocratique du Congo constitue pour nous une préoccupation permanente. C’est pourquoi, dans mon discours d’investiture, prononcé le 28 janvier 2001, l’accent a été mis sur la nécessité de renforcer l’Etat de droit, de consolider la démocratie et la bonne gouvernance, de garantir les droits de l’homme, de promouvoir la sécurité juridique et judiciaire.

Pour concrétiser cette volonté, il sera organisé à Kinshasa, au mois de mai prochain, une Conférence nationale sur les droits de l’homme dont la commission préparatoire est déjà à pied d’oeuvre. Cette conférence, à laquelle seront conviés les institutions publiques, la Société civile, les groupes d’opinion ainsi que les experts nationaux et internationaux, aura pour objectifs :

Primo : de réaffirmer la volonté de la République Démocratique du Congo de respecter, de promouvoir et de protéger les droits de l’homme en vue de favoriser la consolidation d’un Etat de droit, et ce après avoir dressé un état des lieux sans complaisance.

Secundo : d’interpeller la communauté internationale sur les violations massives des droits humains dans les zones occupées et de réaffirmer l’urgente nécessité du retrait Immédiat et inconditionnel des troupes d’agression du territoire national, conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations Unies. Tertio : d’améliorer le plan d’action national de promotion et de protection des droits de l’homme en République Démocratique du Congo.

J’ose croire que la communauté internationale apportera à mon pays toute l’assistance nécessaire pour concourir à la réussite de cette conférence nationale sur les droits de l’homme. Par ailleurs, en attendant l’aboutissement de la réforme judiciaire et particulièrement, de la justice militaire, la Cour d’ordre militaire a été instruite pour qu’elle ne connaisse plus que des infractions aux codes et règlements militaires. Le moratoire sur l’application de la peine de mort sera poursuivi jusqu’a l’aboutissement des débats parlementaires sur sa suppression. Sur ma décision, les cachots et autres lieux de détention ne dépendant pas du parquet ont été fermés. Les personnes qui s’y trouvaient ont été soit transférées au Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa, soit remises en liberté ».

Des réponses concrètes aux attentes du peuple

« Le peuple Congolais tout entier attend donc du gouvernement des réponses concrètes à ses aspirations, à savoir : l’instauration de la paix, la poursuite du processus de démocratisation, la reconstruction nationale ainsi que la promotion d’une économie sociale de marché qui améliore le cadre macro-économique du pays et influe positivement sur le bien-être de nos populations. Dans cette perspective, il est impérieux que le peuple congolais dialogue, se réconcilie avec lui-même, et s’unisse pour la paix et la reconstruction nationale, en vue du bonheur collectif ».

La bonne gouvernance

« Les hautes charges de la République auxquelles vous avez été appelés exigent de vous l’esprit d’abnégation, d’oubli de soi, le triomphe de l’intérêt général toujours et partout sur les intérêts égoïstes et personnels. Le gouvernement ne pourra réaliser les objectifs lui assignés qu’en respectant rigoureusement la déontologie qui s’impose à tous ceux qui détiennent les changes publiques, à savoir : la recherche de l’intérêt général, le respect dû aux citoyens, le respect du principe de légalité, le devoir de dignité et de solidarité gouvernementale.

Les différentes administrations sous votre responsabilité regorgent de personnes capables, expérimentées, de véritables bibliothèques vivantes, qui n’attendent que la sollicitude et la considération pour vous apporter leur soutien, sinon leur contribution. Elles détiennent une expertise incontestable. Au lieu d’évoquer tous les dossiers au niveau de vos cabinets, il est impérieux et avantageux de redynamiser l’administration en l’impliquant dans l’exercice de vos fonctions. Ceci rétablira la confiance nécessaire au fonctionnement régulier des services publics.

Appelés a ces hautes changes de la République, l’intérêt de la nation tout entière doit demeurer votre grande préoccupation. Votre champ d’action ne doit pas se limiter à la seule ville de Kinshasa, car de cela dépendra le jugement du peuple Congolais qui attend des actions concrètes de votre part. Il s’agit là de son droit le plus légitime ».

Bulletins de l’Acp

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