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Video: Le film réalisé par Jihal El Tahri et intitulé "L'Afrique en Morceaux: La tragédie des pays de la Région des Grands Lacs" desormais discrédité.

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Video: Mobutu ou les 32 ans de démagogie, de kléptocratie, de terreur et de prédation! Film réalisé par Thierry Michel

Regardez-le ici! Mais attention! Ce film contient des mensonges, surtout à propos de Lumumba!

 
Congo at the ICJ ~ Verdict de la CPI
 
Horribles Photos du genocide au Congo: sickening photos of the genocide of the Congolese people committed by Rwandans, Ugandans and Burundians, backed by Western superpowers and multinationals.
 
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Créez partout des Comités du Pouvoir Populaire

Discours du Président Kabila au Palais du Peuple, le 21 janvier 1999

Démocratiser la société congolaise à partir de la base

Discours du Président Kabila au Congrès des Comités du Pouvoir Populaire, le 21 avril 1999

Nous avons choisi ce jour pour parler de la mission des Comités du Pouvoir Populaire. L'AFDL doit faire une mutation pour se transformer en Comités du Pouvoir Populaire. Nous avons créé l'AFDL comme mouvement pour la libération de notre pays, dirigé par un "Etat anti-peuple", un Etat dont la mission était de défendre des intérêts étrangers. Le résultat, c'était la misère partout, l'économie ravagée, extravertie.

Un Etat au service de l'étranger ou un Etat populaire?

L'Etat mobutiste avait une seule mission: faire primer les intérêts des grands pays sur l'intérêt national. Le caractère répressif de cet Etat était nécessaire pour permettre aux intérêts étrangers de prospérer. La mission de l'AFDL était de mettre fin à cet Etat compradore qui était la courroie de transmission des directives de l'étranger. Cet Etat compradore a trop duré. Il a créé une culture, des habitudes dans le domaine de la production, de la pensée, du comportement des citoyens.

Quand nous nous sommes emparés du pouvoir d'Etat, la finalité était que le peuple gouverne sur son sol. Pour que le peuple gouverne, il faut l'organiser. Le peuple doit être organisé pour qu'il assume seul ses responsabilités. L'AFDL doit créer un Etat populaire, un Etat du peuple, un Etat qui pense d'abord et avant tout aux intérêts du Congo. A un moment, Léopold II avait son Etat du Congo pour chercher le caoutchouc. Si vous n'alliez pas en chercher, on vous amputait, vous deveniez manchot. La chicote était quotidienne. Ils ont pillé, pillé. Ils sont partis et nous avons eu droit à un autre Etat, celui-là avec des Congolais à la tête mais ils étaient des agents d'autres puissances. Sa mission était de réprimer toujours, partout. Nous venons de prendre le pouvoir pour créer un Etat du peuple et nous disons qu'il faut confier le pouvoir au peuple. Nous savons qu'ils feront beaucoup de tentatives pour récupérer leur Etat, surtout par le biais des partis politiques qu'ils cautionnent. Le peuple doit être vigilant.

Ceux qui ont façonné l'ancien Etat qui les servait grassement, ont déclenché dans le monde entier une propagande pour déformer les objectifs de l'AFDL. Ils l'ont fait pour obliger le nouveau pouvoir à reprendre le rÙle du gouvernement qui venait d'être renvoyé. Alors, il fallait faire un choix. Ou bien craindre ce mensonge monstrueux, laisser le mensonge l'emporter et, apeuré, se ranger et jouer le même rÙle que l'Etat précédent. Ou bien résister à toutes les campagnes de mensonges et poursuivre le but de créer un Etat qui privilégie les intérêts nationaux. La réaction déclenchée dans le monde par la prise du pouvoir de l'AFDL n'était pas fortuite. Ce qui était en jeu, c'était le destin du peuple congolais, qui devenait maître de l'instrument capital pour construire son bien-être matériel, social, culturel. Nous avons carrément refusé d'être un autre gouvernement d'un Etat compradore.

Maintenant il faut organiser le peuple afin qu'il prenne son destin en main. Organiser le peuple signifie le mettre en mobilisation permanente et lui confier des pouvoirs qui dans d'autres Etats appartiennent à l'administration et au gouvernement qui prétendent représenter les intérêts du peuple. "Que le peuple gouverne" était la finalité du combat de l'AFDL. Pour que le peuple gouverne, il faut organiser ce peuple et celui-ci s'organise dans des Comités du Pouvoir Populaire qui sont indispensables à la vie de la nation. Ce pouvoir dans les mains du peuple congolais, ce pouvoir à partir de la rue, du village doit être un pouvoir effectif. Il doit débattre de la vie de la communauté, de la rue, du village, du quartier, etc...

Démocratie populaire ou "démocratie" néocoloniale?

Le peuple lui-même, dans ces comités populaires, peut débattre de tous les problèmes qui se posent à la nation. Il faut la cohésion nationale pour que le peuple ne soit pas divisé. Nous sommes à la veille de la promulgation de la loi légalisant les activités politiques. Chaque groupe va vendre son programme. Ils vont suggérer au peuple qui n'est pas organisé mais éparpillé, de voter pour tel ou tel. Dans le système qui a été renversé, une multitude de partis politiques coopéraient avec l'ancien Etat et le peuple était dispersé. Dans la phase actuelle, nous devons úuvrer pour l'unité du peuple, pour la cohésion interne et nous opposer à la dispersion. Il faut que le peuple s'organise et soit conscient des dangers de la division.

Les Comités du Pouvoir Populaire ont un grand avenir dans ce pays. Le peuple congolais a longtemps travaillé pour les intérêts étrangers. Il est temps qu'il travaille pour ses propres intérêts. On doit chasser la pauvreté. Mais comment peut-on la chasser, si on n'est pas bien organisé, si le peuple n'est pas responsabilisé? Certains ne pensent au peuple que pour venir briguer un mandat pour la députation! Lorsqu'ils viennent solliciter le mandat, ils font des promesses très alléchantes. Une fois élus, ils disparaissent et les problèmes demeurent. Peu de problèmes ont été résolus par la députation.

Maintenant, il faut une bonne organisation du peuple qui permette à tout le monde de participer au travail et surtout à la prise de décision et au suivi de l'exécution. Nous n'avons pas trouvé mieux que les Comités du Pouvoir Populaire. Face à la possibilité de chaos lors de la libéralisation des partis politiques, les Comités du Pouvoir Populaire sont la solution. Qu'est-ce que l'on vous propose? De laisser la décision à d'autres. Ce serait une erreur monumentale de confier votre pouvoir à quelqu'un d'autre parce qu'il est passé maître à faire des propositions alléchantes. Il vous parle comme un magicien. Vous le votez. Il viendra réparer votre rue. Mais vous ne le verrez jamais. Pourquoi ne l'ont-ils pas fait durant toutes ces années. Ceux qui ne sont pas contents du pouvoir actuel, comptent sur l'émergence des partis politiques pour venir déchirer l'unité du peuple. Beaucoup de pays qui nous exploitaient, ont peur que le peuple congolais soit entièrement lié à notre pouvoir. Ils savent qu'unis, nous allons produire des miracles. En comptant sur votre intelligence, vous transformerez sur place les richesses sur lesquelles nous sommes assis depuis des années. Vous serez une nation dans le concert des autres.

La seule différence entre vous et les partis politiques, c'est que vous, vous êtes un peuple organisé, vous avez le pouvoir dans vos mains et vous voulez l'exercer. Les partis politiques cherchent encore à conquérir le pouvoir que vous, vous avez. Cette différence est très visible. Les postulants politiques veulent arracher le pouvoir que vous avez dans vos mains. Alors, c'est à vous de décider. Si vous êtes fatigués de l'avoir, donnez-le aux politiciens.

Récemment vous avez vécu des situations où le peuple congolais a acquis une maturité certaine. En dépit de la campagne hostile, le peuple congolais est resté soudé derrière le Gouvernement de Salut-Public et derrière Mzee Kabila. Le peuple entier, dans sa diversité, s'est ligué derrière Mzee. Ces millions de Congolais de tous les partis politiques ont choisi de se liguer autour de celui qui représente leurs intérêts. Ici à Kinshasa, lorsque les envahisseurs ont tenté leur coup, le peuple dans son ensemble s'est soulevé pour écraser ceux qui voulaient recoloniser le Congo. Cette unité doit être sauvegardée. Et pour sauvegarder cette cohésion forgée dans les moments difficiles, il faut organiser le peuple en le faisant participer à l'exercice du pouvoir.

La Pouvoir Populaire pour créer une économie nationale puissante

Nous avons pris des mesures qui améliorent la vie de la nation. J'évoque la décision de donner au Franc congolais son cours légal sur toute l'étendue de la RDC. C'est une mesure salvatrice qui renforce le pouvoir du peuple. Tout le monde sait que la monnaie est l'un des attributs de la souveraineté d'une nation. Le pays était livré à la spéculation illimitée. Le dollar, le dollar... Ce pays était presque une colonie. Il n'avait pas de monnaie à lui. Personne au Congo ne contrÙlait la circulation du dollar. Il a fallu du courage pour y mettre fin. Les pressions intérieures étaient nombreuses: "Attention, il faut dire au Président que ça va aller très mal, si l'on chasse les cambistes de rue". Cette décision, aussi bénéfique soit-elle, n'aurait pas été possible sans cette cohésion du peuple qui appuie le gouvernement. Maintenant le peuple congolais a une monnaie forte. Alors, les Comités du Pouvoir Populaire, de la base au sommet, doivent protéger les mesures qui sont bénéfiques au pays, ils doivent défendre ces mesures et les appliquer.

Gouvernez votre rue, votre commune, votre village

Les Comités du Pouvoir Populaire dans les rues sont des gouvernements de rue. Lorsque se pose un problème de développement au niveau de la rue ou du village, le Comité du Pouvoir Populaire sait qu'il lui revient d'en débattre, d'en informer l'échelon supérieur. Cela ne se passera plus comme aujourd'hui, où le village n'est pas associé pour identifier ses priorités. Or, le village c'est la cellule de la nation. Nous donnons la chance au peuple d'identifier ses priorités de développement à partir du village, de la rue ou du quartier et de proposer comment il faut s'attaquer à ces problèmes, et plus encore, d'être l'exécutant de ces solutions. Donc, un Comité du Pouvoir Populaire n'est pas le comité d'un parti politique, c'est le peuple qui assume le pouvoir et qui découvre ses priorités dans tel ou tel domaine.

Nous sommes dans une ville qui a toujours été livrée à la spéculation, à la hausse des prix. Mais même le contrÙle des prix est l'affaire de ce gouvernement de la base. Le gouvernement italien donne à l'Etat congolais des denrées alimentaires. L'Etat donne le riz ou la farine de froment aux opérateurs économiques pour les vendre. Or, ils ne sont pas tous des saints, le peuple en a l'expérience. Les gens du peuple savent quel commerçant est cupide et lequel est honnête! Il faut donc faire participer les Comités du Pouvoir Populaire. C'est à la rue, au quartier, à la commune, à la ville d'indiquer les opérateurs économiques vraiment nationalistes qui feront ce que l'on attend d'eux. Et les gens de la rue veilleront sur les prix.

Et puis, une partie des dons est offerte contre le travail. Il faut que les Comités du Pouvoir Populaire disent: "Notre quartier a une mauvaise route, il n'a pas d'école, de centre de santé. (...) La commune, qui discute avec les comités des différents niveaux, dira avec précision: On va réparer telle route et les gens aptes à faire ce travail, auront une quantité de riz"... Mais que se passera-t-il si l'on fait cela avec nos anciennes habitudes bureaucratiques, sans consulter le peuple? Vous êtes bourgmestre et vous prenez d'en haut une décision. On connaît la suite: une partie de riz destinée à être échangée contre le travail, finit dans les magasins des commerçants. Et pour les travaux en question, on voit des gens venir d'ailleurs avec des voitures, ils s'arrêtent, ils manipulent un peu le petit pont et ils repartent. Et on vous dit que tout le riz est passé par là. Les Comités du Pouvoir Populaire responsabilisent le peuple afin qu'il soit concerné par tout ce qui touche à la vie de la nation et à sa propre vie.

Au niveau provincial, le Comité est un organe important du pouvoir et connaît les priorités de la province. Il exécutera le programme triennal de reconstruction. Nous voulons développer notre pays et promouvoir des échanges avec les autres pays. Mais nous empêchons la spoliation de nos richesses.

Des mesures sont prises comme la création de la Bourse des matières précieuses. Des étrangers, pour la plupart illégaux, ont investi des régions entières pour y prendre le diamant, l'or, etc. Ils les ramènent vers la capitale. Ils amassent les richesses, mais l'Etat ne voit rien. Lorsque le Comité du Pouvoir Populaire d'un village sera en présence d'un étranger, l'affaire deviendra très simple: "Monsieur que faites-vous ici? Vous n'êtes pas supposé être ici. Vous n'êtes pas Congolais, que faites-vous dans nos puits de diamant? Vous avez apporté chez nous des capitaux pour acheter du diamant. C'est à la Bourse des matières précieuses qu'il faut présenter vos dollars, pas au village". Autrefois, c'était les liens d'amitié avec le chef du patelin qui jouaient. Chacun avait son Libanais ou autre étranger. Mais désormais, il faut qu'ils s'arrêtent à Kinshasa et que les Congolais fassent le travail à l'intérieur. Dans le cadre des Comités du Pouvoir Populaire, il y aura des départements économiques, on organisera les villageois qui ont des moyens pour acquérir des instruments et extraire le diamant, l'or ou l'émeraude. Ils pourront les vendre à Kinshasa.

Créer une industrie puissante pour nous faire respecter

Vos opérateurs économiques n'ont rien de capitaliste. Ils n'ont pas d'usines, nombreux sont ceux qui font du commerce, du trafic. Ils importent des poulets, des poissons. Vous pensez que le Congo peut compter sur une telle économie? Vous importez des mpiodi, vous vendez ici, après vous allez dans la rue chercher le dollar et puis vous reprenez le cycle. Mais le peuple congolais ne gagne rien. Rien du tout.

Dans le passé récent, l'Etat compradore a même empêché l'éclosion de capitalistes nationaux. Il l'a empêché parce qu'un capitaliste national allait faire concurrence aux monopoles. Ils ont tout fait pour tuer les initiatives et c'est pour cela que nous nous trouvons sans industries. Nous importons du papier, des crayons, des bics, des choses qu'on peut produire ici. Il nous faut plus de petites industries de transformation. Nous devons créer une nouvelle économie pour notre pays. C'est l'objectif de l'Etat populaire. Moi, je voudrais voir des usines qui fabriquent des souliers. Je voudrais voir ici de grandes usines de textile. Nous importons le coton, parce que nous n'en cultivons pas.

Devons-nous importer tout? Non, je crois que le moment est venu pour construire une économie nationale florissante. Les véhicules, nous devons les fabriquer nous-mêmes. Les pièces de rechange des véhicules importés, nous devons les fabriquer. Sinon, que deviendra le Congo? Vous devez tout acheter et vous croyez avoir une économie pour soutenir la guerre? Où est notre industrie lourde? C'est la mission de l'Etat du peuple, la mission de ce peuple organisé en Comité du Pouvoir Populaire de créer une forte économie pour nous faire respecter. Parce qu'aujourd'hui, il est difficile de supporter les efforts de la guerre avec cette économie qui n'existe que pour faire plaisir à ceux qui trafiquent. Donc, nous avons la mission de créer une industrie nationale. Vous voulez avoir des chars de combats, des blindés? Mais nous pouvons les produire nous-mêmes, les facilités existent dans certaines usines. Quand nous avons pris le pouvoir, c'est pour faire cela.

Notre victoire, c'est de donner le pouvoir au peuple!

L'AFDL doit accepter la mutation et se transformer en Comité du Pouvoir Populaire. Ne pas se transformer, c'est aller à contre-courant de l'histoire et l'AFDL deviendrait réactionnaire, elle disparaîtrait. La grande victoire de l'AFDL, c'est de donner le pouvoir au peuple et donc de créer les Comités du Pouvoir Populaire. De quoi a-t-on peur? L'AFDL, ce n'est pas la recherche de positionnement individuel. La lutte est encore très ‚pre. On doit entreprendre sa propre transformation sinon on est dépassé par les événements. On ne doit pas faire barrière à une révolution dont les finalités sont connues.

Nous sommes très heureux que le peuple congolais, dans son ensemble se reconnaisse dans l'action que nous avions entreprise. C'est son action. Il faut organiser le peuple de manière à ce qu'il soit responsable de ce qui se fait et c'est tout le sens de ces Comités du Pouvoir Populaire. C'est vraiment une grande révolution qui s'accomplit dans notre pays, une grande révolution populaire où le peuple n'est plus dupe.

C'est avec les Comités du Pouvoir Populaire que la possibilité matérielle de la démocratie va se réaliser. Soyez vigilants parce qu'on vous dira que nous voulons empêcher les partis politiques de jouer leur rÙle. Lorsque les vieux partis réapparaissent, ne leur permettons jamais de diviser le peuple parce qu'il sera alors difficile de défendre les intérêts du peuple.

Nous avons identifié tous nos grands maux. La chose la plus importante, c'est d'avoir une direction politique juste. Or, la direction politique doit être celle du peuple, ce sont les Comités du Pouvoir Populaire. Vous devez défendre votre pouvoir, parce que les autres n'ont pas encore désarmé. Vous assumez réellement le pouvoir dans votre pays. Au début il y a une certaine hésitation. Mais nous sommes très heureux que le peuple comprenne maintenant qu'il doit s'assumer seul, je dis bien seul.

Notre détermination d'aller jusqu'au bout est irréversible. Nous aurons prochainement un Congrès du Comité du Pouvoir Populaire de la ville de Kinshasa et par après un grand congrès national. Beaucoup d'Africains qui ont leurs peuples dans le cúur vous suivront, parce que vous avez du courage, vous Congolais. Je vous remercie beaucoup et à la prochaine occasion, au Congrès des Comités du Pouvoir Populaire de la province de Kinshasa!


Démocratiser la société congolaise à partir de la base

Discours du Président Kabila au Congrès des Comités du Pouvoir Populaire, le 21 avril 1999


Faiblesses et limites de l'AFDL

Nous voilà réunis pour faire le point sur ce que sont les Comités du Pouvoir Populaire. La liquidation politique du néocolonialisme mobutiste fut une étape obligatoire qui a permis aux masses d'accéder aujourd'hui à la tête des affaire publiques. Il s'avère impératif de définir le mode d'exercice de ce pouvoir. Le peuple n'a pas l'habitude d'exercer le pouvoir, parce qu'on ne le lui a jamais donné.

Le 17 mai 1997, le pouvoir n'était pas dans la rue, il était au bout du fusil de ceux qui ont été ovationnés par les masses, sillonnant les rues et avenues de Kinshasa à la recherche des dernières forteresses du pouvoir mobutiste croulant. Le 17 mai, c'était l'assaut final qui sonna le glas d'un régime abominable qui saigna son peuple à blanc et le livra à la rapine étrangère.

A aucun moment, il n'y eut de flottement dans la maîtrise des événements, malgré les fortes pressions extérieures destinées alors à obtenir le recyclage des agents qui servent l'étranger. La révolution qui a conduit l'AFDL à chasser du pouvoir ceux qui ont pris le pays en otage, avait une finalité. L'AFDL était un mouvement dirigé par des cadres révolutionnaires conscients qui avaient le souci de l'indépendance et de la souveraineté de notre pays, ainsi que du bien-être matériel de notre peuple. La finalité de la révolution était que le peuple gouverne souverainement sur son sol. Il était inscrit à l'ordre du jour qu'après la victoire de la révolution démocratique populaire du 17 mai 1997, l'AFDL devrait s'acquitter de cette t‚che historique.

Mais l'AFDL était loin d'être l'avant-garde du mouvement de libération de notre pays, à cause de sa composition. Il y avait des cadres révolutionnaires du Parti de la Révolution Populaire qui étaient les seuls dirigeants du mouvement révolutionnaire congolais. Ce parti avait la conception de la stratégie de la guerre populaire. Mais il devait composer tactiquement avec d'autres mouvements afin de mobiliser les énergies de ceux qui devaient soutenir la révolution pour permettre qu'elle s'arme davantage. En fait, l'AFDL était constituée de quatre mouvements politiques alliés, dont trois sans expérience révolutionnaire ni orientation idéologique, légitimés par l'extérieur. C'était un conglomérat d'opportunistes et d'aventuriers.

Cette situation a été imposée à la direction révolutionnaire, comme condition sine qua non à la liberté de mouvement, à l'acquisition de matériel de guerre, au droit de passage. Admettre les Tutsi prétendant être des réfugiés congolais était une des conditions essentielles pour que les Rwandais nous donnent le passage. Une autre condition était d'englober dans la direction de la révolution leurs espions ayant pour mission de surveiller les actes de la direction révolutionnaire! Il fallut, en même temps, y inclure ceux qui étaient soutenus par l'Ouganda. Déjà pendant la période de guérilla active à l'Est, les mouvements soutenus par M. Museveni servaient à faciliter le pillage du café, de l'or, du bois et la fraude vers l'Ouganda.

Immédiatement après la victoire, beaucoup se sont embarqués sur le train déjà en marche. C'est pour cela que des continuateurs de la IIe République devaient être éjectés des instances dirigeantes du mouvement pour sauver la révolution démocratique. Il fallait rendre effectif le transfert du pouvoir au peuple victorieux et entreprendre sa conscientisation. Pour cela, il fallait l'organiser. Il est indispensable que le peuple soit capable d'identifier et ses vrais ennemis, et ses vrais intérêts.

Mais l'acte du transfert du pouvoir au peuple, c'est la disparition de l'AFDL en tant qu'organisation politique. En effet, si l'AFDL se transformait en parti politique, à quoi ressemblerait ce parti? Il ne pouvait être qu'un foyer de médiocrité et d'opportunisme. Vous avez vécu la course effrénée à l'enrichissement, à la rapine, aux pillages des biens d'autrui. Il fallait donc mettre fin à l'aventurisme politique. Il fallait rappeler à ces messieurs que le pouvoir devait être remis au peuple. Ces gens-là détenaient une portion de pouvoir par le biais des forces étrangères qu'ils ont accompagnées lors de la guerre de libération. Il fallait empêcher les partis politiques qui étaient membres de l'Alliance des Forces Démocratiques de Libération d'accaparer le pouvoir pour faire la même chose que les hommes de la IIe République.

Il a fallu absolument empêcher que le pouvoir devienne l'affaire d'un club d'amis, de gens qui se connaissent et qui se serviraient du pouvoir de l'Etat pour s'enrichir et réprimer les autres. L'une des obligations pour les dirigeants du mouvement révolutionnaire était de ne pas permettre à une quelconque clique de s'emparer du pouvoir de l'Etat. Si l'on n'avait pas accompli ces t‚ches cruciales rapidement, il y aurait eu un risque que le pouvoir retombe dans les mains des charlatans que vous connaissez, inféodés à l'étranger, et que vous avez renversés. Ces opportunistes et aventuriers se seraient injectés dans les organes dirigeants du pouvoir politique, pour remplir la même mission.

Les CPP: un pouvoir national patriotique pour la reconstruction du Congo

Les Comités du Pouvoir Populaire apportent beaucoup de confusion dans l'esprit de certaines personnes et surtout des anciens manipulateurs de la politique. C'est quoi, le CPP? Le Comité du Pouvoir Populaire est l'organe exécutif du pouvoir d'Etat qu'assume le peuple. Il s'agit de la matérialisation du concept universel: pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple. Il faut matérialiser ce concept qui a souvent été utilisé par des classes politiques dominantes pour tromper le peuple. La démarche actuelle va dans le sens inverse. Il faut réellement que le peuple exerce le pouvoir lui-même. Il faut que tout le peuple s'implique dans l'exercice du pouvoir, qu'il puisse le détenir et s'en servir pour ses propres intérêts.

Vous devrez aller vers le peuple qui a le pouvoir. Il faut s'associer au peuple. Les CPP sont le peuple organisé en organes du pouvoir d'Etat populaire, ils exercent directement la gestion de la chose publique à chaque échelon de l'Etat. Les CPP tiendront régulièrement des réunions de conscientisation des masses. Les CPP doivent comprendre qu'il faut être toujours plus près des masses, parce que vous êtes la masse vous-mêmes; vous vivez avec les autres, à qui vous devez inoculer votre foi politique. Nous devons être un peuple cohérent, discipliné, très organisé et nous devrons savoir o? nous allons.

Les CPP, ce n'est plus un pouvoir qui est délégué à une catégorie de gens, comme les députés, c'est un pouvoir qu'il faut assumer à partir de la base. Ce n'est pas un pouvoir par délégation, du genre: "Oh moi, je vous parle au nom du peuple!" Pourquoi le peuple ne parlerait-il pas lui-même? Il s'agit de nous assurer que le peuple tout entier s'implique et exerce un contrÙle direct sur le pouvoir. Nous sommes ici pour nous mettre d'accord sur la question de savoir comment, vous le peuple, vous devez assurer ce pouvoir qui est le votre.

Les CPP sont uniquement une émanation de la volonté des électeurs, de la volonté des habitants de la rue, du village, du quartier ou de la collectivité, et c'est par des votes qu'on élit un Comité exécutif. Les CPP sont chargés de mettre en pratique les résolutions issues des délibérations des Assemblées du Pouvoir Populaire, organes constitutifs qui élisent les Comités du Pouvoir Populaire. Ce sont donc des Conseils, comme des Assemblées populaires des rues, des quartiers, des communes, des villages. La démarche actuelle vise la démocratisation globale de notre société. C'est une nouveauté.

L'apprentissage du pouvoir, de bas en haut

Les CPP, c'est toute une chaîne, de bas en haut. Les CPP s'intéressent directement à la vie nationale. Ils s'occupent de l'ensemble des habitants de la rue, du village ou du territoire, et débattent, dans les Assemblées populaires, des problèmes les plus divers ainsi que des préoccupations quotidiennes, sociales, économiques, culturelles, politiques des citoyens. Les CPP, en tant qu'organes exécutifs de l'Etat, sont assujettis à des obligations qu'ont ordinairement les gouvernements: gérer un budget pour le programme de reconstruction dans leur juridiction, et, en même temps, ils ont les obligations de la défense, de la sécurité, de la production.

Mes amis des CPP de l'Université et des Instituts supérieurs, vous êtes en train de faire l'apprentissage en gérant un petit fonds aujourd'hui, en établissant les priorités dans le cadre de votre vie. Certains réparent des installations abîmées, réhabilitent les réfectoires, les dortoirs, résolvent les problèmes de canalisation d'eau, du courant. Ce n'est qu'un début, mais c'est déjà un apprentissage important. Vous allez vous habituer après à gérer une grande communauté de gens. Les CPP des villages, comme des rues, des communes, doivent faire de même. Tous doivent avoir un budget de reconstruction. Tous les CPP doivent apprendre à gérer un budget, doivent identifier les priorités de reconstruction de leur juridiction. Si la priorité, c'est l'électrification ou la réparation des rues défoncées ou encore l'enseignement ou l'école à remettre à neuf, le CPP doit en débattre et doit trouver des solutions.

Si vous avez des problèmes alimentaires ou autres liés à la hausse des prix, chaque Comité du Pouvoir Populaire peut participer à la solution en se lançant dans la production de vivres. Si vous devez acquérir des concessions, si vous devez obtenir des instructions pour développer une activité agricole, le gouvernement sera toujours à vos cÙtés parce que vous êtes un organe du gouvernement à l'échelon le plus bas. On vous alloue un budget, vous identifiez vos priorités, vous produisez, mais vous payez aussi les dettes. Nous sommes très fiers que notre peuple puisse se prendre en charge réellement. Si vous avez un pont cassé entre deux villages et que vous êtes dans le système de représentations, que se passe-t-il? Votre député vient vous tenir des discours: "Je vais chercher de l'assistance". Mais quand on mendie, on n'est pas sûr d'avoir quelque chose, et le plus souvent, on rentre bredouille. Et parce que c'est un pont entre deux villages, les récoltes des petits fermiers, vont pourrir. On attend le représentant qui se coule la vie douce, circule dans les bistrots et oublie qu'il a la mission de ceux qui l'ont élu. Et les villages continuent d'attendre. Ils ne vendent plus rien, la misère s'installe.

Mais ici, il est question que les gens prennent l'initiative eux-mêmes. Vous n'attendez rien, les Comités de deux localités préparent la stratégie, identifient les moyens et demandent à l'échelon hiérarchique de l'aide, parce qu'ils font partie du système de gouvernement. Vous représentez, à la base, le sommet. Vous établissez les études de faisabilité et vous vous en référez aux autorités hiérarchiques. Vous avez des mains, vous avez un cerveau, vous avez tout. C'est ce que nous appelons "le peuple se prend en charge". Les CPP doivent renforcer l'initiative du peuple qui ne sait pas attendre. Vous savez qu'il y va de votre vie et que si le pont n'est pas réparé, vous n'allez pas vendre.

Un Etat fort pour rattraper notre retard économique

Les CPP doivent être compris comme un gigantesque mouvement national patriotique. Ils soudent les hommes et les femmes du pays autour d'un idéal très noble. Nous entendons créer une nouvelle société, juste et prospère, à travers une stratégie: la mobilisation du peuple tout entier autour de la reconstruction nationale. Quand des millions de congolais seront embarqués sur le sentier de la production, de la reconstruction, nous allons résilier complètement le contrat avec la misère.

Le système des Comités du Pouvoir Populaire est un système qui veut que le Congo rattrape dans une période très courte le retard accumulé pendant plusieurs décennies dans tous les domaines. L'Etat doit être fort et le peuple doit avoir sa cohésion si nous voulons en sortir. Dans le cadre de la reconstruction, les CPP ont l'obligation d'appliquer et de faire appliquer les décisions du gouvernement, les lois, ainsi que leurs propres décisions prises par les Conseils locaux, que nous appelons les Assemblées du Pouvoir Populaire. Les CPP encouragent toutes les initiatives de développement des différentes associations de masse: ONG, syndicats, mutualités.

Les anciens manipulateurs veulent reconquérir leur paradis perdu

Comment organiser notre peuple, comment structurer le pouvoir qu'il a conquis? Cela fait l'objet des assises de ce 1er Congrès de Kinshasa. C'est le peuple qui assume le pouvoir d'Etat et ce peuple veut garder jalousement sa conquête. Vous voulez créer une nouvelle société complètement soustraite des affres de l'exploitation? Vous voulez créer la prospérité? Il faut donc être à la hauteur de votre mission. Le pouvoir économique, mes amis, reste encore à décoloniser par la stratégie de la reconstruction. On y arrivera.

Il est vrai que les CPP font peur aux politiciens et à ceux qui les ont toujours utilisés pour piller le pays. Vous devez savoir que le pouvoir est alléchant. Les vautours volent autour de vous avec mille artifices. Ils veulent saisir l'occasion d'un rel‚chement de l'effort populaire. Et si nous ne sommes pas structurés, si le peuple n'est pas conscient politiquement, par erreur d'appréciation d'une situation donnée, il peut perdre le pouvoir. Les agents qui servent l'étranger tentent encore de reconquérir le pouvoir perdu par des intrigues comme "la Table Ronde", "le gouvernement de large union nationale" ou "le gouvernement de réconciliation nationale". Ils tentent aussi de le reconquérir par l'invasion ou la rébellion, par des coups bas sur le plan économique, caractérisés notamment par la hausse artificielle des prix du carburant, par le taux de change fluctuant au gré de commerçants spéculateurs, dont la plupart sont des agent de sécurité qui ont été chassés du pouvoir. Ce sont là quelques-unes des intrigues dont se servent ceux qui ont encore l'espoir de reconquérir leur paradis perdu.

Dans une agglomération comme Kinshasa, on sent immédiatement que la vie a subi les secousses de la guerre. La guerre est multiple, parfois économique. Et ceux qui sont au four de l'économie vous mettent à l'épreuve pour voir si vous avez la conviction de ce que vous prétendez être. Ils vous grignotent quelques litres d'essence, vous contraignant à aller à pied. Ils se rendent compte qu'ils ont atteint votre moral. Vous dites: "Le gouvernement ne fait rien, ce n'est pas possible, nous avons faim, nous nous déplaçons à pieds".

Mais ceux qui manipulent l'économie sont les responsables de cette guerre qu'ils mènent pour vous détourner de votre pouvoir. C'est là une façon de vous demander de leur concéder le pouvoir. Le malin qui est à l'affût du pouvoir veut que vous le laissiez tranquille, que vous croyiez qu'il n'est pas responsable de votre malheur, alors que c'est bien lui le responsable. Son intention est de pouvoir récupérer rapidement le pouvoir, gr‚ce à l'insatisfaction des masses.

C'est ici que la question de la conscientisation devient vitale. Parce que le pouvoir d'Etat, le pouvoir politique, c'est l'instrument capital qui détermine le destin des peuples. Nous sommes en train de faire l'apprentissage du pouvoir, de l'exercice du pouvoir par le peuple. Mais vous n'avez pas de longue expérience parce qu'on ne vous a jamais donné la chance de gouverner votre propre destin. Les erreurs sont inévitables, mais quel type d'erreurs? A cause de la maturation politique médiocre, on est capable de livrer son pouvoir à des charlatans. Lorsqu'on parle de conscience politique des masses, c'est pour que vous soyez moralement en état d'alerte. Ceux qui ont perdu le pouvoir vous en feront voir: intrigues, artifices, tactiques. Eh bien! Il faut mûrir politiquement.

L'étranger organise le pourrissement de la Société Civile

Les CPP sont aussi venus mettre fin à la politisation et au pourrissement de la Société Civile entrepris par ceux qui ont fait pourrir la classe politique de la IIe République. Eux-mêmes le disent: les politiciens zairois sont pourris, corrompus, incapables. Ces messieurs, qui ont transformé la classe politique zairoise en vassale des étrangers, ont constaté qu'il est difficile de mettre le pays debout avec cette même classe politique. Alors, ils ont transféré leur amour sur la Société Civile. Ils ont commencé à politiser et à corrompre cette société. Il n'y a pas de garantie qu'ils ne feront pas de la Société Civile ce qu'ils ont fait avec l'ancienne classe politique.

Les CPP sont venus mettre fin à la politisation que subit notre Société Civile. Il faut la sauver et éviter qu'elle soit vendue aux intérêts étrangers. Mais les CPP doivent connaître les tactiques dont se servent les étrangers pour corrompre le peuple avec un petit rien. Ils passent à la télévision remettre des cadeaux, pour la plupart insignifiants, qu'ils appellent "assistance". Ce qui est donné aux ONG comme assistance est contraire à nos convictions. On vous dit: "C'est pour alléger un peu la souffrance". Mais voyez la quantité, comparez là à l'envergure de la propagande faite pour ces assistances. C'est n'est pas ainsi qu'on résoudra le problème de la pauvreté. Des assistances au compte-gouttes ont toujours été données et la nation n'est pas sortie pour autant victorieuse de la pauvreté, du sous-développement et de son retard en tant que pays en voie de développement.

Gare aux sollicitations trompeuse des anciens partis

Vous avez le pouvoir maintenant. Les partis politiques qui ne l'ont plus voudraient bien entrer en possession de cet instrument capital qui contrÙle le destin de tout un peuple. Le CPP, ce n'est pas un parti politique. J'ai dit que c'est le peuple organisé et structuré, c'est un grand rassemblement de tous les Congolais patriotes conscients, poursuivant un seul but: être les maîtres indiscutables de leur destin. Vous n'avez pas de maître. Le peuple est seul maître. On peut acheter une clique d'individus, mais on ne peut acheter un peuple entier. On peut corrompre de petites unités, des groupements politiques. Mais non un peuple uni pour son bonheur, qui a compris qu'il est maître de son destin. Nous ne sommes pas contre les partis politiques. Vous les avez vus à l'úuvre. Ils n'ont pas pu créer votre bonheur. Maintenant, vous tentez de créer vous-mêmes votre propre bonheur. Cela ne veut pas dire qu'il n'y aura pas de sollicitations qui vous seront confusément adressées. Ils ont la liberté d'expression et de parole. Mais le jugement, c'est le vote.

Dans votre rue, votre village, vous serez là à écouter pas mal de sollicitations. On a autorisé les partis politiques, mais on ne veut plus qu'ils aillent devant un peuple aveugle, qui se laisserait tromper une fois encore et l‚cherait son propre bonheur par le jeu des urnes. Le jeu des urnes, c'est pour garder le pouvoir, pas le contraire. Nous pensons que nos compatriotes dans les CPP feront un effort nécessaire pour mûrir politiquement. On devra faire cela absolument. Notre maturation politique devra nous aider à faire le bon choix, parce que la vie est pleine d'embûches. Des sollicitations viendront toujours, et plus nombreuses. Nous ne sommes pas les possesseurs des médias. Les radios et les télévisions déforment à longueur de journée la réalité de la vie dans notre République. Cela fait partie d'une stratégie: la guerre psychologique. Ils ne veulent pas que nous réussissions à compter sur notre propre force, au lieu de compter sur l'appui extérieur.

Ce que nous pensons, nous, peuple congolais, c'est qu'il faut garder le pouvoir politique, mais démocratiquement. Si on vous sollicite: "Donnez-moi votre voix", et que vous la donnez à celui qui n'est pas capable de défendre votre pouvoir, ce n'est pas sa faute. Lui n'a fait que vous suggérer. J'ai dit que les erreurs ne manqueraient pas. Mais quelles erreurs? Si vous l‚chez le pouvoir et que les autres s'en emparent, ne criez pas à l'erreur! Ce n'est pas une erreur quand vous vous vendez consciemment comme esclave à quelqu'un.

Débat national sur la source du pouvoir qu'est le peuple!

Nous allons au Débat national parce que nous voulons parler, conscientiser et nous entendre sur l'essentiel. Nous parlerons à tout le monde, dans le cadre d'un Débat national ouvert. Ce ne sera ni la Conférence Nationale Souveraine, ni la Table Ronde. Nous voulons tout simplement donner l'occasion aux gens qui sont contre nous de débattre du problème clé: la source du pouvoir. Leur source a toujours été extérieure. Le Congo ne l'accepte plus. Si vous voulez briguer un mandat, présentez-vous aux élections libres. Personne ne sera empêché de se présenter aux élections pour quelque motif que se soit. Mais on ne peut pas voiler son inquiétude en cherchant un alibi de "Table Ronde" o? le peuple ne décide pas. La Table Ronde n'est pas notre affaire.

Le Débat national, c'est votre création. Pour tenter de forger une entente sur les questions essentielles de la nation. La question principale est celle de la source de légitimité du pouvoir. Tout le monde est-il d'accord que le pouvoir vient du peuple par le biais des élections? Alors il ne faut pas que l'on puisse recourir à la formation de gouvernements qui viendront de conclaves, de combines. Les gens ne vont pas au Débat national pour créer des gouvernements que le peuple n'a pas élu. Sommes-nous d'accord que la source du pouvoir, c'est le peuple? S'ils disent "oui", on s'entendra bien. La voix du peuple, c'est la voix de Dieu.

Ils ont cru que nous allions parler de la légitimation de notre pouvoir. Mais eux, il sont une minorité, ils ne peuvent pas légitimer un pouvoir aussi gigantesque que celui-ci. C'est un Pouvoir Populaire. Nous ne voulons pas qu'on parle de la légitimité de notre pouvoir actuel, parce que ce n'est pas l'objet du Débat national. Certains ont cru que nous allions leur demander de reconnaître notre pouvoir. Ce n'est pas du tout de cela dont il est question.

Avec le Décret-loi 194, les anciens politiciens ont cru qu'on a mis des obstacles pour qu'il n'y ait pas de partis politiques, qu'il faut payer beaucoup d'argent. Mais ces gens sont des milliardaires, vous les connaissez. Nous allons sauver notre pays de la foire, de l'irresponsabilité et du cirque. Vous connaissez le cirque? Le Congo est le seul pays au monde à avoir eu dans son histoire 400 partis politiques! Même la Communauté internationale nous dit que c'est finalement un cirque, une récréation, une foire d'irresponsables. Pourquoi ne pas mettre un terme à cette prolifération inutile? Ce n'est pas de la richesse, c'est une honte.

La Communauté Internationale nous a rendu hommage pour avoir initié le Débat national.

Mais les anciens politiciens ont la petite idée de faire un gouvernement de Transition. Ainsi, ils seront, comme toujours, aux affaires. On ne va pas là pour faire des combines politiciennes. Combien y a-t-il eu de gouvernements en sept années de Transition? Et aucun de ces gouvernements n'est venu du peuple. Nous n'allons pas vendre notre peuple à ces roublards pour leur dire de participer aux affaires. Qu'ils se préparent. Nous leur avons dit: Rencontrons-nous là-bas, accouchons les principes du jeu politique de notre nation. Pas de combines politiciennes pour des soi-disant gouvernements de Transition. D'ailleurs, il y a un gouvernement légitime et populaire qui attend que le peuple fasse son jugement au cours des élections. Il y a d'autres prétendants. Mais pour faire la compétition, il faut d'abord savoir accepter la règle du jeu.

Alors, on va proposer la règle du jeu de la compétition. Il y en a qui posent des conditions en disant qu'il faut une petite Table Ronde pour les assurer qu'ils seront Premier ministre. Nous ne sommes pas preneurs. Ce n'est pas à nous de dire qui va être Premier ministre. C'est au peuple. S'ils ont peur de la démocratie, nous disons que les CPP, c'est la démocratisation globale de la société congolaise.

Avant, ils disaient: "Vous êtes un dictateur". Nous répondons: "Il n'y a pas dictature, mais démocratisation". Et le processus continue. Mais avant qu'on ne l'ait achevé, il y a ceux qui en ont peur. Ils savent que vous n'allez pas les élire. Ils n'ont pas peur de nous, ils ont peur du peuple.

Nous comptons donc sur les Comités du Pouvoir Populaire. Nous avons tous besoin de compter sur notre peuple. Que le peuple comprenne que cette démarche historique, c'est pour son bien. Il n'y a aucune mascarade, aucune tromperie. Pas de tricherie. C'est à vous de mûrir, si réellement le peuple mérite d'avoir ce droit de détenir le pouvoir. Notre peuple, nous le voulons heureux, prospère, digne et souverain. Si nous choisissons à nouveau le chemin de la pauvreté, de l'allégeance à l'étranger, le chemin de la facilité parce qu'on nous promet de l'assistance, nous ramperons à quatre pattes. Aucune facilité n'a fait émerger un peuple. Alors, soyons dignes d'être Congolais!

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