|
NEWS BRIEFS
[french]/[english]
***Deux poids, deux mesures!
En vertu de la loi de compétence universelle, la Belgique rétire la plainte contre le Général Américain Tommy Franck, accusé de crimes contre l'humanité en Irak et procède au procès de deux Rwandais accusés de génocide et se trouvant en Belgique.
***Le Rwanda appelé à négocier les modalités du retour des rebelles hutus
RWANDA - 12 mai 2005 - AFP
L'institut de résolution des conflits International Crisis Group (ICG) a appelé jeudi le Rwanda à accepter de négocier les modalités techniques du rapatriement des rebelles hutus dont la présence en République démocratique du Congo (RDC) fragilise la paix dans la région.
"Le gouvernement rwandais, qui n'a cessé de refuser de rencontrer les FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda), devrait tenir des discussions techniques avec ses chefs militaires, et être prêt à leur offrir des encouragements concrets pour leur retour et leur réinstallation", estime ICG dans un rapport publié jeudi à Nairobi (Kenya).
Les "encouragements" cités peuvent être "financiers", mais il peut également s'agir de l'intégration des commandants rebelles dans les rangs de l'armée rwandaise, souligne ICG.
Les rebelles hutus des FDLR, cachés depuis 11 ans dans les forêts de l'est de la RDC, ont déclaré le 31 mars à Rome qu'ils renonçaient à la lutte armée contre le régime de Kigali, actuellement dominé par la minorité tutsie, et qu'ils étaient prêts à rentrer dans leur pays.
Ils ont néanmoins exigé la mise en place d'un "comité international de suivi" et la négociation, avec les autorités rwandaises, des modalités de ce retour.
Le Rwanda s'est dit prêt à les accueillir, mais fait savoir qu'il "ne négociera jamais" avec les FDLR, accusées par Kigali d'avoir participé au génocide de 1994 contre les Tutsis.
"Le Rwanda et la RDC n'ont pas épuisé tous les moyens pacifiques pour la démobilisation des FDLR", poursuit ICG.
Selon un calendrier établi à Rome, les FDLR, fortes de 8.000 à 15.000 membres selon les sources, devaient entamer leur rapatriement le 5 mai, mais sur le terrain aucun changement n'a été signalé.
Kigali a fait savoir qu'à leur retour au Rwanda, les ex-rebelles devraient répondre de leurs éventuels actes au cours du génocide, organisé par le régime extrémiste hutu de l'époque et qui a fait, selon les Nations unies, 800.000 morts. Depuis, les rebelles ont posé des "conditions non-négociables" à leur retour, notamment "l'ouverture d'un espace politique" pour les FDLR au Rwanda.
"Si, comme par le passé, les FDLR posent des conditions politiques à leur retour au Rwanda, nous retournerions au point de départ", prévient ICG, exhortant le gouvernement congolais à faire pression pour qu'elles y renoncent.
La présence en RDC des FDLR, "bien qu'elles soient trop affaiblies pour menacer Kigali" selon ICG, continue d'empoisonner les relations entre le Rwanda et Kinshasa.
"Si tous les moyens pacifiques pour désarmer les FDLR devaient être épuisés, alors la seule solution serait militaire", conclut ICG, estimant que l'armée congolaise devrait mener un tel désarmement "forcé", avec le soutien logistique de l'Onu et de l'Union africaine (UA).
***Les rebelles des FDLR demandent la fermeture des juridictions gacaca
RWANDA - 13 mai 2005 - AFP
Les rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) demandent la fermeture des tribunaux gacacas chargés de juger les auteurs du génocide de 1994 au Rwanda, estimant qu'ils "terrorisent" la population, dans un communiqué reçu vendredi à Nairobi.
Le mouvement politico-militaire appelle "la communauté internationale à intervenir immédiatement auprès des autorités de Kigali pour leur demander de mettre fin à ces tribunaux d'exception qui ne font que terroriser davantage la population rwandaise déjà meurtrie par la peur et l'effroi et attisent la haine ethnique", estiment les FDLR dans leur communiqué.
Fin mars, les FDLR, qui sont basés depuis 11 ans dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), région voisine du Rwanda, avaient annoncé qu'ils renonçaient à la lutte armée et acceptaient de rentrer dans leur pays. Mais à ce jour, aucun mouvement dans ce sens n'a été enregistré.
"Les FDLR attirent l'attention de la communauté internationale sur le fait qu'au moment même où elles font cette offre de paix, le régime de Kigali crée de nouvelles vagues de réfugiés par le biais des fameux tribunaux dits +gacaca+ pour intimider les réfugiés candidats au retour dans leur pays", ajoute l'organisation politico-militaire.
Depuis début avril, des milliers de Rwandais de l'ethnie hutue se sont réfugiés dans les pays voisins, dont le Burundi, notamment par crainte de comparaître devant les gacaca.
Ces tribunaux populaires ont commencé à fonctionner, au niveau national, le 10 mars.
Le génocide de 1994, orchestré par des extrémistes hutus contre la minorité tutsie, a fait près de 800.000 morts, selon l'Onu et près d'un million de morts, selon Kigali.
Les FDLR sont composés d'Hutus hostiles au régime actuel de Kigali, qui est dominé par les Tutsis. Parmi eux figurent des personnes soupçonnées d'avoir activement participé au génocide et qui seraient donc susceptibles de comparaître devant les gacaca.
***A la suite de son invasion de la RDC, la quasi-totalité de la dette est désormais effacée
RWANDA - 11 mai 2005 - AFP
La quasi-totalité de la dette du Rwanda, qui s'élevait encore à quelque 1,56 milliard de dollars en avril dernier, est désormais effacée, a indiqué mercredi à l'AFP son ministre des Finances, Donald Kaberuka.
Il s'exprimait au lendemain d'une décision des pays créanciers du Club de Paris d'annuler 100% de la dette de Rwanda, soit 100,4 millions de dollars.
Le mois dernier, la Banque mondiale et au Fonds monétaire international (FMI), avait déjà été annoncé l'allègement de l'ensemble de la dette extérieure du Rwanda de 1,4 milliard de dollars à terme, jugeant que le pays avait satisfait à l'ensemble des critères de l'initiative pour la réduction de la dette des pays pauvres très endettés (HIPC/PPTE).
"La prochaine étape pour nous est de négocier avec quelques pays qui n'appartiennent pas au Club de Paris. Nous allons le faire tout de suite mais le montant en jeu est complètement insignifiant", a déclaré M. Kaberuka à l'AFP par téléphone depuis Paris, mentionnant notamment la dette envers la Chine.
Le ministre a jugé que le fait d'avoir obtenu l'annulation de la quasi-totalité de sa dette représentait "une réussite majeure, juste onze ans après le génocide".
Les massacres de 1994 ont fait 800.000 morts, selon une estimation de l'Onu, et ont détruit l'infrastructure du pays ainsi que son tissu social.
"Mais l'annulation de la dette n'a pas résolu les problèmes du Rwanda. Le défi du financement du développement continue", a conclu M. Kaberuka.
Les pays membres du Club de Paris, instance informelle de gouvernements créanciers des pays industrialisés, ayant participé mardi au réaménagement de la dette du Rwanda sont l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, le Canada, le Danemark, les Etats-Unis, la France, l'Italie, le Japon, les Pays-Bas et le Royaume-Uni.
Back to top |