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De la défense sans politique : regard approfondi de Jean Kalama-Ilunga sur la défense et la sûreté du territoire de la RDCongo
Les potentialités économiques avérées de la République démocratique du Congo sont entrain de faire courir tout le monde et continuera bien longtemps à le faire. La Chine vient-elle d’ouvrir la boîte de pandore pour un nouvel ère de déstabilisation ou de donner la clé d’accès à l’amélioration de la qualité de vie des congolais en mettant sur la table 8 milliards de dollars pour la reconstruction qu’aucun pays occidental n’a jamais osé risquer ?? La République Démocratique du Congo a besoin réellement d’au moins 200 milliards de dollars us pour sa reconstruction. Pourquoi les 8 milliards dollars des chinois pour la RDCongo font-ils bouger, dans tous les sens, certains milieux occidentaux habitués à brandir la rétorsion, voire à nous imposer un modus vivendi anachronique pour des petites ’’aides’’ ridicules ?? Fallait-il que les chinois passent par eux pour financer les projets de développement en RDC ??
Plus grave, certains en sont arrivés à proférer des menaces de déstabilisation totale contre notre pays voire, de manière voilée, sur l’intégrité physique du Président de la République parce que le deal entre la RDCongo et la Chine ne pouvait se faire sans leur consentement.
Au regard de ces faits qui interpellent tous les congolais, Info UCDP se tourne vers Jean Kalama-Ilunga, ce spécialiste de la prospective stratégique qui a longtemps réfléchi sur les questions des menaces, de la défense et de la sûreté du territoire, Coordonnateur de l’Union de Congolais pour la Défense de la Patrie et du Peuple UCDP, pour donner un éclairage sur cet environnement complexe.
Info UCDP : Jean Kalama-Ilunga, bonjour ! Nous vous rappelons qu’un jour, vous avez dit qu’un ancien journaliste de Jeune Afrique à savoir le sénégalais Jean-Pierre Ndiaye, vous avait fait une remarque que vous avez toujours intégrée dans votre démarche politique lorsqu’il avait dit : « A cause de la richesse que renferme votre sol, tant que la défense et la sécurité de votre pays ne seront pas aptes à répondre aux défis et à dissuader les ennemis potentiels, le monde ne vous laissera pas tranquille ! Tous les prédateurs du monde vous tomberont dessus…! » Quelle signification donnez-vous, aujourd’hui, à cette prévision de Jean- Pierre Ndiaye ?
Jean Kalama-I : Tout ce que nous avons vécu depuis quelques années en RDCongo donne raison aux propos de Jean-Pierre Ndiaye que je n’ai pas encore réussi à sortir de ma tête, effectivement! D’ailleurs, au regard des causes de la crise multiforme imposée à notre pays depuis plusieurs années, la prédation constitue le background du système pervers à la base de la déstructuration de l’organisation interne de notre pays depuis de nombreuses années!
Info UCDP : Devrons-nous, par conséquent, conclure que la permanence de l’insécurité et cette déstabilisation qui ne dit pas son nom procède globalement de ce fait ? Et quels moyens disposons-nous pour faire face à tout cela, en terme de défense et de sécurité ?
Jean Kalama-I : Au regard de tout ce qui a été donné comme solutions sur ces questions depuis plusieurs années, les congolais sont victimes du simplisme et des apparences qui tiennent souvent lieu d’informations.
Ainsi donc, commencer par cerner correctement les causes endogènes et exogènes à la base de la récurrence de la déstabilisation et de l’insécurité dans notre pays, est la bonne démarche si nous voulons circonscrire les menaces futures qui pèsent sur notre pays et sortir de l’impasse sécuritaire et celle de la défense de notre territoire.
Il faut noter, par ailleurs, qu’à la base de cette récurrence, il y a surtout la désarticulation du potentiel de guerre de la RDCongo, en tant qu’outil dissuasif, qui, effectivement, laisse la porte ouverte à toutes les velléités déstabilisatrices et à toutes sortes de menace!
Info UCDP : Vu l’état actuel de nos outils de défense, en particulier, de l’état des forces armées qui accusent certaines failles pour remplir leurs missions, pouvez-vous définir quel type de menace pèse sur notre pays? Et qu’entendez-vous par potentiel de guerre ?
Jean Kalama-I : L’environnement direct de la RDCongo est constitué de 9 pays limitrophes qui, à tout moment, peuvent se constituer en générateurs de menace, comme nous le vivons avec le Ruanda et l’Ouganda.
En fait, toute menace étant relative, il est donc nécessaire de lier rapport de forces et menaces parce que, pour tous ces pays limitrophes, elles ne peuvent avoir la même signification ni la même forme!
En tout état de cause, l’étude de la menace exige une attention particulière parce que les relations internationales, si elles sont faites des conflits, elles comprennent aussi, d’autres facteurs tels la coopération ou les alliances.
En ce sens, la notion du potentiel de guerre est incontournable comme élément essentiel de l’évaluation du rapport des forces dont doit dépendre la politique de la défense et de la sécurité.
Info UCDP : Ce qui veut dire, d’après vous, que l’action politique engagée pour la reconstruction et le développement économique en RDCongo est indissociable de la défense et de la sécurité du territoire ?
Jean Kalama-I : Sans aucun doute et aussi longtemps que, dans le monde, la prospérité sera génératrice des convoitises et des sentiments malsains comme la jalousie ! Par contre, c’est une erreur de penser que le potentiel de guerre se limite seulement aux forces militaires parce que la puissance économique, les forces morales et politiques, les potentiels scientifiques du fait de l’évolution technologique sont des facteurs pris en compte dans le rapport des forces.
C’est la raison pour laquelle, d’ailleurs, que l’évaluation du rapport des forces est un exercice particulièrement difficile parce qu’elle met en jeu des éléments complexes non quantifiables. Et à ce sujet, je fais remarquer que, pour un militaire, par exemple, la volonté de se battre ne doit pas se construire à coups de bourrage de crâne mais par le sentiment de mener une guerre juste comme défendre sa Patrie. Cette volonté d’aller au combat procède à la fois du consensus social et surtout de la perception de la nature du conflit.
Info UCDP : A l’Est de la RDCongo, le ruandais Nkundabatware continue à semer impunément la terreur, la désolation, la mort et nargue, en plus, l’autorité de l’Etat
congolais. Pourquoi donc notre armée ne parvient-elle pas à le mettre hors d’état de nuire une fois pour toutes ?
Jean Kalama-I : En réalité, la RDCongo souffre depuis longtemps des insuffisances des moyens indispensables pour la protection du territoire national à savoir :
- d’une part, avec l’embargo, l’écart entre les moyens disponibles et la puissance théorique indispensable pour la défense de notre territoire est si grand que notre pays présente à tout moment le risque d’être malmené par tout adversaire théoriquement plus faible mais qui pourrait disposer des moyens plus importants. En fait, plus l’écart entre ces deux niveaux sera grand, plus le problème de la mobilisation du potentiel sera important;
- d’autre part, la non- maîtrise des facteurs qualitatifs tels qu’évoqués précédemment concernant le potentiel de guerre, est une question à laquelle des vraies réponses devront impérativement être données. En l’occurrence, la maîtrise par chaque militaire de l’art de la guerre à tous les niveaux, les impacts des contraintes géographiques, l’unité de commandement, la dépendance chronique de l’extérieur concernant la fourniture en armement pour l’armée… ! A ce dernier point, je propose une interrogation- suggestion :
Pourquoi ne pas, par exemple, conditionner tout achat d’armes à un pays tiers, par une clause qui donnera à la RDCongo le droit, au travers une licence, de fabriquer ses munitions voire de porter des modifications sur les équipements en vue de les adapter à notre système de défense ? C’est une suggestion salvatrice, malheureusement les congolais sont tellement distraits que, souvent, ceux qui sont chargés d’achat de l’équipement de défense, sont toujours prêts à sacrifier l’intérêt national pour des commissions en fournissant de la camelote!
Info UCDP : Pouvez-vous expliquer clairement pourquoi Kundabatware dit le ’’ tutsi congolais’’ a-il tenu si longtemps? Quel regard portez-vous sur les négociations pour les Grands lacs?
Jean Kalama-I. : Kundabatware est un petit pion d’un jeu complexe qui procède du système pervers qui veut maintenir la RDCongo en état d’instabilité permanente. D’ailleurs, je présume qu’il n’y comprend rien lui-même en se présentant comme défenseur des tutsi jusqu’au jour où ses commanditaires lui feront porter toutes les responsabilités des crimes de guerre et crimes contre l’humanité en RDCongo! Son instrumentalisation par certaines forces hostiles à la stabilisation de la RDCongo s’était construite autour la présence controversée des contingents sud –africains de la Monuc au Nord Kivu. Cette thèse rejoint d’ailleurs la position de l’UCDP qui a toujours vu dans l’Afrique du Sud, soutien et pourvoyeur en armes du Ruanda, comme le protecteur de Kundabatware et responsable passif de ses actions criminelles à l’Est de la RDCongo ! Depuis longtemps, l’UCDP dénonce aussi le fait que le gros de ses troupes est constitué des soldats de l’armée ruandaise! Comme d’habitude, le confort du pouvoir, obnubile et rend sourd et, lorsqu’on se réveillera, il sera trop tard! Quant aux négociations, moi, j’opte pour la méfiance parce que toute l’histoire sur la question nous a enseigné de ne plus jamais se fier aux flagorneries de Kagame et Museveni qui ont toujours servi à nous distraire et nous faire perdre du temps! De toute manière, si nous ne réglons pas niveau dans le rapport de forces, après Kundabatware, ils mettront en scène quelqu’un d’autre!
Info UCDP : Etes-vous d’avis que du brassage peut sortir une armée nationale? Que préconisez- vous pour que le soldat congolais s’intègre physiquement et psychologiquement dans sa mission de défense du territoire?
Jean Kalama-I. : Une armée nationale ne peut être efficace que si, qualitativement, chaque élément constitutif à savoir, le militaire, y intègre de son plein gré par un engagement individuel signé avec l’administration de la défense. En effet, le brassage n’est qu’un moyen pour poser effectivement les bases d’installation d’une armée nationale.
Si je le dis, c’est parce que moi-même, j’avais eu la ’’chance’’ de vivre la vie de militaire après mes études ! Pour pouvoir parler avec pertinence du quotidien du soldat, il faut avoir été soldat!
J’étais soldat et j’avais vécu dans une base militaire! Je voue un grand respect pour les hommes et les femmes qui ont choisi d’endosser l’uniforme et qui sont prêts à sacrifier leurs vies pour défendre leur pays. Pendant que j’ y étais, j’avais vécu la désarticulation systématique du potentiel de guerre de notre pays.
En fait, c’était par des pratiques incroyables de démotivation du potentiel humain qu’avait commencé le processus de délabrement des forces armées! Je me souviens, d’ailleurs, du manque de considérations vis-à-vis des soldats de la part des acteurs politiques de la 2ème république ! Sous équipés, sous payés, sous nourris, sous habillés, sans oublier la disparité de traitement, les soldats subissaient toutes les exactions sociales des politiques qui les considéraient juste comme de la chaire à canon, bonne pour se faire massacrer à leur place! A ce propos, je n’oublierai jamais, quelques années après, le jour où, en 1992, un ex-ministre de la défense, devenu, aujourd’hui,’’donneur de leçon’’ sur des questions où il n’avait produit que des résultats médiocres, avait ordonné l’expulsion des camps militaires des veuves et orphelins des soldats morts au combat, sans aucune compensation ni indemnité! C’est donc du traitement digne de nos soldats dont dépendra la qualité de leur engagement physique et psychologique dans la mission de défense du territoire! Sinon, le brassage ne sera qu’un coup d’épée dans l’eau et ne servira qu’à clochardiser encore plus les hommes et les femmes qui ont choisi ce métier de défense du territoire! Il ne suffit donc pas seulement de former des soldats qui vont être traités de façon indigne qui préjudiciera la restauration de notre potentiel de guerre!
Info UCDP: Le Président de la République Joseph Kabila a effectué une visite officielle aux USA sur invitation du Président Georges Bush. Des accords bilatéraux ont été signés, notamment ceux relatifs à la défense et la sécurité. Quel regard y portez-vous ?
Jean Kalama-I : La mission de tout Chef de l’Etat est aussi de mener une diplomatie offensive tous azimuts pour ne pas être isolé ainsi que pour faire face à certains défis et enjeux défavorables! Plutôt qu’une simple action de prestige, la visite du Président Joseph Kabila aux USA s’inscrivait, à mon avis, dans cette démarche diplomatique, normal, par ailleurs!
Quant aux accords bilatéraux avec l’administration Bush sortante, mon souci est de savoir si la prochaine administration des USA qui entrera en fonction en janvier 2009, aura pour une des priorités, la République Démocratique du Congo pour que ces accords soient sérieusement pris en compte d’autant plus que le Président Bush ne sera pas candidat à sa succession!
A l’UCDP, nous savons que le Ruanda de Kagame, dans la perspective de pérennisation de sa capacité de nuisance en République Démocratique du Congo, réalise, en ce moment, des actions de charme vers les leaders démocrates et la candidate démocrate Hilary Clinton pressentie comme future Présidente des USA. A ce propos, je m’interroge si la diplomatie congolaise s’est mise aux normes, aujourd’hui, en vue de contrer cette manœuvre de Kagame qui consiste à entretenir impunément la déstabilisation et l’insécurité dans notre pays après s’être assuré du soutien américain si le candidat démocrate est élu! Pour cela, la présence de Condoleeza Rice à Addis Abeba n’est pas un enjeu qui fera changer la finalité de Kagame et consorts ! Encore une fois, méfiance!
Info UCDP : En effet, en Avril 1994, lors du génocide au Ruanda qui avait fait quelques 600 mille morts, l’ancien Secrétaire général Boutros Ghali s’était plaint de l’indifférence et du manque de soutien de l’administration Bill Clinton face à ce drame humanitaire! Il avait fallu d’une forte pression du lobby noir américain, lorsqu’il était trop tard et pendant que Madame Allbright ambassadeur des USA à l’ONU passait son temps à fragiliser l’égyptien Boutros Ghali en le critiquant et en bloquant toutes ses initiatives, pour que l’administration Clinton leva le petit doigt en guise d’émoi sur ce drame! Depuis le 02Aoùt1998, plus de 3 millions de congolais avait péri à la suite de l’agression du Ruanda, Ouganda et Burundi. L’administration Bill Clinton, appuyée par la Grande Bretagne de Tony Blair, la Belgique et l’Afrique du Sud en catimini, avait adopté le laisser faire et apporté un soutien avéré à cette agression qui avait pour but d’évincer Laurent Désiré Kabila du pouvoir et d’opérer la partition de notre pays. A quelques jours de la fin de son mandat, Bill Clinton s’était régalé de l’assassinat réussi du Président congolais Mzee Laurent Désiré Kabila. D’après vous, Jean Kalama, l’hypothèse de l’élection d’Hilary Clinton comme prochain président des USA, ne sera-ce pas le retour en force de Bill Clinton, son mari, et le renforcement de nuisance du dictateur ruandais contre la RDCongo ?
Jean Kalama-I : Il est indéniable qu’en tant qu’époux et fort de son expérience à ce poste, Bill Clinton constituera un soutien majeur à Hilary, son épouse, si elle est élue par les américains l’année prochaine! Mais, quant à l’hypothèse selon laquelle sa probable élection signifiera le retour de Bill Clinton, compte tenu de ce que vous venez d’évoquer, vous avez raison de vous en inquiéter. Mais, à mon avis, un pareil débat procède des idées reçues! De mon point de vue, ce sera une erreur d’analyse de fonder un jugement sur cette dame à l’aune de l’action passée de son mari ex- président des USA , Bill Clinton ! Hilary Clinton avait déjà prouvé qu’elle était une femme dotée d’une forte personnalité et indépendante politiquement vis-à-vis de son mari! Si elle est élue en novembre 2008, ce sera elle, Hilary Clinton qui sera Présidente des USA et non Bill Clinton,son mari, même s’il sera obligé de résider à la Maison Blanche comme une sorte de ’’ Prince consort’’ à l’américain ! Le programme politique d’Hilary, si elle est élue, sera tourné, sans aucun doute, vers l’amélioration de la qualité de vie des citoyens américains, parce que, on ne le dit pas assez, aux USA, il y a aussi de nombreux laissés pour compte, des sans logis, de nombreuses personnes qui n’ont pas accès aux soins de santé, il y a aussi de la pauvreté sociale! Sur la politique extérieure, son action sera sans doute limitée à sortir rapidement les soldats américains du bourbier irakien et de l’empêtrement dans la traque de Ben Laden en Afganistan. Si Hilary est élue, il ne faut surtout pas oublier qu’il s’agira de la première femme à être élue Présidente des USA et son approche politique sera certainement différente de celle de son mari et des hommes qui se sont succédés à ce poste. Tandis que Bill Clinton, mari de Madame le Président, devra, dans son nouveau rôle, éviter de provoquer tout scandale qui pourra nuire à sa femme! Même si Kagame et ses amis continue à abuser de la commisération internationale sur le génocide de 94 dont ils en ont fait un fonds de commerce pour tromper l’opinion internationale et enfermer Bill Clinton et ses amis dans le syndrome de culpabilité!
Info UCDP : D’ailleurs, à propos de la démarche ruandaise : la fondation Clinton réalise, en ce moment, certaines actions au Ruanda, on y annonce, la visite du leader démocrate, le Pasteur Jessie Jackson … !
Le successeur de William Swing à la Monuc, l’érythréen Haïlé Menkerios est un vieux complice de Kagame et sa bande au pouvoir au Ruanda! Face à cette batterie de germes de déstabilisation future, on a l’impression que la distraction est le style de pilotage de la diplomatie du gouvernement de la République Démocratique du Congo au regard du fait que, chaque fois, au lieu d’user de la fermeté parce que c’est nous qui sommes attaqués, on se fait gruger par les flagorneries ruando-ougandaises ! Ne trouvez-vous pas que la diplomatie congolaise constitue le canard boiteux pour la reconstitution de notre potentiel de guerre ?
Jean Kalama-I : Certes, la diplomatie de notre pays doit, comme d’autres secteurs de l’activité nationale, être reconstruite rapidement! Mais, elle doit se faire selon notre vision du monde soutenue par l’affirmation de notre identité culturelle nationale en tant que valeur- guide dans nos relations internationales! Malheureusement, et, encore une fois, vous avez raison de vous inquiéter, parce que l’état de lieu de notre système diplomatique révèle qu’aucune politique ou aucune vision n’encadre l’activité diplomatique! En effet, depuis des décennies, le délabrement de l’outil diplomatique que sont nos ambassades, est révélateur de l’indolence et du laisser-aller qui y prévalent encore aujourd’hui : les diplomates congolais frisent la clochardise, la tâche essentielle des ambassades se limitent pour la plupart à la vente des visas et des documents officiels ! On ne sait même plus qui est diplomate et qui ne l’est pas! On a vu, par exemple, n’importe qui devenir ambassadeur du jour au lendemain, sans préparation, ni disposer des atouts d’efficacité indispensable pour assumer cette mission stratégique!
J’ai évoqué précédemment le fait que les relations internationales sont faites des conflits, des alliances, de la coopération…qui sont des facteurs d’évaluation du rapport des forces , par conséquent, ils font partie intégrante du potentiel de guerre. En effet, tant que la diplomatie congolaise continuera à se calfeutrer dans la passivité et la récréation, le pouvoir ruandais continuera à se jouer de nous et le rapport de forces continuera à fonctionner en leur faveur!
Info UCDP : En conclusion, vous venez de démontrer que la politique de la défense de la RDCongo, pour être efficace, doit se construire autour du potentiel de guerre, qui n’est pas limité forcément à la construction des forces armées, mais de tous les facteurs qualitatifs qui influent sur le rapport des forces ! Pour terminer, qu’en est-il de l’UCDP et quelles sont les perspectives pour les années à venir?
Jean Kalama-I : Je vous félicite pour la conclusion et, en ce qui concerne l’UCDP , nous nous sommes engagés depuis un certain temps à peaufiner l’organisation qui, bientôt, passera du statut de mouvement à celui de Parti politique ! Les membres qui sont disséminés aujourd’hui, à travers tout le pays et à l’étranger sur les 5 continents seront informés incessamment de la modification! Enfin, je suis heureux que de nombreux congolais continuent à nous rejoindre, chaque jour, pour les idées que nous développons en faveur de notre pays! Je vous remercie !
Propos recueillis par Info UCDP
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