|
Qui a tue Kabila?!
Par A.R. Lokongo
Au
lendemain de la réquisitoire au procès des assassins
du Feu Président de la République, Mzee Laurent
Désiré Kabila, cette question demeure encore pertinente.
Du moins cette réquisitoire a établi que les véritables
assassins se trouvaient dans l'entourage direct du Chef de l'État,
mais aussi des anciens Mobutistes révenchards qui attendaient
le moment opportun pour agir et confirment indirectement la thèse
de la vengéance des partisans de Ngandu Kisasse ou de Masasu,
ou encore l'aboutissement d'un conflit de ménage entre
les Lunda et les Lubakat, les deux tribus du Président
assassiné.
Rappellons
que les peines de mort ont été réquises par
le Procureur Général de la Cour d'Ordre Militaire
pour 115 des 135 personnes accusées d'voir organisé
le 16 janvier 2001, l'assassinat du Président Laurent Désiré
Kabila, abattu, selon la version officielle par l'un de ses gardes
du corps, Rachidi Kasereka. Le Chef d'état-major de Mzee,
Eddy Kapend, qui avait lancé un appel télévisé
au calme et exterminé 11 Libanais complices, juste après
l'assassinat, est l'un de ceux contre lequel la peine capitale
a été réquise (Selon le quotidien Belge Le
Soir, Kapend a effectué un voyage en France pour "soins
médicaux" quelques mois auparavant et a présenté
une facture de $34,000 à Mzee Kabila. Ce dernier a réfusé
de payer, étant informé auparavant par une source
concordante "qu'un bénéfacteur" à
Kapend a déjà liquidé la somme. Kapend fut
arrêté momentanément et peut être il
n'a jamais pardonné Kabila dépuis cet incident);
ainsi que l'ancien conseiller spécial du chef de l'État
en matière de sécurité Nono Lutula, l'ancien
administrateur de l'Agence Nationale de Renseignement, Georges
Leta Mangasa, le Général Yav Nawej; ainsi qu'une
trentaine d'officiers et sous-officiers de la garde rapprochée
du défunt Président…, sont formellement inculpés
de complot contre le Président et d'assassinat. Ajoutons
que les autres prévenus ont été inclupés
de diverses charges, dont "complot", "trahison",
et "abandon de poste".
Mais
le procès intérieur (c.à.d., au niveau national)
des assassins du Deuxième Héro National ne réprésente
qu'une fraction de la vérité, tel un iceberg qui
flotte dans la mer, ne laissant émerger que le dixième
environ de sa masse. En effet, nul n'ignore que les Congolais
ont toujours eu l'habitude d'agir contre leur propre intérêt
national au profit des intérêts étrangers
dont ils ont souvent servi de simples rélais. - comme l'indiquent
"la règne" de Mobutu hier ou la vraie nature
des soi-disant mouvements rébèlles du RCD-Goma,
du MLC et toutes les autres groupiscules, aujourd'hui. Notons
que suite à l'avancée des Forces d'Auto-Défence
Populaires Maï- Maï qui contrôlent presque tout
l'est du pays, jadis occupé par les agresseurs Anglo-américano-rwando-ougando-burundaises,
il y a des marionettes opportunistes comme Kinkiey Mulumba -à
l'instar de Zahidi Ngoma - qui veulent se sauver déjà,
mais c'est déjà trop tard. Le peuple les a vomis
pour de bond.
Ceci
dit, les vrais conspirateurs et commanditaires de l'assassinat
combien odieux et combien ignoble du Feu Président de la
République, Mzee Laurent Désiré Kabila se
trouvent en Occident, plus précisement à Washington,
et nous ne devons pas attendre jusqu'à ce que ces commanditaires
ouvrent leus archives 40 ans plus tard, comme c'était le
cas avec la mort de Patrice Lumumba, pour que toute la vérité
sur l'assassinat de Mzee Kabila soit établie.
Disons-le
à haute voix aujourd'hui même: L'assassinat du Feu
Mzee Laurent Désiré Kabila est le fruit d'une conspiration
extérieure orchestré à partir de Washington
en passant par Kampala, Kigali, Johannesbourg ("Plus le temps
passe, plus nous ne saurons plaus contôler Kabila,"
a dit Thabo Mbeki,quelques mois auparavant) et Brazzaville; ou
même avec la complicité de certains alliés
de la RDC qui avaient mal à partir avec un allié
(Kabila) qui de plus en plus reprenait sérieusement la
situation en main et par conséquent, leur devenait de plus
en plus encombrant. Ce n'est pas une simple coincidence que le
Président Angolais Eduardo do Santos a immédiatement
limogé son chef d'état major, le Général
De Matos qui coordonait les activités des troupes alliées
Angolais déployées au Congo.
Dans
son édition du 9 mai 2001, l'hebdomadaire Belge, Le Solidaire,
a fait des révélations qui résument ma thèse.
Selon ce journal, la tête de Kabila a coûté
$30 million, somme qui a été déversée
par "les agences sécrètes Américaines".
Cet argent à transité par Johannesbourg et Brazzaville
jusqu'à atteindre Kinshasa pour remplir les poches des
éléments rapprochés de la garde présidentielle.
C'est la femme d'un ancien officier hautement gradé des
Forces Armées Zairoises (FAZ) qui en a assuré la
distribution. Voilà tout. Le chien ne portant pas des habits,
on a pas mal à distinguer son sexe.
Par
ailleurs, Nkoy Nyama, un ancien officier des FAZ qui vit maintenant
en exil en Grande Brétagne, mais qui travaillait comme
"agent de sécurité" à la banque
Ango-Sud Africaine, Stanbic Bank (avec une branche située
à Lubumbashi) pendant 17 ans et forcé à la
retraite sans indemnité, a dernièrement dénoncé
la complicité de cette banque dans la distribution de cet
argent de sang. Il a révélé que la banque
est administrée par ce qu'il a appélé "une
demoiselle mysterieuse" de nationalité Américaine,
répondant au nom de Rebecca Gaskin, alias Rebecca Gaz-Kin
(ses détracteurs estime qu'elle veut mettre Kinshasa à
feu) qui n'a qu'une expérience de six mois de service en
tant qu'administrateur-délégué, sans aucune
formation bancaire. Il y a trois ans, a poursui Nkoy Nyama, Rebecca
Gaskin aurait travaillé comme avocate au cabinet Mitchel
qui avait été fermé à la suite de
son implication dans la vente des minerais Congolais en Afrique
du Sud pour financer la rébellion du RCD. Elle est entrée
au Congo "en janvier 2001", souligne Nkoy Nyama, avec
un visa de six mois à plusieurs entrées qui aurait
expiré le 22 février 2001. Toujours selon Nkoy Nyama,
Mademoiselle Gaskin travaillait presque de façon illégale
sans permis de travail valable, mais pourtant sans être
inquiétée (elle a des gardes de corps) grâce
à ses liens étroits avec le Ministre Mwenze Kongolo.
Rappellons que ce dernier a été brievement arrêté
après l'assassinat de Mzee Laurent Désiré
Kabila, ainsi que l'ancien Ministre de la Santé à
cette époque.
Mais
la liste des éxécutants locaux de cet assassinat
odieux n'est pas encore exhaustive. Il y en a qui courent encore.
Bahati Mutale, George Mirindi et le major Bora se sont, je ne
sais par quelle magie, evadés de la prison de Makala. Mais
le quotidien Belge, Le Soir, a révélé qu'une
somme de $400,000 frêchement tirée d'une banque Portugaise
a été proposée à George Mirindi pour
tuer Kabila, et délivrée par des intermédiaires
Libanais.
Toujours
sur la mort de Kabila et la guerre d'agression, les Congolais
de la diaspora se démandent vraiment de ce connait André
Kapanga. Quand je retournais de Kinshasa où je suis allé
prendre part aux travaux de la Consultation nationale par un vol
de la défunte Sabena, je me suis assi à côté
d'un Congolais, qui après avoir initié une conversation,
m'a révélé qu'il s'appelle André Kapanga,
Ambassadeur Congolais auprès de l'ONU, Nous avons causé
en long et en large sur la situation au pays au cours du vol.
Mais à la fin, il m'a donné son addresse e-mail
qui curieusement n'affichait pas son nom mais celui de Tambwe
Mwamba (tmwamba@aol.com). Voici ce que nous a écrit un
Congolais vivant aux États-Unis à propos de Kapanga:
"
Comme tout le monde connait, André Kapanga fut ambassadeur
de la DRC auprès des Nations Unies. Ce n'est pas par un
simple fait d'avoir été ambassadeur qu'on demande
à Kapanga des explications, mais ses propre déclarations
et certains actes posés nécessitent des explications
de sa part.
Fait:
En date du 24 juin 1998, sous le titre de "Front man for
a strongman: In representing the former Zaire, an Illinois State
professor crosses the cultural boundary between democracy and
dictatorship", André Kapanga avait accordé
une interview au Journal The Chicago Tribune. Dans cet article,
André Kapanga avait admit et déclaré que
Laurent Désiré Kabila était indéfendable.
Soyons réellement serieux, quel est cet ambassadeur qui
peut dire que son président est indéfendable. Quel
est cet ambassadeur qui devrait déclarer dans un journal
Américain que son président était indefendable?
Quel est le message qu'André Kapanga voulait donner aux
Américains, Européens, à l'ONU et autres
institutions? Si LDK était indéfendable, ce que
Kapanga voulait tout simplement dire au monde entier c'est que
LDK était un homme qui devait partir à n'importe
quel prix. Comment Kapanga pouvait publiquement crucifier celui
qui a fait de lui ce qu'il est devenu aujourd'hui? Quelle a été
la signification du message de Kapanga? Y-a-t-il moyen que Kapanga
nous dise ce qu'il voulait dire?
Le
2 Aout 1998, un mois et une semaine après que Kapanga ait
déclaré au monde entier que Laurent Désiré
Kabila était indefendable, un mois et une semaine après
que Kapanga ait donné le coup d'envoie de la non-défendabilité
de LDK et son pays, la RDC est agressée. Le peu qu'on puisse
conclure est que André Kapanga ne pouvait pas défendre
non seulement le gouvernement qu'il était sensé
représenté mais aussi son propre pays. En déclarant
que LDK était indéfendable, André Kapanga
avait tout simplement exposé et livré Laurent Désiré
Kabila aux forces du mal. Si Kapanga avait exposé et livré
le père qu'est-ce qui peut l'empêcher de livrer demain
le fils aux forces du mal?"
Il
y a tellement beaucoup de loups dans la bergérie que le
Président Joseph Kabila aura une tâche très
difficile devant lui. "On ne peut pas s'agenouiller devant
des monstres qui ont cassé leurs pays," disait Mzee
Laurent Désiré Kabila. Mais surtout faisons attention
de ne pas succomber à l'Américanisation de la vie
politique au Congo. Il y a beaucoup de Congolais aux États-Unis
et en Europe. Mais le fait d'avoir vecu aux États-Unis
ou en Europe n'est pas un ticket pour acceder au pouvoir en RDC.
Hommage aux combattants Maï-Maï! Sans appui extérieur,
ils ne se battent qu'avec des armes ravies à l'enemi. Ils
sont indépendants et aiment leurs pays. Ils ne tolèrent
pas l'esclavage à laquelle la coalition Anglo-américano-ougando-Rwando-Burundaise
nous a soumise.
D'autre
part, Juvenal Mwanasomwe, le Rwandais qui s'est fait passé
pour un Congolais et qui travaillait à l'ambassade de la
RDC à Londres avant de quitter pour les États-Unis,
a laissé une bombe à rétardement derièrre
lui. Avant de quitter, il disait à qui voulait l'entendre
qu'à Londres où l'ambassade a été
vendu, Monsieur Henri Nswana y a été dépêché
comme Chargé d'Affaires par son ami intime Charles Okoto
Lolankombé, alors Ministre des Affaires Étrangères
à l'insu de Mzee Laurent Désiré Kabila. Le
prédecesseur de Nswana, ayant démandé asile
politique, il y avait un vide à Londres. Toujours selon
Mwanasomwe, Nswana a bien accompagné le Chef de l'État
Mzee Kabila lors de sa prémière visite officielle
en Chine. Mais de passage à Londres Mzee était vraiment
étonné de le trouver à Londres comme Chargé
d'Affaires et voulait qu'il rentre au pays immédiatement
pour répondre sur la vente de l'ambassade et sur sa nomination.
Que s'est-il passé donc? Ce n'est pas une surprise que
Nswana est intevenu avec pompe à la télévision
(BBC) pour annoncer officiellement la mort de Kabila.
J'estime
que Kabila qui a libéré le Congo et les Congolais
de la dictature la plus sanguinaire et kléptocrate de l'histoire
Africaine ne méritait pas un tel sort. (Mobutu qui n'avait
pas plus de $10 dans son compte bancaire lorsqu'il se lance à
la vie politique, devint grâce à la kleptocratie
et à la prédation l'un des multi-millionnaires de
ce monde)
Bien
sûr, Kabila a été porté au pouvoir
grâce à l'assistance des Américains, des Rwandais
et des Ougandais pour chasser Mobutu, mais ils s'attendaient à
des dividendes colossales inacceptables pour un Congolais clairvoyant
du calibre de Kabila qui ne pouvait en aucun cas hypothequer notre
souverainété natioanale et spolier nos richesses.
Mais j'ai toujours dit que quand ma case brûle et que mon
voisin vient m'aider à éteindre le feu, ma case
ne devient pas automatiquement sa case par le seul fait qu'il
est venu m'aider à éteindre le feu. Absolument pas!
D'ailleurs, ce sont les Congolais qui ont libéré
leur propre pays. Se confiant au magazine Jeune Afrique Economie
en mai 1999, Kabila a révélé: "Nous
étions 47,000 en arrivant à Kinshasa, eux [Rwandais
et Ougandais] étaient au moins de 3,000, des officieux
qui encadraient nos unités - pour les instruire et les
commander - conformément à l'accord passé.
A 3,000, ils ne pouvaient pas libérer le Congo. Et la population
n'allait pas s'allier à eux parceque les Congolais, dans
l'est du pays, n'aiment pas beucoup les Rwandais. Comment auraient-ils
pu libérer un peuple qui ne les aime pas?"
La
priorité des priorités de Kabila c'était
l'intérêt et le bien être du peuple Congolais.
Nul ne l'ignore.
"Pendant
32 ans, one parlait que des intérêts des Américains,
des Belges, des Français… Personne ne parlait des
intérêts du peuple Congolais. C'est maintenant ou
jamais," martela-t-il. Ce n'était pas un discour favorable
aux oreilles des experts affameurs du peuple Congolais et à
ceux de leurs maîtres en Occident.
Mais
on ne jette des pièrres qu'à un fruit mûr
et le sort des génies c'est de quitter ce monde trop tôt,
dit-on. Kabila était bien conscient de cela. Dans une interview
accordé à Tido Mhando, journaliste Tanzanien (le
tout dernier journaliste à lui interviewer avant sa mort)
et d'ailleurs un ami qu'il a connu pendant des années et
maintenant directeur du Service Swahili de la BBC à Londres,
Mzee Kabila a déclaré: "Je connais tous les
dangers qui me guettent, mais je suis prèt à mourir
pour mon pays. Je suis un homme qui a grandi dans la lutte, la
lutte pour les droits de l'homme. Je savais que je pourais être
tué en n'importe quel moment. So, advienne que pourra!
Qui vivra temoignera!"
Quelle
prophétie! L'héritage de Kabila, comme celui de
Patrice Lumumba, continue à marquer toute la vie nationale
Congolaise. Ce n'est pas par hasard qu'il a été
surnommé "Soldat du Peuple" par un peuple démuni
et pour qui il réprésentait l'espoir d'une identité
nationale nouvelle et société nouvelle, juste et
prospère, bref d'un état de droits après
32 ans de prédation et de paupérisation systematique
du peuple. En éliminant Kabila, on a fait perdre au peuple
Congolais ce qu'il avait de plus cher, comme les femmes Kinoises
l'ont exprimé pendant ses funerailles, éclatant
en sanglots et disant: "Mwenye kicheko, Mzee wetu, wewe unatuacha?"
(Notre cher Mzee, toujours souriant, vous tenez à nous
abandonnez! Réellement?!)
Le
peuple Congolais réclame un état des droits. La
justice pour LDK en est un example à démontrer.
Back to top |