|
QUE PEUT ATTENDRE LE PEUPLE CONGOLAIS DE L’UNION AFRICAINE?
Par A.R. Lokongo
La ville Sud Africaine de Durban va jouer le rôle d’une sage-femme à la naissance de l’Union Africaine (UA), le bébé tend attendu par le continent Africain et qui va finalement voir le jour le 14 juillet 2002. Amara Essy, le Sécrétaire Général de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) qui a été mandaté l’année passée par les chefs d’états de transformer l’OUA en Union Africaine, aura donc accompli sa mission. La nouvelle UA comporte 17 organes parmi lesquels quatre seulement seront lancés à Durban parcequ’ils sont judgés être des organes clés. Il s’agit de l’Assemblée des Chefs d’États, du Conseil Exécutif composés des ministres des affaires étrangères des pays membres, du Comité des Réprésentants Permanents, c’est à dire des ambassadeurs acrédités par les pays membres à Addis Ababa, siège de l’UA, et de la Commission, c’est à dire le Sécrétariat Général. Les autres organes tels que le Parlement Panafricain, la Cour de Justice, la Banque Centrale Africaine, les Comités Techniques Spécialisés, une Banque Africaine d’Investissement et huit autres sont encore à établir.
Notons que durant ses 40 ans d’existence, l’OUA est démeuré un instrument éfficace dans lutte pour les indépendances partout en Afrique et dans la lutte anti-apartheid en Afrique du Sud. Mais, comme le disait Feu Mzee Laurent Désiré Kabila, «après plus de 40 ans d’indépendance, l’Afrique offre au reste du monde un spectacle malheureux d’un continent pillé et humilié, et cela avec la complicité de ses propres fils et filles. Le peuple Africain en général et le peuple Congolais en particulier aspirent à vivre au 21eme siècle et au-délà, totallement libre et afranchis de toute ingérence et tutelle étrangère. La lutte politique et économique pour l’indépendance et la souverainété totale de l’Afrique est ménée pour sauvegarder les intérêts des masses Africaines longtemps appauvries, humiliées et subjuguées. La vocation du Congo consiste à exporter la paix, le dévelopement et la sécurité au reste de l’Afrique. Un Congo faible, c’est une Afrique malade de son coeur.»
C’était ça la vision panafricaine de Laurent Désiré Kabila qui lui a coûté non seulement sa vie, mais l’a aussi placé au rang des géants panafricanistes tels que Kwame Nkrumah, Emery Patrice Lumumba, Gamal Nasser, Julius Nyerere, Ahmed Ben Bella, Ahmed Sekou Touré, W.E.B. Dubois, Sylvester Williams, Leopold Sedar Senghor, George Padmore, C.L.R. James, Marcus Mosia Garvey, John Henrik Clarke et tant d’autres.
Aussitôt après sa prise du pouvoir, Laurent Désiré Kabila a prôné la «Coopération Sud-Sud». Ses dix premiers voyages à l’étranger ne lui font pas quitter l’Afrique, avant de se rendre avec tous ses ministres en... Chine! Il choisissait alors, en se basant notamment sur les Comités du Pouvoir Populaire, un modèle de développement diamétralement opposé à la mondialisation néocoloniale. Le pays, ravagé par 37 années de dictature mobutiste, entamait son redressement avec l’introduction du franc Congolais, équivalent au dollar. Ce qui lui a attiré le courroux des Occidentaux. Ces derniers ont poussé ses alliés Rwandais, Ougandais et Burundais d’hier de se tourner contre lui en lançant une guerre économique, psychologique, bref, une guerre d’agression contre la République Démocratique du Congo, trahissant ainsi la vision panafricaniste qui a lié Museveni, Kagame, Kabila et Buyoya à libérer l’Afrique centrale des jougs dictatoriaux.
Il y a presque quatre ans déjà dépuis que le Congo est agressée par ses voisins de l’est, ses ressources pillées, ses populations massacrées. Le Congo a déjà enterré plus 5 millions de victimes et presque la moitié du pays est encore occupée par les agresseurs. N’eut été l’intervention de l’Angola, la Namibie et du Zimbabwe dans le cadre de la SADC (une intervention opposée par l’Afrique du Sud de Nelson Mandela) et la résistance populaire, le pays allait déjà être totalement occupé. Mais helas! Face à cette tragedie, l’OUA a continué à tergiverser et n’a pas osé de lever un seul doigt pour soit condamner les agresseurs, soit prendre des initiatives concrètes pour contraindre Museveni, Kagame et Buyoya à rétirer leurs troupes du Congo, peut être par crainte des grands de ce monde.
Le peuple Congolais s’attend à ce que l’Union Africaine ne répète pas les mêmes erreurs que l’OUA, que l’UA va assumer ses responsabilités par rapport à la charte de l’OUA et au Mécanisme pour la Prévention et la Résolution des Conflits telle qu’adoptée au Sommet de Caire en 1993 et qui évoque la souverainété et l’égalité incontestée de chaque état membre, la non-ingérence aux affaires intérieures de chaque état membre et le respect de la souverainété et de l’intégrité territoriale de chaque état membre.
Et parceque le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi continuent de violer cette charte de l’OUA, par conséquent de l’Union Africaine, leur qualité de membres de la nouvelle Union doit être suspendue jusqu’à ce que ces trois états voyoux se conforment aux résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU qui les obligent à rétirer inconditionnellement leurs troupes d’agression de la République Démocratique du Congo et payent des réparations sous forme de compensations financières à l’État Congolais pour tous les crimes contre l’humanité commis au Congo et pour le pillage illégale des ressources Congolaises. Il sera de la compétence de la cour de justice de l’Union Africaine de procéder au règlement de tous ces litiges une fois qu’elle sera établie.
Pour inspirer confiance, l’UA doit s’atteler aux facteurs qui déchirent le coeur de ce trop riche continent, c’est à dire la République Démocratique du Congo et qui maintiennent le peuple Congolais et par conséquent le peuple Africain dans le sous-développement. Et parce que le Congo occupe une place stratégique en Afrique sur tous les plans, l’Union Africaine doit lutter pour que le pays de Patrice Lumumba et de Laurent Désiré Kabila réprésente l’Afrique en tant que membre permanent au sein du Conseil de Sécurité de l’ONU, pour mieux défendre les intérêts de l’Afrique.
Le succès de l’UA qui va remplacer l’OUA dépendra de l’orientation panafricanist et de l’engagement des leaders Africains pour la libération totale de l’Afrique évoquée ci-haut. Rappellons que les vrais leaders Panafricanistes qui pourraient avoir fait sortir l’Afrique du marasme économique en privilégiant l’autosuffisance et créer des nouvelles conditions économiques, sociales et culturelles propres à l’Afrique- (en d’autres termes l’émergence de la personalité Africaine sur tous les plans jadis détruite par la colonisation et l’impérialisme) ont été soit massacrés, soit empoisonés par les agents de l’impérialisme qui sont encore à l’oeuvre aujourd’hui. Kwame Nkrumah, Lumumba, Kabila, Thomas Sankara, Sobukwe et tant d’autres ont partagé le destin dû aux leaders africains qui ont osé dire «NON» au dictat des puissances impérialistes pour récuperer le pouvoir politique et économique perdu au profit de l’Occident et le contrôle de nos richesses.
Que l’objectif principal de l’UA démeure l’industrialisation, le dévelopement de l’économie Africaine, la modernisation de son agriculture et le maintien de la paix et de la sécurité sur le continent Africain. Pour que cet objectif soit atteint, il faut associer les masses.
L’OUA a libéré l’Afrique du colonialisme. L’UA doit libérer l’Afrique de l’escalavage économique perpétré par les agents du néocolonialisme.
Back to top |