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LES NON-DITS DE L’ACCORD DE PRETORIA - SELON LES MEDIAS OCCIDENTAUX
Par A.R.Lokongo, juillet 2001
Le protocole de paix signé à Pretoria, le 30 juillet 2001 par le Président de la RDC, Joseph Kabila et son homologue Rwandais Paul Kagame, supposé mettre fin à quatre ans de guerre entre leur deux pays, a été salué, comme d’habitude, avec beaucoup de scepticisme par les médias occidentaux dont les gouvernements n’ont pas seulement orchestré l’agression actuelle contre le Congo mais continuent à la soutenir. C’est ce que nous autres Congolais ne doivent pas oublier de peur de nous laisser piègés.
A croire Michela Wrong, anciènne correspondante de l’agence Reuters à Kinshasa, et auteur du livre «Sur les Pas de Mr Kurtz: Vivre au Bord du Désastre au Zaïre de Mobutu», dans son article publié Mercredi le 7 août 2002 par The Times, un quotidien britannique, «la signature de l’accord de Pretoria a été rétardée d’une semaine parceque le Président Joseph Kabila résistait à une tentative visant à le detrôner, ou le déposer du pouvoir».
«Le jeune Président,» a-t-elle écrit de Kinshasa même, «hanté par la fin combien violente de son père, n’est pas un agent libre. Rangés contre lui sont les anciens faucons du régime de son défunt père à qui profite le statut quo actuel causé par quatre ans de guerre et qui en tirent des dividendes substantielles à tel point qu’ils ne sont pas inclinés à partager le pouvoir.»
Citant une source diplomatique basée à Kinshasa, Michela Wrong a révélé: «Le gouvernement est très divisé. Il arrive beaucoup de fois que Joseph Kabila ne soit pas à mesure d’imposer ses choix. Il est encore politiquement faible et timide par nature.»
«A la tête des durs,» poursuit-elle, «se trouve Mwenze Kongolo, l’actuel ministre de la sécurité nationale, qui entretient de très bonnes rélations avec Christophe Hakizabera, le porte-parole des Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR).»
Ce dernier se dit «découragé» par le protocole de paix de Pretoria, et espère que Joseph Kabila qui ne l’a jamais trahi, ne le fera jamais dans l’avenir, d’après des propos recueillis auprès de lui par Michela Wrong au Grand Hotel de Kinshasa.
«Le gouvernement Congolais,» a estimé Hakizabera, «sait très bien distinguer entre ses vrais amis et ses vrais enemis.»
Toujours selon Michela Wrong, Mwenze Kongolo aurait joué un rôle pernicieux en allant rencontrer dans la forêt [sans préciser exactement le lieu de la rencontre] les combatants Hutu déjà démobilisés et regroupés par la MONUC, en companie de quelques officieux du FDLR.
«Aprè une courte causerie avec Mwenze Kongolo, les combatants Hutu ont soudain manifesté un changement de coeur miraculeux, refusant par la suite de retourner au Rwanda jusqu’à ce qu’une serie de certaines conditions et de préalables politiques y soint remplies.»
Par ailleurs, The Daily Telegraph, un autre quotidien britannique, dans un article publié le 8 août 2002, et écrit par Adrian Blomfield qui a accompagné la mission de vérification de la MONUC à Baraka, a rélayé les critiques de l’expansionisme Rwandais au Congo, qui accusent Clare Short, le Ministre Britannique du «Developement International» de financer substantiellement le régime Tutsi Rwandais au pouvoir à Kigali ($36 million par an rien que pour couvrir son déficit budgétaire, selon ce qu’a révélé dernièrement The Financial Times, un autre quotidien de Londres); en même temps de fermer les yeux aux massacres et pillages commis par ses troupes au Congo.
Confrontée par un haut cadre des Nations Unis sur la politque du gouvernement travailliste du Prémier Ministre Tony Blair de favoriser financièrement, militairellement et logistiquement le régime Tutsi Rwandais dirigé par Paul Kagame - ce qui doit changer - Mademoiselle Short a retorqué: «Oh, but he is such a sweetie! – Oh, mais il (lisez Kagame) est tellement un chouchou!»
Londres n’est donc pas incliné à lâcher non seulement Kagame, mais aussi Buyoya et Museveni. Qui a financé la récente intervention militaire Rwandaise au Burundi, si on est pas dûpe?
Par ailleurs, c’est Londres qui finance le budget militaire du gouvernement Ougandais. En effet, dans son édition du mois de janvier 2002, New African, un mensuel publié à partir de Londres, a publié une lettre écrite de la main même du Président Ougandais Yoweri Museveni, plaidant avec Mademoiselle Clare Short d’augmenter son aide au budget militaire du gouvernement Ougandais. Ce qui fût fait. Et les Ougandais de la diaspora de se demander: «Qui dirige l’Ouganda?». Apparemment, Museveni se sentait «ménacé» par une agression planifiée contre son pays de la part du gouvernement de Kigali, un régime qu’il a décrit comme «idéologiquement en faillite» dans sa lettre. Apparemment, cela a fort infurié Kagame jusqu’à necessiter l’arbitrage du Prémier Ministre Britannique Tony Blair et de son Ministre du «Developement International» Clare Short. Mais pour beaucoup d’observateurs, la lettre de Museveni était tout simplement «l’envers du décor» de son agression contre la RDC, soutenue par la Grande Bretagne et les États-Unis.
C’est avec raison que le Ministre des Affaires Etrangères Congolais, Leonard She Okitundu a, au cour de la dernière réunion spéciale du Conseil de Sécurité de l’ONU tenue à New York, a accusé le Rwanda «d’avoir considérablement augmenté ses forces (35,000 hommes selon le quotidien belge, Le Soir, dans son édition du 10 août dernier) et demeure le seul pays à être engagé dans des opérations militaires d’envergure sur le sol congolais.»
Rappellons que la plus part des hommes qui combattent aux côtés de l’Armée Patriotique Rwandaise (APR) sont récrutés dépuis l’Éthiopie, l’Érythrée et la Somalie. Raison pour laquelle Paul Kagame qui maintient encore ses troupes d’agression au Congo vient de se proposer comme «médiateur» entre l’Éthiopie et l’Érythrée, deux pays frères mais aujourd’hui sur le pied de guerre. Incroyable mais vrai! En effet, l’Érythrée vient d’accuser l’Éthiopie «d’agression» contre son territoire en voulant une fois de plus «annexer» les villes de Zalambessa et de Badmé à l’Éthiopie; et par conséquent de «non respect ou de la violation» de l’accord de paix de 2000, conclu à Alger pour mettre fin à la guerre frontalière qui a déchirée les deux pays frères. Si l’Éthiopie et l’Érythrée entrent une fois de plus en pleine guerre, la plus part des «frères Tutsi» de Kagame, c’est-à-dire, des Éthiopiens et des l’Érythréens qui combattent aux côtés de l’APR pourraient être rappélés pour servir leur deux mères patries, créant ainsi un déficit en hommes pour Kagame et emboîtant le pas à son projet d’occupation définitive du Congo. Que dis-je? Occupation définitive du Congo?! C’est ce que les Mai-Mai ne veulent pas attendre de leurs oreilles. D’ailleurs le protocole de paix intervient au moment ou l’APR est de plus en plus fragilisée par les attaques, la résistance farouche et les pertes en vie humaines lui infligées par les vaillants combattants Mai-Mai (maintenant rejoint par les hommes du commandant Patrick Masunzu?)
Selon une source indépendante qui s’est confiée au quotidien Français, Le Monde le 27 juillet 2002 dernier, les combats auraient fait déjà environ 2000 morts parmi les soldats de l’APR.
Fort de cette victoire, le Général Mai-Mai David Padiri, contacté par téléphone satéllitaire par le quotidien britannique, The Guardian, a déclaré: «Notre objectif est claire: Nous allons combattre jusqu’à ce que le dernier envahisseur Rwandais est soit capturé et tué, soit bouté hors de notre pays.»
D’autre part, un éditorial du 31juillet 2002 de l’hebdomadaire belge, Le Solidaire, a beau rappelé les causes réelles de l’agression qui sont, primo, la volonté d’anéantir les forces nationalistes au Congo pour le compte des puissances impérialistes, secundo, d’enrichir la clique entourant Kagame par le pillage des immenses ressources congolaises.
«Dans la logique de l’accord, Kagame pourra, au moment qui lui convient, en arrêter l’exécution en prétendant que le Congo continue à aider les Interahamwe. Et le président du Rwanda ne manquerait pas de raisons d’agir ainsi. D’abord il y a le mécontentement des 35.000 soldats rwandais, non payés jusqu’à aujourd’hui, souvent au front depuis plusieurs années. Ils ont vu comment leurs officiers ont pillé et volé. Et s’ils rentrent à Kigali, ils découvriront comment ces voleurs s’y sont fait construire de grosses villas.
Puis, il y a les nombreuses familles Tutsis qui se rendront compte que leurs fils, qu'ils croient toujours vivants, ont été tués dans la jungle congolaise il y a plusieurs mois, voire plusieurs années. Ensuite, il y a les puissances impérialistes qui pensent que le moment de la mise sous tutelle du Congo est venu. Ils veulent imposer au gouvernement de Kabila un gouvernement dans lequel les nationalistes sont complètement minoritaires ainsi qu’une mise sous tutelle militaire à travers l’installation de zones neutres au Kivu et à Kisangani, contrôlés par les troupes de la Monuc.
Après cela, ils exigeront la fusion de l’armée gouvernementale avec celle des «rebelles» pro-rwandais et pro-ougandais, sous la supervision d’officiers Américains et Européens. Kagame pourrait donc bien continuer à faire office de bâton devant ramener Joseph Kabila a de «meilleurs sentiments» quand celui-ci n’obéit pas assez vite aux diktats des Etats-Unis et de l’Europe.»
Et Le Solidaire de conclure: «Pourtant, il est indéniable que cet accord a une signification importante. Après tant de tentatives d’accord signées et de négociations échouées et prolongées, Mbeki et Annan, deux pions importants des Etats-Unis, se portent soudainement comme garant d’un calendrier précis qui devrait mettre fin à la guerre. Cela montre un changement important de stratégie des Etats-Unis. Celle consistant à laisser traîner la guerre et les souffrances du peuple congolais en espérant qu’il se soulève contre son président a complètement échoué.
L’impérialisme a gravement sous-estimé la capacité de résistance du peuple congolais. Au lieu de soulèvements contre Kabila père et Kabila fils, l’influence du nationalisme congolais n’a fait que croître. En continuant la stratégie de pourrissement, l’impérialisme risque de pousser encore plus le peuple dans l’anti-impérialisme et de perdre pour longtemps, si ce n’est pour toujours, la possibilité d’exploiter les richesses de la République Démocratique du Congo.»
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