|
La mort de 2000 soldats ougandais a poussé Museveni de retirer une très grande partie de ses troupes du Congo
Par A.R. Lokongo, 8 décembre 2003
Feu Mzee Laurent Désiré était aussi un prophète. Il a déclaré que les rapaces Rwandais, Ougandais et Burundais qui ont assasiné plus de 5 millions de Congolais et qui ont littéralement élu domicile dans nos mines d'or et de diamant, dans nos plantations de café, de cacao et de café - surtout à l'Équateur - dans nos parcs, nos forêts et nos bois, ne sortiront jamais sans qu'ils soient engloutis par l'immense jungle Congolaise et une glorieuse, active et opiniâtre résistance ménée par le vaillant peuple Congolais en lutte. Une parfaite défaite des intentions de ceux qui, au loin, n'ont cessé de porter régulièrement secours aux agresseurs du Grand Congo Démocratique. Chaque jour qui passe, cette prophétie s'accomplit d'une manière spéctaculaire.
En effet, Sam Njuba, un opposant Ougandais, deuxième sécrétaire général du Reform Agenda, un parti politique dirigé par le DR Kizza Besigye, le candidat malheureux des élections présidentielles de Mars 2001 vient de révéler à Londres comment Museveni kidnapp les écoliers; leurs fait suivre une formation accélérée d'un mois seulement, les envois soit dans les mines d'or soit au front au Congo, où des milliers succombent au dures conditions de la guerre sans rendre compte à leurs familles.
Sam Njuba a déclaré que 2,000 enfants soldats, dénommés «Home Guards» (Lisez Guardes Civiles) sont morts au Congo dans les mois qui ont précédés le retrait factice des troupes Ougandaises du Congo, factice parceque il a laissé derrière lui les éléments les plus aguerris et un réseau maffieux de laquins Congolais à sa solde. Le même scénario se répète au Soudan où Museveni a aussi déployé ses troupes pour soutenir John Garang sous pretexte de poursuivre les rebelles Ougandais. Il est plutôt poussé par l'utopie selon laquelle l'Ouganda est trop pétit pour lui. Il doit regner sur un territoire plus élargi que ce que le destin lui a offert dans ce que les Britanniques ont appélée «La Perle de l'Afrique (l'Ouganda)».
C'est absolument une utopie. Museveni fait mine d'avoir la situation sous contrôle chez lui en Ouganda, au Congo et au Soudan, mais il fait face à des problèmes extremement graves.
«Est-ce que l'on sait que la moitié de l'Ouganda est maintenant sous la main de la rebellion, entre de la Résistance du Seigneur, que la guerre avance et que notre pays compte plus de 2 millions de réfugiés déplacés à l'intérieur de leur propre pays et entassés dans des camps de concentrations et vivant dans des conditions infra-humaines?» a martélé Sam Njuba, ajoutant que le tissu sociale se deteriore le jour au jour, entre temps Museveni qui réalise un chiffre d'affaire de $11 millions par mois au Congo, veut s'approprier toutes les terres en Ouganda, les convertissant en «propriétés foncières gouvernementales» où ils installent ses frères Hima-Tutsi venus du Rwanda, du Burundi, de la Somalie, de l'Éritrée et de l'Éthiopie. Museveni est aussi en train de liquider le patrimoine de l'État, vendant les maisons appartenant à l'État pour son propre compte.
Il a également démantélé la Banque de Development Ougandaise ainsi que toutes les coopératives pour s'appropier 60% du PIB du pays. Mais 50% du budget national de l'Ouganda sont subventionnés par les États-Unis et la Grande Bretagne sous forme d'aide au development. Avec cet argent, il achète des armes pour éxecuter ses conquêtes militaires au Congo et au Soudan. Il y a des donnateurs commencent à tousser parcequ'ils ont compri le jeu , mais les États-Unis et la Grande Bretagne qui font un chiffre d'affaires de $20 millions par an en vendant des entraves de fers et les appareils electro-choques à leurs États clients, entre autres L'Ouganda et le Rwanda, ne l'ont pas encore laché.
Il n'y a pas longtemps, le quotidien Londonien The Times, proche de la Monarchie, a, dans sa manchette du 2 janvier 2003 (un article signé Robert Thomson), qualifié Museveni de «dignité et de modèle pour L'Afrique!». Ça fait rire. Les ex-Zaïrois qui n'ont pas une memoire courte se souviennent encore d'un fameux livre écrit par le journaliste français Jean-Louis Remilleux et intitulé «Mobutu Dignité pour l'Afrique». Ah! Que ces fameux auteurs empochent de l'argent leurs fourré par les dictateurs mais qu'ils cessent de se moquer de l'Afrique?!
Mais au point de vue des Américains, Yoweri Kaguta Museveni a remplacé Mobutu dans la sous-région sans oublier qu'il se dispute cette «affection» avec Paul Kagame. Chacun apprête ses services dans le cadre de la «lutte contre le terrorisme et le Sida» pour gagner le coeur de Georges W. Bush et de Tony Blair.
Sam Njuba a fait état de l'existence à travers les grandes métropoles Ougandais des «niches de tortures» ironiquement dénommées «Safe Houses» - «Maisons Sans Risques!»
Franchement, comme Mobutu, Saddam Hussein, Osama Bin Laden et tant d'autres chouchoux que les États-Unis ont décidé de jeter dans la poubelle de l'histoire après les avoir utilisés pour les propres fins, les jours de Museveni à la direction de l'Ouganda sont à compter. Rappelons que contrairement au lèche-bottes du genre de Mobutu et de Museveni, Saddam Hussein et Osama Bin Laden ont su comment subutiliser les Américains pour garder tant soit peu la dignité de leurs peuple. La résistance actulelle en Iraq et en Afghanistan en parle volumes.
Museveni a recemment révoqué 28 officiers militaires hautement placés et cités dans le tout dernier Rapport de l'ONU sue le pillage des richesses du Congo, les mêmes officiers sont maintenant révoqués pour la énième fois - y compris son demi-frère Salim Saleh, reponsable pour pour plusieurs détournements en Ouganda et pour crimes contre l'humanité et pillage au Congo - pour finalement les envoyer suivre un recyclage dans une académie militaire. Il n'y a pas de difference entre l'armée et le gouvernement en Ouganda.
Sam Njuba a emi la crainte de voir Museveni briguer un troisième mandat contrairement à la constitution. Pour contourner cette clause de la constutition, il pourrait installer sa femme ou son fils qui vient de terminer ses études à Sanders, la plus grande académie militaire en Grande Bretagne.
«Il n'y a pas de démocratie dans notre pays. Les parties politique sont permis d'operer rien que dans leurs quartiers généraux. Ils ne peuvent pas militer publiquement», a déclaré Sam Njuba qui a été nommé comme «lien» entre Museveni et la coalition de tous les partis politiques dans le cadre d'un «dialogue inter-ougandais» en perspective avant les élections présidentielles de 2006.
Evoquant l'expérience du Kenya où le NARC, une coalition de l'opposition a pu detrôner Daniel Arap Moi au Kenya, il a déclaré que les partis politiques en Ouganda ne doivent plus traîter avec Museveni en ordre dispersé car Museveni est très habile.
«Nous, nous voulons renverser Museveni par la voie des urnes. 3 millions d'Ougandais ont voté pour Reform Agenda. Notre leader Kizza Besigye a contesté le résultat des éléctions par des voies légales. Mais Museveni n'écoute que le langage de la forces. Il y a maintenant d'autres forces dans ce pays qui vont forcer Museveni à les écouter d'ici peu!», a conclu Sam Njuba. Ça dit beaucoup!
Mais en Afrique, tous les opposants d'ailleurs au service de l'impérialisme, ont toujours proné la politique d'«otes-toi de là pour que moi je m'y mette», donc donnes-moi aussi la chance de bouffer. Sam Njuba est venu à Londres pour une «mission de consultation avec les opposants de la diapora et avec le gouvernement britannique - le même gouvernement qui soutient Museveni et qui finance son aventure militaire au Congo» ˆ et a éstimé qu'ils (les donateurs) commencent à écouter l'opposition en Ouganda. Il ne reste à l'opposition qu'à s'organiser et former une coalition pour affronter Museveni, et cela bien avant 2006.
Répondant à l'invitation des organisateurs de cette rencontre, comme nous avons d'ailleurs l'autre fois coincé le MDC de Londres pour défendre la politique du Président Mugabe, nous avons saisi l'occasion pour dire que la solution des problèmes qui endeuillent la Région des Grands Lacs passe par un dialogue inter-Ougandais, inter-Rwandais et inter-Burundais, ce qui reste un défi pour les régimes monoethniques de ces pays. C'est ça notre position au Congo car c'est injuste pour nous de toujours payer le pot cassé (y compris pour la présence présumée des hommes de Kizza Besigye au Congo); et c'est ce que Mzee Kabila a toujours prôné. Et maintenant l'histoire lui donne raison!
Nous avons invité l'audience de considerer le fait que Museveni, pourtant réputé «bon élève du FMI et de la Banque Mondiale», détruit non seulement le Congo, mais son propre pays.
«Le salut de notre région,» avons-nous déclaré, «viendra de la vraie coopération régionale pour le bien de nos peuple et non des miettes du FMI et de la Banque Mondiale. Museveni pille le Congo et son propre pays, accumule les richesses pour son compte et celui de son entourage, laissant le peuple Ougandais totalement pauvre comme vous le dites et ensuite il fait de l'Ouganda une filiale du FMI et de la Banque Mondiale, laissant le pays endetté jusqu'au cou, comme ça se fait d'ailleurs partout en Afrique.»
Nous avons rappélé que le Rwanda et l'Ouganda n'avaient pas le droit d'envahir le Congo même s'ils nous aidé à chaser Mobutu.
«Si ma maison est en feu et que mon voisin vient m'aider à eteindre le feu, ma maison ne devient pas sa maison tout simplement parcequ'il est venu m'aider à eteindre le feu,» avons-nous analogué.
Nous avons aussi évoqué la résistance populaire à Kinshasa même et à l'est de notre pays pr les vaillants combatants Mai-Mai.
Nous avons ajouté que «Museveni massacre et pille le Congo à l'instigation des britanniques et des américains mais au nom du peuple Ougandais. Il faut donc que justice soit faite au peuple Congolais y compris l'établissment d'un tribunal international pour le Congo et des réparations sous forme de dédomagements financiers. N'importe quel gouvernement qui viendra au pouvoir en Ouganda et au Rwanda doit s'acquitter de ce devoir».
Nous avons conclu que «Museveni demeure une honte pour l'Afrique et pour son pays au sein de l'Union Africaine, du Commonwealth et du système des Nations Unis. Mais il n'embarrase pas les États-Unis et la Grande Bretagne qui le soutiennent. Il faut voir plus loin si vous voulez resoudre les problèmes de l'Ouganda. Museveni c'est un arbre qui cache la forêt. Mais vous venez faire le lobbying auprès de ces mèmes gens qui sont derrière la misère de nos peuple, au lieu de trouver une solution interne.»
Reste à voir si la nouvelle coalition de l'opposition ougandaise va deboulonner Museveni comme elle le pretend. A bon vin, point d'enseigne!.
Back to top |