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MEDECIN GUERIS-TOI TOI MEME
Par A.R. Lokongo
Le
peuple Congolais doit savoir qu'il est aussi pri en otage par
le complexe de supériorité qu'affiche l'Afrique
du Sud face à la République Démocratique
du Congo et face au Zimbabwe dans une certaine mesure. Or dépuis
le soit-disant démantellement de l'apartheid en Afrique
du Sud, l'opinion panafricaine et internationale se démande
si, apart le droit de vote, Nelson Mandela et son succésseur
Thabo Mbeki ont vraiment oeuvrer pour l'amélioration des
conditions de vie de leurs frères et soeurs noirs.
En
effet, 80% de la population noire Sud Africaine croupissent encore
dans une misère indescriptible. Dans l'Afrique du Sud de
Nelson Mandela et de Thabo Mbeki, les 5% de la population que
constitue la minorité blanche contrôlent encore 80%
de bonnes terres et par conséquent 80% des richesses du
pays et du revenu national. Les pauvres paysans noirs réclament
leurs terres confisquées par le système raciste
d'apartheid et exigent au gouvernement de Thabo Mbeki d'entreprendre
des réformes agraires sinon ils vont envahir les fermes
"à la Zimbabwéenne". Plusieurs mouvements
anti-privatisations sont maintenant capables de reconnecter l'eau
et l'électricité dans les quartiers pauvres, très
souvent coupés sous les ordres de Thabo Mbeki, qui souvent
envoie des policiers armées jusqu'au dents contre son propre
peuple. Beaucoup ont été emprisonés pour
avoir défié ces ordres et croupissent dans des prisons,
tandisque d'autres s'attendent à des procès et des
amandes exhorbitantes.
De
passage à Londres, le Sécrétaire Général
du Parti Communsite Sud Africain (PAC), Kha Platjee, à
qui j'ai eu l'opportunité d'interviewer m'a dit clairement
que la majorité des noirs en Afrique du Sud regardent Mandela
("Vois comment il a humilié Winnie sa femme de lutte
à l'instigation de certaines puissances externs, "
a-t-il dit), Mbeki et toute l'élite noire (qui maintenant
compte des millionnaires comme Monsieur Ramaphoza) comme des traîtres
à la cause pour laquelle ils se sont battus pendant des
décennies pour la libération de l'Azania (nom authentique
de l'Afrique du Sud).
"Du
moins pendant l'apartheid, nous savions clairement qui était
l'enemi du peuple: le Boerg. Mais maintenant, c'est très
difficile de le distinguer," a-t-il déclaré.
Poussé
par mes sentiments panafricain, j'ai du un jour intervenir en
aidant financièrement une jeune noire étudiante
Sud Africaine, ménacée d'expulsion de la salle d'examen
à City University de Londres parcequ'elle n'avait pas encore
payé tous ses frais d'étude. Ironie de l'histoire!
Monsieur Mandela était en visite officielle à Londres
ce jour-là!
Tel
étant le bilan de l'Afrique du Sud post-apartheid, je ne
vois pas comment Thabo Mbeki peut s'ériger en "donneur
de léçons" aux Congolais. Ce qui préoccupe
le gouvernement Sud Africain dans le dossier Congolais ce sont
les crédits que certaines banques Sud Africaines ont octroyé
au RCD Goma et au MLC, et ces banques ne veuelent pas perdre au
cas ou les Congolais se décident de prendre leur propre
destin en main. C'est pourquoi l'Afrique du Sud pèsera
de tout son poid pour qu'un Ruberwa, un Bemba, un Onosumba, un
Bizima Karaha ou un Kin-Kiey Mulumba occupent des postes stratégiques
au sein du gouvernement de transition dont la durée dépendra
de la liquidation de toutes ces dettes contractées et don't
je viens d'evoquer.
Notons
que ces monsieurs sont vraiment les garants de l'International
Tutsi Power au Congo, soutenue par l'Afrique du Sud, la Grande
Brétagne et les États-Unis.
Qui
a dit que Museveni, Kagame et Buyoya se sont rétirés
du Congo? C'est évident qu'on venait d'assister à
des mises en scènes téléguidées à
partir de Londres et de Washington, qui, pour tromper l'opinion
internationale, voulaient que les agresseurs du grand Congo Démocratique
gardent un profil bas pendant qu'ils attaqueraient l'Irak. Ayant
sponsorisé le terrorisme au Congo qui a coûté
la vie à plus de 5 million de Congolais (parfois les armes
chimiques (napalm) ont été utilisées pour
la sale besogne); et une invasion dont le but ultime était
le pillage systématique des richesses naturelles et minérales
du Congo, les États-Unis et la Grande Bretagne se sentent
embarrassés en avançant les mêmes motifs pour
attaquer l'Irak. Tel est pri qui croyait prendre. Il faut tout
de même noter qu'il y a un changement de tactique de la
part du Président Georges W. Bush. L'hébdomaire
Belge, Le Solidaire, dans son édition du 16 octobre 2002,
s'est posé la question de savoir si les États-Unis
auraient vraiment opté pour la paix et la souveraineté
du Congo.
Selon
Le Solidaire, quatre constatations ont amené les Américains
à changer leur tactique envers la RDC. Il y a d'abord la
ténacité du peuple Congolais [je pense ici aux vaillants
combattants Maï-Maï] qui refuse la balkanisation du
Congo. Malgré quatre années de guerre, malgré
l'assassinat du Président Laurent Désiré
Kabila, le peuple continue à exiger du Président
Joseph Kabila la défense de l'unité du pays et l'intégrité
territoriale. Deuxièmement, il est apparu aux Américains
que ni Kagame, ni Museveni, ni Buyoya, n'ont pu battre militairement
la coalition RDC-Angola-Zimbabwe-Namibie. Tertio,il est devenu
aussi évident que les "rebelles" Congolais n'ont
pas réussi à s'imposer comme une alternative crédible
[le RCD-Goma par example, n'existe que sur papier. C'est un écran
de fumée à l'occupation Rwandaise] aux yeux de l'impérialisme.
Enfin, par une action diplomatique efficace, Joseph Kabila s'est
habillement fait accepter par la communauté internationale,
comme "plus sérieux" que tous les autres prétendants
à la présidence de la RDC. Dans ces conditions,
les Américains savent que continuer à appuyer ouvertement
le renversement du gouvernement de Kinshasa par l'agression rwando-ougando-burundaise
est devenu nuisible pour leur stratégie de "guerre
globale contre le terrorisme", qui cache des plans de conquête
mondiale digne de Hitler. Ils ont commandé à Kagame
de se rétirer de la RDC, mais il ne s'agit pas en aucun
cas d'une évolution de la politique américaine vers
moins d'agressivité comme le prétend Herman Cohen.
Tout en gardant sa stratégie arrogante et militariste,
Bush a ajusté sa tactique pour la région. Il continuera
à protéger son pion Kagame contre l'influence française
dans la région et surtout comme étant la force militaire
devant guarantir le contrôle américain sur la région.
"Je
n'ai rien de particulier à faire en France. Et les autorités
françaises n'ont apparemment rien à me dire,"
avait déclaré Kagame dans une interview qu'il a
accordé récemment à l'hebdomadaire international,
Jeune Afrique l'Intelligent.
Mais
parallèllement, Bush opte pour l'infiltration du gouvernement
de Kinshasa et surtout pour la prise en main de l'armée
Congolaise et la transformation de cette armée en une armée
néo-coloniale. Comme cela a été fait dans
les années 60 avec l'armée de Mobutu. Ainsi Bush
a déjà dicté à Joseph Kabila, lors
de son dernier voyage à Washington, que les deux plus importantes
bases militaires du Congo, Kamina et Kitona, doivent être
réservées à l'Otan (voir Le Soir du 18 septembre
2002).
Entre-temps,
le gouvernement de Kinshasa, truffé d'opportunistes comme
l'a dit le Général David Padiri, ne cesse de dénoncer
SANS EFFETS, c'est-à-dire, sans que cela provoque une réaction
quelconque de la part de l'ONU, de Pretoria, de Londres ou de
Washington, la présence continue des troupes Rwandaises
à Kisangani et aux deux Kassaï, et celle des troupes
Ougandaises à Gwadolite et au Nord-est de la RDC.
A
un journaliste de la BBC qui a voulu me convaincre que les agresseurs
se sont vraiment rétirés de la RDC, j'ai repondu:
"Pour
vérifier vraiment que les agresseurs se sont rétirés
du Congo, un test s'impose. Il faut que le gouvernement légale
de Kinshasa qui est internationallement réconnu récupère
tous les territoires d'où les agresseurs se sont rétirés,
le Congo par là ne fera qu'exercer sa souverainété
sur son terrritoire. Si dans ce cas, Pretoria, Londres et Washington
et l'ONU ose hausser le ton, on verra bien que Kagame, Museveni
et Buyoya n'ont pas encore fini avec le Congo." Evidemment,
c'est ce qui vient de se passer à Uvira, même si
il est évident que les nationalistes Maï-Maï
ont repri Uvira, sans l'appui des militiens Hutu ou Interahamwe
ou même des FAC. Le RCD, il a été prouvé
à cette occasion, n'existe que sur papier. Il est chapeauté
par Paul Kagame. Il fallait l'intervention des Rwandais et des
Burundais (donc ils n'ont pas quitté en prémier
lieu!), invoquant le même alibi des Interhamwe pour réprendre
la ville portuaire et commettant des massacres contre les civils,
sans provoquer aucune réaction de la part de Pretoria,
Londres et Washington et l'ONU. Comment les agresseurs peuvent-ils
quitter le Congo où ils ont trouvé du lait et du
miel? Selon le quotidien britannique, Financial Times du 16 octobre
2002, le Rwanda seul réalise un chiffre d'affaires de $20
million par jour au Congo, rien que pour la vente du coltan! L'aéroport
de Kavumu à Bukavu et la ville portuaire d'Uvira leur sont
très stratégiques pour écouler les richesses
pillées.
Entre
temps, le peuple Congolais, surtout dans les territoires occupés,
est laissé à lui-même, voué aux viols
et aux massacres, à la faim et aux maladies, et ne sait
plus à quel saint se tourner. En même temps, tout
le monde se la coule à Kinshasa, comme si rien ne se passait
à l'est, la musique et la réligion étant
devenues l'opium du peuple comme à l'époque de Mobutu,
le traître de Patrice Lumumba.
Combien
de Congolais savent que Muhammed Ali, avant d'affronter Georges
Foreman au ring à Kinshasa, en 1974, a ému le souhait
de " voir Patrice Lumumba assister au match pour le voir
à l'oeuvre"? Ses propos n'ont jamais fait l'objet
d'un reportage quelconque le Zaïre se trouvant au plus fort
de la dictature, et c'était la raison pour laquelle Mobutu
par conséquent n'etait pas venu au stade. Tout se paie
ici bas!
Par
ailleurs, voici la copie du télégramme qu'a envoyé
à Léopoldville (l'actuelle Kinshasa), Allen W. Dulles,
alors Directeur Général de la CIA, autorisant "l'élimination"
de Patrice Lumumba. Le télégramme dont plusieures
sections ont été étouffées, est maintenant
disponible à la bibliothèque Truman. Il a été
déclassifié et rendu publique par décision
du Département d'État Américain le 11 janvier
1979. Le télégramme a été envoyé
le 26 août 1960 et destiné à Lawrence Devlin,
alors chef de la station de la CIA à Kinshasa. Voici les
ordres que Lawrence Devlin avait réçu:
1.Dans
tous les cercles du pouvoir ici [à Washington], on est
arrivé à une conclusion nette et claire que si Lumumba
continue à exercer ses hautes fonctions, le résultat
inévitable sera le chaos au mieux et au pire, ça
pourrait frayer la voie à l'emprise communiste sur le Congo,
ce qui comporterait des conséquences désastreuses
pour le prestige de l'ONU et pour les intérêts du
monde occidental en général (Devlin dementira 40
ans plus tard (en 2000), que Lumumba n'était pas un communiste
mais un nationaliste qui répresentait les aspirations de
son peuple). Nous concluons, par conséquent que l'élimination
de Lumumba doit constituer un objectif urgent et primordial et
que sous les conditions actuelles, ça doit demeurer la
priorité des priorités de notre opération
qui doit être ménée en coulisse.
2.Desormais,
nous souhaitons vous confier tous les pouvoirs [la ligne suivante
a été toute étouffée], entre autres,
même à entreprendre des opérations agressives,
pourvu qu'elles soit gardées sécrètes. Nous
nous rendons compte que les cibles d'opportunité pouraient
se présenter ou qu;ils vous soient disponibles d'un moment
à l'autre [la ligne suivante a été toute
étouffée]. Nous vous autorisons, par conséquent,
de dépenser un montant allant jusqu'à $100,000 pour
vous permettre à exécuter des opérations
d'urgence, parfois imprévues, lorsqu'une occasion se présente
et pour lequel vous n'avez pas le temps ni l'opportunité
pour consulter le quartier général [la ligne suivante
a été toute étouffée].
3.Dans
une certaine mesure, si notre ambassadeur [à Léopoldville]
souhaiterait d'être consulté, vous devez faire récour
à sa coopération. Mais s'il ne veut pas être
consulté pou un cas particulier, vous pouvez agir sur votre
propre autorité surtout quand le temps ne vous permet pas
de vous référer à lui.
4.Ce
message a été lu et aprouvé à un plus
haut niveau par les autorités au sein du Département
d'État. Fin. Cable du Sécrétariat: copie
réservé pour information uniquement à Monsieur
Helms, Sécrétaire d'État.
Ainsi
parlèrent les archives. 40 ans plus tard!
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