|
LETTRE OUVERTE AUX CRIMINELS CONGOLAIS DE LA GUERRE D'AGRESSION
A l'attention de Jean Pierre Bemba, Adolphe Onosumba, Roger Lumbala,
Mbusa Nyamwisi et autres mafieux et acolytes de la coalition anglo-americano-rwando-ugando-burundaise.
Messieurs,
Au
terme de quatre ans d'une guerre d'agression injustement imposée
au peuple congolais qui était déjà meurtri
par plus de 32 ans d'une dictature néo-coloniale, mafieuse,
sanguinaire et prédatrice de Mobutu Sese Seko, et dont
vous avez servi comme hommes de paille pour la légitimer,
il est de votre devoir de reconnaître que votre aventure
- une "joint-venture" avec vos maîtres américains,
européens, rwandais, ougandais, burundais et sud africains
- a échoué !
Elle
a échoué grâce à la résistance
populaire incarnée par la lutte des vaillants combattants
Maï-Maï et des habitants de Kinshasa qui vous ont bouté
en dehors de la capitale, les mains nues ; mais aussi grâce
à l'intervention de nos alliés namibiens, angolais
et zimbabwéens aux côtés des FAC et qui, d'ailleurs,
sont prêts à revenir au Congo, comme vient de le
déclarer le Président Sam Nujoma, si vous tenez
à persister avec votre aventure criminelle et terroriste
sur tous les plans.
Messieurs,
A
la fin de quatre années, vous avez démontré
qu'en lançant votre "rébellion" déjà
déchirée en plusieurs "rébellionnettes",
vous étiez motivés non pas par une idéologie
libératrice quelconque, mais par l'avarice qui vous a poussés
à vous mettre à la solde des Occidentaux, de concert
avec d'autres Africains (Rwandais, Ougandais, Burundais, Tanzaniens,
Sud Africains, etc.,) pour piller les richesses de votre pays,
le déstabiliser et soumettre vos compatriotes à
une souffrance infra-humaine.
Vous
avez mené une rébellion dépourvue de tout
sens. Preuve? Vous êtes toujours relégués
au second plan pendant la prise des décisions importantes
dans les territoires occupés. Quand il est temps de commettre
des massacres, voilà le moment que vous deveniez incontournables.
Ça fait vraiment la honte d'être un Congolais!
Comment
puis-je en tant que Congolais me faire l'instrument des massacres
de mes compatriotes et du pillage des ressources naturelles et
minérales de mon pays en échange des miettes que
me retournent mes maîtres venus d'ailleurs? Quelle folie?!
A titre d'exemple, pour m'adresser plus particulièrement
à toi, Jean-Pierre Bemba; juste après ta nomination
à la primature à Sun City, tu étais attendu
à Kinshasa.
Au
lieu d'y venir, tu as pris le vol directement de l'Afrique du
Sud à Kampala. Au cours d'une conférence de presse,
tu as félicité l'armée ougandaise pour avoir
libéré le peuple congolais de la dictature (…)
et tu as donné ta garantie de sécurité aux
investisseurs étrangers opérant dans les territoires
occupés, une fois à la primature.
Ton
parrain, le Président ougandais Yoweri Kaguta Museveni,
n'a pas manqué de prendre la parole à cette occasion.
Le Président ougandais s'est félicité de
ta nomination dont il a tiré tout crédit en ces
termes : "Un chasseur sage élève plusieurs
chiens [de chasse] parce qu'il ne sait jamais qui parmi ces chiens
va montrer des qualités supérieures pendant la chasse."
Son
audience ne se faisait aucune illusion que Museveni parlait de
toi Bemba, moins Mbusa Nyamwisi, Thomas Lubunga, Tibasima, Wamba
dia Wamba et consorts. Quelle arrogance de la part de Museveni
! Quelle honte d'être un Congolais, chien de guerre de Museveni
!
Messieurs,
Pour
vous enrichir le plus rapidement possible, vous vous êtes
alliés non seulement avec des réseaux mafieux occidentaux
et libanais, mais aussi avec des mouvements terroristes tel que
Al Qaida d'Oussama bin Laden et de l'International Tutsi Power,
sans que vous soyez inquiétés par vos maîtres
américains qui, pourtant, mènent une guerre globale
sans merci contre le terrorisme. Vous aviez tous les puissants
de ce monde à vos côtés et la propagande virulente
des médias occidentaux à votre faveur.
C'est
pourquoi, vous pouviez aisément, soit massacrer plus de
5 millions de vos compatriotes en utilisant même des armes
chimiques munies de napalm, soit voler leurs biens, les emprisonner
dans des trous, laissant d'autres amputés, violées,
atteints de virus de Sida, enterrées vivantes, bref c'est
la criminalité à son comble.
Vous
pouviez aussi piller la faune et la flore, le bois, l'or, le diamant
et le coltan de votre pays, céder son infrastructure (usines)
au Rwanda, à l'Ouganda et au Burundi sans que vos consciences
vous reprochent de quelque chose.
Messieurs,
Tous
ces crimes (que vous continuez encore à perpétrer)
prouvent que vous avez mené une guerre meurtrière
contre votre ENNEMI PRINCIPAL qui était et qui demeure,
rien d'autre que LE PEUPLE, que, pourtant, vous prétendez
libérer. Et maintenant, après avoir commis tous
ces crimes odieux, vous voilà revenir pour diriger ce même
peuple, le pouvoir vous offert sur un plateau d'or, recevant gratuitement
ce que vous n'avez pas pu obtenir par la force des armes.
Vous
voilà revenir les mains dans les poches en sifflotant des
airs joyeux, profitant de la complicité de certains traîtres
et opportunistes au sein de l'armée et du gouvernement
de Kinshasa, des églises, de l'opposition politique "non-armée",
de la société civile et de certains milieux des
médias kinois, comme si vous n'aviez jamais rien fait de
mal ; comme si rien ne s'est passé !
Vous
comptez sur les Occidentaux et sur les régimes néo-coloniaux
Tutsi du Rwanda, de l'Ouganda, du Burundi, ainsi que sur la propagande
des médias occidentaux pour vous donner une conscience
tranquille, pour vous blanchir de vos crimes odieux et vous aider
à les effacer de la mémoire du peuple, ou pour écarter
toute idée de l'établissement d'un tribunal international
pour juger les crimes de guerre. ÇA NE SE FERA JAMAIS !
Pas après la Révolution du 17 Mai, désormais
ancrée dans la mémoire des Congolais, cette bourrasque
qui a fait rattraper Mobutu par ses propres déclarations
pompeuses.
Messieurs,
Rappelez-vous
que du haut de la tribune des Nations Unis, Mobutu a osé
déclarer au sujet de la précocité de l'indépendance
du Congo, arrachée au prix du sang : "Un fruit ne
tombe que quand il est mûr. Mais devant l'ouragan ou la
tempête de l'histoire, mûr ou pas mûr, il tombe
quand même." Vouloir ou pas, Mobutu était forcé
de partir!
Plus
tard, enflé d'orgueil, Mobutu tonnera : "On ne dira
jamais de moi : voici l'ex-Président Zaïrois qui passe,
mais ci-gît l'ex-Président Zaïrois."
Mais
qui l'ignore? Après avoir été chassé
comme un voleur (il l'était effectivement !), affaibli
par la maladie, touché dans son propre orgueil, rattrapé
par ses propres déclarations démagogiques, Mobutu,
tel un vagabond, a d'abord sillonné quelques capitales
de l'Afrique de l'ouest (Mzee Kabila l'a prié de rester
paisiblement chez lui à Gbadolite sans jamais plus se mêler
à la politique), avant de s'installer finalement à
Rabat, au Maroc, dans un quartier chic -ironie de l'histoire -
dénommé KHABILA! Je crois que tous ces facteurs
ont précipité sa mort.
Bien
sûr, Laurent Désiré Kabila sera assassiné
quatre ans plus tard pour avoir refusé de vendre son pays
comme Mobutu. Mais il est mort en héros, enterré
avec tous les honneurs dus à un grand Chef d'État
digne de ce nom, lesquels, si les morts ne sont pas morts comme
on dit, devaient faire tourner un Mobutu enflé de jalousie
dans son tombeau.
Messieurs,
Votre
demande d'amnistie (qui s'excuse s'accuse) ne vaut pas la peine
d'être considérée par votre ennemI °.1
qu'est le peuple congolais. C'est lui que vous avez ciblé
par vos actes terroristes. C'est pourquoi, vous voulez toujours
passer par la fenêtre parce que vous vous reprochez de quelque
chose. Mais vous ne saurez pas définitivement étouffer
les aspirations du peuple.
Le
peuple aspire à la paix, à l'unité nationale,
donc à la réunification du pays, à la reconquête
de l'intégrité territoriale ; il veut être
capable de compter sur ses propres efforts pour son indépendance
économique, politique et culturelle; se choisir librement
ses propres dirigeants en lieu et place des leaders lui imposés
à partir de l'extérieur; un nouvel ordre politique,
économique et social où tous les Congolais jouiront
équitablement des richesses du pays, bref, un Etat de droit,
pour lequel Lumumba, Mulele et Kabila ont versé leur sang.
Je
vous prie donc de ne jamais entretenir l'illusion selon laquelle
votre retour va automatiquement liquider les acquis de la Révolution
du 17 Mai, ou que vous aurez à faire à un peuple
naïf, dont les cerveaux sont lavés par la religion
chrétienne ou dont les esprits sont étouffés
par la musique du Quartier Latin et celle de tous les autres orchestres
kinois. Loin de là! Le peuple a juré de ne jamais
oublier Mzee Laurent Désiré Kabila et son mot d'ordre.
Il sait que "la paix se gagne". Il suffit que des élections
libres et transparents soient organisées et vous verrez
comment il fera preuve de sa maturité politique.
Voici
l'épreuve qui vous attend: que vous déclariez solennellement
votre rupture avec les agresseurs (vos maîtres), que vous
mettiez fin à la guerre, aux massacres et au pillage pendant
les négociations; que vous soyez disponibles à répondre
de tous les crimes économiques et tous les crimes contre
l'humanité que vous avez commis; que vous déclariez
tout l'argent que vous avez mis dans les comptes bancaires en
Occident et en Afrique du Sud, ou que vous avez investis dans
les différentes multinationales, et que vous le remettiez
au trésor public pour soulager la souffrance du peuple;
que vous déclariez solennellement que vous ne vous mettrez
plus jamais à la solde des forces étrangères,
tels des vassaux, pour piller et détruire votre pays et
tuer vos compatriotes. La balle est dans votre camp, Messieurs!
Back to top |