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KAGAME HUMILIE A PARIS
Par A.R.Lokongo, juin 2001
La lutte pour la liberté de presse en Afrique a connu un succès ébouriffant à Paris le 3 Juin dernier quand la 17me Chambre de la Cour Suprême de Justice de Paris a rejetté, «pour des raisons techniques», les poursuites judicières pour diffamation entamées par le Président Rwandais Paul Kagame contre le journaliste, auteur et chercheur Camerounais Charles Onana.
En titre de rappel, le journaliste a été inculpé pour diffamation après avoir publié un livre intitulé: «Les Sécrèts du Génocide Rwandais – Enquête sur les Mystères d’un Président», qui allègue que Kagame était l’instigateur clé de l’attentat du 6 Avril 1994 contre l’avion qui transportait le Président Juvénal Habyarimana et son homologue Burundais Cyprièn Ntwagiramira, lequel par la suite n’a pas seulement coûté la vie aux deux présidents mais a aussi fait éclater un génocide d’une grande ampleur au Rwanda.
Par l’entremise de son avocat Natasha Renaudin, Kagame s’est dit diffamé et a démandé que la Cour exige à ce qu’Onana paye 1 Euro symbolique à l’État Rwandais pour toute préjudice que ce dernier a souffert par suite de cette diffamation. Mais ce qui a été plus humiliant pour l’homme fort de Kigali - sûr de sa victoire dans cette affaire et surtout sûr de son ingéniosité qui lui permet de manipuler presque toutes les institutions internationales - c’était le fait d’avoir démandé à la Cour d’exiger à l’accusé (Onana) de publier le résultat du procès dans la presse internationale, esperant par là de se faire réparer sa réputation et celle de l’État Rwandais à laquelle Onana a porté atteinte. En plus, Kagame voulait aussi que la Cour exige à Onana de payer une somme de 5,000 Euros pour chaque copie de son livre qui se trouve dans n’importe quelle librairie du monde.
A la fin de la troisième audience sur l’affaire, la Judge Présidente Edith Dubreuil a catégoriquement réjeté la plainte portée par Kagame contre Onana, sur base de l’article 65 de la loi Française édictée le 29 Juillet 1881 sur la liberté de presse et de publication, qui stipule que toute plainte pour diffamation ou délit de presse portée contre un journaliste ou un écrivain ne sera prise en consideration par la justice Française que dans un délai de trois mois après la publication du livre ou de l’article en question. Or Kagame a porté plainte contre Onana le 6 Mars 2002, soit quatre mois après que Onana ait déjà publié son livre en Novembre 2001.
En ouvrant le procès, Dubreuil, qui a jouit de l’assistance de deux autres Judges, Sylvie Menotti et Sophie Poitou, a fait référence à la déposition fournie par la défense qui a confirmé que le livre a été publié au mois de Novembre et que 40 copies ont été déjà vendues au Forum de la FNAC tenu entre 30 Novembre 2001 et le 6 Décembre 2001. Il a été apporté à la connaissance de la Cour que plusieures copies du livre ont été envoyées à des abonnés tels qu’Ernest Munyankindi (le 29 Novembre 2001), Emannuel Kaouhijev, Tiphaine Dickson et Séraphine Babona (le 30 Novembre 2001) et Francine Uwera (le 3 Décembre 2001). En plus, bien que les Publications MINSI aient animé une conférence de presse durant laquelle la publication du livre a été annoncée, Charles Onana lui-même a déjà, avant cette date, accordé une interview sur son livre à la RFI, le 25 Novembre 2001.
Quand le procès a été ouvert le 8 Avril 2002 à Paris, Natasha Renaudin, l’avocat de Paul Kagame a déclaré qu’une enquête sur l’attentat contre l’avion présidentiel était déjà en cours devant le Juge Français Louis Bruguière et a par conséquant accusé Onana de violer le principe de la «présomption d’innocence» que jouit Kagame jusqu’au verdict final. Mais la juge Dubreuil a réfusé d’obtempérer à la demande de l’accusation d’ordonner le rétrait du livre de la circulation et de la vente, estimant que Kagame n’ést pas une personne accusée devant le Juge Bruguière.
Juste après le verdict à sa faveur , c’étair un Onana ravi de joie qui a déclaré à la presse: «Dépuis que Mr Kagame a porté plainte contre moi, 5,000 copies de mon livre ont déjà été ecoulées sur le marché, et le taux de commande ne cesse de monter.»
Onana a décri le verdict de la Cour comme «une victoire pour le journalisme en Afrique et, par dessus tout pour la vérité sur la situation politique combien complexe au Rwanda et dans la Région des Grands Lacs».
A une question de savoir pourquoi Kagame n’a pas agi avant la fin du délai prévu par la loi Française, Onana a répondu en souriant: « Mais c’est parcequ’il a délibéramment voulu éviter tout débat sur la vérité autour de l’attentat contre l’avion présidentiel et sur le génocide qui a suivi cet attentant, esperant par là de m’empêcher à présenter plusieures preuves certaines que j’avais étalées dans mon livre, à la Cour de justice.»
Le journaliste Camerounais basé à Paris a noté combien il est maintenant nécessaire à ce que beaucoup de gens lisent son livre, ce qui va leur permettre à decouvrir la vraie face et la vraie nature de Paul Kagame et savoir plus sur le rôle capital qu’il a dans l’attentant contre l’avion présidentiel et le génocide.»
«Monsieur Kagame était déterminé à bloquer la circulation de mon livre parcequ’il voulait éviter d’être embarassé du fait que beaucoup de gens se rendraient compte de la vérité sur le génocide Rwandais. Malheureusement, ce verdict a completement torpillé son rêve,» a déclaré Onana.
Onana s’est félicité du fait que qu’il a réçu plusieures réactions positives de la part de beaucoup de gens à travers le monde, y compris des Rawndais qui lui ont envoyé des messages de félicitations à la suite de sa victoire, ce qui est encourageant compte tenu des éfforts qu’il a multipliés et des sacrifices qu’il a fait pour arriver à écrire et publier son livre.
Et Onana de poursuivre: «Ceci réprésente une meilleure opportunité pour Mr Kagame de sortir de son silence, de dire la vérité et de demander pardon non seulement au peuple Rwandais, mais aussi au peuple de la République Démocratique du Congo, soumis à tant de souffrances à cause des actions de Kagame. La communauté internationale se trouve maintenant en bonne position pour exiger à Kagame de dire la vérité et s’il le faut déclarer donc son innocence sur l’attentant contre l’avion présidentiel et le génocide.»
«Il serait suspect de la part de la communauté internationale si elle ne sert pas de ce verdict pour amener Kagame à la justice. Je pense qu’il est grand temps de passer à l’action maintenant que les faits sont connus de tous,» a conclu Onana.
Qui soutient Kagame soutient le mensonge et est par conséquent lui même menteur et complice de crimes contre l’humanité.
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