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LA CONFERENCE DE EDENBRIDGE REVELE UNE OPPOSITION CONSTRUCTIVE AU RWANDA
Par A.R.Lokongo
Une conférence sur «Le Génocide au Rwanda et la Guerre au Congo: Ce que nous avons appris et ce nous pouvons faire dans l’avénir pour éviter leur réapparition» s’est ténue du 27 au 28 Octobre 2001 à Edenbridge, dans le district de Kent, en Grande Bretagne, réunissant les réprésentants des partis politiques Rwandais et des membres de la société civile Rwandaise et Burundaise, tous en exil en Europe. Parmi les invités figuraient les noms des réprésentants des gouvernements Britannique, Rwandaise, et du Congo Démocratique, mais tous les trois n’ont pas fait le déplacement, Monsieur Vangu Mambweni pour le Congo Démocratique en occurrence? Mais la conférence a été dominée par la présentation de Monsieur Antoine Roger Lokongo, un journaliste Congolais basé en Grande Bretagne et invité pour l’occasion, qui a défendu avec grand succès la cause de son pays devant une audience Britannique qui n’a jamais été aussi consciente des enjeux de la guerre d’agression que subit le grand Congo Démocratique, faute d’un réportage équilibré sur la situation dans la région des Grands Lacs par les médias Britanniques. Le génocide de 1994 au Rwanda par example fait toujours la une des journeaux ici et l’opinion publique Britannique démeure absolument ignorant du génocide de plus de 3.500.000 perpétré par les troupes venus du Rwanda, de l’Ouganda et du Burundi, ainsi que le pillage systematique des richesses naturelles et minérales du Congo par les envahisseurs qui occuppent presque 60% du territoire Congolais.
La conférence a été organisée par Pax, une ONG qui milite pour la paix dans la région des Grands Lacs avec le soutien des églises chrétiènnes d’Edenbridge et en association avec l’organisation «One World Week 2001» qui souvent finance de telles initiatives.
Le message qui est sorti de cette conférence, connu sous le nom de « La déclaration de Edenbridge» et qui sera porté à l’attention des gouvernements respectifs de la région des Grands Lacs, de la Grande Brétagne, de l’Union Européenne et du Conseil de Sécurité de l’ONU, offre quasiment une porte de sortie aux troubles que connait cette région. La Conférence d’Edenbridge, tout en réconnaissant le soutient de la communauté internationale au Tribunal Pénal pour le Rwanda (TPR) basé à Arusha, en Tanzanie, a judgé encore nécessaire, avec le même soutien de la communauté internationale, d’identifier et d’amener à la justice ceux qui ont déclenché le génocide de 1994 au Rwanda en tirant sur l’avion qui portait le feu Président Juvenal Habyarimana et son colleague du Burundi; et d’étendre ce processus pour inclure ceux qui ont commi le génocide et sont responsables pour crimes contre l’humanité de 1990 jusqu’au aujourd’hui au Rwanda, au Burundi et dernièrement en République Démocratique du Congo.
«Sans une véritable justice et l’établissements des faits,» ont estimé les délégués, «le génocide et les crimes contre l’humanité risquent d’être utilisés comme fond de commerce et comme une excuse pour perpétrer encore d’autres dans l’avénir. Il est donc nécessaire d’établir avec le soutien de la communauté internationale, une commission verité et réconciliation à l’instar de l’Afrique du Sud.»
«Un rétrait total des forces d’invasion du térritoire de la République du Congo doit avoir lieu dans un délai proche selon les résolutions du Conseil de Sécurité et une compensation appropriée faite au peuple Congolais pour tout ce qui a été pillé et détruit par les agresseurs,» ont-ils poursuivi.
Finalement, pour unr paix durable dans la région des Grands Lacs, les conférenciers ont estimé qu’il doit y avoir un dialogue inclusif aux niveau national dans chaque pays impliqué dans la guerre et ensuite au niveau régional.
«Pour cela un dialogue inter-rwandais sans exclusion (de la diaspora) s’avère urgent, tenu dans un pays neutre pour épargner au Pays de Milles Collines une autre tragedie imminente,» ont-ils conclu.
Il faut noter la participation à la conférence des personalités aussi importantes que l’ancien Prémier Ministre Rwandais Faustin Twagiramungu nommé après l’Accord de Paix d’Arusha qui est en exil dépuis six ans en Belgique, ainsi que de Deus Kagiraneza, un ancien officier d’Etat Major Rwandais qui a déserté les rangs du Front Patriotique Rwandais (FPR) après les affrontements des armées Rwandaises et Ougandaises à Kisangani. Kagiraneza a aussi occupé le poste du préfet du district de Ruwengeri et était l’un des parlémentaire désigné après les accords d’Arusha.
«Aucun groupe éthnique ne peut plus aujourd’hui prétendre à diriger le Rwanda seul. Nous devons tous ensemble oeuvrer pour la paix, la démocratie, la vérité et la réconciliation, ces valeurs que j’ai toujours défendues et pour lesquelles j’ai toujours combatues au Rwanda en particulier et dans la région des Grands lacs en général. Aujourd’hui la communauté internationale doit se rendre compte qu’il y a une opposition constructive au Rwanda contrairement à ce que Monsieur Kagame lui fait croire. Tous les opposants au régime mono-éthnique et criminelle au Rwanda ne sont pas des génocidaires ou des Interahamwe. Il ne peut y avoir une réconciliation au Rwanda aussi longtemps que règne la mentalité de l’éthnicité. Il faut que cette mentalité soit entérrée pour que nous commnencions à vivrre comme des gens civilisés,» a déclaré Monsieur Twagiramungu.
Deus Kagiraneza, aujourd’hui éxilé en Belgique, a, pour sa part, révélé que les Rwandais et les Ougandais ont été récompensés pour leur effort de guerre pendant la prémière guerre qui a porté Laurent Désiré Kabila au pouvoir, mais que nos alliés d’hier voulaient plus: avoir la main mise sur les affaires politiques et économiques Congolaises.
Voici en bref le témoignage qu’a livré Kagiraneza: «Si nous avons déclenché une autre guerre en Août 1998 sous prétexte de poursuivre les Interahamwe, c’était tout simplement pour piller les richesses du Congo. Nous occupons aujourd’hui 60% du térritoire Congolais. Comment expliquer que dans trois ans nous n’avons pas pu traquer et éliminer ces Interahamwe?. Moi personnelement j’ai été chargé avec mon bataillon de mettre fin à la présence Ougandaise à Kisangani et établir une administration locale. Après beaucoup de tueries et des massacres des Congolais , un peuple innocent et épri de paix et d’hospitalité, c’est à ce moment que je me suis rendu compte que contrairement à ce que j’ai cru avant de joindre le FPR et donc combattre pour la liberté, je combatais plutôt pour un clique de criminelles cdomposé de dix personnes à la tête du FPR qui se sont fixés un objectif: aller occuper et voler, piller le Congo et mâter toute resistance locale à ce projet, apporter le butin et le vendre à ceux qui nous comprennent en Occident. Et nous savons que le gouvernement Britannique par le canal du Département pour le Dévelopement International dirigé par Claire Short, soutient bien le régime de Kigali. Nous leur disons qu’ils sont en train de protèger des criminelles contre un peuple innocent. Pour ma part je démande pardon au peuple Congolais et je suis animé par un sentiment de honte qui va me hanter pour le reste de ma vie.»
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