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Le plan de déstablisation est plus ambitieux qu’on le croit
Par Antoine Roger Lokongo
13.05.2005
La République Démocratique du Congo danse sur un volcan compte tenu des tentatives de déstabilisation qui se poursuivent et qui sont attribuées - si nous nous réferrons à un article publié par notre conseur Colette Braeckman dans le Soir du 9.05.2005 - à trois facteurs:
Primo, l’assassinat du Père René de Haes, un jésuite belge qui n’a fait qu’accroître l’inquiétude qui gagne Kinshasa, la capitale de République Démocratique du Congo, où bon nombre d’expatriés prévoient de quitter la ville avant le 30 juin 2005, date officiellement prévue pour la fin de la transition, devenue pourtant une «date fétiche» pour les nostagiques de l’ancièn ordre issu de la Conférence Nationale Souveraine dont l’UDPS d’Etienne Tsisekedi, pourtant signataires de l’accord global et inclusif.
Pour des raisons à la fois techniques et politiques (ici il faut citer l’inssurection fomentée par le Rwanda à travers les officiers Tutsi Nkunda et Mutebusi qui a abouti momentanément à la prise de Bukavu au mois de juin dernier, la guerre de Kanyabayonga, et le massacre des Tutsi à Katumba dont la responsabilité a été faussement mise sur les épaules des Congolais.); les elections ne pourront avoir lieu que durant l délais supplémentaires de six mois prévus par la Constitution provisoire.
Mais plusieurs formations politiques, qui ne participent pas à l’actuelle répartition des tâches, dont l’UDPS d’Etienne Tshisekedi et le mouvement «Psaume 23» estiment que fin juin, le pouvoir sera vacant, en envisagent de déclencher, à partir du 30 juin prochain, une «vague bleue» (sur le modèle de la révolution orange en Ukraine), afin de renverser le pouvoir actuel incarné par la formule «1+4» (un président quatre vice président).
Mais l’opinion nationale et internationale perçoit cette tentative de «révolution orange bis» comme une tergiversation d’une poignée des politiciens verrés pour ne pas aller tout droit aux élections, la seule solution à la crise, d’autant plus que même si les institutions actuelles sont renversées le 30 juin, il n’est pas viables que les renverseurs organiseraient les élections le plus tôt que possible.
A cet effet, il y a dix jours, Louis Michel a formulé une mise en garde très ferme, soulignant la «responsabilité historique» que porteraient les auteurs d’un éventuel dérapage de la transition.
Secundo, un mouvement de rébellion qui couve dépuis longtemps au Katanga a tenté de faire son irruption le weekend dernier, mais il vient d’être étouffé dans l’oeuf. Une tentative de déstabilisation a été déjouée à Lubumbashi. En effet, selon Le Soir, dans la nuit du 1er mai, plusieurs militaires de haut niveau (dont un lieutenant et un capitaine), ont été arrêtés et accusés de préparer un mouvement de rébellion qui aurait dû s’étendre de Lubumbashi jusque Likasi et Kolwezi. Dans un premier temps, ce sont des «rivalités» entre Katangais du Nord (Balubakat) et Katangais du Sud qui ont été soulignées, les «Sudistes» s’estimant insuffisamment réprésentés au sommet de l’État, puisque le Président Kabila, dont le père était originaire d’Ankoro dans le nord de la province, est révendiqué par les Balubakat.
Cet irrédentisme katangais. Célèbre depuis les années 60, amène les ressortissants de la province du cuivre à plaider pour le fédéralisme et à critiquer la mainmise de l’État central sur les ressources. L’instigateur désigné de la manoeuvre actuelle serait le richissime homme d’affaires Katangais Katebe Katoto, qui aurait manipulé des militaires de la garde présidentielle. André Thsombe, le fils de Moïse Tshombe Kapend, l’ancien leader sécessioniste du Katanga des années 60, qui était dans le complot a été également mis aux arrêts.
Comme l’histoire se répète toujours au Congo. Selon la version officielle, Laurent Désiré Kabila a été abattu par l’un de ses gardes corps, qui a tiré sur lui à bout portant. Eddy Kapend, l’aide de Camp de Laurent Désiré Kabila , un «Sudiste» comme Moïse Tshombe Kapend purge des peines de prison à vie pour avoir trempé dans l’assassiant du tombeur de Mobutu.
Tertio, ces «disputes entre Katangais» ne sont probablement que la partie visible d’un plan de déstabilisation plus ambitieux, estime Colette Braeckman, et qui viserait également la province de Kasaï, fief de l’UDPS, le parti de Tshisekedi, dont les partisans s’agitent à Kinshasa également et le Nord Kivu, dont le gouverneur de souche rwandaise Eugène Serufuli est régulièrement soupçonné de vouloir proclamer la sécession d’une province considérée par le Rwanda comme un «hinterland» économique et démographique.
Le président Joseph Kabila séjourne dépuis dimanche à Lubumbashi pour régler la situation.
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