Je trouve le livre de Ludo De Witte, intitulé, L’Assassinat de Lumumba (Éditions Karthala, 2000) toujours d’actualité dans la situation actuelle de notre pays, la République Démocratique du Congo. C’est pourquoi dans cet essai, je vais essayer de l’exploiter au profit de l’opinion nationale Congolaise en tirant des parallèles entre le parcours politique de Patrice Lumumba et celui de Laurent Désiré Kabila.
Quand Mobutu vire Kasa Vubu de ses fonctions de président de la République le 24 novembre 1965, il réussit à neurtraliser les politiciens pour cinq ans et proclame la Deuxième République. Quelques mois plus tard, le général détient tous les pouvoirs. Il dévient président de la République, chef de l’État, commandant en chef de l’armée et plus tard, également président-fondateur du MPR, parti unique, parti-état!
En 1965, les interventions étrangères ont enfin accompli ce qui, dépuis juillet 1960, a toujours été le but essentiel: la direction politique et militaire du nationalisme Congolais est détruite après la mort de Patrice Lumumba; la force de frappe militaire des différentes révoltes es t brisées; la population est atomisée et démoralisée; un régime stable «pro-occidental» contrôle le pays. La paix «néocol.oniale» règne sur le pays.
Peu après, Mobutu s’est entouré d’une clique de militaires et de bureaucrates autoritaires, liés de près à des commerçants Libanais et des spéculateurs de tous poils: c’est un cartel d’intérêts qui a formé le noyeau de la bougeoisie nationale du pays.
Cette bougeoisie qui, des décennies durant, a parasité la population Congolaise poussée au rôle de spectateur de la vie politique, fait partie intégrante du capitalisme international. En tant que sous-traitant du capitalsime international, et en tant que mandaté politique de la fameuse Troika (France, États-Unis, Belgique), cette bougeoisie n’aspire qu’à perpétrer le néocolonialisme à la «Zone Africaine aux Intérêts Réservés aux Étrangers, en abrégé, ZAIRE.
Il fallut attendre jusqu’au 17 mai 1997 pour que Laurent Désiré Kabila –qui a continué la lutte de Patrice Lumumba contre cette bougeoisie comparadore – chasse le dictateur du pouvoir, et mette en pratique la valeur réelle des convinctions de Patrice Lumumba et de son attitude politique.
Dès son accession au pouvoir, Kabila parvient à contrôler toutes les ressources du pays et toutes les revenues nationales et les met au profit des masses longtemps paupérisées.
Il lance également un mouvement de masses (le prémier de la sorte à être organisé dépuis que les masses Congolaises on arraché en 1960 leur indépendance à mains nues, sans partis politiques, ni syndicats ou autres organisations de masses digne de ce nom), un mouvement qui assimile les objectifs politiques de Patrice Lumumba et qui place haut à l’ordre du jour la libération du pays du joug néoclonial – je parle du nouveau projet de société incarné par les Comités de Pouvoirs Populaires (CPPs) et du Service National porté par de larges couches de la population qui soudain se prennent en charge.
Kabila rejette tout compromis néocolonial et met fin à la mainmise de capitaux étrangers sur les richesses nationales.
«Qui réfuse d’achèter du cobalt Congolais, qu’il lève le doigt,» martela-t-il.
Soudain les puissances impérialistes néocoloniales s’agitent (…). Kabila répresente un danger pour leurs intérêts toujours égoïstes au Congo. Elles s’organisent jusqu’à l’éliminer physiquement à travers une main africaine et Congolaise. Quelques ministres du gouvernement actuel ont encore à temoigner devant la Cour d’Ordre Militaire (COM) à cet effet, car «sans justice,» a dit Lumumba, «il n y a pas de dignité!!!»
Sa mort lui place, comme Patrice Lumumba, au panthéon des défenseurs universels de l’émancipation des peuples et devoile, comme c’était le cas avec Lumumba, la vraie nature des puissances occidentales et leur influence quasi-totale au sein de l’ONU, de l’ONU elle-même, de l’OUA, de l’ACP et de tous les pays non-alignés, de tous les courants réligieux et des ONG, bref, de toute la communauté internationale, et enfin de l’élite nationale Congolaise et de l’entourage rapprochée même de Kabila de son vivant!
En tolerant une agression barbare contre le Congo, un génocide sans justification de plus de 5 million de ses populations, l’exploitation systematique de ses richesses, ils ont tous trahi leurs principes et leurs idéaux pourtant publiquement professés. Et les Congolais ne se font plus d’illusions là-dessus.
Grâce au concours de circonstances exceptionnel qui ont mi à nu l’hypocrisie de la communauté internationale face au drame Congolais, à la résistance populaire et des FACs et à l’intervention du Zimbabwe, de la Namibie et de l’Angola dans le cadre de la SADC, on assiste aujourd’hui au dénouement graduel de la crise. Et le Président Joseph Kabila est bien sage de ne pas mettre totalement entre les mains des Nations Unies l’issue de la crise Congolaise.
La seule léçon que nous pourrions tirer de cette période tragique de l’histoire de notre pays c’est que face au force de frappe militaire de l’impérialisme occidentale, le salut du Congo réside nul part sauf dans l’unité de son peuple, dans une cohésion nationale et interne «sans fissures», comme le disait Feu Mzee Laurent Désiré Kabila, et dans l’organisation systematique des masses et la formation des comités pour la défense de la Révolution du 17 Mai sur tous les plans, y compris dans le cadre des Forces d’Auto-défense Populaires -les FAPs (je pense ici aux vaillants combattants Maï- Maï, je dis bien Maï- Maï, et non Mai-Mai ou Maimai). Tout cela n’est pas impossible!
D’ailleurs Lumumba l’a prédit dans son testament politique, et cette prophétie s’est accomplie sous Kabila et s’accomplira encore sous Joseph Kabila: «Je sais et je sens du fond de moi même que tôt ou tard, mom peuple se débarassera de tous ses ennemis intérieurs et extérieurs, qu’il se levera comme un seul homme pour dire NON au colonialisme dégradant et honteux, et pour reprendre sa dignité sous un soleil pur,»a-t-il écrit dans sa lettre d’adieux à sa quatrième femmePauline Opango.
Ceci dit, l’oeuvre politique de Kabila - le seul qui n’a pas trahi le Congo après Lumumba - continue car son héritage politique, comme celui de Lumumba,va toujours dominer la conscience nationale Congolaise et par conséquent la scène politique Congolaise.
Grâce à Kabila, les masses ont ouvert les yeux, elles ont compri qu’ il faut résister jusqu’à la dernière goutte de sang contre le rétour de l’ordre néocolonial au Congo à travers les carrottes du FMI et de la Banque Mondiale et des agressions bien orchestrées.
Le peuple Congolais n’aspire qu’à la réunification totale de leur pays, à une courte période de transition qui sera suivie des élections générales libres et transparentes, pour enfin rélancer la reconstruction nationale et rattraper ses droits fondamentaux longtemps baffoués!
Je suis convaincu que les agresseurs du grand Congo Démocratique et leurs commenditaires de l’ombre (les superpuissances, les mutinationales et les banques internationales, les cercles mafffieux et terroristes) avec la complicité de leurs laquins Congolais ne vont jamais réussir à nous diviser et à nous balkaniser par la seule force des armes, comme l’a juré Feu Mzee Laurent Désiré Kabila, et que le nationalisme Congolais vaincra. Nous ne deviendrons jamais une République Bananière. J’y crois fermément de tout mon coeur.
Quant aux soit-disant rébèlles traîtres (que leurs créanciers d’outre-mer s’en aillent aux enfers!), et bien dans un État de droits, ils devraient nécessairement s’attendre au guillotine pour leur aventure ambiguë, criminelle et meutrière, comme ça se fait partout au monde, en lieu et place d’un prime de guerre leur offert sur un plat d’or – le pouvoir.