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Construisons! Ne réhabilitons pas seulement!
Mzee Kabila disait: «En comptant sur votre intelligence, vous transformerez sur place les richesses sur lesquelles nous sommes assis dépuis des années. Vous serez une nation dans le concert des autres.»
Par A.R. Lokongo
18.08.2004
Dans son édition du 17.08.2004, le quotidien Kinois L’Avenir, dans un article signé Dan Didier Mbongo, appelle non seulement à la réhabilitation et reconstruction du pays ET DE L’HOMME CONGOLAIS, mais aussi et surtout à la construction.
Notre confrère Mbongo estime que Kinshasa est en train de revêtir sa belle robe d’antan à la satisfaction des autorités de la République. Nous ne devons pas permettre que cet élan soit cassé par ceux qui ne veulent pas voir le Congo réussir, référence aux événements qui sécouent l’est de notre pays après une agression meurtrière, après une guerre de rapines.
«Partout les Congolais assistent à des travaux de réhabilitation des voiries qui de fois, rendent la circulation difficile. Ce, parce que ces voies sont les seules qui existent.
A ce jour, alors qu’elles sont impraticables, toute circulation devient impossible. Les Congolais passent des heures pour arriver au lieu de travail ou encore à un rendez-vous important. Heureusement, on remarque une courtoisie routière qui amoindrit les tracasseries habituelles,» écrit Didier Mbongo.
Mais notre confrère évoque des répères historiques, rappellant que les congolais ne doivent pas oubliee le fait que ces voies réhabilitées sont celles qui ont été critiquées par les politiques congolais les taxant de favoriser une économie extravertie.
«En effet, la colonie belge a tout créé pour l’intérêt de la métropole : les politiciens, les routes, les matières premières à exploiter… Tout a été pour le bénéfice de la métropole. Ces critiques ont été formulées tout au long de la deuxième République. Mais pendant que les Congolais critiquent la Belgique, l’on se rend compte qu’ils ne possèdent pas encore une politique d’urbanisation de leurs villes, une vision de ce qu’ils veulent de leur pays. Plus de quarante années après, l’Occident vient encore réhabiliter ces mêmes voies et les Congolais assistent impuissants sans un seul programme. Ceux qui ne veulent pas de l’avenir somptueux du Congo ne cessent de le distraire par des incursions et autres guerres fratricides ou imposées. »
Et notre confrère de conclure : «En fait, les autorités congolaises ne doivent pas seulement réhabiliter. Il faut construire le pays. C’est ce que le congolais attend. En réhabilitant seulement, on risque de remettre en scelle cette économie d’exportation des matières premières, extravertie et pour les intérêts de l’Occident.
Il faut aller au-delà de la réhabilitation, créer d’autres voies, désengorger la ville de Kinshasa, créer d’autres centres d’activités et d’intérêt pour désenclaver les cités. Sinon, on confirmerait les propos des ceux qui pensent que le blanc doit encore revenir pour bâtir un pays toujours plus beau et toujours plus prospère. Alors ne réhabilitez pas seulement mais construisez! Et cela est de la compétence du gouvernement.»
Bravo confrère Didier Mbongo! Tu n’es pas loin de l’esprit et de la lettre des Comités de Pouvoirs Populaires (CPP), le projet de société de Mzee Laurent Désiré Kabila. En effet, dans son discours au Congrès des CPP, le 21.01. 1999 au Palais du Peuple à Kinshasa, le Mzee a déclaré:
«Nous importons presque le tout: du papier, des crayons, des bics…, bref, des choses qu’on peut produire ici. Il nous faut créer une ine industrie puissante pour nous faire respecter. Ils nous faut plus de pétites industries de transformation. Nous devons créer une nouvelle économie pour notre pays. C’est l’objet de l’État populaire.
Moi, je voudrais voir des autoroutes, des ports et des aeroports, de nouvelles villes, écoles, hopitaux qui se construisent où elles n’existaient pas grace à l’electrification de tout le pays; des usines qui fabriquent des souliers. Je voudrais voir ici de grandes usines de textile. Nous importons le coton, parce que nous n’en cultivons pas. Devons-nous importer tout? Non, je crois que le moment est venu pour construire une économie nationale florissante. Les véhicules, nous devons les fabriquer nous-mêmes. Les pièces de réchanges des véhicules importés, nous devons les fabriquer. Où est notre industrie lourde? Vous voulez avoir des chars de combats, des blindés? Mais nous pouvons les contruire nous-mêmes. Les facilités existent dans certaines usines. La chose la plus importante, c’est d’avoir une direction politique juste, celle du peuple, uni, coherant,structuré, conscient, discipliné et organisé dans les CPP. Nous sommes très fier que notre peuple puisse se prendre en charge réellement. Il faut que tout le peuple s’implique dans l’exercise du pouvoir, qu’il puisse le détenir et s’en servir pour ses propres intérêts. Parce que le pouvoir d’État, le pouvoir politique, c’est l’instrument capitale qui determine le destin des peuples. Quand nous avions pri le pouvoir, c’était pour faire cela. Sinon, que deviendra le Congo?
Beaucoup de pays qui nous exploitent, ont peur du peuple Congolais. Ils savent qu’unis, nous allons produire des miracles. En comptant sur votre intelligence, vous transformerez sur place les richesses sur lesquelles nous sommes assis dépuis des années. Vous serez une nation dans le concert des autres.»
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