The Congo Panorama ~ Le Panorama Congolais
The Congo Panorama ~ Le Panorama Congolais

 
Face à face avec Ban Ki-moon, Sécrétaire Général de l'ONU - Nous lui posons une question sur la MONUC
 
Face à face avec le boucher de Kigali - Antoine Roger Lokongo rencontre Paul Kagame
 
Les Echos de Kinshasa:
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Si vous ne connaissez pas vraiment Joseph Kabila, l’homme et sa vision lisez le message suivant:
 
Le FRONACORDE - NKOLO MBOKA: un nouveau mouvement des masses pour le Congo.

Adherez-y massivement!

Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs: Lettre ouverte à tous mes compatriotes Congolais.

 
Le Président Joseph Kabila se prononce sur toutes les questions de l'heure. Neamoins, il est estimé que l'époque des dons présidentiels toujours détournés doit être révolue:
 
La privatisation du Congo s'accèlere:

Les princes du mobutisme et l’avenir de notre pays, commentaire critique de Kâ Mana

Kengo wa Dondo doit répondre aux crimes suivants:
 
L'implantation militaire des puissances occidentales sur le continent africain pour controler les matières prémières, une réalité évidente!

De la Françafrique à la Mafiafrique: François-Xavier Verschave. Entretien avec Enrico Porsia.

 
George Forrest répond à Global Witness:
 
Les Deux "Non" de Mzee Kabila:

Evaluation du projet de Constitution

 
Bilan de la transition ~ Transition assessment
 
Nationalisme, Culture & Society.

Ainsi Parla Patrice Lumumba:

Le combat révolutionaire de Pierre Mulele

Video Choc: Assassinat barbare, sauvage et terroriste de Patrice Lumumba!

VIDEO SHOCK: Watch Patrice Lumumba's savage and terrorist assassination here!

VIDEO SHOCK: La terreur du Roi Léopold II - King Leopold's terror in Congo. Watch it here!

Hommage à un veritable révolutionaire Lumumbiste: Léopold Amisi Soumialot parle de son défunt père, Gaston Soumialot.

Video: Ecoutez la voix de Gaston Soumialot ici.

Video: Le film réalisé par Jihal El Tahri et intitulé "L'Afrique en Morceaux: La tragédie des pays de la Région des Grands Lacs" desormais discrédité.

Regardez-le ici!

Video: Mobutu ou les 32 ans de démagogie, de kléptocratie, de terreur et de prédation! Film réalisé par Thierry Michel

Regardez-le ici! Mais attention! Ce film contient des mensonges, surtout à propos de Lumumba!

 
Congo at the ICJ ~ Verdict de la CPI
 
Horribles Photos du genocide au Congo: sickening photos of the genocide of the Congolese people committed by Rwandans, Ugandans and Burundians, backed by Western superpowers and multinationals.
 
Links/Liens
 
 

Si vous ne connaissez pas vraiment Joseph Kabila, l’homme et sa vision lisez le message suivant:

JOSEPH KABILA MARCHE BEL ET BIEN SUR LES PAS DE PATRICE LUMUMBA, DE PIERRE MULELE ET DE LAURENT DESIRE KABILA

Discours du Chef de l’Etat à l’occasion de la sortie officielle de l’Alliance Pour la Majorité Présidentielle (AMP)

Mesdames, Messieurs,

Les présidents des partis ou regroupement politiques,

Les personalités de l’AMP,

Monsieur le Sécrétaire Général du PALU,

Honorables députés nationaux,

Distingués invités;

Aujourd’hui est un grand jour parce que le train de la démocratisation des institutions de notre pays est en marche.

C’est pour nous à la fois une fierté legitime de le dire tout haut et une satisfaction morale d’avoir accompli une promesse (applaudissements!);

Car c’est fut notre grande promesse de conduire la République et son peuple aux élections libres, transparentes et démocratiques (applaudissements!).

Après plus de 40 ans d’absence d’une réprsentation nationale, réellement démocratique, la prouesse de nos élus meritent nos félicitations (applaudissements).

Mesdames, Messieurs,

Distingués invités;

Il y a près d’un demi siècle, notre pays accedait à la souverainété nationale dans la joie et l’exaltation de notre peuple qui voyait pointé à l’horizon un avenir radieux et plein de succès. Le peuple avait en effet choisi de porter au pouvoir le cartel des nationalistes patriotes; mais sa joie fut de courte durée, car au lendemain de l’indépendance, les responsables nationalistes furent renversés au profit d’une minorité politique des cadres Congolais qui ont gouverné le pays sans partage plus de quatre decennies durant avec les conséquences que nous connaissons tous.

C’est ici le lieu de rendre hommage à ceux des nationalistes qui ne se sont jamais accomodés à cette situation et qui, dépuis septembre 1960, n’ont cessé de dénoncer l’usurpation et ont mi tout en oeuvre pour rétablir la légalité, la justice et l’équité.

Parmis les nombreux compatriotes qui ont consacré leurs vies au combat démocratique ou à la lutte révolutionaire contre l’oppression, nous citerons notamment le Patriarche Antoine Gizenga (applaudissements!), le Camarade Pierre Mulele et Mzee Laurent Désiré Kabila (applaudissemnts!).

La lutte de ce dernier a finalement abouti en 1997 avec l’avenement de la Révolution du 17 Mai dont l’objectif déclaré était de restituer le pouvoir au peuple pour que celui-ci puisse, enfin, decider librement de ces futurs dirigeants.

Ceux qui avaient pri l’habitude de decider à la place de notre peuple ont cru pouvoir arrêter le projet de Mzee Laurent Désiré Kabila en l’eliminant physiquement! Reprenons le flambeau!

Jai fait de la restitution du pouvoir au peuple, l’axe central de mon action (applaudissemnts!); le development du pays et l’épanouissement de sa population, la finalité de mon engagement politique (applaudissemnts!). La tache n’a pas été facile et le combat a même été rude!

C’est dans la promesse faite solennelement le 26 janvier 2001 au peuple Congolais de le conduire aux élections générales, libres, démocratiques et transparentes, que nous avons puisé le courage et la force de resister à toutes les pressions et à toutes les manoeuvres tendant à perpetuer le regime des arrangements politiques, loin du peuple, et contre les intérêts de ce dernier.

Mesdames, Messieurs,

Honorables députés;

Les resulats des élections du 30 juillet 2006 ont montré que le peuple Congolais a la confiance dans la Révolution du 17 Mai, dans les idées qu’elle prone et dans les hommes qui lapilotent.

Le 30 juillet 2006, les Congolais ont également rendu hommage à la lutte héroique et exemplaire du Patriarche Antoine Gizenga que nombre d’observateurs, et mêmes d’analystes politiques avaient vite rangé dans les musées de l’histoire de la République Démocratique du Congo (applaudissements!).

Les nationalistes d’hier et les révolutionaires d’aujourd’hui se devaient donc de saisir le message que leur transmettait le peuple, ce peuple qui, lui avait saisi le lien de continuité qui existe entre la pensée lumumbiste et les préoccupations de la Révolution du 17 Mai.

C’est ainsi que l’AMP et le PALU ont été poussé par l’histoire et la volonté populaire à saisir cette occasion historique, pour répondre positivement aux souhaits du peuple en conjuguant leurs efforts en vur de re mettre le pays sur les rails (applaudissemnts).

Voila pourquoi l’AMP et le PALU ont décidé de former ensemble une colaition politique qui aura trois objectifs, à savoir: l’élection du candidat Joseph Kabila au 2eme tour de l’élection présidentielle (applaudiseements!); réunir la majorité des députés au sein del’Assemblée nationale et des sénateurs au sein du sénat; et de former un gouvernment de coalition (applaudissements!).

Mesdames, Messieurs,

Honorables députés;

Pour bien gouverner la République Démocratique du Congo, de demain, l’AMP et le PALU sont conscients qu’ils devront faire preuve d’ouverture au monde tout en privilègiant les intérêts du peuple Congolais (applaudissements!).

A l’intérieur du pays, la coalition politique AMP-PALU est ouverte à toutes les personnes de bonne volonté qui souhaitent réellement travailler pour l’avènement d’un Congo fort, prospère et démocratique.

Et l’accueil en son sein d’autres forces progressistes qui partagent les valeurs républicaines de l’unité nationale, de la souverainété du peuple, de la jutsice distributive, de la reconciliation nationale et de la lutte contre la corruption et les anti-valeurs (applaudissements!).

C’est dans ce cadre que s’inscrit l’association en cours de finalisation entre l’AMP et l’UDEMO (applaudissemnts) et entre l’AMP et d’autres organisations politiques (applaudissements!).

Je ne peux terminer mon propos sans remercier le peuple Congolais tout entierpour sa conduite patriotique pendant les epreuves que la nation a traversé pendant sa longue marche vers la liberté et la dignité.

En effet, c’est parce que le peuple a tourné le dos aux vendeurs d’illusions et aux prophètes de malheurs (applaudissements!) que [l’unité nationale] a été preservée (applaudissemnts!).

Enfin, c’est aussi pour moi le lieu de remercier egalement les membres de la coalition politique ainsi que les personalités qui ont décidé de ceder leur destin politique au notre en vue de défendre la république et les intérêts du peuple au second tour de l’élection présidentielle.

Que Dieu benisse lla République Démocratique du Congo.

Dans une interview à Jeune Afrique : Voici les vérités crues de Joseph Kabila !

Kinshasa, 27/06/2007 / Politique

Cité de l’Union africaine, quartier du mont Ngaliema, Kinshasa, mardi l2 juin en début de matinée. Joseph Kabila, 36 ans, reçoit jeune Afrique pour sa première grande interview depuis le début de l’année. La veille encore, il portait au menton la barbe naissante des jeunes sages, qu’il lui arrive de laisser pousser. Mais c’est rasé de près, en costume taillé sur mesure ; qu’apparaît le Président congolais. Lisse, net, presque impénétrable. Sur son bureau, qui fut celui de son père assassiné en 2001, un ordinateur, un dictionnaire anglais-français, des dossiers aux couleurs de la République, un livre d’art sur la Turquie et, derrière, posée sur une étagère, une photo de lui-même avec Jacques Chirac sur le perron de l’Elysée. Fauteuils de cuir moutarde, tapis orientaux. L’ensemble est clair, impersonnel, un rien kitsch.

A l’écouter parler de sa voix à la fois adolescente et métallique, dans un français impeccable - que de progrès en ce domaine depuis six ans ! -, on se demande comment le fils du très autoritaire et tonitruant Laurent ¬Désiré Kabila peut porter sur ses épaules le poids d’un pays continent aussi peuplé que la France. Elu en octobre 2006 avec 58 % des voix, cet homme secret, introverti et énigmatique recèle en vérité une grande habileté politique, une évidente force de caractère, un vrai courage physique, et cette sorte d’aura ambiguë que projettent autour d’elles les personnalités indéchiffrables aux réactions imprévisibles.

De son père omnipotent et écrasant, Joseph Kabila a hérité une tendance à se méfier de ses congénères - il n’a, parmi ses pairs chefs d’Etat, aucun véritable ami, mais aussi un sens exacerbé du patriotisme et de la puissance potentielle du Congo. L’apprenti maladroit et mutique des premières années, que l’on disait manipulé par le « clan des Katangais » et que les présidents recevaient avec condescendance et paternalisme, a cédé la place à un homme sûr de lui, à l’humour acide et dont la réserve naturelle ne passe plus, désormais pour de la timidité.

Chez lui, il le sait, la situation reste mouvante. Du Bas-Congo aux deux Kivus, les tensions sont toujours vives. Alors que le riche Katanga rêve d’autonomie les yeux rivés sur l’Afrique australe, Kinshasa, mégapole polluée, vibrante et anarchique de sept millions d’habitants, peine à se relever. Partout, les fruits de la paix et de la démocratie se font attendre pour une population exsangue, prompte à fustiger les lenteurs et les lourdeurs d’un gouvernement obèse. Quant à l’état de grâce, Il est mort les 22 et 23 mars dernier, lorsque la Garde républicaine a taillé en pièces les miliciens du sénateur Jean-Pierre Bemba, en plein cœur de la capitale. En quasi-exil au Portugal depuis deux mois et demi, celui qui fut le principal adversaire de Joseph Kabila à la présidentielle de 2006, recueillant 42 % des voix au second tour, ne semble pas près de rentrer à Kinshasa, tant son éloignement arrange tout le monde - y compris ses propres lieutenants et le président du Sénat, l’ex-¬dinosaure mobutiste Kengo wa Dondo.

De tout cela et de bien d’autres choses, Kabila parle ici sans détour, caries sur table. A l’issue de notre entretien, dans une grande salle voisine, face à soixante ministres et vice-ministres, sagement assis avec, à sa droite, Antoine Gizenga, 82 ans, Premier ministre aux allures de patriarche, le Chef de l’Etat congolais a présidé le Conseil de gouvernement. Lorsque, après avoir scanné la salle de ses yeux perçants, il a pris la parole d’une voix douce pour nous demander de bien vouloir respecter le huis clos des débats, on aurait pu entendre les mouches voler. Qui a dit que Joseph, fils de Mzee, n’avait pas de charisme ?

JEUNE AFRIQUE : Au lendemain de votre élection, il y a huit mois, vous avez défini cinq chantiers prioritaires. Cinq défis que vous avez promis de relever pendant votre mandat: les infrastructures, la santé, l’éducation, l’habitat, l’eau et l’électricité. D’ici à 2011, en si peu de temps, la tâche paraît gigantesque. Vous n’avez pas vu trop grand?

JOSEPH KABILA: Le mandat de cinq ans, ce n’est pas moi qui en a défini la durée, c’est la Constitution. Mais n’ayez crainte : en 2011, chacun de ces cinq chantiers aura considérablement évolué. Il y faut, certes, des moyens, bien au-delà des 180 millions de dollars octroyés par la Banque mondiale ou des malheureux 25 millions du FMI. Le gouvernement et moi, nous nous battons pour cela. C’est l’étape actuelle.

JEUNE AFRIQUE: Il y faut aussi des conditions. La bonne gouvernance en est une. Dans vos discours, vous ne cessez de fustiger ce que vous appelez « les anti-valeurs » corruption, gabegie, détournements, etc. Fort bien. Sauf que ce terme « d’antivaleurs » a été forgé par un certain Mobutu Sese Seko, qui prétendait lutter contre, avec les résultats que l’on connaît. Quelles garanties ont les Congolais que l’Histoire ne se répétera pas?

JOSEPH KABILA: Mobutu pouvait effectivement faire ce genre de promesses sans que cela soit suivi d’effets. Mais le gouvernement d’aujourd’hui n’est pas celui de Mobutu. Il est issu d’élections démocratiques qui se renouvelleront à l’avenir et il a donc tout intérêt à tenir ses obligations de résultats. Deux exemples la réforme en cours de la justice et la Commission de révision des contrats miniers. Et puis, c’est une affaire de conviction. La bonne gouvernance est une exigence des Congolais, je me dois d’y répondre.

JEUNE AFRIQUE: Les Congolais semblent déçus tout de même par les lenteurs du gouvernement. L’état de grâce est terminé, et le désenchantement pointe. En avez-vous conscience ?

JOSEPH KABILA: Nul n’est plus pressé dans ce pays que le Président de la République. Nul n’est plus impatient que moi de voir des résultats. Mais le Congo est un géant endormi depuis quarante ans et qui commence tout juste à se réveiller. Ce n’est pas une mince affaire, en tout cas pas une affaire de huit mois. Nous sortons de plusieurs années de guerre, ne l’oubliez pas. Cela dit, je comprends la frustration des gens, elle est légitime. Mais qu’on nous laisse travailler un peu avant de juger ce gouvernement. En septembre prochain, il sera possible de tirer un premier bilan.

JEUNE AFRIQUE: Votre premier ministre Antoine Gizenga est une personnalité éminemment respectable. Un monument historique, dit-on. Mais il a 82 ans et derrière lui une vie éprouvante. Son âge n’est-il pas un handicap?

JOSEPH KABILA: Je ne le pense pas et je me garderai bien d’émettre sur son action un jugement prématuré. Je vois plutôt qu’il travaille et que son gouvernement travaille. Pour le reste, je vous l’ai dit, attendons septembre.

JEUNE AFRIQUE : Jean-Pierre Bemba, votre principal adversaire politique, qui a recueilli 42 % des voix lors de l’élection présidentielle, vit depuis plus de deux mois au Portugal dans une sorte d’exil qui ne dit pas son nom. N’est-ce pas là un raté de taille dans le fonctionnement de la toute jeune démocratie congolaise?

JOSEPH KABILA: Ecoutez. Ségolène Royal a obtenu 47 % à la présidentielle française. Est-¬elle partie se cacher ou se soigner en Nouvelle Zélande ? Non. Elle est restée à Paris pour se battre sur le terrain politique. Le dysfonctionnement est ailleurs. Si M. Bemba est parti, c’est que le terrain sur lequel il a voulu jouer le troisième tour des élections - et sur lequel il a perdu - n’avait rien de politique. Les événements des 22 et 23 mars dernier ont été très graves. Il est indispensable d’en identifier les responsables et de les traduire en justice, sinon on risque de ne jamais en finir avec l’impunité dans ce pays. Ce que je dis là est également valable pour les événements du Bas-Congo, fin janvier, et pour ceux de l’Ituri. Le sénateur Bemba est, certes, parti de Kinshasa le 11 avril avec l’autorisation du président du Sénat. Mais la justice congolaise, elle, réclame son dû. Le procureur général de la République a ouvert une enquête et demandé la levée de l’immunité de M. Bemba. Laissons donc la justice faire son travail.

JEUNE AFRIQUE : Quelle est votre analyse des événements de mars ? Certains, dans votre entourage, assurent que Jean-Pierre Bemba voulait s’emparer du pouvoir par la force - ce que ce dernier dément formellement. D’autres avancent la thèse de la panique: Bemba refusait de désarmer sa garde parce qu’il craignait pour sa sécurité...

JOSEPH KABILA: Il y a un peu de tout cela. De l’affolement sans doute, mais aussi une volonté de porter atteinte aux institutions élues de ce pays. Le résultat, vous le connaissez. Vingt-quatre heures de combat à Kinshasa et beaucoup de vies fauchées.

JEUNE AFRIQUE: Combien ? Un ambassadeur européen a parlé de deux cents à six cents morts.

JOSEPH KABILA: C’est exagéré. Plus d’une centaine, sans doute, dont les militaires et les policiers. Mais une centaine de trop.

JEUNE AFRIQUE : Avez-vous reçu l’aide de troupes angolaises?

JOSEPH KABILA: Non, absolument pas.

JEUNE AFRIQUE: Pourtant, cela se dit et se publie, toujours.

JOSEPH KABILA : Vous savez, la rumeur, ici, c’est comme une maladie grave. Elle emporte toujours ceux qui la propagent.

JEUNE AFRIQUE: La communauté internationale vous a accusé d’avoir fait à cette occasion un usage disproportionné de la force. Que répondez-vous ?

JOSEPH KABILA : Lorsque l’armée libanaise utilise ses chars lourds et ses hélicoptères de combat pour venir à bout de deux à trois cents miliciens islamistes terrés dans un camp de réfugiés, tout le monde trouve cela normal. A Kinshasa, nous avions six cents rebelles en face de nous. Aucun hélicoptère n’est entré en action et très peu de blindés. J’ai privilégié l’usage de l’infanterie sur celui des chars, afin de réduire le nombre des victimes. A cause de cela, nous avons perdu plus de quarante hommes. Soyons sérieux l’usage de la force a été tout a fait proportionnel à la menace, voire en deçà. JEUNE AFRIQUE: Souhaitez-vous que la procédure ouverte contre le sénateur Bemba aille à son terme ?

Joseph Kabila : Je crois que c’est le souhait de tout le monde. En tant que garant de la Constitution, je dois faire en sorte que ces événements ne se reproduisent pas. Il est donc nécessaire que la justice fasse son travail.

Jeune Afrique : Quel était, selon vous, l’objectif de Jean-Pierre Bemba?

Joseph Kabila : Je vous l’ai dit. La prise du pouvoir.

Jeune Afrique : Et que comptait-il faire de vous dans cette hypothèse ?

Joseph Kabila : M’éliminer physiquement.

Jeune Afrique : En êtes-vous sûr?

Joseph Kabila : Il le disait ouvertement à tout le monde, en plein Kinshasa : « ce sera moi ou lui », « aujourd’hui, on va le tuer ». Quand on regarde bien le plan de progression de ses troupes les 22 et 23 mars, est clair que son but était de prendre d’assaut ma résidence. Que voulez-vous de plus?

Jeune Afrique : Vos proches ont ouvertement critiqué le comportement des Casques bleus de la Monuc lors de ces événements. Partagez-vous ces accusations de passivité ?

Joseph Kabila : J’avoue que je me pose certaines questions. La Monuc n’a pas de rôle pro actif, et c’est là tout le problème. Les Casques bleus étaient présents tout autour du QG de Bemba quand les miliciens drogués en sont sortis pour s’attaquer à la police et à l’armée. Ils sont restés l’arme au pied sans intervenir. Il y a de quoi s’interroger.

Jeune Afrique : Une réconciliation est-elle encore possible entre vous et M. Bemba ?

Joseph Kabila : En tant que Chef de l’Etat, je n’en fais pas une affaire personnelle. Mais il faut que la justice passe.

Jeune Afrique : Et s’il se décidait finalement à accepter les conditions sécuritaires prévues par les accords de novembre 2006 pour les anciens vice-présidents, c’est-à-dire douze gardes du corps, et pas un de plus, pourriez-vous passer l’éponge?

Joseph Kabila : Il faudra y réfléchir à deux fois. Après ce qui s’est passé, tout est à revoir. Je vous le rappelle : il y a eu des morts, beaucoup de morts. Et le temps de l’impunité est révolu.

Jeune Afrique : De très violents affrontements ont opposé il y a cinq mois votre armée aux membres du mouvement Bundu dia Kongo, dans la province du Bas-Congo, faisant plus de trois cents morts. Saura-t¬-on un jour qui est responsable?

Joseph Kabila : J’y compte bien. Une commission d’enquête s’est rendue sur le terrain à la demande du procureur général. Nous attendons également la levée de l’immunité parlementaire d’un député directement impliqué dans ces incidents. L’Assemblée nationale vient d’examiner ce dossier. J’attends son rapport, car j’aimerais bien, moi aussi, savoir exactement ce qui s’est passé.

Jeune Afrique : N’y a-t-il pas eu une occasion manquée au lendemain de votre élection ? Pourquoi n’avez-vous pas profité de votre victoire pour tendre la main à Jean-Pierre Bemba et l’inclure dans une formule d’union, une sorte de partage du pouvoir?

Joseph Kabila : N’eut été au contraire une erreur historique. Les élections démocratiques de 2006 ont été une vraie révolution, et il était hors de question de donner aux Congolais l’impression que rien n’avait changé. Qu’est-ce qui a plombé le pays pendant des décennies, si ce n’est précisément cette conception du pouvoir comme un gâteau à partager ? Pour les politiciens de cette époque, l’Etat et la nation étaient de simples slogans, seul comptait leur intérêt propre: « Je suis ministre ou PDG, j’ignore de quoi demain sera fait, il faut donc que j’accumule tout de suite ». Une culture de la prédation qui a donné les résultats que l’on connaît. Je suis un homme de consensus, je ne suis donc pas, dans le fond, hostile à l’ouverture. Mais à condition que ceux qui entrent au gouvernement ne cherchent pas à le saboter. Et puis, la question se pose-t-elle vraiment ? Je crois me souvenir que Jean-Pierre Bemba s’est prononcé contre un gouvernement d’union nationale et que son parti a adopté la même position à l’égard du Premier ministre Gizenga. Aurais-je dû les supplier de nous rejoindre? Vous me connaissez mal...

Jeune Afrique : Depuis, l’opposition semble avoir pris la tête du Sénat. Avez-vous été surpris par l’élection de Kengo wa Dondo à la présidence de la Chambre haute du Parlement ?

Joseph Kabila : En politique, il faut s’attendre à tout. Je suis un démocrate, je l’ai prouvé, j’ai donc accepté ce résultat sans état d’âme.

Jeune Afrique : D’autant plus que Kengo a été élu avec des voix issues de votre propre majorité...

Joseph Kabila : Oh, vous savez, j’ai moi aussi été élu avec des voix issues de l’opposition!

Jeune Afrique : Derrière Kengo wa Dondo, les anciens mobutistes ont fait un retour en force au Sénat. Mokolowa Mpombo, Mario Cardoso, Bemba Saolona, Lunda Bululu... Tous y occupent des postes importants. Ce n’est pas évident de devoir cohabiter avec les collaborateurs de celui que votre père a combattu pendant quarante ans...

Joseph Kabila : Notre combat était dirigé contre un régime et un système, le mobutisme. Aujourd’hui, le mobutisme a disparu. Tous ceux qui ont travaillé avec Mobutu sont désormais des citoyens comme les autres, avec les mêmes devoirs et les mêmes droits, dont celui de faire partie de l’élite politique de ce pays. Ceux dont vous parlez ont été élus. C’est cela aussi la démocratie. Je ne pense pas qu’ils ont pour objectif de restaurer les habitudes et les errements du passé. Si tel était le cas, nous leur barrerions la route.

Jeune Afrique : Pourriez-vous travailler avec Kengo?

Joseph Kabila : Quand on est parvenu à travailler difficilement, j’en conviens - avec quatre vice¬-présidents, dont deux anciens rebelles, et à organiser les premières élections générales libres dans l’histoire du Congo, je crois que l’on peut travailler avec tout le monde. Moi, en tout cas, je travaille avec tout le monde, sauf avec le diable. Et Kengo n’est pas le diable.

Jeune Afrique : En septembre prochain, ce sera le dixième anniversaire de la mort de Mobutu au Maroc. Pourquoi ses cendres n’ont-elles toujours pas été rapatriées chez lui, à Gbadolite ?

Joseph Kabila : Dès 2001, j’ai envoyé à Rabat une délégation s’entretenir de cette question avec la famille du défunt maréchal. Mon souhait était et demeure que la dépouille soit ramenée au Congo pour y être inhumée. Qu’est-ce qui bloque? Je crois que vous devriez poser la question à son fils, le ministre d’Etat Nzanga Mobutu. Peut-être y a-t-il des divergences à ce sujet au sein même de la famille. En ce qui me concerne, en tout cas, je ne vois aucun obstacle à ce qu’un ancien Chef de l’Etat soit enterré dans son pays de la façon la plus officielle qui soit.

Jeune Afrique : L’Etat congolais compte-t-il s’opposer à la récupération par la famille Mobutu de quelque 6 à 7 millions de dollars bloqués dans des banques suisses et qui pourraient être dégelés en 2008 ?

Joseph Kabila : Six millions seulement? Je crois me souvenir qu’à une certaine époque, il y en avait beaucoup, beaucoup plus. A un moment, l’Etat congolais avait entamé des démarches pour recouvrer cet argent. Ces démarches n’ont pas, depuis, été poursuivies, d’où la perspective que vous évoquez. Pour l’instant, je n’ai pas ce dossier en main. Je verrai.

Jeune Afrique : Comptez-vous rouvrir un jour le procès des assassins présumés de votre père, qui ont été jugés et condamnés à de très lourdes peines? Ou persistez-vous à dire qu’il n’y aura ni pardon ni révision?

Joseph Kabila : Le terme d’assassins présumés n’est pas correct puisque, comme vous le dites vous-même, ils ont été jugés et reconnus coupables. Dès lors, je ne vois pas pourquoi nous devrions rouvrir ce procès. C’est clair.

Jeune Afrique : De nombreux Congolais préfèrent toujours vivre en exil...

Joseph Kabila : Je m’insurge contre ceux qui fuient leur pays en invoquant de prétendus prétextes de sécurité, alors qu’ils le font pour des motifs purement alimentaires. Les anciens dignitaires mobutistes sont pour la plupart revenus en toute liberté. Beaucoup ont recouvré leurs biens en justice ou tentent de le faire.

Jeune Afrique : Quand l’armée congolaise sera-t-elle en mesure d’assurer la sécurité intérieure et extérieure du pays?

Joseph Kabila : Chaque jour, cette armée monte un peu plus en puissance. Je me suis donné deux ans pour former des unités combattantes capables de défendre notre intégrité nationale. C’est un processus qui s’achèvera avec l’intégration de toutes les forces armées congolaises présentes sur notre sol. Y compris la Garde républicaine, dont deux bataillons ont déjà été intégrés.

Jeune Afrique : Vous avez critiqué le rôle de la Monuc lors des événements de mars. Ce contingent, fort de 17.000 hommes, doit-il rester et, si oui, jusqu’à quand?

Joseph Kabila : La Monuc joue un rôle essentiel. Mais elle doit être beaucoup plus efficace. Quand on voit ce qui se passe à l’est du pays, où sont concentrées 80% de ses forces, on se pose mille et une questions. Si la Monuc ne devient pas plus active, si elle n’obtient pas de meilleurs résultats sur le terrain, si le Conseil de sécurité ne lui donne pas des instructions en ce sens, sa présence même n’aura plus peu à peu sa raison d’être. Déjà, les populations de l’Est se demandent parfois à quoi elle sert.

Jeune Afrique : Le général Laurent Nkunda et ses sept mille miliciens du Nord-Kivu font-ils, à vos yeux, partie des « forces négatives » à éradiquer, ou espérez¬-vous encore le ramener au bercail?

Joseph Kabila : Ecoutez. Le statut de M. Nkunda est clair. Il a été nommé général de brigade par le gouvernement en 2003, avec une affectation précise: le commandement de la 8ème région militaire du Nord-Kivu. Lui et d’autres officiers ont refusé de prêter serment et de regagner leurs bases, entrant ainsi en dissidence. En 2004, après avoir rassemblé des centaines de jeunes gens armés, il a fait mouvement vers le Sud-Kivu et s’est emparé par la force de la ville de Bukavu. Et cela au vu et au su de la Monuc et de la communauté internationale, qui voudraient aujourd’hui nous voir négocier avec ce monsieur. Trois jours plus tard, nous avons repris Bukavu. Nkunda et sa bande se sont alors repliés au Nord¬Kivu. Un mandat d’arrêt a été délivré contre lui par la justice militaire. Fin 2006, il a de nouveau puisé des effectifs au sein de deux brigades non encore intégrées afin d’attaquer la localité de Goma, objectif que nous l’avons empêché d’atteindre. J’ai néanmoins proposé, au début de cette année, que le processus d’intégration des hommes de Nkunda au sein de l’armée nationale se poursuive, en commençant par l’étape de l’identification. Nous en sommes là. Mais je dois dire que M. Nkunda n’est pas un cas unique- Il y a, au Nord-Kivu, un certain nombre de criminels de guerre recherchés par la justice nationale et internationale, qui ont fait de cette région leur bastion.

Jeune Afrique : Il y a aussi, dans l’Est, quelques milliers d’irrédentistes hutus rwandais opposés au régime de Kigali, ex-génocidaires et interahamwes de la première, voire de la seconde génération...

Joseph Kabila : Six mille hommes à peu près, soit cinq fois moins qu’il y a dix ans. Pour eux, il y a deux options : soit ils déposent les armes et nous les désarmons de force et nous les expulsions. Jeune Afrique: Pensez-vous que Laurent Nkundabatware bénéficie du soutien du Rwanda ?

J’espère bien que non. Mais, dans la région des Grands Lacs, tout est possible.

Jeune Afrique : Pourquoi n’y a-t-il toujours pas eu d’échange d’ambassadeurs entre Kinshasa et Kigali ?

Joseph Kabila : La réouverture des ambassades, c’est l’étape ultime. Si cela intervient dans six mois, un an ou cinq ans. je veux que ce soit sur des bases solides et sans aucune suspicion réciproque. Auparavant, nous devons régler une fois pour tous ce casse-tête des groupes armés entretenus par l’un ou l’autre pays contre son voisin. Vous avez évoqué le cas Nkunda, mais il y a d’autres groupes jusqu’en Ituri.

Jeune Afrique : Avec l’Angola, un différend frontalier vous oppose à propos d’une demi-douzaine de villages de la région de Kahemba, dans le Bandundu. Ne craignez-vous pas que cela dégénère en conflit ouvert?

Joseph Kabila : Absolument pas. Nous avons de très bonnes relations avec les autorités de Luanda. Cette affaire est simple : dans cette zone comme tout le long de notre frontière avec l’Angola et la Zambie, il existe des endroits mal délimités, d’autant que nous avons de part et d’autre des populations à la fois identiques et mouvantes. D’où des contradictions. En l’occurrence, il s’agit de villages congolais à la population mixte. Des commissions conjointes ont travaillé, des enquêtes ont eu lieu. Il faut maintenant avoir recours à une technologie moderne afin de fixer une fois pour tout, le trace commun tout le long de la frontière -soit 2.500 kilomètres.

Jeune Afrique : Vous vous êtes rendu début juin au Congo-Brazza. A l’issue de cette visite officielle, vous avez eu une petite phrase qui prête à interprétation: « J’ai passé la nuit à Brazzaville et je suis toujours vivant » C’était de l’humour ?

Joseph Kabila : A votre avis? Bien sûr. Je faisais référence à la rumeur, toujours la rumeur selon laquelle les autorités de Brazzaville seraient nos ennemies jurées, alors que mes rapports avec le Président Sassou Nguesso sont excellents. Il faut parfois savoir sourire de la rumeur.

Jeune Afrique : Regrettez-vous Jacques Chirac ?

Joseph Kabila : C’est un homme bien. Il a, je crois, puisqu’il me l’a dit, une affection particulière pour l’Afrique et aussi pour moi. Un monsieur bien, donc...

Jeune Afrique : Vous avez encore un problème, disons de visibilité, à l’égard des Congolais. Ils se plaignent de ne pas vous voir, de ne pas vous entendre. Seriez-¬vous fâché avec la communication?

Joseph Kabila : Et, pourtant, le Président est là! Et il travaille, sans repos ni vacances. Cela fait plus de dix ans que je mène cette vie quasi monacale, sans compter les années au maquis. J’ai beau être encore jeune, il arrive que le corps se fatigue. Devrais-je communiquer sur cela ? Je vais bientôt commencer de longues tournées à l’intérieur du pays, comme je l’avais promis. Là, vous me verrez, vous m’entendrez. Mais si c’est du culte de la personnalité que vous recherchez, vous risquez d’attendre longtemps.

Jeune Afrique : Avez-vous changé?

Joseph Kabila : Oui, et mon pays aussi. Lorsque je regarde en arrière, je me dis que j’ai acquis, en termes d’expérience et de sagesse, ces six dernières années, ce que d’autres accumulent pendant toute une vie. Quant au Congo, il est de retour dans la cour des grands de ce continent. On ne tardera pas à s’en apercevoir.

Jeune Afrique : La Constitution vous donne droit à deux mandats de cinq ans. Vous devrez donc, si vous êtes réélu, quitter le pouvoir au plus tard en 2016, à l’âge de 45 ans. Ne serez-vous pas tenté de faire modifier cette disposition pour demeurer aux affaires?

Joseph Kabila : La Constitution, c’est sacré...

Jeune Afrique : Certains de vos pairs l’ont dit. Avant de changer d’avis.

Joseph Kabila : Mais Joseph Kabila n’est pas comme les autres. J’ai, donné ma parole d’honneur en promulguant cette Constitution, je n’y toucherai donc pas. Le pouvoir use. II faut savoir s’arrêter.

Jeune Afrique : Doit-on vraiment vous croire ?

Joseph Kabila : Je vous donne ma parole d’officier. Que voulez-vous de plus ?

Jeune Afrique : La révision en cours d’une soixantaine de contrats miniers signés pendant la période de transition ne risque-t-elle pas de gêner certains membres de votre entourage ?

Joseph Kabila : Cela ne me gêne pas à titre personnel, ni aucun de mes proches. De quoi s’agit¬-il? D’une évaluation de la situation, cinq ans après l’adoption du code minier en 2002: qu’est-ce qui n’a pas marché? Comment corriger les erreurs? Comment mieux profiter des réussites? C’est une démarche responsable qui n’a qu’un seul but: la réappropriation par le Congo de son patrimoine minier. Il ne s’agit pas de régler des comptes avec tel ou tel partenaire étranger ou congolais, mais de se dire, les yeux dans les yeux, ses quatre vérités.

Jeune Afrique : Votre gouvernement compte soixante ministres et vice¬-ministres. Etes-vous sûr qu’aucun d’entre eux ne songe à profiter de son poste pour s’enrichir ?

Joseph Kabila : Je l’ai clairement dit en Conseil des ministres: ce type de mentalité est désormais banni.

Jeune Afrique : Et si l’un d’entre eux est attrapé la main dans le sac ?

Joseph Kabila : Sa destination est toute trouvée: la prison de Makala.

Jeune Afrique : A qui pensez-vous ?

Joseph Kabila : Je ne vous le dirai pas ! Une chose est sure quand on fera le bilan en septembre prochain, il y aura beaucoup de candidats pour Makala.

Jeune Afrique : Manifestement, le mois de septembre sera décisif...

Joseph Kabila : Ce gouvernement aura six mois d’exercice plein. Il faudra faire le point, redresser ce qui do

it l’être et planifier la suite. L’année 2008 devra être celle de la vraie relance économique: Les équipements ont été commandés, les chantiers sont définis, place au décollage.

Jeune Afrique : Avec une dette publique de 14 milliards de dollars, que vous traînez comme un boulet...

Joseph Kabila :Jusqu’à quand traînerons-nous, ce boulet? Si j’avais l’argent pour rembourser ces milliards, croyez-moi, je n’hésiterais pas. Le simple service de cette dette nous coûte 30 à 50 millions de dollars par mois! Rien qu’avec cette somme nous pourrions transformer Kinshasa. Notre objectif est donc clair atteindre le plus vite possible le point d’achèvement de l’initiative PPTE.

Jeune Afrique : Lors de notre dernier entretien, en avril 2006, vous aviez confessé votre admiration pour Che Guevara. Mais on me dit qu’en réalité votre vraie référence, c’est Thomas Sankara, le président burkinabé assassiné en 1987. Exact ?

Joseph Kabila : Qui vous l’a dit? Et puis, peu importe. C’est vrai.

Jeune Afrique : Pourquoi?

Joseph Kabila : Comment le dire sans heurter qui que ce soit ? Sankara était un visionnaire. J’avais 16 ans quand il est mort. Je crois qu’il s’est sacrifié pour nous. Il nous manque beaucoup, voilà tout.

Jeune Afrique : Quelle leçon vous a-t-il apprise?

Joseph Kabila : La fierté. Si les Congolais retrouvent le sens de la fierté et si j’ai pu contribuer à réunir les conditions pour que mon pays soit un jour la Chine de l’Afrique, j’aurais accompli ma mission.

Jeune Afrique : Au Congo, comme ailleurs, l’activisme des Chinois inquiète les Occidentaux...

Joseph Kabila : Mais pas les Congolais ! Lorsqu’il s’agit de refaire le grand boulevard Lumumba qui relie Kinshasa à l’aéroport de N’Djili, l’Union européenne renâcle et la Chine offre ses services. Si c’est notre bien et notre développement que veulent nos amis occidentaux, ils devraient donc s’en réjouir.

Jeune Afrique : Votre épouse, Marie Olive Kabange, s’est démenée pendant la campagne électorale. La première dame ferait-elle de la politique ?

Joseph Kabila : Non, je ne le pense pas. C’est une personne tout à fait déterminée, c’est vrai, et qui m’a beaucoup aidé. Mais elle a aussi ses activités propres dans les domaines caritatif et humanitaire.

Jeune Afrique : C’est un atout pour vous ?

Joseph Kabila : Un atout et une chance. La femme est l’avenir de l’homme, dit-on. Et les Congolaises sont l’avenir du Congo.

Fête de l’Indépendance : « Le Congo de nos rêves est à notre portée » déclare le Chef de l’Etat dans son message à la Nation.

Kinshasa, 02/07/2007 / Politique

Le message que le président de la République a adressé à la Nation à l’occasion du 47ème anniversaire de l’Indépendance convie le peuple congolais à tenir bon pour voir le fruit des sacrifices consentis par les Pères de l’Indépendance.

Voici le message que le Chef de l’Etat, le président Joseph Kabila, a adressé à la Nation la veille de la célébration du 47ème anniversaire de l’Indépendance.

Le premier des Congolais y convie le peuple tout entier à tenir bon après les difficultés endurées dans la marche vers le rêve des bâtisseurs de la Nation. Ci-apeès le texte intégral de ce message.

Chers compatriotes,

Nous célébrons ce jour le 47ème anniversaire de l’accession de notre pays à la souveraineté nationale et internationale. Fruit des sacrifices consentis par les Pères de l’Indépendance, dont nous avons l’obligation patriotique de perpétuer la mémoire, cette victoire traduisait le rêve du peuple congolais tout entier de bâtir, au cour de l’Afrique, une nation prospère, un pays puissant, une locomotive du développement de l’Afrique.

La réalisation de ce rêve n’a malheureusement pas eu lieu, du fait des douloureux événements aussi bien politiques, économiques que socioculturels survenus dans notre pays dès les premières heures de l’Indépendance. Cette page triste de notre histoire est aujourd’hui tournée. Œuvrons pour qu’elle le soit définitivement.

Chers compatriotes,

Le 30 Juin 2007 diffère de tous les précédents anniversaires de notre indépendance. Mieux qu’eux, il traduit à leur juste mesure le contenu et la signification du combat pour lequel nos héros et martyrs ont payé de leur vie. En effet, la mise en place des institutions politiques démocratiquement élues marque une étape importante dans la longue lutte commencée par la génération de Simon KIMBANGU, relayée par celles de Patrice LUMUMBA, puis de Mzee Laurent-Désiré KABILA, avant de culminer, par l’implication du souverain primaire, à travers des élections générales dont le caractère libre, transparent et démocratique a été salué par tous.

Le nouvel ordre institutionnel issu de ces élections est donc une oeuvre collective, le résultat de l’engagement de chacun de nous. Nous avons tous l’obligation de le respecter, de le préserver et de le consolider. Ce 30 Juin est aussi singulier en ce que les manifestations commémoratives ont pour principal siège la ville de Kisangani, une ville qui fut le dernier bastion des nationalistes qui avaient tenu, à partir de cette partie de notre pays, à préserver l’unité nationale et l’indépendance chèrement acquises, toutes deux alors gravement menacées par les déchirements des années soixante. Kisangani une ville martyre, et donc à reconstruire. Comme d’ailleurs, est à reconstruire l’ensemble de notre pays.

Kisangani qui est aussi symbole de la pacification réussie et du regain de confiance en notre capacité à conjurer les démons de la division, et à faire triompher les valeurs de paix et de solidarité. La paix retrouvée que symbolise Kisangani ne devrait cependant pas nous faire oublier qu’une partie de notre pays, le Nord et le Sud-Kivu, continue à subir les affres de la barbarie, œuvre des ennemis de notre peuple. Aucune piste ne sera négligée pour ramener la paix et la sécurité à l’Est.

Chers compatriotes,

Après avoir réussi à réunifier le Congo naguère divisé, à rétablir la paix et la sécurité, et à donner au peuple congolais ses premiers dirigeants élus au suffrage universel direct, notre attention doit maintenant se tourner résolument vers la reconstruction du pays.

Les cinq chantiers prioritaires de l’action du Gouvernement sont connus. Ils portent sur la réhabilitation et la construction des infrastructures de base, notamment les routes, les chemins de fer, les voies navigables, les ports et les aéroports. Ils portent aussi sur un plus grand accès des congolaises et des congolais à l’emploi, à l’eau potable à l’électricité, à l’éducation, aux soins de santé et à un logement décent. Ce défi peut être relevé. La nature nous en a donné les moyens, et les circonstances sont des plus opportunes.

La célébration du 47ème anniversaire de l’Indépendance nationale intervient en effet à l’aube d’une nouvelle République Avec cette dernière renaît l’espoir. L’espoir d’une République réellement démocratique et d’une gestion responsable de la chose publique.

Les immenses richesses que renferme notre pays, et l’opportunité qu’offrent l’avènement de la démocratie et l’instauration de l’Etat de droit, ne profiteront cependant à notre peuple que si, ensemble, nous acceptons de fournir, dans l’ordre et la discipline, un travail régulier et assidu; Un travail de transformation et de mise en valeur de ces richesses. Ce résultat ne pourra aussi être atteint que Si nous acceptons de changer de mentalité, d’opérer une véritable révolution morale et de mettre fin à l’impunité. Nous devons donc tous intérioriser ces exigences.

C’est pourquoi, ce soir, je lance un appel solennel aux Congolaises et Congolais. J’exhorte les Gouvernants à faire preuve d’abnégation et à éviter les vices du passé. Si leurs erreurs et fautes d’hier pouvaient être comprises, excusées, voire pardonnées, elles ne le seront plus dans l’avenir. A notre peuple, Je rappelle que la nouvelle République a une sœur jumelle, à savoir: une nouvelle citoyenneté, faite de nouveaux droits, mais aussi de nouveaux devoirs. Je lui recommande donc davantage de civisme et de patriotisme, sans lesquels seraient vains tous les sacrifices par lui consentis. Je l’invite également à adopter un comportement de rupture avec le passé. Le seul qui nous permet d’envisager avec assurance et détermination l’avenir du Congo.

A la jeunesse de notre pays, je demande le respect du bien commun, du prochain et de la vie humaine. Je l’exhorte à la recherche effrénée de la paix, de la vérité, de la justice et de la solidarité; à cultiver l’excellence et à chérir le travail bien fait; à ne pas céder aux tentations de la facilité, ni succomber à l’intoxication.

Pour ma part, je réitère l’engagement de veiller à ce que soient poursuivies et approfondies les réformes structurelles et institutionnelles engagées dans tous les secteurs, depuis quelques années : réforme du système de sécurité, c’est-à-dire des Forces Armées, de la Police Nationale et des Services de Renseignements; réformes économiques pour consolider la stabilité du cadre macro-économique, améliorer la compétitivité de notre industrie et créer les conditions d’une croissance forte et durable; réforme de la justice pour garantir à tous la sécurité juridique et judiciaire; réformes politiques, avec l’organisation des élections municipales et locales que nous voulons aussi exemplaires que l’ont été les présidentielle, législatives, provinciales et sénatoriales.

Chers compatriotes,

Tenons donc bon. Demeurons unis, déterminés et mobilisés. Le Congo de nos rêves est à notre portée. Bonne fête à tous. Que Dieu bénisse le Congo. Je vous remercie.

MMC

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