|
Les deux sanguinaires et génocidaires Tutsi, Yoweri Kaguta Museveni et Paul Kagame, faisant fi de l'arrêt de la CPI, affirment avoir recu leur coup au Congo et tiennent à y maintenir leur "droit d'ingérence". Museveni a qualifié «ses amis Congolais» de «cannibalistes»
Par Antoine Roger Lokongo, 11.01.2006
Dans une interview accordée à notre consoeur Colette Braeckman du quotidien belge Le Soir, et publiée le 6 janvier 2006, Paul Kagame a déclaré qu’il n’attend rien «de très particulier» du processus électoral qui se déroule en République Démocratique du Congo.
Sans évoquer explicitement le contentieux qui oppose le Congo et le Rwanda à la CPI, le Président Rwandais a voulu damner le pion du Congo en déclarant:
«Je n’attend rien de très particulier. Sauf l’espoir que ces elections amènent une stabilité durable au Congo, c’est là notre premier intérêt. Nous attendons le résultat de la décision des Congolais et ensuite nous serons heureux de voir comment nous pourrons ensemble, avec eux resoudre les questions communes. Plus important encore, nous verrons comment normaliser, améliorer nos relations, aider la région à progresser.»
Sur la question des Banyamulenge, Paul Kagame, se rendant compte qu’il ne pourra plus jamais les utiliser comme un pretetxte pour re-envahir le Congo, a plaidé du libre choix des Congolais et a critiqué Louis Michel qui avait fait des possibilités de «repêchage» des candidats non élus et le principe des «listes bloquées» favorisant les personalités placées en tête des liste, son cheval de bataille lors de sa récente visite à Kinshasa. Les Bnayamulenge se trouvent donc devant un fait accompli, qu’ils le veuelent ou pas.
«Ma forte conviction est que tenter d’influencer les Congolais, cela n’a pas de sens. C’est à eux qu’il appartient de décider de qui leur convient. Qu’on les laisse décider, seuls par eux-mêmes, du système qui leur convient. Ce n’est pas à la communauté internationale qu’il appartient de leur dicter ce qu’il faut faire. C’est leur démocratie, ils ont le droit de prendre leurs propres décisions, même s’ils sont critiqués… D’autant que nous savons, par expérience, que, si, par la suite, les choses tournent mal, les conseillers sont les premiers à s’en aller et à rejeter sur d’autres la responsabilité des erreurs qui ont pu être commises… », a-t-il déclaré.
Paul Kagame s’est ensuite insurgé contre ceux qui veulent “saper le Rwanda”, contre ceux qui tentent de miner la reconstruction du Rwanda à travers une offensive médiatique sans relâche, ce qui equivaut, affirme le Président Rwandais à saboter la paix dans la région.
«De ce côté, certes , les tactiques changent: un jour, on utilise le Congo, un autre jour, on agit à travers l’insurrection ou le processus démocratique que nous sommes en train de mener . Les tactiques visant à nous créer des problèmes changent régulièrement… Mais toute tentative de déstabilisation contre le Rwanda échouera.»
Faisant fi du verdict de la CPI contre l’Ouganda et en faveur du Congo, ce qui sera vraisemblablement le même cas avec le Rwanda et le Burundi, Paul Kagame a déclaré que dans le rélations Rwando-Congolaises, «le pire est desormais derrière nous».
«En observant ce qui se passe, je suis de plus en plus optimiste. La situation est est entrain d’évoluer au Congo, au Burundi, et au Rwanda même, les choses vont dans le bon sens, non dans celui qu’ils [les déstabilisateurs] auraient souhaités… Dépuis un an, les choses évoluent vraiment dans la bonne direction, vers une meilleure collaboration entre les pays de la région. C’est le sentiment que je retire de tous mes contacts. Nous nous dirigeons vers une stabilité à long terme de toute la région, car de bonnes décisions sont prises… Tout ceci m’incite à penser désormais que le pire est derrière nous…»
UNE RENCONTRE QUI REUNIRA LES TROIS PARLEMENTS RWANDAIS, BURUNDAIS ET CONGOLAIS SE TIENDRA BIENTOT A KIGALI
La préparation d’une rencontre qui réunira les Parlements des trois de la région, Rwanda, Burundi, et RDC, afain d’amener les députés et sénateurs à examiner les possibilités de relance d’une coopération économique, est en marche. Mais le parlement Congolais est composé des pro-Kigali et pro-Kampala, et ils sont majoritaires.
Une telle rencontre avait déjà eu lieu l’an dernier dans l’enceinte du Sénat à Bruxelles. Cette fois, c’est Kigali qui accueillera la réunion, sans doute du 24 au 27 février. Rappelons que les ministres belges Armand De Dcker, à la coopération, ou Louis Michel, aujourd’hui commissaire européen, ne cessent de rappeler qu’autrefois la CPGL – Coopération économique des pays des Grands Lacs – vait permis l’entreprendre des projetsd’intérêt commun, comme le barrage sur la Ruzizi, qui fournit de l’energie aux trois États; la Sinelac, destinée à exploiter le gaz du lac Kivu, ou encore l’Iraz, voué à la recherche agronomique. Prévoyant la libre circulation dans les trois pays de la sous-région, la CPGL avait aussi produit un laissez-passer, encore utilisé de nos jours, et qui dispensait de visa les ressortissants de la région. Ce qui a contribué à la «Tutsification» de l’est du Congo et à la création de toutes pièces d’une tribu artificielle qui n’a jamais existé au Congo, la soit disant tribu «Banyamulenge».
Pour le Rwanda, toujours désireux d’avoir accès aux marchés de l’est du Congo et de leur fournir des services, la rélance de cette coopération est perçue comme vitale. Les resoources naturelles et minérales de l’est du Congo ne constituaient-elles pas le nerf de la guerre d’agression anglo-américano-rwando-ougando-burundo-sud africaine?
C’est donc avec enthousiasme que le Dr Biruta, président du Sénat rwandais, a accepté d’acueillir les parlementaires voisins dans les locaux du Sénat, provisoirement logés dans un bâtiment commercial, en attendant la rénovation de l’ancien CND, endommagé par la guerre en 1994.
Du côté Congolais, parce qu’on ne doit mettre la charrue devant le boeuf, on doit se montrer plus circonspect, aussi longtemps que le contentieux entre le Rwanda et le Congo à CPI n’est encore résolu, aussi longtemps que le pays de Patrice Lumumba n’est pas doté d’une autorité légitime et que les séquelles de la guerre d’agression anglo-américano-rwando-ougando-burundo-sud africaine sont encore très fraîches pour les effaccer de nos mémoires. Mais c’est la proximité des élections au Congo et en Ouganda qui incite les partenaires extérieurs qui veulent proteger leus intérêts au Congo, à avancer.
MUSEVENI FAIT FI DE L’ARRET DE LA CPI ET ACCUSE «SES AMIS CONGOLAIS» D’ETRE DES CANNIBALISTES
L’attendait en vain la reaction du president Ouganais Yoweri Kaguta Museveni Après l’arrêt de la Cour internationale de Justice condamnant l’Ouganda pour sa violation de la souveraineté congolaise par son aggression. Elle est finalement tombée le 5 janvier 2006. C’était un Museveni en pleine campagne électorale qui a utilisé son meeting dans la ville de Rukungiri (ville natale de son opposant le Dr Kizza Besigyeye) ou il est arrivé avec un contigent de 100 vehicules, rapporte le quotidian independent Ougandais le Daily Monitor.
«Ces gens-là à la Cour Pénale Internationale sont des menteurs. Ils parlent des milliards de dollars que nous devons payer au Congo sous forme de compensation. Ou est cet argent? Il n’y en a pas.», a-t-il declaré.
Museveni a confirmé à cet effet, avoir déjà engagé des pourparlers avec son homologue Congolais Joseph Kabila au sujet de cet arrêt.
«Mon government va bientot faire une déclaration parce que l’opposition et les medias disent les choses à l’envers au sujet de cet arrêt. Le GénéralAronda Nyakairima reveint à peine du Congo et il a parlé avec le Président Joseph Kabila.»
Justifiant sa décision d’envoyer ses troupes au Congo, Museveni, qui n’a jamais évoqué les richesses du Congo comme le nerf de la guerre d’agression, a déclaré: «Pour moi, quiconque me fouette, je le giffle si fort qu’au moment ou nous arriverons au tribunal, j’aurais déjà arraché un oeil à mon ennemi.» (…). Les partisans d’Idi Amin se sont leagues avec les partisans de Mobutu [Bemba le poulain de Museveni n’est-il pas un Mobutiste?] pour nous éliminer tous. Nous les avions roulé de coups et ils sont en débadande. Ils se sont désintégrés. Ils ne reviendront plus pour nous amerder.»
Le poulain des anglo-saxons aussi osé declarer: «L’Ouganda ne dépendra jamais des amées étrangères pour lutter contre ses ennemis.» Une foule en liesse a même sommé Museveni de rédeployer ses troupes au Congo pour en découdre avec les dernières poches des rebelles Ougandais, comme Fenehas Kisokeranio, l’ancien leader de la NALU, Maj. Patrick Muhindo, un officier désertaire de l’UPDF et Abdullah Yusuf Kabanda, le leader de l’ ADF.
Museveni a accusé son rival Kizza Besigye d’avoir récruté ses partisans et d’avoir ainsi fondé une rebellion après sa défaite aux elections présidentielles de 2001.
«Il a déployé nos garçons au Congo mais mes amis Congolais les ont mangés. J’entend dire que les Congolais aiment bien manger les reins des autres êtres humains. L’un des garçons que mes amis Congolais [les hommes de Bemba] ont mange s’appelait Babu, originaire de Bushenyi, a veteran de UPDF, notre armée,» a révélé Museveni.
Et pourtant, des milliers d'Ougandais sont descendus dans les rues pour manifester leur joie après l'annonce de la liberté provisoire sous caution accordée le 2 janvier 2006 au chef de l'opposition ougandaise, Kizza Besigye, par la Haute Cour de justice de leur pays, incarceré pour une affaire de viol présumé et pour haute trahison devant la Haute cour de justice. Leader du Forum pour le changement démocratique, Kizza Besigye a été arrêté en novembre dernier peu après son retour d'exil. Il envisage de se présenter à l'élection présidentielle de février prochain.
Au cours de sa prémière conference de presse dépuis sa liberation le Dr Kizza Besigye a declaré qu’à sa place, «c’est plut?t Museveni qui doit être arrêté et jugé pour avoir illégalement envahi le Congo sans l’aval du parlement».
Back to top |