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L’AUGMENTATION DE CAPITAL DE UMICORE DOIT INTERPELLER JEAN PIERRE BEMBA
Par Antoine Roger Lokongo, 7.09.2003
Alors que Jean Pierre Bemba, l’un des vice-présidents du gouvernement de transition en RDC a fait «l’état des lieux» des entreprises publiques et privées au Katanga, le groupe méttallurgique belge, Umicore, ex-Union Minière, qu’il su très bien servir d’une façon servile pendant qu’il était «chef rebelle», a annoncé après la clôture de la Bourse de Bruxelles, une augmentation de capital de 125 à 150 millions d’euros.
Cette annonce a été relayée par les journaux belges De Tijd et l’Écho le 7 novembre dernier alors que le vice-président du gouvernement de transition chargé de la Commission économique et financière, conduisait une haute délégation au Katanga.
Umicore est en effet cité dans tous les rapports du Panel des Experts de l’ONU sur le Pillage des Ressources Naturelles et Minérales de la République Démocratique du Congo, comme l’une des companies occidentales ayant pillé illégalement les minerais Congolais – surtout le coltan – dans le sillage des troupes d’occupation rwandaises, Ougandaises et Burundaises ainsi que leurs acolytes mouvements rebelles Congolais.
Et pourtant, et le payement des fonctionnaires, et la déclaration par les rebelles de la fortune qu’ils ont amassée pendant cinq ans de guerre à partir des territoires qu’ils ont occupés de concert avec ceux qui les ont utilisés (la coalition anglo-americano-rwando-ougando-burundaise) pour piller leur pays et faire massacrer plus de cinq millions de leurs compatriotes, se font attendre. Et cela dépuis que Jean Pierre Bemba - d’ailleurs sous condamnation judiciaire au tribunal de Bruxelles pour traffic d’êtres humains et à la Hayes pour actes de cannibalisme par ses hommes - est devenu vice-président du gouvernement de transition chargé de la Commission économique et financière. Comme il est vrai l’adage selon lequel «le léopard ne se debarrasse jamais de ses taches».
Mzee Laurent Désiré Kabila avait bien raison de remarquer que «le pouvoir économique au Congo reste encore à décoloniser». Il a par consequent mi en garde le peuple souverain contre le danger de voir les anciens manipulateurs reconquerir leur paradis perdu ainsi que les sollicitations trompeuses des anciens partis politiques.
Ça n’était pas pour exprimer de la vengeance envers les anciens kleptocrates, comme le Washington Poste a voulu nous faire croire la semaine dernière que:
«Joseph Kabila est un homme bien équilibré qui ne se lance pas dans un jeu d’exposition d’idéologies ou qui cherche à compliquer sa pensée. Il est bien différent de son père (célèbre avec un ton quelque peu élevé et des repartées pendant des interviews). Joseph Kabila s’exprime de façon neutre et avec euphémisme. Et c’est cela qui l’a fait accréditer auprès de la communauté internationale que son défunt père avait plutôt agacée par son intransigeance, sa rhétorique marxiste et son programme inadapté de réformes après l'éviction de Mobutu Sese Seko.
Et son successeur, Kabila père, semblait souvent collé au passé, incapable de retracer un nouveau parcours après une période de vie passée à détester et comploter contre Mobutu. Une fois au pouvoir, Kabila (le vieux) a promis réforme et démocratisation. Au lieu de cela, il a étranglé l'activité politique, emprisonné des adversaires et a présidé un régime qui visait les partisans de Mobutu, blah, blah…»
En tous cas, ça ce n’est pas le vrai portrait de Laurent Désiré Kabila. Le Soldat du Peuple, a, non seulement remi le pouvoir politique - qui determine le destin d’une nation - directement au main du peuple, lui faisant ainsi maitre de son propre destin, à travers un projet de société concrèt, les Commités de Pouvoir Populaire (CPP); qui, d’ailleurs, devaient co-exister avec les vieux partis politiques sponsorisés à partir des capitales occidentales et voués au service des intérèts étrangers (Ah oui! Le peuple les a vus à l’oeuvre!), mais il a aussi commi l’erreur de tourner la Révolution du 17 Mai en «Révolution Pardon». La suite on la connait.
Coltan : l'implication de la Sabena fait jaser
La Sabena impliquée dans le pillage du coltan en Rdc
Kinshasa , 02.06.2001 | Politics
Le rapport des experts des Nations Unies sur le pillage des ressources continue de faire les vagues même, si à l'Onu, un mandat supplémentaire a été accordé à la mission pour parachever ce travail. Mais déjà, des réactions fusent de partout.
Des personnes physiques ou morales citées dans ce rapport ont tenté de se disculper. Il en est de même de celles qui ne veulent être complices ni de près ni de loin.
C'est dans ce cadre que des missionnaires notamment saviriens et comboniens ont tenu à interpeller Sabena dont les appareils ont servi au transport du coltan congolais de Kigali vers l'Europe. Dans une lettre ouverte adressée à la compagnie aérienne belge, indique une dépêche de l'Agence catholique Misna, les directions générales de ces instituts missionnaires ont demandé des éclaircissements.
La correspondance a été motivée par le rapport onusien qui cite la compagnie aérienne dans le transport des ressources illégalement exploitées en Rdc. C'est pourquoi ces missionnaires écrivent: «En tant que clients de votre compagnie et en tant que témoins des dégâts immenses que l'exploitation illégale des ressources cause au peuple congolais, dont le sang coule sans fin et dont la souffrance touche tous les aspects de la vie, nous vous prions de nous donner des éclaircissements à cet égard».
Ce n'est pas tout car on retrouve dans le même document : «Nous ne voudrions pas en effet devenir complices, ne fût-ce qu'indirectement, de cette grave injustice, si jamais vous l'avez commise. Veuillez prendre des décisions qui interrompent immédiatement ce comportement. Ceci afin que nous puissions continuer en confiance à jouir des services de votre compagnie».
Les mots on ne peut plus clairs, qui valent, si besoin en était encore, une mise en demeure.
| Le Palmarès
Sabena-Swissair renonce au coltan congolais
Les compagnies aériennes belge Sabena et suisse Swissair ont annoncé qu'elles suspendaient le transport du coltan en provenance des mines de la Rd-Congo, découvre-t-on dans une dépêche de l'Afp datée du 15 juin 2001. La décision prise par ces entreprises, surtout Sabena, fait suite à la requête de directions générale de plusieurs instituts missionnaires qui avaient envoyé, à la fin du mois dernier, une demande d'éclaircissements à la compagnie belge après qu'elle ait été citée dans le rapport de l'Onu.
Outre la Sabena, de nombreuses sociétés ont été citées comme profitant de la situation de conflit en Rd-Congo et entreprenant pour dépouiller ce pays de ses ressources les pus précieuses. Dans ce rapport publié le 16 avril dernier, Sabena figure en tête de la liste des entreprises qui sont impliquées dans ce pillage. Lorsque le rapport de l'Onu a été publié, la Sabena s'était inscrit en faux contre les allégations du rapport des experts de l'Onu.
La réaction du gouvernement belge ne s'est pas faite attendre. Il a promis d'enquêter sur les responsabilités réelles de plusieurs sociétés belges, avec au premier plan la compagnie aérienne Sabena.
La matière qui intéressait de plus ces sociétés est le Coltan (un alliage naturel de columbium et de tantale) utilisé dans les technologies de pointe et de l'aérospatiale ainsi que dans la fabrication de téléphones portables et de jeux vidéos.
On signale que le prix de cet alliage sur le marché international qui a augmenté de 600 %, a pris une place importante dans le financement des conflits de la région.
Interrogation
Avec l'annonce de la décision de la Sabena de renoncer au transport du coltan, peut-on conclure que le gouvernement belge a pu se rendre à l'évidence de la responsabilité de cette compagnie comme l'a dénoncé le rapport de l'Onu ? Si on répond par l'affirmative, l'opinion tant nationale qu'internationale a droit de connaître la part de vérité dans cette affaire. En tout état de cause, le fait que Sabena annonce d'une manière officielle cette mesure, prouve à suffisance que le rapport de l'Onu n'est pas truffé des mensonges comme on l'a voulu faire croire à la face du monde. On peut également tirer quelques enseignements, c'est-à-dire, les Museveni, Kagame, et d'autres groupes tant financiers que militaro-affairistes cités dans le rapport de l'Onu doivent faire un geste dans le sens d'imiter la Sabena-Swissair.
Il y a cependant un point sur lequel on n'insiste pas souvent. C'est celui de l'indemnisation. La Sabena-Swissair et tant d'autres sociétés incriminées doivent déjà penser à indemniser les Congolais. L'opinion ne peut pas imaginer le préjudice que ces groupes affairo-militaristes ont causé à la Rd-Congo. A cet effet, il est plus que temps que l'on songe à mettre sur pied une question internationale qui devra se nouveau contentieux belge charger d'évaluer le montant congolais d'une telle indemnisation.
Coïncidence
Une coïncidence heureuse ou malheureuse pour les Congolais. L'annonce de cette décision de la Sabena tombe 10 jours avant l'arrivée de la délégation d'un plus haut niveau du gouvernement belge en Rd-Congo conduite par le premier ministre belge.
C'est ici que les observateurs pensent que cette mesure est à verser dans le cadre des stratégies mises en place par le Royaume de Belgique pour la décrispation des relations à la veille de ce voyage de tous les enjeux. Point n'est besoin de rappeler ici qu'il existe déjà un lourd et vieux contentieux entre la Belgique et la Rd-Congo et qui de tout temps, attend de remonter à la surface. Il suffit d'un petit faux pas et les choses se gâtent.
Sous la deuxième République, les exemples de nos assertions ont été légion. Le moins que l'on puisse dire, écrivions-nous quelques semaines en arrière, avec la dénonciation faite par le rapport de l'Onu, l'Organisation mondiale vient d'ouvrir un nouveau contentieux belgo-congolais.
Alian Nkoy | L'Avenir
Pillages de la Rdc : J.B. Bemba et le frère de Yoweri Museveni mis en cause
Le rapport accuse Bemba et Museveni de piller les richesses de la Rdc
Kinshasa , 18.04.2001 | Politics
Kinshasa, 18.04.2001
- En juin 2000, le Conseil de sécurité des Nations Unies demandait au secrétaire général de mettre en place un groupe d'experts, pour une période de six mois, afin de traiter de la question de l'exploitation illégale des ressources naturelles et autres richesses de la Rdc. Cette équipe a remis son rapport de 56 pages à Kofi Annan qui l'a transmis à son tour le lundi 16 avril 2001 au Conseil de sécurité qui s'est réuni mardi pour l'examiner. L'organe exécutif de l'Onu va aussi se réunir vendredi prochain à cet effet.
Les pillages des ressources naturelles au Congo par les troupes étrangères sont devenus systématiques, conclut le rapport qui note que, présentement, le conflit est principalement celui de l'accès à 5 minérais précieux, à savoir le coltan, le diamant, le cuivre, le cobalt et l'or. Les auteurs du rapport mettent en cause singulièrement le Rwanda, l'Ouganda et le Burundi, pays qui soutiennent les factions rebelles du Rcd et du FIc. Le Zimbabwe, allié de Kinshasa, est aussi mis en cause, mais dans une moindre mesure.
La commission d'enquête recommande que des sanctions soient prises contre Kampala, Kigali et Bujumbura, devenus exportateurs des minéraux alors qu'ils n'en regorgent ni en produisent. Elle demande aussi l'interdiction immédiate des exportations des minérais et de bois en provenance et à destination de ces trois pays. En ce qui concerne les rebelles congolais, la commission onusienne préconise un gel de tous leurs avoirs à l'étranger. Ce rapport indexe, par ailleurs, les membres de la famille présidentielle ougandaise, notamment le général Salim Saleh, le propre frère de Yoweri Museveni, Jean-Pierre Bemba n'est pas aussi épargné. La commission va même jusqu'à exiger des poursuites judiciaires contre les deux personnes.
Comme il fallait s'y attendre, la réaction du Flc ne s'est pas faite attendre. Le secrétaire général Olivier Kamitatu a rejeté toutes ces allégations, faisant savoir que les rédacteurs de ce rapport ne se sont pas donné la peine de les rencontrer. De la sorte, il y aurait un débat contradictoire.
Le Rcd ne s'est pas tu non plus. Son secrétaire généraI Azarias Ruberwa est monté au créneau pour balayer d'un revers de la main toutes les accusations portées contre leur mouvement. Pour lui, il n'y a pas de pillages des ressources du Congo dans la mesure où celles-ci sont utilisées par eux pour résoudre des problèmes qui se présentent aux populations et au pays. Il y a une confusion, dit-il, quand un homme d'affaires rwandais ou d'une autre nationalité achète et passe par le Rwanda.
Une autre partie à réagir, c'est l'Ouganda, par le biais de son ministre à la présidence. Selon Kampala, ils vont vérifier les allégations contenues dans ledit rapport.
Quant au gouvernement de Kinshasa, il espère vivement que le Conseil de sécurité puisse donner suite aux conclusions et recommandations contenues dans le rapport. Se confiant lundi au journal français «Le Monde, le général-major Joseph Kabila a souhaité que ce rapport soit rendu public, de sorte que le monde réalise ce qui motive la présence militaire rwandaise au Congo : «Les lnterahamwe, que le Rwanda met toujours en avant comme excuse, ou nos richesses qu'ils exploitent».
Moïse Musangana, Le Potentiel du 18.04.2001
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