|
Le Trésor de guerre du RDC-Goma d’une valeur de plus de 250 millions d’euros passés illégalement en Suisse via la Belgique désormais gelé
Par Antoine Roger Lokongo, 22.04.2005
La mer vomit toujours ses morts, dit-on. Cette expression s’applique aujourd’hui avec plus de véracité que prévue au RCD-Goma, le mouvement rebelle, créee par Paul Kagame. Tous les actes de fraude, de pillage illégal et de contrebande commis par ce mouvement rebelle répondant aux ordres de Paul Kagame sont desormais entrain de faire surface, tels des cadavres vomis par la mer après les avoir gardés plusieurs jours dans ses entrailles.
Après l’affaire de contrebande de Pattni au Kenya dont le RCD-Goma a été impliquée, l’affaire des services des mercenaires britanniques dont le RCD-Goma a jouit, le rapport de l’IPIS sur le pillage du coltan et du diamant par le le RDC-Goma et tant d’autres, voici maintenant l’enquête ménée par la justice belge sur un traffic international de coltan qui vient desormais de toucher à sa fin.
C’est ce que révèle le quotidien belge, Le Soir, dans son édition du 21.04.2005. Dans un article, signé Frédéric Delepierre, le Soir a cité le porte-parole du parquet de Bruxelles, Jos Colpin confirmant que « l’affaire est close. Le juge a inculpé cinq personnes, et le dossier est dépuis quelques jours entre les mians du parquet».
Rappelons que dépuis deux bonnes années, le juge d’instruction Michel Claise enquêtait sur un traffic international de l’or, de diamant mais surtout de coltan - un minerai rare très recherché et de grande valeur, et qui sert notamment dans la technologie de pointe et dans l’industrie de l’armement.
Il ne reste au juge que de tracer son réquisitoire en vue du renvoi de tout ou une partie des inclupés devant le tribunal correctionnel. Au total, selon ce qu’a commenté une source au journal Le Soir, plus de dix milliards de francs belges (soit 250 millions d’euros) seraient passés illégalement en Suisse.
Notre confrère Frédéric Delepierre a rappélé qu’un rapport du Conseil de Sécurité de l’ONU dénonçant le pillage illégal des ressources naturelles et minérales de la République Démocratique du Congo et le massacre de plus de 4 millions de Congolais par les troupes d’occupation ougando-rwando-burundaise et celles du Rcd-Goma, surtout dans le Sud Kivu, a été à la base de ces investigations.
Outre la confirmation des faits dénoncés par les Nations Unies, estime notre confrère, l’enquête belge a mis au jour des pratiques graves: les pillage des mines congolaises mènerait clairement au financement du RCD-Goma, un mouvement de rebelles Congolais appuyés pare le Rwanda. Et l’argent de cette rébellion transiterait par la Belgique, où le juge Claise a, au cours de son instruction, fait arrêter deux personnes et fait bloquer des dizaines de millions de dollars.
Et notre confrère de poursuivre: «Dans le premier des trois rapports d’une série traitant des massacres dans la région des Grands Lacs et du pillage des ressources minières du Congo, rapport daté du 21 avril 2001, l’ONU dénonçait certaines pratiques et certaines personnes, mais aussi certaines multinationales belges, américaines, britanniques, etc,. La Belgique avait réagi. En très peu de temps, la justice belge a pu vérifier et établir la véracité des faits dénoncés par les Nations Unies. Prémière mondiale, le juge belge avait pu se rendre en commission rogatoire au siège de l’ONU.»
Selon le Soir, tout est parti d’une dénonciation de la BBL à Ctif (Cellule de traitement des informations financières) après qu’elle eut constaté certaines transactions douteuses sur des comptes «non-résidents» appartenant à Jacques V.d.A, responsable de la société uccloise Cogécom, et à Aziza Kulsum, qui détenait le monopole du commerce du coltan dans le Sud-Kivu. Après des aveux partiels, l’Ucclois avait été arrêté.
Selon les conclusions de l’enquête, l’homme aurait été l’intermédiaire d’Aziza Kulsum en Belgique. Cette femme d’affaires est soupçonnée d’être l’organisatrice d’un vaste réseau de blanchissement qui avait pour finalité le financement du RCD-Goma. Ce qu’elle dément avec force, tout en ayant rejeté toutes les convocations de la justice belge, comme le précise le parquet de Bruxelles: «bien que dans un courrier, elle nous prétende se tenir à la disposition de la justice qui sait où elle réside».
Par ailleurs, au cours de son instruction, révèle Le Soir, le juge Claise a aussi placé sous mandat d’arrêt Zulferakim Panju, un passeur interpellé à l’aéroport de Bruxelles-National avec 50 kilos d’or dans un sac. Il a déclaré que lors de chaque voyage d’Afrique vers la Belgique, il devait payer des taxes au RCD-Goma.
Durant l’enquête, précise Le Soir, le juge Claise a fait bloquer plusieurs comptes bancaires, tant en Belgique qu’en Suisse. Plusieurs dizaines de millions de dollars sont ainsi gelés. D’aucun voit en cet argent le trésor de guerre du RCD-Goma, ce que le mouvement d’Azarias Ruberwa et Aziza Kulsum réfutent.
Or la réunification financière demeure encore une leurre à Kinshasa, et les leaders des anciens mouvements rébelles n’ont pas encore rendu compte de la gestion des parties du terroitoires qu’ils ont geré pendant six ans de guerre au peuple. Et ils n’ont apporté aucun sou au trésor public à Kinshasa.
Et le Soir de conclure: «Reste à voir si l’affaire pourra être jugée en Belgique. Tout dépend de la position du pouvoir politique Congolais. S’il estime que ce blanchissement permettait de financer le mouvement rebelle, le trafic sera considéré comme illégal et pourra donc être jugé en Belqique puisque l’or a transité par ce pays. Le Congo s’est déjà constitué partie civile.»
D’autre part, le ministre belge des affaires étrangères, Karel De Gucht, a répété ses avertissements aux protagonistes de Kinshasa «qui jouent avec le feu», mercredi, à la sortie d’une rencontre avec Jean-Marie Guehenno, le responsable des opérations de maintien de la paix des Nations Unies. De tels propos ne peuvent que donner des ailes à Monsieur Tsisekedi, qui a déclaré le 30 juin 2005 comme une date fétiche.
«Ils doivent savoir que la patience de la communauté internationale n’est pas infinie,» a déclaré Karel de Gucht, qui avait fait passer le même message après sa rencontre avec Condoleezza Rice à Washington. Maintenant il tente d’exercer une pression accrue sur le gouvernement Congolais en citant un example (le problème du paiement des soldats) qui lui semble «révélateur du lien entre les problèmes de gouvernance du Congo et ceux rélatifs à l’organisation des élections».
A ce sujet, Karel De Gucht a ajouté que son interlocuteur, Jean-Marie Guehenno, partage son analyse même si le responsable de l’ONU est «assez positif sur la faisabilité des élections, même si ce ne sera pas facile». Guehenno doit remettre prochainement un rapport à ce sujet à l’Assemblée générale des Nations Unies.
Back to top |