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Le Rcd-Goma impliqué dans une affaire de contrebande au Kenya
Par Antoine Roger Lokongo, 27.07.2004
Un procès se déroule actuellement à la Cour Suprême de Justice kenyane, à Nairobi. Un sujet kenyan, Kamlesh Pattni, Kenyan d’origine asiatique y est jugé dans le dossier connu là-bas sous l’appellation de « The Goldenberg Affair » : une affaire de fraude et de contrebande contre les richesses congolaises en vue de financer notamment la rébellion du Rcd/Goma
Kinshasa , 27.07.2004 | Economy
Kamlesh Pattni, un Kenyan d’origine asiatique est actuellement devant la Cour Suprême du Kenya pour répondre des griefs portés contre lui dans l’affaire dénommée « The Goldenberg Affair », dans laquelle il s’est illustré dans la fraude et la contrebande des richesses congolaises en vue de financer la rébellion du Rcd/Goma, a-t-on appris du quotidien kenyan The Nation, dans son édition du 12 juillet dernier.
Cette affaire se complique davantage à cause des ramifications internationales qu’elle prend. D’après la source, Kamlesh Pattni, l’architecte de la banque Goldenberg, vient d’admettre devant la Commission d’enquête de l’éminent juge Samuel Bosire, que sa banque finançait la rébellion du RCD-Goma en République Démocratique du Congo. Il a confirmé devant les juges qu’entre Goldenberg et le RCD-Goma, c’était le rendez-vous du «donner et du recevoir».
«Tout ce que je faisais, c’est acheter les minerais de la part de ceux des rebelles qui me les proposaient volontairement contre certains produits de base. J’employais deux méthodes de payement: aux marchands de diamant, je leur payais la moitié de leur revenu en produits de base, comme des savons, de l’huile de palme, du sucre que j’acheminais par camions à partir de Nairobi. Le reste, je versais en dollars dans deux Banques basées en Europe, Rattan et Solitaire notamment. Avec cet argent, ces deux banques pouvaient acheter des filets de pêche et du whisky (Jhonny Walker) en Europe ou en Extrême Orient pour le compte des rebelles congolais» a déclaré le contrebandier Kamlesh Pattni.
Pour justifier l’intervention des deux banques étrangères dans des affaires intéressant les Congolais, Kamlesh Pattni a expliqué «Au Congo, il n’y a pas un système bancaire fiable comme tel et très peu de rebelles congolais ont des comptes bancaires à l’étranger, dans des places comme Hong Kong ou Londres.
Le Congo a été ravagé par des années et des années de guerres et la majorité des Congolais sont des illettrés. Ils ne parlent pas couramment l’Anglais. Ils parlent le Swahili et un peu de Français et dépendent des agences comme Hawallas, pareil à Western Union. C’est pourquoi Rattan et Solitaire devaient nécessairement contrôler les comptes.» Ajoutant que « Très peu de rebelles congolais ou angolais disposent de comptes bancaires à l’étranger, et pourtant ils veulent importer des produits de l’étranger. Eux, [les rebelles du RCD-Goma] voulaient des filets de pêche importés de Hong Kong, de Singapour, et d’Indonésie et le Johnny Walker (whisky) importé de Londres. La valeur des diamants, de l’or et d’autres ressources minérales a été déterminée et convertie en dollars par Forex-C (Bureau de change ?) et transférée à Rattan et Solitaire pour que les produits qu’ils voulaient importer de Singapour, d’Indonésie et de Hong Kong et d’ailleurs, leur soient délivrés ».
Pattni a insisté qu’il n’importait pas directement les diamants ou l’or de la République Démocratique du Congo. Les rebelles venus de Kisangani de passage à Nairobi allaient proposer des pierres précieuses à sa banque Goldenberg ; lui payait soit en espèces soit en produits de base, sans payer les taxes au trésor public Kenyan. Il accumulait ainsi des intérêts colossaux parce que les rebelles congolais, eux ne savaient pas au juste combien ce monsieur transférait en utilisant de faux noms, des codes secrets bien sûr, aux Banques européennes citées ci-haut.
Plattni nie ne pas avoir violé la loi internationale « parce que la République Démocratique du Congo est réputée en transactions illégales de diamants. Les revenus de ces diamants sont utilisés pour financer la guerre et c’est pourquoi on les qualifie de diamants de sang, et ne sont pas reconnus par la loi internationale ».
Les observateurs notent ici que l’argument évoqué par Kamlesh Pattni ne tient pas car le grief pour lequel il est poursuivi est celui d’avoir financé une guerre, quelle que soit l’origine des fonds. Il est donc poursuivi pour avoir organisé de la contrebande en vue de financer une rébellion d’un côté et de l’autre, de faire du Kenya la plaque tournante de ces produits de la contrebande.
L’opinion regrette par ailleurs que la République Démocratique du Congo soit devenue la risée de ses voisins qui sont aidés en cela par des gens sans nationalisme (comme les rebelles de tous genres) et qui ne font pas prévaloir l’intérêt de la Nation avant toute chose !
Quand est-ce que les soi-disant rebelles congolais vont-ils comprendre que l’intérêt national doit compter avant toute chose?
MMC/ A.R. Lokongo
Onosumba accorde à Kagame l'excusivité de l'exploitation du Coltan pour son allégeance à Kigali
Il a, en effet décidé dxaccorder à Somigel, une société rwandaise chapeautée par les proches de Paul Kagame
Goma , 25.11.2000 | Politics
Les diamants exploités frauduleusement en Rdc n'ont pas suffi aux Rwandais pour compenser les dépenses financières de leur agression. Ils viennent à nouveau de mettre la main sur un métal rare appelé Coltan. Cette tâche leur a été facilité par l'actuel directoire du Rcd dirigé par Onosumba après la révocation-démission d'llunga.
Il a, en effet décidé d'accorder à Somigel, une société rwandaise chapeautée par les proches de Paul Kagame, l'exclusivité de l'exportation de ce métal précieux. Issu de l'alliage entre Colombo et Tantale, le Coltan est un métal hautement stratégique. Sur le plan militaire, il sert à la fabrication d'ogives pour les armes balistiques. Dans le civil, il est utilisé dans l'électronique et la médecine.
L'Afrique regorge de 80% des réserves mondiales de ce métal précieux. On les retrouve au Congo-Brazzaville en petite quantité et en Rdc qui en dispose pour les 2/3 de ces réserves.
Selon les récentes études de prospection, le Coltan a été localisé essentiellement au Maniema et à Masisi dans le Nord-Kivu. Une partie du Sud-Kivu notamment la localité de Nyalukungu où les Rwandais et les Maï-Maï s'affrontent pour son contrôle, est aussi déclaré riche en Coltan. En plus de l'importance de son sous-sol, cette localité est dotée d'un aéroport.
Le chef du département des mines, M. Kihimbi, a déclaré hier, à cet effet, sur RFi que les comptoirs vont continuer de fonctionner normalement. Mais, a-t-il enchaîné, leurs produits d'achat seront versés à la Somigel pour exportation.
Cette exclusivité va permettre de mettre fin à la fraude qui a caractérisée la vente du Coltan par les comptoirs privés. Ils prétendaient écouler le kilogramme dudit métal à 15 $, a précisé le responsable des mines du Rcd.
Il a en outre ajouté que les comptoirs privés profitaient de ce prix au rabais pour bénéficier d'une réduction des taxes.
«L'exonération des taxes à l'importation accordée à Somigel, va permettre au Rcd de rentrer valablement dans ses droits» a-t-il prétendu.
Les 19 comptoirs installés pour la plupart à Goma n'ont pas arrangé les autorités rwandaises qui ont jalousé de voir des simples privés brasser les dollars à leur place. Chaque comptoir pouvait exporter facilement jusqu'à 5 tonnes de ce métal. Reste à savoir si c'est par mois ou par an. Une précision importante.
Le Coltan défraie la chronique au moment où la commission d'enquête chargée de l'exploitation frauduleuse des matières précieuses continue à réunir les preuves de culpabilité des autorités rwandaises. Ces dernières travaillent de connivence avec les responsables du Rcd pour les pillages de ressources du sous-sol congolais.
Il appartient à la communauté internationale d'œuvrer pour empêcher les agresseurs à piller le sol et te sous-sol congolais au nom d'une guerre qui n'est plus qu'un prétexte fallacieux.
Emma Muntu | Le Palmarès
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