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HWR dénonce "le soutien" d'AngloGold Ashanti au FNI, "groupe armé meurtrier" d'Ituri
AFP 01.06.05 | 21h01
L’organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) a dénoncé le "soutien" apporté par la compagnie minière sud-africaine, AngloGold Ashanti, au FNI, une milice coupable "d'atrocités" en Ituri (nord-est de la République démocratique du Congo), ce qu'AngloGold Ashanti a assitôt démenti.
"La malédiction de l'or", un rapport publié jeudi, explique comment les mines d'or financent et arment des "chefs de guerre locaux", "auteurs de crimes contre l'humanité".
Il dénonce aussi l'achat par les marchés internationaux, européens notamment, d'or illégal passé en contrebande de RDC en Ouganda.Mais le rapport s'attache surtout à démontrer comment AngloGold Ashanti (groupe Anglo American) a établi "une relation mutuellement bénéfique" avec le Front nationaliste et intégrationniste (FNI), pour pouvoir prospecter en Ituri un site potentiellement riche en or, près de Mongbwalu, fief du groupe armé.
Selon Human Rights Watch, les combats des groupes armés pour le contrôle de Mongbwalu ont entraîné la mort d'au moins 2.000 civils entre juin 2002 et septembre 2004.A travers cette relation, "plus que de l'argent, la compagnie apporte une crédibilité politique à des chefs de guerre", a estimé l'auteure du rapport Anneke Van Woudenberg, en le présentant à la presse mercredi à Johannesburg.
Selon l'organisation, les contacts ont commencé fin 2003 - notamment avec le leader du FNI Floribert Ndjabu et son bras droit le "commandant" Iribi Pitchou - "apparemment pour demander la permission de démarrer la prospection à Mongbwalu", où la compagnie avait acquis une concession en 1996.
Les contacts, selon HWR, se sont ensuite régulièrement poursuivis, AngloGold apportant parfois "un soutien logistique aux miliciens (transport en hélicoptère) mais aussi financier", avec le paiement au FNI, jusqu'en septembre 2004, d'un "impôt" de six cents US par kilogramme de marchandise arrivant à l'aéroport local, et un versement en une fois de 8.000 dollars supplémentaires en janvier dernier.
AngloGold Ashanti a justifié ces versements mercredi après-midi lors d'une conférence de presse, en affirmant que ses représentants avaient été victimes "d'extorsion" et avaient payé sans en référer au siège.
"Ces paiements ne se reproduiront pas, ils sont contre nos principes et nos valeurs. Si nous devions être confrontés à de nouvelles tentatives d'extorsion, nous considèrerions alors cela comme des raisons de nous retirer", a assuré M. Godsell.Niant "toute relation" avec le FNI, le PDG a néanmoins reconnu qu'il y avait eu des cas de contacts entre des membres du FNI et des employés du site".
En revanche, il a mis l'accent sur le fait qu'AngloGold Ashanti n'était revenu en Ituri qu'après consultations, et avec l'aval de la mission des Nations unies (Monuc), ainsi que du gouvernement de transition de Kinshasa, auquel il verse 1,5 million USS par an de droits.Bobby Godsell s'est dit par ailleurs convaincu que "le lancement d'activités économiques était de nature à renforcer le processus de paix", tout en promettant que "la situation serait réétudiée très prochainement"."
Il est important d'investir dans un pays si cela soutient la paix et la démocratie, pas si cela va à son encontre en renforçant la main de chefs de guerre", a pour sa part estimé Anneke Van Woudenberg."Si la seule manière de faire des affaires" est de traiter avec "des chefs de guerre meurtriers" et accepter des "pots de vin", "alors il ne faut pas y aller", a-t-elle conclu.
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