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Impliqué dans une affaire de pillage des resources minières de la Rdc, le Ministre Thambwe Mwamba recherché par la justice à Bruxelles
La nouvelle de l’implication du Ministre Thambwe Mwamba dans le pillage des ressources minières de la Rdc a été publiée par le journal belge « Le Soir » avant sa confirmation par le porte-parole de l’office du procureur du Roi de Bruxelles. Le Ministre vient d’être impliqué après une longue enquête qui a enfin établi les faits.
Kinshasa , 27.04.2005 | Politics
Alexis Thambwe Mwamba, ministre Congolais du Plan est dans le collimateur de la justice belge qui a mené pendant plusieurs années une patiente et minutieuse enquête sur les pillages des ressources minières dans l’Est de la RD-Congo. L’enquête vient d’être bouclée. Alors que les Etats agresseurs de L’ex-Zaïre comparaissent déjà un à un devant les tribunaux internationaux, avec en premier l’Ouganda déféré actuellement à La Haye et le Rwanda en juillet prochain, en attendant et dans une moindre mesure, le tour du Burundi, la Belgique qu’une certaine opinion avait tôt accusée de complice des pillards, vient de faire le véritable Ponce Pilate.
En effet, le juge d’instruction bruxellois Michel Claise, à qui était confié la charge de ce dossier, vient de terminer sa tâche. Il a remis des milliers des pages au milieu de la semaine, fruit de ses investigations à la section financière du parquet de Bruxelles afin qu’elle rédige un réquisitoire pour traduire les présumés délinquants devant le tribunal correctionnel pour qu’ils soient jugés et condamnés, au prorata des charges à retenir contre chaque acteur par le tribunal.
La nouvelle a été rendue publique par le journal Le Soir avant d’être confirmée par le porte-parole de l’office du procureur du Roi de Bruxelles. Au parquet de la capitale belge, on reconnaît que la tâche n’était pas du tout facile dans la mesure où l’ex-rébellion du RCD et le Rwanda, également compromis dans ce dossier, n’avaient pas facilité le
travail des enquêteurs. Il a fallu l’expérience et la perspicacité de ce juge et surtout une armée d’enquêteurs et l’aide précieuse de la cooperation policière transfrontalière, et Europol (La police européenne) pour arriver à établir les preuves de ce vaste trafic entre la RDC et la Belgique, via le Rwanda.
Tout est parti de l’aéroport de Zaventem. Décembre 2002, après une longue et patiente filature, la police longue et patiente filature, la police belge met la main sur un sujet pakistanais, naturalisé canadien, avec un véritable trésor de guerre constitué de 50 kilos d’or en provenance de Kigali via Nairobi. Le canadopakistanais, Zulfakarim Panju, sur qui le précieux colis est trouvé, a été trahi par des nombreuses traces de voyages réguliers entre Bruxelles et Kigali a bord du même vol de la défunte Sabena, sans jamais passer de nuit dans sa ville de destination, Kigali, la capitale rwandaise.
La police des frontières belge est intriguée par ce tourisme d’un autre genre. Elle enquête. Tout va vite. L’homme est pris la main dans le sac. Il craque. Il cite ses patrons. En tête, madame Aziza Kulsum Gulamali, une redoutable femme d’affaires burundaise, récemment naturalisée belge. Avec lui, un member influent de l’ex-rébellion pro rwandaise, le Congolais Alexis Thambwe Mwamba, ancien baron du MPR et douanier sous Mobutu. Egalement ancien dirigeant d’une entreprise minière de l’ex-Zaïre, la Sominki qui exploite depuis des années l’or, la cassitérite et le coltan.
Alors à la tête de celle-ci, une affaire l’avait également éclaboussé au sujet du vol sans effraction de plusieurs dizaines de kilos d’or dans les coffres fort de la société qu’il présidait, or volé, avec la complicité du chef de la police minière ; un proche de Thambwe. Les traces de ce cambriolage du siècle seront retrouvées plus tard à Bujumbura. A Bujumbura où justement, le patron de la Sominki se rendait régulièrement à l’époque, pour semble-t-il, préparer à l’université de cette ville, sa licence en droit qu’il a fini par obtenir mais ses supposés collègues de promotion que nous avons rencontrés lors de l’un de nos récents reportages à Bujumbura, ne se souviennent pas l’avoir vu aux cours.
L’affaire de l’or volé à Kamituga fit grand bruit, mais à cause de l’implication des chefs, elle n’a jamais connu un dénouement jusqu’à ce jour, nous a confié désabusé un Cadre belge retraité de la Société minière du Kivu. Outre madame Gulamali, un home d’affaires belge, Jacques Vanden Abeele est cité comme coordonnateur des activités illicites en Belgique. Un colonel rwandais proche de Kagame assure la protection au Kivu et le sauf conduit au Rwanda. Lui aussi est sur la liste rouge du juge Michel Claise. A la découverte de l’affaire, le RCD était soupçonné de chapeauter l’opération ou du moins de la bénir. Quelques membres de cette rébellion sont meme descendus à Bruxelles pour plaider la cause du mouvement insurrectionnel d’obédience rwandaise.
Nous sommes en décembre 2002. Ils insistent auprès des enquêteurs bruxellois que le fruit des produits qui transitent entre leurs mains ne sent pas à acheter les armes. Ils n’en prélèvent que des taxes comme «autorité gouvernementale ». Le juge Michel Claise prend bonne note. Il poursuit ses investigations et tombe sur le pot aux roses. Un gros Poisson est pris dans ses filets. Thambwe Mwamba, ci-devant, member influent du RCD et qui a comme maîtresse, la fille de Gulamali, qui siège actuellement au parlement de transition et avec laquelle, Thambwe aurait même eu un enfant. Ce lien sentimental n’explique pas tout ni n’exonère le crime.
En Suisse, en Belgique et au Grand Duché de Luxembourg, les comptes bancaires virent aussi un pan de leurs impénétrables secrets. Pas de doute, l’alibi selon lequel l’argent qui transitait par ses comptes en relation avec les virements de Aziza Gulamali aurait trait à une transaction mobilière à Bukavu ne tient pas du tout debout. La valeur bien déclaré vendu à Bukavu n’explique pas le montant des virements enregistrés. La preuve du blanchissement d’argent est vite retenue. Thambwe n’échappera pas, il devra comparaître et risque plusieurs années de prison pour blanchissement d’argent, pillage et trafic illicite des minerais. Ce qui pourrait quelque peu ternir l’image politique du ministre technocrate.
Le Malheur ne vient jamais seul, comme on dit. Pendant cette épuisante enquête, d’autres plaintes contre Thambwe Mwamba sont déposées auprès de la justice belge en rapport avec un crime de guerre et/ou crime contre l’humanité.
Seulement ce crime imprescriptible, sauf si un sujet belge est victime, est de la compétence exclusive de la Cour Pénale de Justice(CPJ) qui vient d’être instituée à cet effet. La justice belge orientera certainement les plaignants à la bonne destination, sachant que la CPJ attend de pied ferme les accuses coupables de crime contre l’humanité, une infraction qu’aucune amnistie ne peut effacer.
Selon les plaignants, dont des veuves du personnel naviguant de cabine (PNC) et des pilotes tués. Thambwe avait reconnu avec arrogance sa totale responsabilité sur la radio française RFI. Il avait à l’époque avoué avoir donné l’ordre aux militaires rebelles d’abattre au dessus de sa ville natale de Kindu, un avion civil qui transportait des passagers civils et qui avait fait des dizaines de morts innocents dont ses nombreux compatriotes du Maniema qui ne peuvent certainement pas le lui pardonner.
Quant au procès en perspective qui se déroutera d’ici l’été prochain, lié au trafic illicite des minerais et au blanchiment d’argent sale, ses avocats qui avaient brandi jusque là son immunité liée à ses actuelles charges d’Etat, nous a confié un professeur de droit pénal, ont peut-être confondu l’actuelle procedure pénale avec celle relative à la loi sur la competence universelle modifiée dernièrement par le parlement belge, sous pression Américaine et Israélienne à la suite des plaintes déposées contre George W. Bush et Ariel Sharon. La loi sur la compétence universelle ne permet plus de poursuivre en Belgique les autorités étrangères en fonction comme avant sa modification.
Mais ici, il s’agit d’un procès pénal ordinaire, étant donné que les présumés delinquents remplissent an moins deux conditions pour être poursuivis en Belgique. Ils ont leurs domiciles au Royaume de Belgique (Aziza, Thambwe. Vanden Abeele,...) et les faits leur reprochés se déroulent notamment sur le territoire belge, en ce qui concerne le blanchiment d’argent et le trafic illicite des minerais pillés à l’est de la RDC et vendus on tout au moins, négociés sur le territoire belge.
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