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Exploiter le cuivre tout en aidant les villageois
Kinshasa , 24.03.2005 | Society
Les Canadiens de la Compagnie minière de Sakania, au Sud-Est du Katanga ne se contentent pas d’exploiter le cuivre. Ils ont introduit la pisciculture et l’agriculture modernes, construit des routes et apporté l’eau et l’électricité aux villageois enchantés de ces progress.
Les Canadiens de la Compagnie minière de Sakania, au sud-est du Katanga, ne se contentent pas d’exploiter le cuivre. Ils ont introduit la pisciculture et l’agriculture modernes, construit des routes et apporté l’eau et l’électricité aux villageois enchantés de ces progrès.
Vêtu d’un costume traditionnel en raphia et arborant une couronne garnie des plumes de pintades, le chef de terre Mwine Chalo esquisse quelques de danse au rythme des tambours et des tamtams. La cérémonie qu’il préside ce jour invoque les mânes des ancêtres pour l’accueil de toutes les personnes ayant nouvellement élu domicile dans sa chefferie.
Avant de se retirer dans sa case il avertit les nouveaux venus en agitant la chasse-mouches de sa main droite : « Ma chefferie où nous avons maintenant des routes et de l’électricité comme en ville est ouverte à tout le monde pour y habiter. Excepté les voleurs, les paresseux, les coureurs des jupons, les prostituées et les fumeurs de chanvre».
Nous sommes à Lonshi, une contrée au sol aride du territoire de Sakania, située à plus de 400 km au sud-est de Lubumbashi et à environ 20 km de la ville minière zambienne de Ndola. C’est dans ce bout de territoire congolais enfoncé à l’intérieur de la Zambie qu’est installée la Compagnie minière de Sakania (Comisa), une finale de la société canadienne First Quintum minerais.
Elle y exploite depuis trois ans le minerai de cuivre. Bien que leur sous-sol regorge de cuivre, es paysans de Lonshi vivent essentiellement de agriculture. Mais leur terre devenue très cuivrée ne produisant plus, ils l’avaient presque désertée. Petit à petit les villageois y retournent pourtant depuis l’arrivée des Canadiens de la Comisa. Car, ils peuvent de nouveau cultiver faire à pisciculture et bénéficier de l’eau potable et de l’électricité.
Les Canadiens ont en effet détourné le ruisseau de Lonshi pour forger un étang de 1,5 km de long et 450 mètres de large. Ils y ont injecté 10.000 alevins de tilapias, et les villageois comme les travailleurs de la Comsa peuvent. Trois fois par semaine prendre gratuitement une bassine de poissons. « C’est du jamais vu d’avoir du Poisson frais dans cette contrée où nous n’avons pas de rivières poissonneuses » raconte Jean-Pierre Lunda Bululu, initié comme d’autres villageois de l’élevage des poissons. La société canadienne aménage 25 autres étangs qui seront gérés par des paysans organisés en coopératives
Pays saigné à blanc
Sur le plan agricole, la Comisa n’importe pas de farine de maïs, de haricots ou d’oignons de Zambie ou d’Afrique du Sud pour ses travailleurs. Elle aménage, depuis le début de cette année, des espaces agricoles autour des zones minières au profit des paysans. A peu de frais, la société loue ses engins aux employés et aux paysans pour cultiver la terre. Un agronome leur donne aussi des conseils. »Depuis deux ans nous recevons gratuitement des semences et des engrais de ces Blancs que Dieu nous a envoyés ici, se réjouit Pierre Musonda. J’ai récolte 35 sacs de maïs graines de 100 kg sur mon lopin de terre l’année dernière. La Comisa en a acheté 25 à un très bon prix. Le reste, c’est pour notre alimentation. Dans un Congo qui sort de cinq années de guerre, il est rare d’entendre les populations saluer les actions menées par des investisseurs étrangers accusés souvent de pillage des ressources minières du pays.
Dans le Katanga comme à Kinshasa la capitale, les manchettes des journaux affichent à ce propos des titres souvent rageurs: « Le Katanga saigné à blanc par des investisseurs coréens et pakistanais. L’exploitation minière au Katanga, un danger pour la RD Congo » ou encore « Les populations rurales autour des sites miniers roulés dans la farine par des investisseurs chinois et libanais).
Depuis la privatisation de l’exploitation minière en 2000, des investisseurs de tous bards quadrillent en effet le pays, le Katanga en tête, pour exploiter les minerais de cuivre, de cobalt, de zinc, d’étain. de fer, de coltan ou encore l’uranium.
Pour les Congolais, ces richesses profitent aux seuls investisseurs étrangers ainsi qu’aux dirigeants du pays qui leur octroient les permis d’exploitation minière. A Kolwezi dans le sud Katanga riche en cuivre, par exemple, les paysans ne cessent de dénoncer l’expropriation de terres arables, la pollution de l’environnement, la détérioration de la santé des mineurs et creuseurs qui travaillent sans équipements appropriés...
L’exemple sud-africain
Le directeur général de la firme canadienne lui à une autre conception: « Nous estimons que la bonne politique est celle qui encourage les investissements étrangers qui tiennent compte des intérêts des paysans vivant dans les en virons des sites miniers et qui protégent l’environnement de tout risque de pollution... ». Sa société qui a pour slogan « l’homme avant tout, les minerais après », dit vouloir s’inspirer de l’exemple de la compagnie minière qui exploite le platine sur la terre des Bafokeng, en Afrique du Sud. « Le roi des Bafokeng, Leruo Tshikedi Lolotlegi perçoit par an les redevances de 250 millions de dollars qui sont destinés aux projets de développement de son royaume », témoigne-t-il.
A Lonshi, la Comisa a étendu l’électrification de ses installations aux camps des employés et aux villages avoisinants. L’eau potable coule régulièrement des robinets. Paysanne de Lonshi, Marthe Kaseba Changwe est amère, elle regrette que cette société se soit installée très tard dans sa contrée. « J’ai perdu quatre enfants en 1998 au cours d’une même semaine par manque d’eau potable, dit-elle. Ils urinaient du sang. Les médecins de Ndola mont dit qu’ils souffraient de la bilharziose ».
La Tempête des Tropiques/Bethuel Kasamwa/ Tuseko/S
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