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LE COLTAN CONGOLAIS PILLÉ A PARTIR DES TERRITOIRES OCCUPÉS SEME LA PANIQUE AUX PAYS BAS ET EN BELGIQUE
Par Antoine Roger Lokongo,
L’escalade pour le pillage illégal des richesses naturelles et minérales de la République Démocratique du Congo se poursuit. Et presque tous les pays de la planète y prennent part. Le Congo avec ses resources importantes et encore pratiquement inexploités, épuisées ailleurs dans le monde, fait l’objet d’une compétition implacable entre les grandes puissances industrielles: France, Belgique, Hollande, Allemagne, Grande Bretagne, États-Unis, Canada, sans oublier l’Afrique du Sud, la Corée, l’Israël, la Chine, la Thaïlande, la Russie…dont les sociétés essaient dans le sillage des armées, de se tailler des parts de marché et d’arracher des concessions minières, des contrats juteux d’exploitation du coltan, du diamant, de l’or, du cuivre, du cobalt, de bois, etc.
Il y a quelques mois, une information publiée dans la presse Belge et Hollandaise laissait entendre que des quantités importantes de coltan radioactif pillées dans les territoires Congolais occupés, ont été interceptées à plusieurs réprises dans le port industriel Hollandais de Rotterdam; mais qu’elles auraient été destinées à une entreprise basé à Liège. Il n’est pas exclu que des quantités identiques transitent également par le port d’Anvers notamment.
Guy Franceschi, un expert-géologue, vient de lancer un avertissement à la Commission des Grands Lacs du Sénat Belge en ces termes: «Il faudrait s’inquiéter du transport du coltan radioactif susceptible de s’opérer par la Belgique.»
Le coltan est utilisé dans la fabrication d’ordinateurs portables, de GSM ou des téléphones cellulaires, ou encore d’éoliennes (machines qui utilisent la force motrice du vent). La companie Britannique M&M (Metals and Minerals) est devenu le distributeur principal du coltan pillé à partir du Congo à tous les autres réseaux en Grande Brétagne, y compri Vodafone.
Vodafone se spécialise dans la vente des téléphones portables, mais actuellement la companie est presqu’en faillite. Pour se tirer d’affaires, Vodafone vient de lancer ses opérations en Afrique où il existe encore «un marché potentiel enorme».
Ce n’est donc pas une surprise que vodacom, une société de communication cellulaire de droit Sud-Africain, en même temps une filière du géant multinational Anglais Vodafone, vient de s’installer à Mbuji-Mayi. Bonne nouvelle pour les Mbiji-Mayais, sauf que leurs téléphones céllulaires qui doivent les coûter cher, est peut être fabriquées à partir du coltan Congolais illégalement pillé!!! C’est ça l’ironie! Mais ventre affamée n’a pas d’oreille, dit-on.
Par ailleurs, sitôt après le déclenchement de la guerre d’agression, une femme Anglaise est devenue une propriétaire d’une Okapi, ce mammifère qu’on ne trouve qu’au Congo Démocratique.
La guerre d’agression que nous subissons il y a presque quatre ans a sûrement des protagonistes en dehors de l’Afrique. Souvenons-nous que pendant la Conférence de Berlin de 1884, les protagonistes Européens et Américains s’étaient réunis autour d’une table pour décider, sans tenir compte des populations locales, de l’avenir de ce qui allait devenir État Indépendant du Congo, propriété privée de Leopold II…
L’histoire risque –t-elle de se répèter sous d’autres formes en plein 21me siècle? Qu’arrivera-t-il au pays de Patrice Lumumba et de Laurent Désiré Kabila? Somalisation? Balkanisation? Partition? Les choses devront être un peu plus claires à partir du 30 Juin prochain. En attendant soyons vigilants!
Les sociétés européennes de pointe comme Alcatel, Nokia ou Siemens doivent de leur côté s'assurer que le coltan provenant des zones en guerre disparaissent de leurs lignes de production.
Kinshasa , 05.06.2002 | Economy
Depuis quatre ans la population congolaise est la proie d'une guerre dont enjeu principal réside dans les immenses ressources naturelles du pays. Une nouvelle enquête de l'institut de recherche indépendant IPIS (International Peace Information Service) démontre que des sociétés européennes qui font le commerce du coltan contribuent au financement de la guerre en RDC.
Le minéral de coltan contient du tantale, un métal rare qui est utilisé dans l'industrie de haute technologie pour la production, entre autres, de téléphones mobiles et d'ordinateurs IPIS a enquêté sur les activités commerciales dans l'Est du Congo et au Rwanda d'une série de sociétés épinglées dans le Rapport des Nations Unies sur l'exploitation illégale des ressources naturelles de RDC. Il s'agit entre autres des sociétés belges Cogecom et Sogem (filiale de Umicore, ex-Union Minière), de l'allemande Masingiro GmbH, de la néerlandaise Chemie Pharmacie Holland et de la société offshore suisse Finmining. "Certaines des sociétés sur lesquelles nous avons enquêté ont joué un rôle important dans la perpétuation de la guerre en collaborant directement avec les rebelles ou leurs allies rwandais. D'autres ont contribué indirectement au financement de la guerre en s'acquittant de taxes exigées par les acteurs armés", explique Jeroen Cuvelier de IPIS.
Une large coalition d'ONG européennes appuie les recommandations formulées sur base de l'enquête à leurs gouvernements, aux Nations Unies, à l'Union européenne et au secteur privé. Elles réclament un embargo temporaire sur le commerce du coltan et d'autres ressources naturelles provenant des territoires occupés de RDC et des pays impliqués dans la guerre. Cet embargo devrait permettre d'enquêter sur les sociétés concernées et de prendre des mesures pour éviter que ce commerce ne contribue directement ou indirectement au financement de la guerre. "Le Conseil de Sécurité a décidé le 19 décembre 2001 de reporter de six mois supplémentaires l'éventuelle application d'une telle mesure.
C'est inacceptable dénonce Marc-Olivier Herman, de l'ONG belge Broederlijk Delen, au nom de la coalition des ONG. Les Etats européens ont une responsabilité particulière. Ils doivent prendre des initiatives d'urgence. Les sociétés européennes de pointe comme Alcatel, Nokia ou Siemens doivent de leur côté s'assurer que le coltan provenant des zones en guerre disparaissent de leurs lignes de production
Ipis, Belgique
Antoine Roger Lokongo, L’Avenir
L'implication des USA dans le pillage des minerais de la Rdc se précise
les métaux comme tentalite, or, étain sont pillées par les Usa via Kigali
Kivu , 06.11.2000 | Politics
Les Usa ne portent pas les masques pour arracher la commercialisation du tantale, un métal produit au Kivu et très nécessaire à l'économie internationale. Cela, à travers ‘‘ Cabot Performance Materials et Hc Starck pour lesquels l'ambassade des Etats-Unis à Kigali s'est proposée d'être l'intermédiaire.
Plus les jours passent, plus un pan de voile se lève sur le pillage qui s'opère sur les richesses minières à l'Est de la Rdc par les agresseurs. Le cas du Rwanda est le plus patent car d'après une étude qui vient d'être menée par une institution fiable, l'économie de ce petit pays ne dépendait jusqu'à il y a peu que des petites coopératives et d'exploitation artisanales pendant que l'exportation des ressources minières ne représentait que 10% des exportations. Il s'agit du Colombo, de l'or, de l'étain et de la tantalite qui était exportée à raison de 28 tonnes en 1996. Le moins que l'on puisse dire est que, tous ces produits miniers se situant dans le prolongement de l'économie rwandaise sont exploités en quantités importantes au Kivu et au Maniema.
Des filières en “trompe l'œil”
Actuellement, dans le souci de s'approprier des matières premières made in Kivu sans trop laisser de traces, le Rwanda opère en portant des gants sous la couverture de ses officiers qui font tout pour effacer l'idée d'une quelconque implication étrangère. Quant à la commercialisation, il nous revient qu'elle se fait à travers les filières contrôlées exclusivement soit par des rwandais soit par des libanais agissant sous le parapluie des officiers de l'armée rwandaise qui ont mission de rendre compte à Kagame sur tous les faits et gestes. C'est ainsi que l'on cite le groupe dit de Kigali qui, au même titre que celui de Victoria, est engagé dans le trafic de substances précieuses et de l'argent frais. Le diamant quant à lui serait sous le contrôle exclusif du frère d'Abdul Karim qui n'est autre que l'associé de Khanafer qui opère lui, avec l'Ouganda. Dès lors, il n'est pas étonnant que l'on voit les comptoirs de diamant flétrir à Kigali. Sur la même lancée, les transactions de l'or, de la cassiterite et du coltane sont gérées du côté congolais par Mme Gulamali, autrement appelée Aziza Kulsum. De cette dernière, on renseigne qu'elle s'est lancée dans le commerce de l'or peu avant 1981. Après, elle prospérera comme fournisseur d'armes au FDD de Nyangoma, en collaboration avec Baramoto et Nzimbi.
La filière, telle que décrite, serait incomplète si on n'ajoutait pas Rujugiro, un richissime homme d'affaires rwandais proche de Bagaza et de Kagame qui contrôle le circuit des cigarettes et des matières précieuses. A celui-ci s'ajoute Sanjivan Ruprah et “Little Rock Mining''.
S'il est vrai que le Rwanda de Kagame tire ses ressources de l'or et du diamant congolais mis à part les autres produits ci-haut mentionnés, il n'est pas moins vrai que le pays de Kagame est confortablement assis sur la commercialisation de la tantalite. Peu connue du commun des congolais, la tantalite est un métal fort prisé pour la seule raison qu'il joue un rôle prépondérant dans les téléphones mobiles, les ordinateurs et l'industrie aérospatiale. Sa demande, avons-nous appris, ne cesse de croître. A ce jour, le Rwanda exporte entre 150 à 255 tonnes à raison de Usd 63 par kilo de ce métal pourtant, avant la guerre d'agression son exportation s'élevait à près de 100 tonnes environ. Ce qui, d'après l'étude en Question, face à une production mondiale estimée à 1.690 tonnes en 1998, l'on peut conclure facilement que l'apport du Rwanda est de 8 à 15%. La tantalite, à en croire l'étude, semble être le seul métal produit au Kivu vraiment nécessaire pour l'économie internationale. D'où l'intensité de la recherche des gisements et la multiplication des points de vente et l'implication directe des Etats-Unis à ce sujet à travers Cabot Performance Materials (Boyertown USA) et HC Starck est révélatrice.
Il est fait mention de l'ambassade des Etats-Unis à Kigali qui s'était proposée comme intermédiaire pour la vente de la tantalite et n'ayant pas obtenu gain de cause, est revenue à la charge en mars 1999 pour proposer l'offre de joint-venture de la société “Sogermi”, créée par le Fpr. D'où cette conclusion pour la moins surprenante en principe, cette activité fait sans doute pari de la tâche régulière d'une ambassade, dans le contexte actuel de pillage des ressources du Congo, la connotation devient différente”.
Laurent Buadi | L'Avenir
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