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Le Président Joseph Kabila se prononce sur les questions de l'heure: Version RFI
Joseph KABILA Kabange parle: Personne n’est au-dessus de la loi, le Président de la République lui-même.
RFI:(…) Nous avons tourné la page de l’impunité, du désordre, de la compassion. Après avoir tourné la page, le Congo, les institutions démocratiquement élues devraient se mettre au travail. Par conséquent, tous ceux qui pensent, à Kinshasa ou sur tout le territoire national, qu’ils peuvent empêcher les institutions de travailler pour le bien-être de la population doivent déchanter. L’action avait pour but de mettre une fois pour toutes un terme à la situation d’insécurité dans la Gombe et même à Kinshasa. Aujourd’hui, c’est chose faite. C’était cela l’essentiel.
Quel sort sera réservé à Jean-Pierre Bemba. Il semble prêt à dialoguer aujourd’hui.
Joseph Kabila: Quelles sont nos habitudes ? Le Président Kabila que vous avez connu avant les élections n’est plus le même. Vous avez connu un président qui a à tout moment cherché le consensus. C’était pour organiser les élections et stabiliser la situation politique. Aujourd’hui, c’est un Président élu. Je suis le garant de la Constitution, je dois assurer la sécurité de 60 millions de Congolais. Ce n’est pas avec des négociations qu’on va assurer la sécurité des Congolais. Je ne pense pas qu’il y ait des négociations à faire. Il faut faire respecter la loi.
Vous aviez dit lors de votre investiture, « finie la récréation » (…)
Joseph Kabila: Vous ne m’aviez pas cru. « Finie la récréation », c’était pour dire à tout le monde que la population devait se mettre au travail, à commencer par le Président et les institutions.
Jean-Pierre Bemba, dans sa dernière interview, a déclaré que c’était la 4è fois qu’on attentait à sa vie. Cette fois est donc la 5e. Si j’étais militaire, je vous demanderais comment vous faites pour rater votre cible à chaque fois, mais heureusement, je suis civil. Face à cette accusation répétée, l’opinion est convaincue que vous voulez attenter à sa vie. Aujourd’hui, vous êtes élu mais le pouvoir, pour être démocratique, doit avoir en face une opposition elle aussi démocratique. Vous avez signé un décret dans lequel vous donnez des moyens à trois des opposants. Et le gouvernement a pris acte de la décision de porter plainte contre M. Bemba. Que pouvez-vous faire pour sauver ce qui est sauvable au niveau de l’opposition ?
En ce qui concerne la plainte contre M. Bemba, c’est désormais le mandat de la justice. Je n’ai pas de commentaire à faire. On a adopté, avec la Constitution, le principe de la séparation des pouvoirs.
Quant aux pouvoirs accordés aux anciens Vice-Présidents, il faut instaurer une culture. Les 4 VP ont eu ces avantages grâce à un décret destiné à les mettre à l’abri. 12 policiers étaient destinés à leur sécurité physique, ils conservent les trois quarts de leur salaire, disposent de moyens de transport, d’un billet d’avion…C’est limité dans le temps, ça dure le temps de la législature en cours. En 2011, ces avantages tombent.
RFI:Que répondez-vous à ceux qui disent que vous ne communiquez pas assez souvent?
Joseph Kabila: Je ne pense pas. Vous étiez trop habitués aux discours dans ce pays, habituez-vous aux actions sur le terrain et moins aux discours.
RFI:Concernant l’affaire Kahemba, on vous accuse de laisser une partie du territoire congolais à l’Angola en échange de son soutien.
Joseph Kabila: Il y a une maladie dans ce pays, c’est l’intoxication, la rumeur. Qui a défendu ce pays plus que moi ? Qui ? Sur la ligne de front, dans les tranchées et sur les plans politique et diplomatique alors que ceux qui nous accusent aujourd’hui étaient de l’autre côté, en train d’appuyer des puissances qui avaient pénétré le pays.
Kahemba est à 100 km de la frontière, pas 200m. « Ils ont vendu Kahemba »…A qui ? à quel prix ? et quand ? Ils cherchent à faire croire à toute la population, comme si c’était une population bête, qu’on a vendu une partie du territoire.
Primo, c’est ridicule. Secundo, le Congo est un Etat moderne. Nous avons des cadres de concertation avec nos voisins, notamment la grande commission mixte. Nous avons activé ce mécanisme. Une délégation angolaise est venue sur place. Des experts angolais et congolais sont sur le terrain. Ils vont identifier la borne 28 et savoir si effectivement les Angolais ont passé la frontière ou si ce sont des Congolais qui sont passés en Angola. Une commission parlementaire est également sur le terrain. Attendons leur rapport. Si l’on n’arrive pas à trouver une solution, il y a d’autres mécanismes comme l’Union Africaine ou les Nations Unies, mais nous n’en sommes pas là. IL faut bannir à jamais cette culture du mensonge, de la rumeur, de l’intoxication qui a comme but le soulèvement de la population. Pour moi, c’est tout à faire ridicule.
RFI:Un certain nombre de députés de l’opposition se sentent menacés, leurs média ne fonctionnent pas. Que pouvez-vous dire de la sécurité et de la liberté d’expression ?
Joseph Kabila: C’est constitutionnel. Les députés peuvent être à l’aise. Il y a eu des dérapages mais ce n’est pas seulement au Congo. En Irak, en Afghanistan aussi. Quant aux média de l’opposition, je n’en ai pas entendu parler, il faut demander au ministre de l’Information.
RFI:Ce pays est rongé par la rumeur, dites-vous. Donc il faut la combattre par l’information. Or, vous parlez peu. En 100 jours de pouvoir, c’est la première fois que vous parlez à la presse. Est-ce suffisant pour combattre l’intoxication ? Sur la question de Kahemba, c’était la cacophonie gouvernementale. Il y a un problème de communication au gouvernement. Et quant aux 5 chantiers, quand estimez-vous que le Congolais moyen va en sentir les effets ?
Joseph Kabila: La rumeur, est-ce un problème de communication ? je ne pense pas. Par exemple, on m’a appelé, il y a deux semaines pour me demander si j’allais bien car la rumeur circulait qu’on m’avait tiré dessus. Pensez-vous que chaque jour, le Président doit aller dans les ngandas prendre une bière avec ses copains pour mettre fin aux rumeurs ? Je ne pense pas.
Quant à la cacophonie sur le cas de Kahemba. Le ministre s’est exprimé après avoir envoyé une commission de son ministère. Le gouvernement a maintenant pris la décision d’envoyer une commission mixte de vérification. A mon humble avis, il n’y a pas de cacophonie. Et la vérité va éclater au grand jour au retour des gens sur le terrain.
Concernant les 5 grands chantiers. IL y a ceux qui pensent que c’est une blague. C’est un réalité. Mais il n’y a pas que 5 chantiers. Tout est à refaire. Ce ne sont que les priorités des priorités identifiées pendant la campagne et avant. Cela fait partie du programme du gouvernement qui bientôt va présenter le budget à l’Assemblée nationale et vous verrez bien que c’est la priorité. Ils vont certainement démarrer avant la fin de cette année mais il faut qu’il y ait une loi budgétaire pour éviter le chaos dans la gestion des 5 chantiers.
RFI:La Monuc et d’autres ont toujours dit que la violence était évitable si les deux parties se mettaient autour de la table. Ne pensez-vous pas que vous avez perdu, au niveau du processus démocratique, une part de crédibilité ?
Joseph Kabila: Quelle est la contradiction sur le plan politique ? Le problème était militaire. Il y en a beaucoup qui évitaient de passer sur le boulevard comme si c’était un pays à part. La paix n’a pas de prix. Vous pouvez tout avoir, mais si vous n’avez pas la paix, vous n’avez rien. Et vous pouvez aussi manquer de tout, mais si vous avez la paix, vous avez l’espoir.
Qu’avons-nous vu ? Une milice qui voulait contrôler une partie de territoire. Est-ce que chez vous c’est une question politique ? De quoi va-t-on négocier et avec qui ? Quel est son statut ? Un chef de guerre ? Un politicien ? Peu importe l’avis de la Monuc, il fallait à tout prix rétablir l’ordre et dans les plus brefs délais. Une milice qui avait comme objectif d’aller prendre des points clefs de la ville, vous me dîtes qu’il faut négocier ! On négocie quand on est vivant, Monsieur. La réponse est tout à fait claire, on devait remettre de l’ordre dans la ville.
RFI:Vous dîtes que les milices voulaient prendre des points clefs de la ville. Il a été rapporté qu’elles avaient pris le contrôle du beach Ngobila, de Kin-Mazières, de l’aéroport de Ndolo et de la commune de Kinshasa. Pourquoi les forces gouvernementales ne l’ont pas empêché ? Qu’est-ce que le gouvernement compte faire pour ceux qui ont tout perdu dans les pillages ? Où est Jean-Pierre Bemba ? Quel est le bilan de ces affrontements ?
Joseph Kabila: Le combat, c’est quelque chose de dynamique, mais c’est aussi la confiance quand on sait qu’on va résoudre le problème de façon pacifique. Les autres avaient un plan diabolique. Ce que le gouvernement va faire pour ceux qui ont tout perdu. Tout d’abord nous présentons nos condoléances à cette population, notre compassion pour les blessés encore dans les hôpitaux. Et à la dernière réunion des ministres, le ministre des Affaires Humanitaires et le ministre des Affaires Sociales, ont reçu comme mission de faire le bilan et de voir comment le gouvernement pourrait venir en aide à cette population. Où est JP Bemba ? Je ne sais pas. Cette situation a été préparée à partir des événements du Bas Congo, et il y a eu une longue interview de JP Bemba en lingala qui montrait qu’il préparait intentionnellement ces événements. Dans certains quartiers, ils sont rentrés comme un couteau dans du beurre. Pourquoi cette confiance ? Dans tous les discours, il n’acceptait rien, il était visible qu’il ne peut vivre sans pouvoir.
Pourquoi cette confiance ? Peut-être parce que c’est un ancien Vice-Président. Les incidents que nous avons connus, je crois que c’était la troisième ou quatrième fois à Kinshasa et toujours autour d’un parti politique, le MLC et de son Président, Jean-Pierre Bemba. Je vous ai dit qu’au départ, l’objectif était d’a mener le pays aux élections. Si nous avions pris des mesures pareilles, on aurait dit que le Président Kabila ne voulait pas des élections. Maintenant que c’est chose faite, personne n’est au-dessus de la loi, le Président de la République lui-même. Quelqu’un a essayé de se mettre au-dessus de la loi. La loi vient de le remettre à sa place.
RFI:Quel sera l’apport de la Banque Mondiale? Quelle lecture faites-vous des événements du Bas Congo ? Quelle est votre position sur la double nationalité ?
Joseph Kabila: Je ne voudrais pas m’hasarder sur les chiffres mais Wolfowitz avait parlé de 180 M$ pour appuyer les 5 chantiers, mais pas seulement. Nous disons merci mais nous comptons beaucoup sur nos propres moyens.
Concernant le Bas Congo : au mois de janvier, il y a eu des incidents extrêmement graves qui ont choqué la population et moi-même parce que le peuple kongo est un peuple pacifique. Aussitôt informé, j’ai demandé au Procureur de la République d’aller sur place car il y a eu morts d’hommes, 89 personnes, pour initier une enquête. Au niveau de la justice, ils ont terminé avec l’enquête. Ils ont déposé une demande à l’Assemblée nationale pour la levée de l’immunité de certains députés impliqués. En attendant, il y a des officiers de renseignements qui ont été arrêtés et des mesures disciplinaires ont été prises. Mais l’enquête étant terminée, on attend encore une commission parlementaire et le Procureur sera dans l’obligation de poursuivre ceux qui ont été impliqués de près ou de loin. Une chose est sûre, personne ne sera au-dessus de la loi.
Le mouvement Bundu Dia Kongo doit faire un choix. Soit c’est une église, une secte, soit c’est un parti politique. Ils n’ont pas encore fait ce choix. On verra si le gouvernement ne sera pas amené à retirer l’autorisation de fonctionner à ce mouvement.
RFI:La presse internationale a fait état de l’appui de l’Angola dans ces affrontements. Qu’en est-il ? Les éléments en débandade se trouvent en partie de l’autre côté du fleuve, avez-vous pris contact avec le Congo-Brazzaville ?
Joseph Kabila: Les contacts sont en cours. Pour l’appui de l’Angola, il ne faut pas mépriser les Congolais. C’est ridicule. Chaque fois qu’il y a des opérations militaires qui réussissent quelque part, il y a eu des étrangers. Et en Ituri, est-ce qu’il y a des étrangers ? au Nord Katanga quand nous avons mis fin au phénomène des Mai Mai ? On voit des étrangers, des Angolais partout. C’est stupide. Le moment venu, il faudra aller demander à Luanda, au Président Dos Santos. Les forces armées sont en pleine restructuration et nous avons des unités capables de mener des opérations sur tout le territoire. N’eût été l’embargo sur notre pays et la bureaucratie internationale, nous aurions équipé notre armée pour qu’elle soit en mesure de maîtriser n’importe quelle situation sur tout le territoire. L’objectif pour 2008-2009, c’est d’avoir une armée bien entraînée, bien équipée et bien commandée. L’ambition de la Rdc est d’être en mesure de déployer des unités des forces armées, pourquoi pas au Darfour, en Somalie, dans des opérations de maintien de la paix. Il ne faut pas mépriser mon peuple.
RFI:Qui a tiré la première balle ? Il y a des gens en prison pour des actes commis avant votre élection, notamment Marie-Thérèse Nlandu et des personnes jugées pour l’assassinat de votre père dont le procès a été jugé inique. Il se peut qu’il y ait des innocents. Allez-vous rouvrir le procès, décréter une amnistie ?
Joseph Kabila: Aux Etats-Unis, deux ou trois Présidents de la République ont été assassinés. On a amnistié combien de ces assassins ? La démocratie, c’est aussi la justice. L’erreur, pendant la Transition, était de croire qu’on pouvait arriver à la réconciliation sans la justice. Tous ceux qui pensent pouvoir perturber le processus voyaient au bout du tunnel l’amnistie. C’est la page que nous avons tournée avec les élections.
Concernant Marie-Thérès Nlandu, l’affaire est entre les mains de la justice. Je ne suis ni Président de la Cour Suprême, ni Procureur, ni Auditeur. Je n’aimerais pas influencer la décision de la justice congolaise.
Maintenant « qui a commencé ? ». Je n’étais pas déployé sur le terrain pour savoir qui a commencé et comment. La question est de savoir s’il y a eu infraction. Le Chef d’Etat-Major général a donné un ultimatum pour qu’ils soient désarmés, intégrés à l’armée ou démobilisés. Bemba a dit que personne ne désarmerait ses hommes. Qui a ses hommes à lui dans ce pays ? Même le président n’a pas ses hommes à lui. Ce sont des jeunes gens au service de la nation. Ce ne sont pas des armées privées. Un jour, je ne serai plus Président. Est-ce que je vais tous les emmener chez moi ? Donc selon moi, cela ne va pas se répéter, ici à Kin ou à l’Est. Ceux qui sont à labase de l’insécurité seront traqués et mis à disposition de la justice.
Qui a commencé ? Je fais confiance au Chef d’Etat-Major qui a dit que ce sont les milices qui ont tiré sur les FARDC. Sur place, il y a eu sept morts. Il ne faut pas prendre cette histoire à la légère. Il y a plusieurs dizaines de morts dans nos hôpitaux, quelqu’un doit répondre de ses actes. Sinon il faut aller voir les familles et leur dire « comme c’est de la politique, on oublie tout ça. ». Il ne faut pas de double langage et accepter que des gens restent au-dessus des lois.
RFI:Que voule-vous faire de Bemba ? Est-il plus profitable de le laisser s’exiler ? Est-il nuisible pour votre pouvoir ? Que répondez-vous aux gens qui pensent que cette mise à l’écart peut faire glisser votre pays sur la pente du parti unique ?
Joseph Kabila: C’est archi-faux. Instituer un parti unique dans ce pays, c’est de la haute trahison. Je n’enfreindrai jamais la Constitution. Quant à Bemba, il faut poser la question au Procureur. Ce n’est pas une question politique. Chez vous, en France, est-ce que quelqu’un peut créer une milice à Paris, contrôler les Champs Elysées et deux jours après demander la réconciliation ? Ici, la réponse est non.
RFI:Allez-vous solliciter l’Afrique du Sud pour le voir livrer aux autorités de la République ?
Joseph Kabila: Je n’ai pas encore eu le Président Mbeki. Ici c’est la justice qui s’occupe de cela. Pour le moment, la question ne se pose pas.
RFI:En ce qui concerne les 5 grands chantiers, il faudrait commencer par la justice. Quel monument est envisagé devant le Palais du peuple ?
Joseph Kabila: Devant le palais, l’idée était de construire un monument en mémoire de ceux qui ont perdu la vie pendant la guerre. C’est une très bonne idée.
Sur les 5 chantiers, plusieurs textes de loi sont en gestation pour réformer la justice. Il y a beaucoup de faiblesse dans l’appareil judiciaire, mais il y a des projets de loi dont l’objectif est de renforcer l’appareil judiciaire.
RFI:Vous avez parlé en français, dans la langue officielle, mais 80% des gens parlent en langues nationales, n’est-ce pas nécessaire de donner aux langues nationales leur place ?
Joseph Kabila: J’ai bien capté le message, reçu 5/5.
RFI:Des enfants ont été mis à contribution dans la mise à sac de certains magasins. N’est-ce pas le moment de trouver une solution définitive pour l’encadrement de ces enfants? La milice de Bemba a été défaite. Parmi eux, il y a des hommes accusés de cannibalisme, que vont faire ces gens ?
Ils seront traduits devant la justice militaire. L’auditeur militaire a déjà reçu des instructions dans ce sens. Pour les enfants de la rue, il y a un programme du gouvernement présenté devant l’Assemblée Nationale. Des mesures ont été prises dans le sens de l’encadrement de ces enfants et de la réactivation du service nationale pour qu’ils soient utiles à la société.
RFI:On a connu beaucoup de foyers de tension à l’Est avec Nkunda. Aujourd’hui, on parle de ses éléments mixés mais il a un mandat d’arrêt. Qu’en est-il ? Aujourd’hui, vous êtes à 100 jours. Quel bilan faites-vous ? On n’a pas vu de signaux forts. Et j’aimerais votre point de vue sur le moratoire.
Joseph Kabila: Sur le moratoire, le point avait été mis à l’ordre du jour. Il concerne la mise en application de la loi. La Constitution est claire sur la double nationalité. La nationalité congolaise est une et exclusive.
Concernant Nkunda et le mixage, effectivement, il y a un mandat d’arrêt. Il ne fait plus partie des Fardc. Après les combats à l’Est en décembre et janvier, on a lancé un ultimatum. Il se rend ou il y aura des opérations militaires jusqu’à l’anéantir. Suite à cet ultimatum, des unités ont accepté de réintégrer l’armée. Il fallait d’abord les identifier. Qui est qui ? Qui a fait quoi ? L’objectif final est de mettre tout le monde sous commandement de l’Etat-Major de l’armée et de la région militaire. Ensuite il y aura redéploiement. Voilà la genèse de ce problème de mixage.
RFI:Quel bilan faites-vous de vos 100 jours ?
Joseph Kabila: Le mandat du Président n’est pas de 100 jours. C’est 5 ans. Je n’aime pas vraiment me lancer dans cette démagogie d’un bilan de cent jours. Qu’est-ce que l’on peut faire dans un pays de déliquescence comme cela en trois mois ? Sauf si vous voulez que je sois menteur ou démagogue. Le gros du travail est le suivi de la mise en place des institutions. Le Président, c’est la tête, mais la tête sans les jambes et les pieds, c’est tout à fait inefficace. C’est pourquoi nous avons mis en place toutes les institutions. Il y a déjà un programme du gouvernement qui a été adopté. Ce n’est pas seulement le gouvernement qui doit travailler. IL a pour mission de mettre au travail la population. Ce ne sont pas les 60 ministres qui vont reconstruire le pays. Pendant ces 100 jours, je n’étais pas du tout en vacances et ce sera le cas pour les 5 ans à venir.
Version digitalcongo.net
Ce jeudi matin 26 mars 2007, le Président J. Kabila a réuni autour de lui une cinquantaine de journalistes nationaux et étrangers avec lesquels il a fait un tour d’horizons exhaustif de toutes les questions de brûlante actualité nationale.
Autant on a vu samedi 24 mars dernier un Joseph Kabila soucieux accueillant Mme Brigitte Girardin ; la ministre française de la Coopération, autant les membres de la presse nationale et étrangère qu’il a conviés à aborder avec lui l’ensemble de la situation prévalant en République démocratique du Congo ont trouvé leur hôte du jour arborant un sourire amusé, mais utilisant des gestes manuels significatifs pour marteler ses propos. Il est vrai que, entre samedi 24 et lundi 26 mars 2007 ; beaucoup d’eau a coulé sur le fleuve, et que le climat politique a repris sa sérénité depuis que les éléments de la milice de l’ancien vice-Président de la République Jean-Pierre Bemba ont évacué le plancher de ,la manière forte par les troupes loyalistes épaulés par les éléments de la Garde présidentielle qui, ont fait montre d’une efficacité au combat dont on leur connaissait pas jusque-là.
Détendu au possible, le Président de la République s’est voulu le plus franc et le plus explicite possible dans les réponses aux questions concernant, entre autres, les derniers événements relatfis aux affrontements qui ont opposé dans la capitale la milice de Jean-Pierre Bemba aux éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo ; l’affaire dite de Kahemba qui créée un différend frontalier entre la Rdc et l’Angola ; son bilan de trois mois à la tête de la première législature de la Troisième République ; le déficit de communication dont on l’accuse face à certains événements qui surgissent dans le pays ; les avantages accordés aux anciens vice-Présidents de la République ; l’absence de signaux forts pour marquer effectivement le démarrage de ses 5 chantiers annoncés dans son discours d’investiture du 6 décembre 2006 ; les événements sanglants survenus dans le Bas-Congo fin février début mars 2006 : l’intervention présumée des troupes étrangères dans les affrontements du week-end dernier à Kinshasa ; le cas Nkundabatware dont a annoncé l’acceptation du processus de brassage et de mixage, et enfin l’ambition que nourrit le gouvernement de la République quant aux objectifs qui lui seront assignés.
A toutes les questions posées sur chacune de ces affaires, Joseph Kabila a fait montre d’une assurance admirable et d’une pertinence surprenante dans ses propos. Il a tellement épaté ses interlocuteurs qu’il les a avertis d’entrée de jeu qu’ils se trouvent présentement en présence d’« un autre Président Kabila que celui qu’ils ont connu avant les élections ». Une précision qu’il a voulue utile à l’adresse de ses hôtes, sans doute pour exprimer à ces derniers sa détermination à s’arc-bouter dorénavant aux sacro-saints principes de la séparation des pouvoirs telle qu’édictée par la pratique démocratique.
Les derniers affrontements armés du week-end dernier avec à la clé la débandade de la milice de JP Bemba et sa fuite dans une ambassade.
A la question d’ouverture de cet entretien qui a duré une heure et demie de temps et qui tendait à savoir s’il partage le point de vue de ceux qui pensent que la déconfiture militaire de Jean-Pierre Bemba préfigure son effacement programmé dans l’espace politique national, dans la mesure où le gouvernement rejette l’appel du leader du MLC pour des négociations politiques pour résoudre la crise actuelle, alors qui par le passé il n’a jamais tourné le dos au dialogue, Joseph Kabila a répondu qu’il ne faut pas voir dans cette attitude un quelconque revirement de sa part , c’est-à-dire une occasion toute faite d’écraser son adversaire. «Vous devrez savoir, a-t-il dit, que si depuis la fin de la transition le Congo a tourné une page de son histoire d’une façon définitive, cette page c’est celle de l’impunité, du désordre et de la confusion. Maintenant ; a-t-il renchéri, les institutions démocratiques élues doivent se mettre au travail. Par conséquent, tous ceux qu’ils peuvent empêcher ces institutions de travailler pour le bien du peuple congolais doivent déchanter ». Une réponse non biaisée qui renvoie à « Finie la récréation » !
Pour Joseph Kabila, la déroute de la milice de Jean-Pierre Bemba n’est ni plus ni moins que la volonté manifeste de l’une des institutions démocratiquement élue de « mettre une fois pour toutes fin à la situation d’insécurité qui a prévalu dans la commune de la Gombe depuis quelques temps », et qui a voulu faire la démonstration que dans ce pays il existait deux armées dont l’une répondait aux ordres des Jean-Pierre Bemba. Inadmissible en ces temps où le pouvoir vient des urnes, ce que l’ancien vice-Président a du mal à admettre depuis sa défaite électorale. «Aujourd’hui, c’est chose faite, a dit l’orateur du jour. Tout cela appartient au passé ! »
En tous les cas, le Chef de l’Etat a dégagé ses responsabilités sur l’ouverture de l’action judiciaire en voie d’être entamée à charge de l’ancien vice-Président de la République qui a nargué les lois de la République et usé de toutes sortes de conduites répréhensibles pour le souiller, lui, le Président de la République, et le chef d’Etat-major général des Fardc. « Si le Président de la transition que j’ai été avant les élections a privilégié la voie du consensus comme règlement des différends politiques, aujourd’hui vous avec face de vous un Président élu, garant de la Constitution. Comme tel, je dois assurer ka sécurité des 60 millions de Congolais. Les négociations n’ont plus de place en RDC, et force est désormais à la loi ».
Au journaliste qui demandait à savoir à cet effet si la magistrature avait les coudées franches pour assumer ses responsabilités, le Président Kabila a répondu que le gouvernement s’attelle à envoyer à l’Assemblée nationale ceux des textes inhérents à son fonctionnement.
S’agissant des avantages accordés aux anciens vice-Présidents de la République fin mandat après la transition et que d’aucuns estiment que ces avantages sont excessifs, le Chef de l’Etat a justifié la prise de cette décision dans un souci de mettre ces anciens hauts dignitaires de la République à l’abri du besoin. « N’oubliez pas que c’est la première fois dans notre histoire que nous avons eu des vice-Présidents de République dans notre pays, et, de ce fait a-t-il encore ajouté, je me suis senti obligé de leur assurer certaines commodités de la vie ». Pour Joseph Kabila donc, assurer la sécurité de ses anciens collaborateurs de l’espace présidentiel pendant la transition avec 12 policiers, leur accorder un logement décent, assurer des soins médicaux à l’étranger pour eux et pour les membres de leurs familles à l’étranger et enfin leur permettre de voyager une fois l’an n’est ni excessif, ni superfétatoire. D’autant plus que, a-t-il souligné comme pour relativiser cette critique, ces avantages ont une limite dans le temps, « puisqu’ils prennent fin avec la fin de cette première législature en cours».
Pourquoi ne communiquez-vous pas souvent Monsieur le Président, alors que votre adversaire principal fait dans l’intoxication pour déstabiliser les nouvelles institutions issues des urnes ? »
Réponse du berger à la bergère : « C’est vrai que l’on accuse de ne pas communiquer assez. Mais vous n’êtes pas sans savoir que depuis quelques temps, nos politiciens utilisent les rumeurs et l’intoxication comme des armes de combat politique. Je ne peux pas les suivre dans cette voie abjecte-là. C’est trop bas et c’est ridicule» !
Ridicules également ceux de ses accusateurs qui ne se gênent pas de répandre que l’on a vendu une partie de la République, a clamé le Chef de l’Etat qui a fait remarquer que Kahemba est à 100 Km de la frontière, sans qu’aucun de ces gens ne spécifient clairement qui a vendu, ni ne disent pour combien a été vendu ce qui aurait été prétendument vendu.
A cet effet, Joseph Kabila a tenu à faire comprendre à ses hôtes que son pays est un Etat moderne qui partage des frontières communes avec neufs pays voisins.
Et d’expliquer par la suite que des mécanismes ont été mis en marche pour qu’ensemble, avec nos voisins, nous puissions régler les problèmes qui se poseraient à nos frontières : ce sont les grandes commissions mixtes ; Celles-ci sont le cadre par excellence pour résoudre nos différends, comme celui frontalier qui nous oppose à l’Angola. Plus explicite, il a ajouté que pour le moment, « nous attendons le retour de l’équipe des experts et de la mission d’enquête parlementaire qui a été envoyé sur lez terrain afin d’identifier la borne 21 et déterminer effectivement si ce sont nos amis Angolais qui sont entrés chez nous, ou si c’est la population congolaise qui a traversé la frontière par mégarde et s’est installée de l’autre côté de la frontière ».
Ainsi donc, pour le Président Joseph Kabila, il ne voit aucune nécessité de rechercher le règlement de cette affaire dans la précipitation. « Si on n’arrive pas à trouver une solution à l’amiable, d’autres mécanismes existent, a-t-il fait remarquer avant d’ajouter que le recours aux bons offices de l’Union africaine et des Nations Unies seraient entre autres les derniers mécanismes qui pourraient nous remettre dans nos droits le cas échéant ». A ce propos, il a invité le peuple congolais à « bannir à jamais cette culture de mensonge, de rumeurs et d’intoxication : elle n’a pour tout objectif que de soulever inutilement la population » !
La question du bilan de ses 100 jours à la tête du pays pendant la première législature de la Troisième République a retenu toute son attention. A ceux qui lui font reproche de n’avoir donné aucun signal fort, Joseph Kabila a répondu qu’il doit être jugé sur les cinq qu’il aura à diriger le pays et non sur les 100 premiers jours de son mandat. Toutefois, il renvoie aux mois qui viennent. Les premières manifestation palpables relatifs aux 5 chantiers dont il a annoncé la réalisation le 6 décembre 2006. Il faudra attendre au préalable de l’Assemblée nationale qu’elle débatte de la loi budgétaire qui donnera au gouvernement de disposer des moyens de sa politique/ Et d’inviter la population à la patience.
Joseph Kabila a également tenu à faire remarquer s’agissant des 5 chantiers, que « dans ce pays tout est à faire, et les 5 chantiers font partie du programme gouvernemental. Il sera exécuté comme l’a promis le Premier ministre ».
A une question en rapport avec les derniers événements survenus dans la capitale, le Chef de l’Etat a présenté ses condoléances et celles du gouvernement, et il a promis une assistance aux blessés. Et selon le chef de l’Etat, son gouvernement établira le bilan des pertes matérielles avant de venir en aide aux personnes qui ont subi des dommages matériels.
Où est Jean-Pierre Bemba ? « Je ne sais pas », a répondu Joseph Kabila à cette question. L’ironie de la réponse n’a d’égal que les provocations incessantes du leader du MLC qui fait aujourd’hui les frais de son insolence et de son outrecuidance répétées.
Le Président Joseph Kabila a saisi l’occasion pour énumérer le nombre de fois que JP Bemba s’est permis de révéler ses turpitudes contre les bonnes convenances sociales et politiques : d’abord en juillet 2006 ; puis au mois d’août 2007, avant lze premier tour de l(élection présidentielle et entre les deux tours de cette élection ; ensuite au mois de novembre de la même année, et enfin les 21, 22 et 23 mars 2007. « Et c’est tours lui, Jean-Pierre Bemba qui a nargué la loi à toutes ces occasions », a fait remarquer le Chef de l’Etat.
« Si en 2006 je l’avais laissé faire, c’est parce que je ne voulais pas lui donner l’occasion de faire capoter les élections. Mais maintenant que les élections se sont tenues et que les nouvelles institutions ont marqué la fin du processus de transition, il s’imposait de lui faire remarque que force est à la loi ». « Si nous avons agi cette fois-ci, c’est pour rappeler à tout le monde que désormais nul ne peut se croire au-dessus de la loi », a encore martelé Joseph Kabila sans manifester le moindre état d’âme dans ses propos.
Quant aux événements qui ont endeuillé le Bas-Congo fin février et début mars de cette année, le Président de la République, qui a reconnu qu peuple Ne Kongo son caractère pacifique de son existence depuis la nuit des temps, Joseph Kabila a simplement dit que le moment est venu maintenant pour que les dirigeants de cette secte politico-religieuse choisisse entre la politique et la voie de l’évangile. Ou il devient un parti politique ou il reste une une église, mais il ne peut pas être les deux à la fois. Ce sera à prendre ou à laisser pour Bundu dia Kongo, qui est concerné dans cette affaire qui a fait couler le sang des filles et des fils de la province du Bas-Congo.
Version de l'Avenir (Diana Gikupa): Dans sa conférence de presse hier ; J.Kabila : "JP Bemba s’est mis au-dessus de la loi, la loi l’a remis à sa place"
Le chef de l’Etat, Joseph Kabila a tenu son premier point de presse après son investiture comme président élu de la troisième République. * L’entretien entre Joseph Kabila et la presse tant nationale qu’internationale a tourné essentiellement autour des questions d’actualité notamment, les récents événements sanglants dans la capitale entre les Fardc et la milice de l’ancien vice-président de la République, JP Bemba, l’affaire de Kahemba, sans oublier le dossier Bundu dia Kongo.
Il y a quelques mois, dans une déclaration à la presse, le chef de l’Etat avait dit que "le chien aboie, la caravane passe. Mais, avait-il ajouté, il peut arriver que la caravane écrase le chien. Avec le démentelèment de la milice de JP Bemba, la caravane vient d’écraser le chien.
Joseph Kabila a été sans équivoque. Depuis la mise en place des nouvelles institutions, la Rdc a tourné définitivement la page de l’impunité et de la confusion".
Il n’appartient pas seulement aux 60 ministres, moins Ilunga Kasongo, a-t-il ironisé, de travailler. Tous ceux qui pensent qu’ils peuvent empêcher les institutions de travailler, a poursuivi le chef de l’Etat, doivent déchanter.
A la question de savoir le sort réservé au leader du Mlc et aux possibles négociations, le chef de l’Etat s’est voulu tout aussi catégorique. Car l’homme Kabila d’avant les élections n’est plus celui d’après les élections. Avant les élections, c’était un président qui recherchait le consensus afin de rendre possible leur organisation.
Assurer la sécurité de 60 millions des Congolais ne se fera pas par des négociations. Cette fois, il est question d’appliquer la loi. Quand il avait parlé de la fin de la recréation, c’était avant tout pour dire que tout le monde devrait se mettre au travail à commencer par le chef de l’Etat lui-même et toutes les institutions, ensuite.
En voulait-on à la vie de JP Bemba ?
Le leader du Mlc, Jp Bemba a déclaré, pince-sans-rire qu’il avait été quatre fois objet d’attaque. Et pourquoi avait-on laissé croire dans l’opinion qu’on en voulait à la vie de JP Bemba ? Comment réconcilier l’assouplissement de la position du gouvernement, notamment en donnant aux anciens vice-présidents de la République les moyens de survie dont les 2 tiers de leur salaire, un logement, un moyen de transport, une garde, un billet d’avion et des soins médicaux et la mise en accusation de JP Bemba ?
Pas de commentaires sur la décision de justice. Car, a-t-il fait remarquer, tout le monde avait accepté la nouvelle Constitution de la République du reste soumise au référendum. La question sur le sort de JP Bemba doit donc être posée au procureur général de la République. En ce qui concerne les moyens mis à la disposition des anciens vice-présidents, le Chef de l’Etat a demandé qu’on comprenne que c’est pour la première fois, depuis l’indépendance que le pays a eu des vice-présidents.
Il fallait les mettre à l’abri de certains désagréments à la fin de leur mandat. Le chef de l’Etat a spécifié que ces avantages ne s’étalent pas sur toute la vie de ces anciens dignitaires, mais seulement pendant la première législature de la troisième République. Un autre confrère a fait savoir que le Président de la République communiquait peu. Pour preuve, depuis son investiture c’était sa première rencontre avec la presse. Cela estime-t-il, laisse une large part à la rumeur. Pour Josqeph Kabila, les Congolais ont été habitués au discours. Il les invite cette fois à s’habituer aux actions.
Kahemba n’a jamais été vendu
La question de Kahemba a également préoccupé la presse. Un confrère a voulu savoir ce qu’il en était. Car, on parle d’une partie du territoire congolais qui aurait été cédée à l’Angola en récompense au soutien politique et militaire de Luanda à la Rdc. Joseph Kabila a regretté le fait que ce pays, la Rdc soit rongé par une maladie appelée l’intoxication, la rumeur. L’intox et la rumeur sont utilisées comme arme politique. Il a alors voulu savoir s’il y avait quelqu’un d’autre que lui qui a défendu mieux ce pays.
Car, il a été sur tous les fronts, militaire et diplomatique. Pendant ce temps, ceux qui l’accusent de vendre le pays étaient avec les puissances étrangères qui voulaient balkaniser le pays. Cette accusation sur la vente d’une partie du pays est qualifiée de ridicule par le chef de l’Etat. En plus, le chef de l’Etat a fait savoir que Kahemba est à 100 Kms de la frontière. On prend le peuple pour un imbécile. Entre lui et les pays qui l’entourent, a-t-il fait remarquer, il y a des cadres de concertation.
Chaque fois qu’il se pose un problème, on active ces mécanismes. En ce qui concerne l’affaire de Kahemba, deux commissions sont sur le terrain. La mission est d’identifier la fameuse borne 28 pour voir qui a violé la frontière ? En attendant les conclusions de ces commissions, Joseph Kabila s’interdit de faire des commentaires. Toutefois, il sait que si les conclusions ne sont pas satisfaisantes, la Rdc a d’autres voies de recours dont l’Ua, l’Onu. On n’en est pas encore là, a précisé Joseph Kabila.
Un confrère a fait savoir que les députés de l’opposition sont menacés et certains médias de l’opposition réduits au silence. Il a voulu savoir ce qu’en pensait Joseph Kabila en tant que garant de la sécurité de tous les Congolais.
Le chef de l’Etat a reconnu qu’il pourrait y avoir eu des dérapages. Cela arrive partout en pareil cas. Il s’est réjoui cependant d’avoir vu à une réunion de l’Assemblée nationale que tous les leaders de l’opposition institutionnelle étaient là. Il a réaffirmé sa conviction que l’opposition dans un pays, est une bonne chose. En ce qui concerne les médias qui auraient été réduits au silence, le chef de l’Etat a estimé que la question devrait être posée au ministre Toussaint Tshilombo de l’Information, presse et communication.
A propos de la cacophonie entre les membres du gouvernement, un confrère s’est demandé comment peut-on combattre la rumeur quotidienne lorsque le chef de l’Etat communique peu. Il a terminé sa question en demandant de savoir quand le Congolais moyen sentira-t-il les effets des cinq chantiers du chef de l’Etat. Joseph Kabila a encore une fois démontré qu’il n’y a pas du tout manque de communication. Pour preuve, il y a trois semaines, quelqu’un l’avait appelé pour savoir s’il se portait bien.
Car, la rumeur courrait qu’on avait tiré sur lui et qu’il serait évacué pour soins en Afrique du Sud ou encore qu’il avait été empoisonné. Joseph Kabila s’est demandé s’il faut qu’il soit dans les Nganda chaque soir avec ses amis dans le but de démentir les rumeurs.
Joseph Kabila s’est inscrit en faux sur la prétendue cacophonie. Pour lui, le ministre de l’Intérieur avait parlé de ce que la mission envoyée sur le terrain par lui avait rapporté. Une autre commission mixte a suivi pour procéder à la vérification.
Les cinq chantiers, une réalité
Les cinq chantiers sont une réalité. Il n’y a pas que eux.
Les cinq chantiers ne représentent que quelques priorités.
Et ces cinq chantiers font partie du programme du gouvernement. Avant la fin de cette année, on aura les effets dans la réalisation des grands chantiers. Avant cela, il faut qu’il y ait la loi budgétaire. Car, il faut éviter la confusion dans la gestion de l’Etat.
Un confrère a rappelé la déclaration de la Monuc selon laquelle, les combats étaient évitables. Mais maintenant qu’ils n’ont pas été évités, le chef de l’Etat n’a-t-il pas perdu quelque chose pour avoir résolu un problème politique par la violence ? Serein, Joseph Kabila a commencé par préciser qu’il n’y a pas eu un problème politique. Ce qui se posait était un problème militaire et sécuritaire. La paix, a-t-il insisté, n’a pas de prix. Vous pouvez avoir toutes les richesses, sans la paix, vous n’avez rien du tout, a dit le chef de l’Etat. Par contre, vous pouvez être pauvre, si vous avez la paix, vous pouvez avoir l’espoir. La milice a voulu occuper la RTNC et tuer Joseph Kabila.
Avait-on tort de faire confiance à JP Bemba ?
Apparemment, jusqu’à la dernière minute, le gouvernement semblait faire confiance à la bonne foi de JP Bemba. Joseph Kabila a commencé par y trouver les éléments de réponse. Il a poursuivi en disant que si on avait continué à faire confiance à Bemba, c’est parce qu’il était un ancien vice-président de la République. Cette réponse est sans ironie. Car, qui dit vice-président de la République dit homme d’Etat et cela représente certaines valeurs. Si le gouvernement avait autrefois adopté une certaine attitude face aux incidents provoqués par les hommes de JP Bemba, c’était pour permettre l’aboutissement heureux du processus électoral.
Car, si à cette époque on avait annoncé des poursuites contre le leader du Mlc, on dirait que Joseph Kabila avait peur des élections et qu’il voulait éliminer ses adversaires. Maintenant que les élections ont eu lieu, il n’est plus question que des gens se mettent au dessus de la loi. C’est ainsi que la loi a remis à sa place celui qui a voulu se mettre au-dessus d’elle.
J.Kabila s’est interdit d’avancer des chiffres sur l’apport de la BM. Si on veut savoir la position du gouvernement sur l’implication de la Banque mondiale au Congo, le chef de l’Etat a dit qu’il ne peut que dire merci.
Appelé à parler des événements survenus dernièrement au Bas Congo, le chef de l’Etat a rappelé ces événements graves qui, a-t-il précisé, ont choqué beaucoup de gens. Car, le peuple kongo est de nature pacifique. Ce qui s’est passé est une interpellation. Il y a une demande de levée de l’immunité de certains parlementaires impliqués dans ces événements. Encore une fois, c’est une question de justice.
Personne ne sera au-dessus de la loi dans cette affaire.
Il a fait en outre le constat que les dirigeants de Bundu dia Kongo n’ont pas encore fait le distinguo entre une église, une secte et un parti politique.
Ce choix s’impose et on verra s’il ne faut pas retirer à ce mouvement les documents officiels qui lui permettent de fonctionner.
Les Fardc ont agit sans aide extérieure
Certains médias avaient fait croire le contraire. Qu’en pensait le chef de l’Etat ? A-t-on pris contacts avec Brazzaville au sujet des éléments de Bemba qui ont gagné la capitale congolaise ? A cette dernière question, J.Kabila a répondu par l’affirmative. Mais au sujet de la prétendue intervention de l’armée angolaise, le chef de l’Etat a qualifié cette allégation de stupide. Il ne faut pas tomber dans le ridicule en faisant croire que chaque fois que les Fardc font un exploit, c’est toujours avec une aide étrangère. On voit les Angolais partout. J.Kabila a estimé qu’il faudra peut-être aller à Luanda poser la question au président Eduardo dos Santos.
Qui a tiré le premier dans les derniers affrontements ? Telle n’est pas la préoccupation, a dit Joseph Kabila. Ce qu’il faut chercher à savoir, c’est l’infraction. Y avait-il infraction ou pas ? Un ultimatum du chef de l’Etat-Major général avait été donné aux gardes des anciens vice-présidents de la République d’intégrer les Fardc. Les éléments à charge de JP Bemba n’ont pas répondu à cet ultimatum. Et leur chef a même dit que personne ne désarmera ses hommes. Il a ses hommes, s’est étonné J. Kabila. Et pourtant l’armée ne peut être la propriété d’un individu. Donnant son propre exemple, il a dit qu’il n’a pas des hommes à lui.
Car, il n’emmenera pas avec lui tous les éléments à sa garde le jour où il ne sera plus chef de l’Etat. N’ayant pas été sur le terrain, le chef de l’Etat a dit qu’il ne peut pas répondre à cette question. Mais, il fait confiance au rapport du chef d’Etat-Major général qui avait fait savoir que ce sont les milices de JP qui avaient tiré les premiers, tuant sur place sept éléments des Fardc.
En définitive, a dit Joseph Kabila, tous ceux qui troublent la paix, à Kinshasa comme ailleurs à l’Est du pays, seront traqués. A Kinshasa, ce qui est vrai, c’est qu’il y a eu des filles violées, des hommes tués, il faut que quelqu’un réponde de tout cela. Et Joseph Kabila s’est étonné que l’on entretienne deux langages. D’un côté, on recommande un Etat de droit et de l’autre on demande l’impunité à travers les négociations. Tout cela est incompatible, a dit Joseph Kabila.
Quel est le sort de JP Bemba ?
Que compte-t-on faire de JP Bemba ? L’envoyer en exil ? Ne craint-on pas de glisser vers un parti unique ? Sans avoir besoin de rappeler au confrère auteur de la question qu’en déhors du Mlc, il y avait bien d’autres partis politiques de l’opposition, Joseph Kabila a fait savoir que l’instauration d’un parti unique est considéré dans la Constitution comme un acte de haute trahison. Dans ce cas, il sera le dernier à y penser. Il a posé à l’auteur de la question de savoir si dans son pays, quelqu’un peut créer une milice, occuper les Champs Elysées et demander ensuite de négocier. Si cela n’est pas possible en France, pourquoi le serait-il en Rdc, a demandé J.Kabila ? Il a encore une fois précisé que cette question de JP Bemba n’est pas une question politique.
Pour sceller la réconciliation nationale, ne faut-il pas libérer les personnes arrêtées pour des actes posés avant les derniers événements ? Le confrère pense avant tout à Marie Thérèse N’Landu et aux assassins de LD Kabila. A cette question, J.Kabila a répondu par une question. Il y a eu deux ou trois présidents américains assassinés, a-t-on amnistié leurs assassins ? Il a regretté de constater que certaines gens oublient que la démocratie c’est avant tout la justice. C’est l’erreur que l’on a commise pendant la transition de penser que l’on pouvait sceller la réconciliation nationale sans la justice.
Encore une fois et avec force, le chef de l’Etat a fait savoir que cette page est tournée avec l’organisation des élections. Au sujet de Thérèse N’Landu, l’affaire étant en justice, J.Kabila a estimé qu’il ne lui revenait pas d’en parler de peur d’influencer la justice.
Faut-il demander l’extradition de JP Bemba ? J.Kabila a dit qu’au Congo, la question est entre les mains de la justice, tandis qu’en Rsa, le gouvernement s’en occupe. Il refuse d’en faire des commentaires.
Pour un autre confrère, la justice devrait constituer le socle des cinq chantiers. Le chef de l’Etat a approuvé la vision. Il a fait savoir qu’à ce sujet, une réforme de la justice est en cours.
Que va-t-on ériger devant le Palais du peuple ? Le chef de l’Etat a répondu en disant qu’il était question d’ériger un monument en l’honneur des victimes de la guerre d’agression. Il a approuvé l’idée qu’il trouve excellente.
En ce qui concerne les enfants de la rue mis à contribution par JP Bemba pour piller, un programme du gouvernement pour leur encadrement afin de les rendre utiles à la nation a été mis en place. Au sujet du mixage concernant Nkunda et ses hommes, le chef de l’Etat a reconnu que Nkunda est sous un mandat d’arrêt et qu’il ne fait plus partie de l’armée nationale. C’est un fait.
En ce qui concerne le mixage, ce n’est pas une fin en soi. Il s’agit d’identifier les hommes en cherchant à savoir qui est qui et qui a fait quoi ? C’est après qu’interviendra le brassage et l’intégration. J.Kabila a mis l’accent sur le fait que le mixage fait suite à l’ultimatum du chef d’Etat-major des Fardc. Les unités qui ont eu échos de cet ultimatum ont commencé à se rendre sous peine de se voir traquées jusqu’au dernier retranchement.
Appelé à juger ses 100 jours à la tête de l’Etat, le chef de l’Etat a fait savoir que son mandat est de cinq ans et non de 100 jours. Il se refuse de jouer au démagogue étant donné que l’on ne peut pas tout faire en 100 jours dans un pays en déliquescence. Cependant, il a fait remarquer que pendant ces 100 jours, il n’était pas en vacances, même s’il n’avait pas encore des pieds, lui étant la tête, il a permis la mise en place des institutions élues. Maintenant le gouvernement est là et il se met au travail.
L’Avenir
L'époque de triste memoire des dons présidentiels toujours detournés doit être révolue. Le peuple s'attend à une reconstruction nationale, budgetisée, qui s'étend sur toute l'étendue du territoire nationale, à commencer par l'électrification de tout le pays.
La reconstruction nationale, c'est l'affaire des Congolais eux-mêmes. Ce sont les Congolais qui doivent actualiser leurs aspirations en élaborant eux-mêmes un plan d'action pour cette reconstruction qui n'est pas seulement l'affaire du président de la République, du premier ministre, du gouvernment ou des parténaires étrangers. C'est l'affaire de tout un peuple qui se met au travail et s'associe à son projet de developement.
Les dons du chef de l’Etat détourné, Kinshasa, 11/01/2007/
Les appareils d’échographie et de radiologie offerts par le chef de l’Etat lors de la campagne électorale, à la zone de santé située à plus de 500 km au nord de Kisangani ont disparu. D’après les témoignes, les caisses sont bien arrivées mais les contenus n’étaient pas ce qu’ils attendaient. Les appareils d’échographie et de radiographie offerts par le chef de l’Etat à la zone de santé de Bondo ont disparu, selon la radio Okapi.net.
Les deux appareils médicaux ont été offerts à cette zone de santé située à plus de 500 kilomètres au Nord de Kisangani, par le chef de l’Etat pendant la période de la campagne électorale. Les autorités de la ville et médicales affirment avoir vu les caisses contenant du matériel. Le médecin directeur de la zone de santé affirme même ces caisses sont bel et bien arrivées à Bondo.
Cependant, Un médecin de la place, M. Claude Betuhulu témoigne que les caisses sont bel et bien arrivées, mais les contenus n’étaient pas ce qu’ils attendaient. Par rapport à ce qui leur était dit, il devait leur arriver un appareil de radiographie, d’échographie et une table opératoire les deux caisses contenaient les mêmes appareils dont trois tables opératoires.
Pour le vice- gouverneur chargé de l’économie et des finances, M. Remi Gudeo Katanga, le changement du matériel dans les caisses a dû intervenir au niveau du ministère de la santé: « J’ai envoyé le colis en bonne et due forme, si j’apprends aujourd’hui que la caisse qui est arrivée ne contient plus des matériels de la radiographie. Je crois que c’est au niveau de la manutention du ministère de la Santé qu’il y a eu le changement », souligne le vice- gouverneur chargé de l’Ecofin.
Pour l’ancien ministre de Santé, le Pr. Emile Bongeli, je reconnais avoir remis des dons aux députés pour des formations médicales, mais ne se souvient pas avoir remis un équipement d’échographie et de radiographie. La présidence de la République pourrait peut-être éclairer l’opinion sur cette confusion.
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