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Une Dans un point de presse, Yerodia met la population en garde contre les charlatans politiques
Propos recueillis par JDG
16 et du 17 janvier 2005
A l'occasion des journées du 16 et du 17 janvier, le Vice-président de la République, le professeur Yerodia Abdoulaye Ndombasi, a tenu un point de presse dans son cabinet au Palais de Marbre. L'occasion faisant le larron, Yerodia Abdoulaye Ndombasi en a profité pour répondre à la presse au sujet des problèmes d'actualité. Dans son introduction, le Vice-président de la République en charge de la Commission reconstruction et développement a rappelé les circonstances douloureuses à base de la double commémoration du 16 et du 17 janvier. A l'intention de la presse et de l'opinion, il a fait savoir qu'il travaillait dans un des bureaux de M'zee et qu'il était assis dans son fauteuil. Cela lui conférait le devoir de dire la vérité comme le faisait M'zee aussi bien devant les maîtres du monde, devant les agresseurs du Congo que devant le peuple congolais.
Tout de suite après cette courte introduction, le Vice-président de la République a répondu à la question de savoir s'il n'avait pas l'impression que la mémoire de M'zee Laurent-Désiré Kabila était trahie. Non, a-t-il répondu. Le fait que quatre années après, on se retrouve pour commémorer cette journée, c'est que sa mémoire est encore vivace. Il y a eu des tentatives de l'effacer, a-t-il reconnu, mais elles ont échoué. Donc dire que sa mémoire aurait été trahie, serait aller trop vite en besogne. S'il y a des gens qui voudraient jouer ce rôle de faire oublier M'zee, a-t-il enchaîné, ils nous trouveront sur leur passage.
Puisant dans ses souvenirs, Yerodia s'est rappelé le jour où la nouvelle sur l'événement malheureux de l'assassinat de M'zee lui est parvenu. " J'ai roulé à tombeau ouvert jusqu'au Palais de marbre. Quand j'ai vu dans son bureau le désordre sur la table où il travaillait, des taches de sang sur le fauteuil où il était assis, j'ai compris ce qui était arrivé ", a dit Yerodia, retenant sa peine avant de poursuivre : " J'ai eu l'impression que le ciel était tombé laissant un grand trou au firmament "… C'était un frémissement, a -t-il souligné. Un frémissement qui dure encore. Il faut toujours s'en souvenir pour continuer la lutte qu'il nous a léguée, a-t-il conseillé. " Nous sommes là pour continuer M'zee " avec comme objectif maintenant conduire le peuple aux élections. Il a fait savoir qu'il faut donner la parole au peuple, car, c'est le peuple qui fait l'histoire.
M'zee Kabila avait fait des élections son cheval de bataille
Saisissant cette occasion et à propos des élections, il a rappelé à l'opinion que M'zee avait prévu les élections en deux ans. On s'y était mis notamment en mettant en place une Commission constitutionnelle au même moment que des efforts étaient consentis pour améliorer le vécu quotidien de la population. Ces prémices se voyaient notamment dans la maîtrise de l'inflation, l'instauration de la sécurité, la stabilisation des prix améliorant ainsi le pouvoir d'achat de la population. Tout était en marche pour reconstruire ce qui avait été détruit. Tout cet élan, a fait remarquer Yerodia, était arrêté net par la guerre. Et enfin, c'était la mort tragique de M'zee.
Le Mlc, un repère des " Yakuza "
La deuxième question à laquelle Yerodia a répondu concernait les relations entre le Mlc et le Pprd. Le confrère a voulu savoir si la presse était le lieu indiqué pour ces deux partis politiques de se régler des comptes. Pour le Vice-président Yerodia, non seulement ce sont les journalistes qui cherchent à savoir ce qui se passe pour donner l'information, mais aussi et surtout, il n'y a pas meilleurs canaux que les médias pour informer la population sur la marche de l'Etat. La composante Mlc, en agissant comme elle l'a fait, a déclaré le Vice-président, a démontré sa véritable nature. Il y a lieu que le peuple sache tout cela. Au Mlc, a poursuivi Yerodia, on se comporte comme des Yakuza ( pire que mafieux) avec comme objectif d'arrêter la marche de la transition.
Comme réaction à ce comportement, le Vice-président en charge de la reconstruction a dit " fion " et même, a-t-il ajouté, " fion fion ". Il en est de même de ceux qui ont jeté des tracts appelant la population à la ville morte. Yerodia les a conseillés de penser prochainement à bien rédiger leurs tracts. Car, ceux qui avaient été jetés n'avaient ni la forme ni le tour d'esprit là dedans. Il s'est étonné que la population ait donné une quelconque valeur à un mot d'ordre de quelques anonymes. Parmi ceux qui sont derrière ces tracts, même sans les revendiquer, le Vice-président a épinglé le " mulopwe de Limete ".
C'était l'occasion pour Yerodia de rappeler que ces tracts et ces mots d'ordre anonymes, plongent la population dans la peur comme c'était à l'époque de la légende de " mundele ngulu ", un personnage imaginaire très craint par la population parce qu'avec sa torche, il transformerait des gens en cochons. Il a également rappelé la légende plus récente encore sous la dictature de Mobutu, celle de " asumba na nganda ", une personne géante qui tuait tous ceux qui le rencontraient, on le voyait partout, même si en réalité, personne ne l'avait réellement vue, sinon en imagination. Qui a intérêt à ce que la population vive ainsi dans la peur, s'est interrogé Yerodia ?
Le " mulopwe " de Limete était encore en culotte quand il est entré au pouvoir
Citant Etienne de la Boetie, il a appelé la population à ne pas se plonger dans la servitude volontaire. Parlant du " mulopwe " de Limete, Yerodia a dit qu'il a une obsession, celle de devenir Premier ministre. Et pourtant, a fait remarquer l'orateur, il est au pouvoir depuis le temps où il portait une culotte courte notamment dans son rôle de Commissaire général adjoint. Et c'est justement lui, a rappelé Yerodia, qui avait ficelé le colis de son associé politique - entendez Mobutu - pour l'envoyer à Lubumbashi.
Il a repris les journées ville morte, jouant à la pythie parce que certains diplomates et certains hommes politiques de certaines capitales en séjour à Kinshasa ne manquent pas d'aller en pèlerinage à Delphes de Limete. Ce jeu, a constaté l'orateur, ne date pas d'aujourd'hui. Mais, l'homme a toujours subi le sort qui est le sien aujourd'hui. Demain, ce sera la même chose. Il subira le même sort. Il a fait appel au peuple afin qu'il ne soit plus trompé. La transition ainsi que les élections ne sont pas l'affaire d'un individu, mais de tout un peuple et surtout de toute la classe politique qui avait signé l'Accord de Sun City et la Constitution dans laquelle se trouvent les dispositions de l'article 196.
Eviter le piège de la transition à la Mobutu
En sa qualité de Vice-président en charge de la commission reconstruction et développement, comment juge-t-il les manifestations de rue et le lot des pillages qui s'en suivent ? Yerodia a commencé par faire remarquer que cette transition n'est pas la première dans ce pays. On en connaît une qui avait duré 11 ans avec beaucoup de manifestations et de journées ville morte. Mais, on n'a pas eu raison du dictateur. Aujourd'hui, a fait également remarquer Yerodia, on parle de la destruction des infrastructures. Elle date de quand, s'est-il interrogé ? Pas du 17 mai 1997. Même au sujet des élections, ceux qui les réclament aujourd'hui en en faisant leur problème personnel, étaient là avec Mobutu avant et pendant la transition de 11 ans, pourquoi n'avaient-ils pas organisé les élections ? C'est pourquoi le peuple congolais doit savoir qui est qui et qui a fait quoi. Il ne doit pas se tromper, a poursuivi Yerodia Abdoulaye Ndombasi.
Parlant toujours de ceux qui semblent être pressés d'en finir d'une manière ou d'une autre avec la transition,Yerodia a fait remarquer que ce sont les mêmes qui ont fait le tour du monde pour demander aux puissances de ce monde de ne pas aider Kabila. A leur tête, il y a eu le " mulopwe " de Limete. Aujourd'hui s'est étonné Yerodia, il ose déplorer la situation socio-économique de la population. En demandant que l'on n'aide pas le Congo, ne savait-il pas qu'il condamnait la population à la misère ? Nous savons que sous Mobutu et son associé politique, les pillages étaient, semble-t-il, une forme de pression. Mais, nous ferons tout pour qu'il n'y ait pas pillages, a-t-il rassuré. Et ceux qui font des manifestations et ceux qui veulent quitter la transition, ils étaient tous à Sun City. Ils sont sensés maîtriser les textes qu'ils avaient produits et signés, a conclu l'orateur.
Entre le Rwanda et le Congo c'était une entraide
Un confrère faisant allusion à la nouvelle agression a demandé si cette affaire de l'accord de Lemera n'était pas la source de toutes les difficultés de la Rd-Congo. Yerodia a été catégorique à ce sujet. L'accord de Lemera, il n'en a jamais entendu parler et par conséquent, il n'existe pas. Dans le cas contraire, il a prié ceux qui en disposeraient de le produire. C'est quand-même curieux qu'il n'y ait que des Congolais qui parlent de l'accord de Lemera alors que le Rwanda présente d'autres revendications, un autre prétexte, à savoir, la présence des Interahamwe en territoire congolais.
C'était une occasion pour Yerodia de rappeler qu'il n'y avait pas que le Rwanda parmi les nations qui ont accepté d'aider le Congo à se débarrasser de la dictature. En arrivant avec nous au Congo, a-t-il noté, le Rwanda voulait s'aider également contre ce qu'il considérait comme une menace. En ce qui nous concerne, quand le régime de Mobutu était tombé, tout était fini. Il fallait que les Rwandais comme tous ceux qui nous avaient aidés rentrent chez eux, a dit Yerodia. Il s'est étonné d'entendre les gens dire que c'est Kabila qui a amené les Rwandais au Congo. Car, s'il y en a qui " nous ont accompagné, nous en avions trouvé aussi sur place. Aujourd'hui, ils ont créé tous une tribu des rwandophones. Au lieu de 400 ethnies, on en a une de plus. Si tout le monde devenait qui " ndibuphone ", qui " mongophone ", qui " sakataphone ", avec ces " phonies " on aura provoqué une véritable cacophonie ", a souligné l'orateur, dans une salle qui riait aux éclats.
Entre Lumumba et Kabila, pas de parallélisme
Un autre confère a voulu que le Vice-président trace le parallélisme entre Lumumba et Laurent Désiré Kabila. Pour Yerodia, il n'y a pas de parallélisme entre Lumumba et Kabila. Il y a plutôt entre eux une continuité. Kabila, Mulele, nous étions tous des lumumbistes, a dit Yerodia. C'est Lumumba qui est l'élément fondateur de la lutte que nous avons tous menée. Pourquoi la haine contre le Rwanda, alors que des Rwandais sont venus mourir au Congo pour la libération de ce pays, a-t-on demandé à Yerodia ?
Sans moindre hésitation, Yerodia a répondu en disant que personne ne nourrit une quelconque haine contre les Rwandais. Ils nous ont aidés, c'est vrai, mais nous les avons aussi aidés. Et puis ce n'est pas parce qu'ils sont morts au Congo qu'ils doivent diriger le Congo.
Pourquoi les lumumbistes ne prononcent jamais le nom de Joseph Kasa-Vubu, a demandé un confrère ? Cela n'est pas vrai. Car, c'est Joseph Kabila qui a décidé de construire le mausolée pour Kasa-Vubu. Yerodia a fait remarquer que ceux qui se contentent de prononcer son nom n'ont pas osé le faire. Il y a des problèmes pour la finalisation des travaux de ce mausolée. On y arrivera, a fait remarquer l'orateur. C'est pour dire qu'il n'y a pas de problèmes entre Kasa-Vubu et les lumumbistes.
Entre le Mlc et le Pprd, pas d'eau à mettre dans le vin
Il n'y a pas d'eau à mettre dans le vin, a dit Yerodia, pour répondre à la question de savoir si le Pprd et le Mlc ne peuvent pas chacun mettre un peu d'eau dans son vin. Au contraire, a-t-il fait savoir, cette fois " nous allons boire ce vin jusqu'à la lie ". Il a fait remarquer que c'est dans ce parti, le Mlc où on retrouve le grand stock des mafieux qui ont tété les mauvaises manières dans les mamelles de Mobutu - des mamelles sans fibres, a-t-il tenu à préciser. On ne doit pas continuer à leur laisser le quartier. Personne n'acceptera que des ministres récidivistes qui n'ont pas de polyvalence que dans les fonctions occupées (pour avoir été pharmacien et autre) mais aussi dans le vol (pour avoir été révoqué partout), reviennent au gouvernement.
A la question de savoir si tout le monde était associé aux festivités commémoratives de l'assassinat de Kabila et Lumumba ? Yerodia a également été catégorique en disant ; " puisque nous avions pleuré seuls, pendant que certains ricanaient, pourquoi voulez-vous que tout le monde soit associé " ? Et comme pour mettre la nuance, Yerodia a ajouté : " S'il y en a qui sont sincères et qui veulent s'associer à nous, pourquoi ne viendraient-ils pas ? Nous aurions par exemple voulu que le " mulopwe " de Limete vienne pleurer Lumumba avec nous ".
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