Monsieur Kikaya Bin Karubi, Ministre Congolais de l’information et Porte-Parole du Gouvernement a été Mardi le 19 mars, l’invité d’honneur à une conférence organisée à Londres par « All Party Parliamentary Group on The Great Lakes Region and Genocide Prevention», un forum qui regroupe quelques membres de chaque party politique réprésenté au Parlement, et qui de temps en temps, discutent les problèment qui affectent la Région des Grands Lacs et s’attèle à la «prévention du génocide». A cette occasion le thème était: «La politique de la Grande Bretagne sur le Congo, le Rwanda et le Burundi – une approche commune avec l’Europe?».
Antoine Roger Lokongo, à Londres a saisit l’occasion pour interviewer le Ministre:
ARL: Monsieur le Ministre, le Conseil de Sécurité de l’ONU vient de passer à l’unanimité la Résolution 1399, éxigeant au RCD de se rétirer sans conditions de Muliro, sans pourtant citer le Rwanda. Etes-vous assez satisfait pour réprendre le dialogue?
KBK: Oui. Ecoutez. Nous, nous sommes prêts à réprendre le dialogue. Ce qui importe pour nous c’est que Muliro soit évacué. Qu’on parle du RCD ou du Rwanda, cela importe peu. Mais que Muliro soit évacué et que cette position-là nous revienne, ou au moins revienne à l’ONU. Nous ne voulons pas que les Rwandais prennent de nouvelles positions maintenant que nous sommes en train de dialoguer. Alors, nous sommes prêts à rentrer au dialogue pour la simple raison que nous voulons donner une chance à la paix. Nous ne voulons pas être ceux qui bloquent définitivement le dialogue intercongolais. Et en titre de rappel, nous avons suspendu notre participation au dialogue, nous n’avons pas quitté completement le dialogue.
ARL: Mais la localité de Muliro a été prise sous la barbe même de la MONUC. Faut-il nous réjouir parceque les troupes de la MONUC y seront deployées ?
KBK: Non, je ne pense pas que la MONUC était à Muliro lors des combats. Elle n’y était pas, mais elle était au courant de ce qui se passait. Et nous avons dénoncé cela. Nous avons dénoncé l’attaque sur Muliro, nous avons dénoncé l’attitude de la MONUC qui n’a rien dit à propos de cette attaque. Mais maintenant, si on peut remettre cette ville comme les autres villes que l’ONU a démandé telles que Kindu et Kisangani aux forces de la MONUC, ça nous satisfait en attendant le dialogue.
ARL: On constate que l’opposition non-armée semble avoir formé une coalition avec la rébellion. Que se passera-t-il au cas ou le dialogue échoue. Comment le gouvernement se prépare-t-il à d’autres éventualités?
KBK: One ne peut pas généraliser l’opposition non-armée. Il y a quelques partis politiques de l’opposition non-armée qui se sont coalisés avec la rébellion. C’est quelque chose que nous avons dénoncé déjà. C’est la fameuse UFAD où il y a l’UDPS et le MPR qui ont signé un accord avec le RCD et le MLC, faisant d’eux automatiquement des belligérants. Bon, encore une fois, pour les intérêts de la paix, nous n’avons pas voulu en faire un problème. Ils se sont coalisés avec la rébellion, tant mieux. Tout ce que ce que nous savons c’est que quiconque ose se coaliser avec cette soit-disante rébellion qui est en train de travailler contre les intérêts supérieurs de la nation Congolaise se grille. C’est tout.
ARL: J’ai expliqué hier au Parlement comment les Occidentaux veulent diviser le Congo en deux zones d’influence: francophone et anglo-américaine. Est-ce une réalité à votre avis? Et d’ailleurs l’Avenir vient de révéler aujourd’hui que la Grande Bretagne vient de dépêcher cinq experts militaires à Gbadolite pour aider le MLC à attaquer Mbandaka.
KBK: Je ne suis pas au courant de cette information que vous venez de me donnez, disant que la Grande Bretagne a envoyé des experts militaires à Gbado. Mais je doute fort qu’à cet étape de négotiation de paix au Congo, la Grande Bretagne qui est une superpuissance puisse prendre une telle décision que d’envoyer des experts militaires en vue d’une eventuelle attaque sur la ville de Mbandaka. C’est une impossibilité impossible. Alors je vois mal comment la Grande Bretagne ferait cela. Mais ceci dit, nous, nous pensons qu’on doit donner une chance à la paix; et Monsieur Jean Pierre Bemba, le RCD et tout le monde doivent revenir à la table de négotiation et cette fois-ci determinés à faire avancer le processus. Comme nous le gouvernement, nous sommes determinés à faire avancer le processus de paix.
L’ENJEU CONGOLAIS VU DE LONDRES
Analyse par Antoine Roger Lokongo
«La Grande Bretagne a substantiellement octroyé des fonds pour la ténue du dialogue intercongolais à Sun City, lequel doit aboutir à la réstoration de la paix et de la sécurité en RDC, conduire aux elections libres et transparentes et le rétablissement de la légitimité du pouvoir en RDC.»
C’est ce qu’a déclaré en substance le Sécrétaire d’Etat Britannique aux Affaires Etrangères, Monsieur Jack Straw, au cours d’une audience accordée, Mardi, à «All Party Parliamentary Group on The Great Lakes and Genocide Prevention», un forum qui regroupe quelques membres de chaque party politique réprésenté au Parlement à Londres, et qui de temps en temps, discutent les problèment qui concernent la Région des Grands Lacs et la prévention du génocide.
Mais pour beaucoup de Congolais présents à cette audience – à laquelle Monsieur Kikaya Bin Karubi, Ministre Congolais de l’Information et Porte-Parole du Gouvernement a aussi pri part - l’occasion leur a été donnée pour déceler vraiment la position de la Grande Bretagne face à la guerre d’agression que subit la RDC de la part de coalition Rwando-Ougando-Burundaise soutenue par des superpuissances bien connues, dépuis le 2 Aôut 1998. Ils n’ont pas manqué à soulever les questions suivantes:
Pourquoi la Grande Bretagne ferme -t-elle les yeux face au genocide perpétré par les envahisseurs Rwandais, Ougandais et Burundais au Congo? La Grande Bretagne soutiendrait-elle l’idée de l’établissement d’un tribunal international pour judger et punir les auteurs des crimes contre l’humanité au Congo? Y a-t-il un raprochement de vue parmi les pays de l’Union Européenne quant au recouvrement par la RDC de sa souverainété nationale et son intégrité térritoriale? La Grande Bretagne peut-elle s’engager avec les autres pays de l’UE à arrêter l’écoulement illégal des richesses pillées en RDC vers l’Occident, à travers les multinationales Britanniques, M&M (Metals and Minerals) notamment…?
Mr Straw a qualifié la guerre qui sécoue la RDC de «l’une des plus longues et meurtrières que l’histoire ait jamais connue, pendant laquelle un génocide est en train d’être perpétré sous un silence total de la part de la communauté internationale».
Revenant sur le but ultime de sa tournée dans la Région des Grands Lacs –et la prémière au Congo par un Sécrétaire d’Etat Britannique aux Affaires Etrangères - en compagnie de son homologue Français Hubert Védrine, Mr Straw a indiqué que son pays la Grande Bretagne et la France veulent bien surmonter leurs anciènnes rivalités et travailler ensemble pour la résolution des conflicts en Afrique, plus particulièrement dans la Région des Grands Lacs.
«La RDC doit récouvrir son intégrité territoriale. Nous ne sommes pas divisés sur sur ce point, et nous devons éviter toute sorte de clientélisme là-dessus,» a-t-il déclaré.
Et pourtant un article apparu le 25 février dans le quotidien belge, Le Soir, a révélé que les occidentaux ne sont pas sur la même longueur d’ondes quant à la guerre d’agression qui sécoue le Congo.
Selon Le Soir, «La France et la Belgique souteinnent Kinshasa et défendent le principe de l’unité du pays. Britanniques, Allemands, Néerlandais appuient le Rwanda et L’ouganda. Les Américains sont moins impliqués que du temps de Bill Clinton – qui avait parié sur les «nouveaux leaders» - et se montrent plus favorables à Joseph Kabila qu’à son père assassiné. Une harmonisation des vues des acteurs internationaux aurait aidé les Congolais à s’entendre.»
Mr Straw a affiché l’optimisme quant à la résolution définitive du conflict qui déchire la RDC, à l’instar de la Sierra Leonne.
«Nous exerçons une préssion sur toutes les parties impliquées au conflict de travailler avec la MONUC. Toutes les forces étrangères doivent quitter le Congo car elles forment la part du problème. La RDC doit relancer sa reconstruction. Elle a des résources naturelles gigantesques,» a-t-il déclaré.
Et Monsieur Straw d’ajouter: «Les événements du 11 Septembre aux Etats-Unis nous ont fait apprendre que les problèmes liés à la désintégration d’un état même très loin de nous, peuvent avoir des répercussions sur notre propre sol. C’est pourquoi nous avons un intérêt particulier à voir le Congo se redresser.
Mais nul n’ignore que le Congo est victime de ses richesses et que ses voisins sont victimes de la pauvrété, comme m’a dit le Président Buyoya lors de ma visite.»
«La Grande Bretagne,» a dit Mr Straw, «vient d’octroyer 5 million de livres sterling pour la reconstruction du tronçon de chemin de fer Kisangani-Kindu pour faciliter le travail de la MONUC et l’écoulement de l’aide humanitaire.»
Et poutant avec 5,000 troupes seulement déployé dans un pays aussi grand que toute l’Europe de l’ouest, Jack Straw a trouvé la MONUC «efficace».
Et Jack Straw de conclure: « Nous devons tout faire pour éviter la culture de l’impunité. Un tribunal international pour la RDC doit être établi. Ceux qui sont responsables de crimes contre l’humanité doivent y répondre si nous sommes à mesure de les atrapper. La RDC doit être récompensée à travers ce sytème judiciaire. Bien qu’il soit très difficile pour nous de contrôler tous les canaux par lequels les résources pillés au Congo, plus spécialement le coltan avec le quel on fabrique les téléphones portables(tout en bradissant son téléphone portable de dernière marque) débouchent en Occident, nous condamnons le pillage des résources naturelles et minérales du Congo. Les gens ne doivent pas s’enrichir par la violence.»
La présence des Congolais membres de l’UDPS de Londres à ce forum était vraiment regrettable. Ils se sont permi d’applaudir au discour mensonger de l’ambassadrice du Rwanda auprès de la Grande Bretagne qui au cours de son allocution a nié toute implication des troupes Rwandaises dans la prise de Muliro.
«Si le gouvernement Congolais ne sait pas distinguer les troupes du RCD avec celle du Rwanda, ça c’est son problème,» a dit l’ambssadrice qui a été par la suite huée, som mensonge dénoncé par Monsieur Kikaya Bin Karubi et un journaliste Congolais basé à Londres. Que de millier de Congolais sont à la solde des agresseurs de leur pays. Ils oublient que le Rwanda n’a aucun droit d’imposer un leadership à Kinshasa par la seule force des armes.
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