|
LES ETATS-UNIS ONT TOUJOURS SOUTENU LE TERRORISME EN RDC
ANALYSE D'A.R. LOKONGO
Le peuple Congolais à travers son gouvernement a été le premier à présenter ses condoléances au peuple Américain au lendemain des attaques meurtrières du 11 Septembre aux Etats-Unis qui ont ciblé entre autres le World Trade Centre et le Pentagone, causant la mort de plus de 5,000 personnes dont nous avons tous déplorée et condamnée. Le gouvernement Congolais s’est dit même prêt à apporter sa part de contribution à la lutte contre le terrorisme globale en tant que membre à part entière de la communauté internationale.
Ce qui m’a fort étonné ce n’était pas seulement l’ingénuité avec lequel les terroristes ont pu frapper les fondations mêmes sur lesquelles est basée la superpuissance Américaine, mais aussi et surtout le fait que – sauf en Afrique (comme si les Africains ne sont pas capables d’un débat franc) - les voix n’ont pas manqué à se lever au coeur même du drame à travers le monde, invitant les Etats-Unis non seulement à la restriction mais aussi à revoir sa politique étrangère qui lui attire la haine et le mépris «des oprimés et des damnés de la terre». «Tout le monde n’est pas prêt à signer un chèque en blanc avec les Américains», comme l’a dit Charles Kennedy, le leader du Parti Libéral Démocrate, un parti d’opposition en Grande Bretagne.
Cessons d’être hyppocrites! Nous ne devons pas ne pas régarder la réalité d’en face par peur d’être soupçonnés de soutenir le terrorisme. Non. Le peuple Congolais n’a rien à se réprocher. Il doit plutôt se lever comme un seul homme pour défendre sa cause et ses droits fondamentaux longtemps bafoués. C’est un devoir sacré.
Si le chef de l’Executif Américain a caracterisé la terreur du 11 Septembre comme «une attaque redoutable contre le monde civilisé qui constitue un crime contre l’humanité», il est grand temps pour que les Africains en général et les Congolais en particulier se posent la question suivante: sur quoi est basé cette civilisation d’autant plus que la République Démocratique du Congo est elle même la prémière victime de la politique étrangère «sauvage» des Etats-Unis en Afrique Centrale? Sauvage c’est bien le mot et c’est en connaissance de cause que je l’utilise.
En réalité, les Etats-Unis ont toujours soutenu ou appliquer le terrorisme au Congo pour sauvegarder leurs intérêts. Le pays de l’Oncle Sam a toujours fait le malheur des Congolais dépuis l’accession de notre pays à l’indépendance.
Les Etats-Unis comme toutes les autres puissances occidentales ont toujours considéré le Congo comme un « hinterland», c.à.d., un amas de resources naturelles et non pas comme un espace de vie accordé à un peuple qui a aussi droit à la vie, à la paix et à la prospérité.
La ruée vers les matières prémières Congolaises a commencé avec la fabrication par les Américains de la prémière bombe atomique qui a dévasté Hiroshima et Nagasaki au Japon pendant la Deuxième Guerre Mondiale. Une fabrication qui a nécessité des tonnes et des tonnes d’uranium exploités à partir du sous-sol Congolais; un sous-sol qui renferme des minerais rares, tels que le cobalt, le coltan, le nobium, l’uranium, le tungsten, le cuivre, le zinc, le diamant et l’or, et qui font aujourd’hui la convoitise des multinationales et de nos voisins de l’est dévenus nos agresseurs.
La RDC sans la volonté du peuple Congolais était dévenue un champ de bataille pendant la Guerre Froide. Les Américains voulaient coûte que coûte garder notre pays si riche qu’il est sous leur zone d’influence. C’est ainsi que quand les voix nationalistes Congolais – comme celle d’Emery Patrice Lumumba - se sont lévées avant et après l’accession de notre pays à l’indépendance contre l’impérialisme occidentale et pour la défence de nos droits, elles furent immédiatement étouffées. Emery Patrice Lumumba, prémier ministre Congolais démocratiquement élu, fut sauvagement assassiné par la CIA et les agents des services sécrètes Belges, bien sûr et comme d’habitude, avec la complicité de quelques laquins Congolais, Joseph Désiré Mobutu entre autres. Et pourtant, Lumumba n’était pas un communiste comme l’a témoigné Larry Devlin, directeur du bureau de la CIA à Kinshasa à l’époque.
Washington, tout comme Bruxelles et les dirigeants des Nations Unies, étaient d’avis que la liquidation de Lumumba était indispensable pour sauvegarder les intérêts des trusts qui exploitaient le Congo comme leur pays conquis tout en mettant en place un régime néocolonial stable, projet qui fut parachévé quand Mobutu fut hissé à la tête du pays.
Les Etats-Unis et toutes les autres puissances occidentales dites civilisées et démocratiques ont fermé les yeux sur la façon dont leur marionette a exercé le pouvoir pendant 37 ans: un régime dictatorial le plus sanglant de l’histoire africaine contemporaine, l’institutionalisation de la kleptocratie au profit de la classe politique et des pays étrangers comme forme de l’Etat et la paupérisation du peuple Congolais comme un acquis.
En mai 1997, Mobutu a été chassé par Laurent Désiré Kabila. Comme Colette Braeckman du quotidien Belge Le Soir écrit dans livre L’enjeu Congolais, L’Afrique centrale après Mobutu, «Kabila était à la fois tributaire des attentes de ses voisins et alliés, et comptable d’un autre agenda: les espoirs de son peuple, impatient de reconstruire un pays détruit par 37 ans de dictature et de prédation. Kabila a tranché pour le peuple en opposant toutes formes d’investissements qui ne réprésentaient pas l’intérêt du peuple Congolais». Nous savons que cela a valu à la RDC une guerre d’agression de la part de la coalition terroriste Rwando-Ougando-Burundaise qui a duré maintenant plus de trois ans, une guerre qui a été bien orchestrée par les Etats-Unis d’Amérique. Kabila qui a personnifié la resistance contre l’occupation a été assassiné au mois de janvier dans presque les mêmes circonstances qu’Emery Patrice Lumumba.
Dans une interview accordée à un hebdomadaire belge Le Solidaire, Ludo Martens, spécialiste du Congo a révélé que «Kabila était victime d’un vaste complot. Un groupe d’intérêt américains auraient fait «circuler» 30 millions de dollars américains depuis janvier 2000, somme qui a «transité» par Paris et Johannesbourg pour Brazzaville. La femme d’un haut officier des Ex-Faz qui faisait des va-et-vient à Brazza, en a beaucoup distribué. Des réseaux semi-maffieux Libanais auraient été aussi impliqués. Eddy Kapend aurait été la plaque tournante du complot. Il a provoqué de façon délibérée le mécontentement parmi les membres de la garde présidentielle qui dépendaient de lui pour leur solde. Plusieurs sécrétaires à la présidence étaient aussi impliqués ainsi que Leta, le chef de la sécurité présidentielle. Ce sont les Libanais qui ont introduit le revolver avec silencieuse de Brazza. C’est une sécrétaire qui l’ a fait passer au palais. Douze Libanais impliqués dans le complot ont été tués sur ordre de Kapend et du Général Yav pour effacer des preuves. C’est donc tout un réseau dans l’entourage immédiat de Kabila qui a rendu possible son assassinat. Kabila a été perdu par ses faiblesses dans le domaine de l’organisation et par le mauvais choix de plusieurs collaborateurs directs».
Voici ce qu’a écrit Colette Braeckman dans le Soir du 23 janvier 2001 et je cite: «La mort du Président Kabila, éxécutée par une main africaine, aurait été décidée par les Américains irrités par son nationalisme, son souci de défendre l’intégrité de son pays…Si Lumumba a été assassiné durant l’interrègne d’Eisenhower, Kabila pour sa part a trouvé la mort alors que Clinton faisait ses bagages…».
Rappellons que lorsque l’agression a été déclenchée, 200 soldats noirs Américains membres des «Forces Spéciales» ont traversé le Rwanda et se sont installés sur l’île d’Idjwi, dotés de matériel de communication. Chaque jour d’ailleurs l’attaché militaire américain se rendait à Gisenyi pour entrer en contact avec eux. En outre, au large du port de Banana, deux porte-avions américains, avec 3.500 hommes à bord étaient immobilisés: ils surveillaient les opérations, écoutaient sans doute les ordres donnés dépuis Kinshasa et assuraient la surveillance radio du pont aérien Goma – Kitona.
«Les Etats-Unis soutiennent militairement et logistiquement les agresseurs à partir des bases militaires qu’ils ont installés soit au Rwanda, soit en Ouganda où les troupes d’occupation sont formées», selon les revelations faites par Wayne Madsen, un journaliste Americain devant le Sous-Committé des Opérations Internationales et sur les Droits de l’Homme et le Committé des Rélations Internationales de la Chambres des Réprésentants du Congrès Américain, le 1 juin dernier. Notons que le Général Ougandais Katumba Wamala qui a pri la rélève comme «coordinateur des opérations militaires au Congo» après son prédeceseur James Kazini venait tout droit d’une grande academie militaire américaine..
Ce n’est pas donc pas une surprise si la communauté internationale pilotée par les Etats-Unis d’Amérique reste presque indifferente face à la balkanisation du Congo, ferme les yeux au pillage de ses richesses et au génocide de ses habitants. Depuis qu’ils ont enhavi la République Démocratique du Congo, les agresseurs Ougandais, Rwandais et Burundais viennent de commettre dans une indifference totale de la communauté internationale le GENOCIDE le plus pire du 21me siècle dans lequel plus de 3.500.000 Congolais viennent d’être massacrés; chiffres confimés par Amnestie International et International Rescue Committee, deux organisations des droits de l’homme basées en Grande Bretagne et aux Etats-Unis respectivement.
Etant donné que ce génocide n’a pas été suffisammant évoqué lors du pré-dialogue intercongolais à Gaborone, les 3.500.000 Congolais massacrés par les agresseurs risquent de devenir «les laissés pour compte» du dialogue intercongolais proprement dite, s’il y aura lieu.
Les agresseurs Ougandais, Rwandais et Burundais sont responsables des crimes contre l’humanité en RDC mais ils risquent d’échapper à la justice parce qu’ils sont bien protégés par les Etats-Unis. D’ailleurs Madeleine Albright, l’anciènne Sécrétaire d’Etat Américain a déjà déclaré que «le Rwanda est pour les Etats-Unis ce que la prunelle est pour l’oeil».
Si les Etats-Unis veulent unilatéralement mener une guerre contre le terrorisme plus précisemnt au proche Orient sans l’aval de l’ONU, ils doivent également contraindre les agresseurs Ougandais, Rwandais et Burundais à quitter le Congo, punir les criminelles et les terroristes qui opèrent au Congo et qui sont responsables non seulement des pillages des richesses du Congo, mais aussi des crimes contre l’humanité. Ils doivent aussi fermer leures bases militaires au Rwanda et en Ouganda, où les troupes d’occupation sont formés et finalement revoir leur politique étrangère en Afrique centrale . Que justice soit faite pour que la RDC récouvre son intégrité territorial et sa souverainété nationale. Sinon c’est la politique de deux poids, deux mésures qui va laisser un maivais précedent.
Les Etats-Unis doivent désormais prendre au sérieux ces conclusions tirées par Wayne Madsen dans son rapport au Congrès dont quelques révélations ont été évoquées plus haut:
«Il est grand grand temps pour que le Congrès examine le rôle des Etats-Unis dans les génocides et les guerres civiles en Afrique centrale, ainsi que le rôle que joue les companies militaires américaines privées non seulement au Congo, mais aussi dans d’autres pays ravagés par des conflits armés comme au Nigeria, en Sierra Leone, en Guinée Equatoriale, en Angola, en Ethiopie, au Soudan et au Cabinda…Les Etats-Unis étant la prémière plus grande démocratie du monde doit à l’Afrique ne fut ce que un pétit example d’auto-inspection».
Back to top |