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LE PORTRAIT DU «NOUVEAU RWANDA D’APRES LE GENOCIDE»:
PERVERTI PAR LE GENOCIDE ET LE PILLAGE DES RICHESSES QU’IL EST ENTRAIN DE PERPETRER AU CONGO, KAGAME, LE PRINCIPAL DECISIONNAIRE DU GENOCIDE DE 1994 AU RWANDA NE PEUT PLUS TIRER LE CREDIT MORAL DE CE GENOCIDE QU’IL A TOUJOURS UTILISE COMME FOND DE COMMERCE
Par A.R. Lokongo, 2.05.2005
L’Assemblée Générale de l’ONU a déclaré à l’unanimité le 7 Avril de chaque année comme «Journée Internationale de Commémoration du Génocide de 1994 au Rwanda» afin que ce crime contre l’humanité ne se répète pas au Rwanda tout comme ailleurs dans le monde. Ceci en dépit du fait que le peuple Congolais, voisin du Rwanda est entrain de payer innocemment le prix de ce génocide que les grands de ce monde ont laissé faire. En effet, dépuis le 2 août 1998, le peuple Congolais subit une guerre d’ agression de la part de la coalition anglo-américano-rwando-burundaise, avec la complicité des soit-disant rebelles Congolais et Rwando-Congolais, et qui a déjà coûté la vie à plus 5 millions de Congolais, un veritable génocide, sans oublier le pillage systematique des richesses naturelles et minerales de la République Démocratique du Congo.
Les grands de ce monde ont choisi non seulement de fermer les yeux sur ce que les Ougandais et les Rwandais font au Congo parcequ’ils les soutiennent tacitement dans cette aventure maffieuse, mais aussi à l’intérieur de l’Ouganda et du Rwanda même. Et parceque l’illusion ne dure pas, ces deux pétits pays dirigés par des minorités Tutsis, ces «états clients» de l’hégemonie anglo-américaine dans la région ne peuvent plus cacher leur vraie caractère criminelle.
La responsabilité de Kagame (et de Museveni evidemment) comme principal décisionaire de l’attentat contre l’avion du president Habyarimana, qui le 6 avril 1994, fit basculer le Rwanda dans le genocide est desormais établie. Charles Onana, le journaliste Camerounais basé à Paris , l’a confirmé dans son livre “Les Sécrèts du Génocide Rwandais – Enquête sur les Mystères d’un Président”; Abdul Ruzibiza, temoin occulaire et membre du «Network Commando» qui a tiré sur l’avion l’a confirmé; Jean Pierre Mugabe, journaliste Rwandais et ancien membre du FPR actuellemnt exilé aux États-Unis (qui soutiennent Kagame), l’a confirmé; enfin, le juge anti-terroriste Français Jean-Louis Bruiguière l’a confirmé dans son rapport final après une enquète de six ans! Tout ce beau monde ne peut pas mentir!
Pire encore, le bilan d’un Rwanda d’après le génocide sous la houlette de Paul Kagame - le sanguinaire de Kigali qui n’a pas hésité à sacrifier ces frères Tutsis pour accéder au pouvoir - est macabre. Rien n’a fondamentalement changé au Rwanda après le génocide, apart le drapeau et l’hymne national.
Dix ans après le génocide, les inégalités se sont creusées, au détriment de l'immense majorité des huit millions de Rwandais qui vivent dans les zones rurales; ainsi que le révèle Colette Braeckman dans son livre, «Les Nouveaux Prédateurs», paru chez Fayard.
Colette Braeckman compare le «nouveau Rwanda d’après le génocide» à un «village Potemkine» - celui de apparences trompeuses. Colette Braeckman écrit et je cite:
«Le nouveau Rwanda, ce pays méconnaissable qui s’est rebâti sur les cendres du genocide, est pareil à son chef. Il suscite la passion, la controverse, des engagements durables, des haines définitives. Les uns n’en finissent pas d’admirer la rapidité avec laquelle l’État s’est construit, l’administration, remise en place. Ils constatent combien Kigali a changé, avec ses quartiers neufs, ses villas de nouveaux riches (que certains appellent [ironiquement] «vive le génocide»!), ses commerces, son Institut des sciences, des technologies et de gestion (KIST), sa vocation à devenir un pays des services. Ils admirent les campagnes rangées comme un Monopoly, qu’un géant semble avoir remis en ordre, avec ses maisons regroupés le long des routes, ses élèves en uniforme blanc et bleu, ce pétit peuple laborieux qui semble toujours mû par une tâche urgente, ces paysans minitieux comme des jardiniers.
Mais ce Rwanda d’après le génocide, qui a plus progressé en moins de dix ans que ses voisins en quatre décennies d’indépendance, est aussi, aux yeux de ses détracteurs, un village Potemkine. Derrières ces images rassurantes, qui impressionnent les étrangers, il y a aussi la peur, omniprésente, l’obsession de la sécurité, la surveillance exercée par le DMI (Département de ls sécurité militaire), les enlèvement et parfois les éliminations physiques. Une presse muselée, des journalistes en prison ou en exil, des défections au sein même du Front patriotique. Un ancien président hutu, Pasteur Bizimungu, est en prison pour avoir voulu créer un nouveau parti politique (ce qui était interdit jusqu’à la fin de la transition. [Alors qu’est ce que Kagame reprochait à Laurent Désiré Kabila donc? D’avoir mi les partis politiques en congé jusqu’à la nouvelle ordre?], un ancien prémier ministre Célestin Rwigema, hutu lui aussi en fuite et accusé, après avoir été associé au pouvoir durant quatre ans, d’avoir été un génocidaire, un ancien président (tutsi) de l’Assemblée contraint à l’exil car il cregnait pour sa vie.
Le village Potemkine, celui de apparences trompeuses, c’est aussi l’envers d’une politique de «villagisation» ou «Imidugu», qui a obligé des centaines de milliers de paysans à quitter leur habitat dispersé pour se rassembler le long des routes et des pistes, à vivre dans des maisons construites à la hâte, souvent dépourvues de portes et de châssis de fénêtres, qui se décomposent sous les averses. Dans les nouveaux villages, les cultivateurs se trouvent éloignés de leurs champs. Faute d’entretien minitieux, les cultures déperissent, les reboisement se sont arrêtés et l’entretien des terrases antiérosives est moins systématique qu’autres fois, ce qui accentue les érosions et les effets de la sécheresse. Le nouveau régime a fait en sorte que ces montagnards individualistes que sont les Rwandais vivent désormais sous la surveillance constante des autorités, ce qui a permis de rétablir une sécurité absolue dans les campagnes. En effet des comités de défenses locaux (Local Defense Forces) organisent chaque soir des patrouilles aux abords des villages, afin de dissuader d’éventuels infiltrés et de surveiller tous les autres. Cette politique de «villagisation» n’a pas seulement permis le quadrillage des milieux ruraux, elle a aussi eu pour effet de rompre l’emprise que l’église Catholique exerçait sur les paysans, parfois au bénéfice des groupes de prières.
Kagame est donc un homme qui avance masqué. Quel fut son véritable dessein? Rentrer au pays, le diriger au mieux, tenter de faire vivre côte à côte Hutus et Tutsis, en leur apportant la sécurité?
«Je ne peux pas les obliger à s’aimer, mais je peux tenter de guarantir la sécurité de chacun», aime-t-il déclarer. Ou bien restaurer le pouvoir perdu par les siens (il appartient à la branche dynastique de Bega, ce groupe au sein duquel, dans la tradition monarchique, étaient choisies les reines mères), s’imposer comme le nouveau «patron» de toute la région après avoir détrôné un Mobutu usé et s’être imposé à un Museveni transformé en rival?
Après tant d’années, silloné par les convois humanitaires, scruté par les observateurs des droits de l’homme (la mission des Nations Unies a terminé sa mission en 2001), devenu le sujet de milliers de reportages, de livres, l’enjeu d’empoignades transatlantiques, le Rwanda a gardé son mystère, le Front Patriotique aussi.
Les questions continuent à se bousculer: le glaive des guerriers du Front patriotique s’est-il rouillé au fil du temps, l’idéal qui animait les combattants du FPR, qui soudait leur discipline, s’est-il perverti à l’epreuve du pouvoir? L’appétit que l’entourage de Kagame éprouve pour les richesses tirées du pays voisin (le Congo) s’est-il ouvert en même temps que le coffre-fort Congolais, ou le hold-up était-il dépuis longtemps prémédité? Vers où se dirigent les bénéfices de l’occupation de l’est du Congo? Sont-ils exclusivement affectés au financement de la plus puissante armée de la région, ou échouent-ils dans des comptes abritant la «cagnotte» du FPR?
Est ce le génocide, la mort de tant des leurs, qui a rendu ces militaires aussi insensibles à la douleur d’autrui, qui leur a donné la force d’exporter la violence et d’infliger la désolation au-délà de leurs frontières, comme si c’était le prix à payer pour la sécurité des leurs?
«Pour nous emparer des auteurs du génocide, nous traverserons toute l’Afrique, nous la ferons flamber s’il le faut», me disait en 1997 un jeune commandant aux yeux jaunes, qui m’assurait qu’il pouvait tuer sans sciller. S’exprimait-il sous le coup de l’exaltation, ou ses propos réflétaient-ils un projet de conquête bien antérieur à la guerre qu’il venait de remporter [contre le régime Habyarimana]?
J’avoue que c’est au Congo, au vu des événements dramatiques, où l’exportation de la violence déployée par les hommes de Kagame a de loin dépassé la sécurisation des 260 kilomètres de frontières commune; et au vu du comportement des hommes de Kagame, que j’ai pris la mesure des accusations de crimes de guerre qui pesaint sur le FPR pour son comportement durant le génocide – et même durant les années précedentes. C’est au vu de cette violence déployée hors frontières, de ce mépris à l’égard des Congolais, ces «Ibicucu» autrement dit «les gens sans importance» selon Kagame, dont la mort ou la vie ne pesaient d’aucun poids, que s’est dissipé le crédit accordé au Front patriotique rwandais après le génocide…».
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