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Mémoire inoubliable d’un défenseur des droits humains du Sud-Kivu. La commission d’enquête sur le cas d’assassinat Kabungulu établie par le gouvernorat du Sud-Kivu n’est pas pour nous.
DEMAIN, C’EST NOUS
La communauté de la Société Civile du Sud-Kivu et toutes les victimes des violations des droits de l’homme dont les auteurs ne sont que les différents
régimes qui se sont succédés au pouvoir en République Démocratique du Congo à partir de Mobutu jusqu’à ces jours sont en deuil. La perte physique par assassinat de Monsieur Pascal Kabungulu, Secrétaire Exécutif de l’association des droits humains Héritiers de la justice par des hommes en armes au matin du 31 juillet 2005 restera à jamais gravée dans la mémoire de ceux qui ont bénéficié de l’assistance de cette organisation et qui attendaient encore beaucoup de l’expérience des acteurs de cette association pilotée par les mains de maître de Pascal.
La perte de ce grand défenseur des droits humains constitue tellement une perte compte tenu non seulement du contexte actuel de changement dans lequel les activistes sont appelés à jouer un rôle de premier plan pour que ceux qui ont trempé de loin ou de près dans les violations des droits de l’home ne puissent en aucun cas se retrouver sur la scène politique dans la prochaine République en constitution. Ce rôle auquel il faut ajouter le fait pour les différents défenseurs des droits humains de détenir des informations susceptibles de casser la carrière de plusieurs assoiffés du pouvoir politique met en danger la vie de nombreux acteurs de la Société Civile en général, les défenseurs des droits humains en particulier.
Point n’est besoin de rappeler l’ampleur et le nombre des dénonciations faits par les acteurs de la Société Civile du Sud-Kivu surtout en cette période de crise etle rôle de cela dans le changement et la prise de conscience nationale de la majorité des Congolais. Cela ne cesse de gêner ceux-là qui pensent que leur survie réside dans le non rétablissement de la vérité et de la justice qui cherche à tout prix à tordre en utilisant le plus faible et moins civilisé des moyens à savoir, l’élimination physique de l’autre à la place des discussions autour d’une table.
L’insécurité persistante et montante dans laquelle les défenseurs des droits humains sont quadrillés, créé par de nombreuses personnes détenteurs illicites d’armes dont elle font usage illégalement parfois avec la bénédiction de leurs composantes et entités, risque de faire croire que même le droit à la légitime défense notamment en sollicitant le port officiel d’armes n’est pas reconnu aux militants des droits humains.
Dans cet état de choses, les défenseurs des droits humains refusent de se taire et prennent l’engagement de tout faire pour que l’impunité soit prise pour une priorité pour tous les acteurs dans tous les secteurs. C’est dans cet angle qu’ils jugent non appropriées la composition de la commission d’enquête mise en place par le Gouverneur de la province du Sud-Kivu et sollicite sa dissolution pour ne pas distraire la population du Sud-Kivu.
Les défenseurs des droits humains estiment que le pouvoir qui compose cette commission ne peut pas garantir l’indépendance des résultats. D’abord parce que l’Etat lui-même est concerné soit pour n’avoir pas empêché que ce crime ne soit commis, soit pour y avoir participé à travers des hommes armés ; ensuite parce qu’il apparaît, selon des observations faites que l’esprit des composantes commence à faire transparaître la dynamique pour obnubiler la suite et enfin les rebellions et les forces négatives ne peuvent pas être exclues.
Dans la démarche de poursuivre les actions entamées par la comisión Kabungulu mise au point pour la cause, des délégués ont mis en place des mécanismes pour une marche pacifique le mercredi 10/08/2005.
Cette initiative a été bloquée par le maire de la ville pour plusieurs raisons non convaincantes. Pour cette raison, les membres ont exprimé que la marche devrait avoir lieu au plus tard le Samedi 13/08/2005,
sans aucune forme de procès. Pendant les entretiens, le maire de la ville qui est aussi membre de la comisión d’enquêtes de l’assassinat de Kabungulu
instituée par le Gouverneur de province ad intérim a communiqué avec un inconnu que « ces gens sont la-bas dans son bureau ». Aussitôt dit, le Colonel Thierry Ilunga s’est présenté dans le bureau du maire ou se tenait la réunion. Cette présence n’est pas hasardeuse. Pour la plupart d’observateurs, c’est une preuve d’impartialité de la commission dans l’affaire Kabungulu. Il y a d’autres preuves qui sont dans la confidence de la commission Kabungulu qui pourra les mettre à la disposition du grand public le moment opportun.
Pour d’autres observateurs, c’est une façon d’identifier les futurs victimes.
C’est pourquoi, les recommendations ci-après ont été arrêtées :
- constituer une commission mixte et indépendante avec comme membre la Société Civile, la MONUC, le pouvoir public, les organisations internationales.
- Assurer l’indépendance du pouvoir judiciaire en dotant l’auditorat des moyens nécessaires pour poursuivre les investigations en posant tous les actes de procédure utiles pour faire aboutir les enquêtes jusqu’au procès.
- Adopter au niveau du Parlement une loi de protection des défenseurs des droits humains.
- Doter des attributions à un consulat à Bukavu, avec comme mandat précis de gérer la question des défenseurs de droits humains en danger.
- Constituer une commission mixte ayant comme mandat d’établir les dispositifs de sécurisation des défenseurs de droits humains au Sud-Kivu.
- Invitons la rapporteuse sur la question des défenseurs de droits de l’homme des Nations unies de visiter le Sud-Kivu.
- Invitons l’expert indépendant sur la question de droits humains en RDC de se joindre à notre souffrance
Fait à Bukavu, le 13 août 2005.
LES SIGNATAIRES
01. Pablo Muke B. RADHOSKI
02. NONO Ntabugi, CRONGD
03. Jean Bosco MUHEMERI, REPRODHOC-Sk
04. Liliane Wakusumba, UWAKI SUD-KIVU
05. Armel Luhiriri, Héritiers de la Justice
06. Mparanyi Philippe, DIB
07. Balzac Buzera, ICJP
08. Alphonse , Héritiers de la Justice
09. Masumbuko Lufayo, DIB
10. Télesphore Namukama, Héritiers de la Justice
11. Me Young Byamungu, Héritiers de la Justice,
12. Trish Mastaki, COJESKI
13. Safanto Lukento Bulongo, CENADEP
14. Blaise Kajangu Mulume, ICJP
15. ICJP
16. ICJP
17. PAVEA
18. ICJP
19. Dercy Muley Ley Tubibu, RADHOSKI
20. Gracia Neema Buhendwa, RADHOSKI
21. Thaddée Hyawe-Hinyi, MONDE SANS VIOLENCE
22. Zita Kavungirwa, CAUCUS DES FEMMES
23. Georgette Mwavita Wampoka, CME
24. Espérance Cikuru ICJP
25. Egil Kahelele, CME
26. Nicole Itunda, UWAKI
27. Vital Mbuta, VED
28. Stelle Yanda, SOLIDARITE PAYSANNE
29. Lubala Nabuchi, UWAKI
30. Christophe Masumbuko, CRONGD SK
31. Raphael Wakenge, ICJP
32. Kabemba Jean Marc, Centre éducatif Gul’enfuka
33. CARECO
34. Mudundo Shaba, CRONGD
35. James Omari, Cameraman COJESKI
36. Jules, ICJP
37. Benjamin, CMD
38. Jean Marie Bantu Baluge, ERND
39. Vendicien Ruboneka, GAM
40. EmileNamwira, CRER
41. Héritiers de la Justice
42. Fidèle BahizireChishugi, CMD
43. CPAM
44. Lambert Byamungu, POCIVITEM/CODES
45. Me Roger Muchuba, Héritiers de la justice
46. Joseph Birhingingwa Katudwe, CRONGD
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