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Des signes qui ne trompent pas sur les visées cachées des Banyamulenge Rwandophones, notamment entre autres la création de la République de Minembwe
Dans les lignes qui suivent nous reproduisons une correspondance particulière venant de Bukavu datée du mois de février 2004. L’Intérêt de ce document est qu’il éclaire l’actualité du moment et les visées cachées du Rcd.: Ainsi, pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui, remontons au mois de février 2004.
Lisez plutôt.
Soirée culturelle organisée à l’intention de Me Azarias lors de son séjour à Bukavu
Chers Amis,
Vaut mieux tard que jamais.
Il nous a fallu un peu plus du temps pour pouvoir réunir un certain nombre de faits qui ont marqué la soirée dite culturelle qui a été organisée à l’intention de Me Azarias Ruberwa à la veille de son voyage retour pour Kinshasa.
Pour rappel, cette soirée a été organisée sur l’initiative des frères du Me en la résidence du Vice-gouverneur du Sud-Kivu, M. Tommy Tambwe, à partir de 2l h00’.
Plusieurs groupes ethniques de la province y ont été représentés et cela soit officiellement ou soit par un groupe de gens membres de telle ou telle tribu mais agissant à la solde du Rcd. Les Babembe, par exemple, bien que déclarant n’avoir ni été invités et moins encore informés de la tenue de cette cérémonie, y étaient représentés par un certain M. Eyana Abandeiwa Awal accompagne d’environ six jeunes gens.
Au menu du jour, figurait l’exhibition des danses traditionnelles mais aussi c’était une occasion d’or pour les quémandeurs d’emploi de rapprocher le Vice-Président de la République pour lui présenter leurs dossiers de demande d’emploi…
De tout ce qui s’était passé au cours de cette soirée, une seule chose a plus frappé notre curiosité. Il s’agit de « l’entrée sur scène de la communauté Banyamulenge ». Alors que pour les représentants des autres tribus, c’était des discours de bienvenues suivis d’une exhibition de danse, les Banyamulenge eux ont, après avoir loué la bravoure de leur fils pour le cap franchi, se sont présentés sur scène munis d’un certain nombre d’objets qu’ils ont remis à leur fils mais tout en insistant sur le sens de chaque objet. Il s’agit:
- Une lance. Un homme tenant en main une lance a fait son entrée sur scène et à chaque cri, la bougeait comme pour l’enfoncer dans le corps d’un adversaire. Par après il s’est dirigé vers Me Azarias et tout en lui remettant la lance, l’homme lui a dit (en Kinyarwanda): « Je te donne cette lance, tu vas l’utiliser pour anéantir tous nos ennemis ».
- La carte du territoire de Minembwe. Un deuxième homme est apparu sur scène tenant en main la carte du territoire de Minembwe dans ses limites dites dans le texte portant sa création pour le Rcd. Comme son prédécesseur, l’homme s’est dirigé vers le Maître pour la lui remettre avant d’ajouter (en Kinyarwanda) : « voici cette carte, je te la remets. Prouve-nous que tu es un Homme en nous donnant définitivement ce territoire ».
- La Cruche. Un troisième homme a fait son apparition sur scène, apportant une cruche au Maître et dit (en Kinyarwanda): « Cette cruche est celle de la sagesse. Prends-la pour être plus sage ».
- La bouteille en bambou dite « Ngongoro ». Un quatrième homme est apparu sur scène tenant en main un Ngongoro, puis il est allé la remettre au Maître. Notons que le Ngongoro sert à cueillir du lait de vache lors de la traite mais aussi pour la conservation du lait. Puis il ajouta (en Kinyarwanda) : « veille à la protection de nos vaches, notre nourriture de chaque jour ».
- Un pot contenant de la terre. Un cinquième homme a fait son entrée sur scène, tenant en main un pot contenant de la terre qu’il remit au Maître avant d’ajouter (en Kinyarwanda) : « Nous avons enfin acquis une terre, sauvegarde-là ».
Que dire de tout ceci quand on sait par exemple que les tribus voisines du Sud-Kivu sont très hostiles à l’érection du territoire de Minembwe. Faut-il encore offrir une lance à son fils, qui qu’il soit, en cette période où tout le monde aspire à la paix et rien qu’à la paix? Qu’adviendra-t-il de ce pays si les tribus voisines de banyamulenge faisaient de même à l’égard de leurs fils qui sont ou non animateurs dans les institutions de la transition?
Quelle leçon les groupes ethniques représentés à ces manifestations ont-ils tiré de ce geste de Banyamulenge ? Qui sont ces ennemis contre lesquels une lance a été remise au Me Azarias?
Le Maître va-t-il comprendre qu’il « appartient » à toutes les tribus du pays et par conséquent préserver les intérêts de la nation (protéger la fragile transition) ? ou soit se pliera-t-il carrément aux desiderata de ses frères de sang en militant pour l’accomplissement de leurs voeux?
A toi de réfléchir suffisamment sur ce que tu dois faire pour un avenir meilleur de notre pays la République démocratique du Congo.
Qui vivra verra!
Fait à Bukavu, le 19 février 2004
(Th) | L’Avenir/L’Observateur
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