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LE “LECHE-BOTTISME” DE MUSEVENI, DE KAGAME ET DE BUYOYA NE MORD PLUS A LONDRES ET A WASHINGTON
Par A.R. Lokongo, 1.05.2005
Les trois agresseurs et envahisseurs du grand Congo démocratique sont en désarroi. Motif? Londres et Washington en contre valeur de l’aide financière à leurs bugets militaires, exigent la tenue des dialogues inter-rwandais, inter-ougandais et inter-burundais. Si Buyoya fait semblant d’y conceder, il n’est pas le même cas avec Kagame et Museveni. En plus, Londres et Washington sont de plus en plus embarrassés de leurs alliés dont ils ne mesurait pas l’empleur de leur culture de sang. Même s’ils ferment encore les yeux face au génocide de plus de 5 million de Congolais par leurs alliés Rwandais, Ougandais et Burundais, ils ne peuvent prétendre d’ignorer les violations massives des droits de l’homme, les massacres, la manque d’ouverture et de reforme politique et le détournement de l’aide financière leur accordée, à l’intérieur de leurs pays respectifs.
Signes avant-coureurs: Comme Mobutu, la poubelle de l'histoire est entrain d'être péti à pétit aménagée pour Museveni. Même L’artiste musicien Irlandais Bob Geldof, fondateur du Band Aid (la musique au service de l’assitance humanitaire),dont le dernier chef d'oeuvre c'est la Commission Africaine lancée par le Premier Ministre Tony Blair «pour aider l'Afrique», lui a intimé l'ordre «de lire les signes des temps et de partir».
"Get a grip Museveni. Your time is up, go away," a-t-il dit. Par ailleurs, la Grande Bretagne qui finance la moitié du budget national Ougandais vient de soutraire $10 millions dans le paquet qu'elle devait donner à L'Ouganda pour contraindre Museveni à «démocratiser». Le chouchoux des Anglo-saxons est tout simplement rappélé à l'ordre!
C’est ainsi que l’ancien Président Américain Bill Clinton a été contraint d’annuler sa visite en Ouganda (déjà arrangée avec Museveni lorsque ce dernier était aux États-Unis au mois d’avril) au cours de sa tournée dans la Région des Grands Lacs au mois de Septembre dernier, parcequ’il a été embarrassé par le temoignage d’un kadogo, une anciènne enfant soldat, répondant au nom de Keitetsi alias China (c’est étonnant que le temoignage d’un enfant soldat puisse mouvoir Clinton, mais pas le génocide de plus de 5 millions de Congolais!).
China Keitetsi, maintenant agée de 26 ans, adoptée par un Danois, auteur d’un livre très sollicité en Europe et aux États-Unis, et intitulé «Ma Vie d’Enfant Soldat», a été enlévée par l’Armée Nationale de Résistance de Museveni (NRA en anglais), aujourd’hui Force de Défence du Peuple Ougandais (UPDF en anglais) – notez que Museveni devait changer l’appellation de son armée pour réparer sa réputation criminelle et donc son image – et conscrite à ce qui était encore une rébellion dirigée par Museveni alors qu’elle n’avait que 8 ans! China Keitetsi explique dans son livre comment elle a été violée dépuis son entrée forcée à la rébellion, comment elle a pri part aux massacres, enlevements et tortures perpétrés par les soldats du NRA. L’histoire de China Keitetsi constitue un coup dur pour Museveni et son profile vis-à-vis les pays donateurs.
China Keitetsi a été même invitée recemment par le Sécrétaire Général de l’ONU, Kofi Annan à New York pour rencontrer Nelson Mandela et lui relater son histoire. Pour quel but? Pour que l’homme d’état Sud Africain puisse se rendre compte de ce qu’a fait un mouvement dirigé par son ami intime, Yoweri Kaguta Museveni. Mandela a été fort touché (une fois de plus, c’est étonnant que le temoignage d’un enfant soldat puisse mouvoir Nelson Mandela, mais pas le génocide de plus de 5 millions de Congolais!).
L’histoire de China Keitetsi n’a pas non plus laissé indifferents l’ancien ambassadeur Américain à l’ONU, Richard Holbrook (très proche de Bill Clinton) et sa femme Katie Marton. La Sénatrice Hilary Clinton a éclaté en sanglots en écoutant China Keitetsi. Son mari qui n’a pas aussi manqué de verser une ou deux larmes s’est tourné vers un ami qui était assi à côté de lui, lui demandant de savoir si c’est le même Museveni pour qui il avait tant d’estime. L’ami a répondu tout simplement par un signe de tête.
C’est ainsi que l’histoire de China Keitetsi est parvenue jusqu’aux oreilles de l’actuel Chef de la Maison Blanche, Georges W. Bush.
Acculé, Museveni s’attèle à sauver son image, si pas sa vie politique auprès de ses parrains. Il exploite ses rélations avec Condoleza Rice, il reussit à se faire inviter à la Maison Blanche pour offrir ses service à la CIA et en faire de l’Ouganda son pivot d’écoute en Afrique Centrale, et demeurer un allié incontestable des Américains dans la «guerre contre le terrorisme». C’est justement ce que Bush voulait entendre. Soudain Museveni se voit félicité pour la lutte acharnée qu’il mène contre contre le SIDA et le «terrorisme» en Afrique Centrale – je bouche mes oreilles!. Il bénéficie par conséquent d’une aide supplémentaire à son buget à la défense. Pour plaire une fois de plus aux Américains, Museveni propose à Georges Bush de travailler ensemble avec Nelson Mandela pour jouer le rôle de co-médiateur entre la Lybie, les États-Unis et la Grande Bretagne dans le conflict qui les oppose à la suite de l’écrasement à Lockerbie, Ecosse, d’un avion de Pan Am AirLine en 1988, tuant 270 passagers à bord, perpétré, selon Londres et Washington, par la Lybie. Il promet à Bush de lui obtenir une guarantie par écrit de la part de Muamar Kadaffi que seul lui (Museveni) serait desormais l’unique emissaire entre Tripoli, Londres et Washington., pour couper court avec toute une multiplicité des émissaires (Chine, Afrique du Sud, etc.,). Ce qui fut fait. En effet la Lybie veut améliorer ses rélations avec la Grande Bretagne et les États-Unis (qui sponsorisent l’agression au Congo) et veut remplir toutes les conditions lui imposées par Londres et Washington, à savoir, condamner ouvertement le terrorisme international, cesser de developer les armes de destruction massive, demander publiquement pardon pour l’attentant de Lockerbie et payer des compensations financières aux familles des victimes. L’ami de mon ami est mon ami. Si Kadaffi et Museveni s’enttendent bien, et si la Lybie veut améliorer ses rélations avec les États-Unis et la Grande bretagne qui sponsorisent l’agression au Congo, il n’est donc pas surprenant que Kadaffi soutienne le MLC de Jean Pièrre Bemba qui est une création de Museveni.
Mais le plan de sauvetage de Museveni a capoté dès que le Département d’État - qui insiste que le régime Ougandais améliore son record sur les violations massives des droits de l’homme, les massacres, la manque d’ouverture et de reforme politique et le détournement de l’aide financière lui accordée – s’est rendu compte que la rencontre Museveni-Bush a été le fruit d’une initiative personelle de Condoleza Rice et non pas l’affaire d’état à état. Pire, quand CNN voulait monter un documentaire sur l’histoire de China Ketetshi, le Département d’État est intervenu pour freiner l’initiative. Un officier Ougandais a personellement fait le voyage aux États-Unis pour faire capoter le projet. L’affaire fait déjà l’objet d’une investigation de la part de FBI. Le projet US-Lybie-Lockerbie a été par conséquent annulé! Dépuis lors, le champ de manoeuvre de Museveni à la Maison Blanche demeure très constraint et les analystes estiment que la politique américaine vis-à-vis le régime en place à Kampala aujourd’hui demeure précaire. Quelles autres cartes Museveni va maintenant jouer étant donné que le «lèche-bottisme» ne mord plus? Museveni a été même ridiculisé par Kevin O’Connor, un agent de l’ambassade de la Grande Bretagne à Kampala chargé des questions humanitaires.
Dans un article publié par Sunday Monitor de Kampala et intitulé «La dominance des agences humanitaires en Afrique», O’connor fustige les agents de l’aide humanitaire qui se servent des conflicts en Afrique pour trouver des fonds, se payer de gros salaires (ils ne vont jamais à l’intérieurmais passent tout leur beau tempas dans les grands hotels des capitales africaines, se la coulant nuit et jour) et promouvoir leurs carrières une fois de retour aux États-Unis ou en Europe. Mais O’Connor va plus loin jusqu’à dénoncer le lèche-bottisme des Ougandais (donc de Museveni) vis-à-vis de l’homme blanc en termes clairs: «Il y a un écart économique et surtout psychologique et émotionel entre blanc et noir , causé par la colonisation mentale dans ce pays. Il parait que les Ougandais ne reconnaissent même pas que les Bazungu (les blancs) urinent, déchargent les matières fécales à la toilette, et forniquent comme tous les autres êtres humains; et que le respect pour eux ne s’obtient pas automatiquement mais doit se gagner.»
Une leçon que peuvent tirer les lèche-bottes Congolais de la guerre d’agression.
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