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Pour la prémière fois, un quotidien britannique dénonce l’utilisation du génocide de 1994 par Kagame comme «fond de commerce»

A.R. Lokongo, 16.08.2004

Dépuis le génocide de 1994 au Rwanda et la prise du pouvoir par le FPR Tutsi, jamais les médias occidentaux – à quelques exceptions près – n’ont jamais pri la peine d’informer l’opinion internationale sur le vrai profile d’un Rwanda post-génocide dirigé par Paul Kagame. Mais désormais les langues commencent à se délier face aux massacres des milliers de Hutu par le l’APRTutsi après la prise du pouvoir par ce dernier et au Rwanda et dans des camps de réfugiés au Congo pendant la guerre de l’AFDL et le génocide de 5 millions de Congolais perpétrés par les troupes d’occupation de l’APR.

C’est le quotidien britannique, «The Independent» qui vient de donner le ton. En effet, dans un article publié dans son édition du 5 août 2004 et signéMeera Selva, son correspondant à Kigali, «The Independent» a fait des révélations maccabres et sans précédents au sujet de l’utilisation du génocide de 1994 par Paul Kagame comme «fond de commerce», notamment à travers des soit-disant lois anti-génocidaires «qui ont plongé et forcé tous les Rwandais de vivre dans la peur», le penchant de l’homme fort de Kigali de museler la presse et les abus incalculables des droits de l’homme.

Dans cet article, notre consoeur Meera Selva cite Charles Kabonero, un Tutsi et cinquième rédacteur-en-chef de Umuseso, l’unique quotidien indépendant Rwandais créee en 2000, et qui est habitué à être arrêté «chaque fois à chaque édition» que le journal est sorti pour justifié le bien fondé d’un tel ou tel autre article. Les quatres prédécesseurs de Kabonero ont déjà quitté le pays. Kabonero a passé six en prison pendant sa dernière détention, sans jugement, sans accès aux avocats et chaque libération conditionnée a été suivie des ménaces de mort. Malgré cela, Umusero jouit d’une circulation de 25,000 examplaires alors que les journeaux gouvernementaux ne comptent que 8,000 examplaires.

«Le sort des éditeurs de Umuseso,» écrit Meera Selva, «prouve comment les Rwandais ont affaire à régime autocratique sans précedent. Le mois dernier, tous les membres de Liprodhor, une organisation de la société civile Rwandaise qui ose critiquer ouvertement le gouvernement, ont fui le pays quand le parlement Rwandais a demandé qu’ils soient tous executés [ce allait pu se faire sans problème]. Le gouvernement leur avait accusé d’avoir violé la loi qui prohibe le «divisionisme sur base de difference ethnique» qui engendré le génocide.»

«Mais cette loi,»estime Sarah Green d’Amnesty International, «est devenu un alibi à Kagame pour mâter toute forme d’opposition à son régime. 120,000 Rwandais croupissent en prison sans qu’aucune forme de procès soit engagé pour qu’ils soient jugés. Toutes formes de manifestations sont interdites au Rwanda dépuis 1994. Frustrés , les étudiants ont organisé une manifestation contre la hausse des minervales – la seule dépuis 1994 – mais qui s’est soldé par la mort de deux étudiants.»

Francine Rutanza, une survivante du génocide s’étonne du fait «qu’elle doit avoir peur du même gouvernement supposé l’avoir sauvée des génocidaires».

Juste après la prise du pouvoir par le FPR, Nick Gordon, un reporter de la BBC a révélé que le nouveau régime de Kigali sous un programme dénommé «Manpower duty», a contruit des crematorium, pareil à Auschwitz, à Bugasira (tout près d’une base militaire américaine), Ruhengeri, Byumba, Kibungo, Inungwe et d’autres locations où 1,000 à 2,000 Hutu étaient massacrés par jour, leurs dépouilles mortelles incinérées et les cendres repandus dans les champs voisins.

«C’est absolument impossible que les Généraux Américains ne pouvaient pas écouter les sanglots de ces infortunés, ni reagir à la puanteur de la chair humaine qui se brûlait», s’est étonné Nick Gordon dans son reportage.

Mzee Laurent Désiré Kabila a déclaré devant la communauté congolaise venue l’accueillir lors de son passage à Bruxelles le 26 novembre 1998:

«Que dire de tous ces Congolais que les agresseurs ont déportés à Bukavu, les notres. Qui connait où ils sont? Quand le Saint Siège a appri les chrétiens dans l’église de Kasika avec le prélat, on en a parlé dans le monde. Et tous les autres qui sont massacrés partout. On en parle pas. Chaque jour ils tuent. Ils ont la haine des Congolais. Qui en parlent! Qu’avons-nous fait au monde?! Et surtout au monde occidental pour être si neutre?! Nous mêmes, quand nos soldats meurent, nous les enterront avec diginité. Mais, Kagame, le sanguinaire, un sadique, a donné l’ordre à ces soldats, il y a de cela deux semaines: «Si un soldat Tutsi tombe, coupez! Coupez la tête! Et ceux qui étaient tués à Kabalo, on les a vus, ils avaient encore des têtes. Et comme la guerre se poursuivait, ils sont venus avec détente, ils répoussent la compagnie qui était à l’aéroport de Kabalo, juste pour venir s’occuper des coupe-coupes de têtes. On a trouvé plus de 89 corps des soldats Tutsi sans têtes. Où ont-ils améné des têtes des Tutsi? [aux mausolées de Kigali?]. Et tout ça pour dire après qu’on a tué les Tutsi, voilà ceci, voilà cela. Mais ces gens sont des sanguinaires. Ils n’ont même pas peur de couper les têtes des morts. Mais ils sont formidables! Eux en ont l’habitude, parce que c’est dans leur tradition. Si vous avez une tradition pour manger de la viande crue, vous mangerez toujours la viande crue. Et si vous avez l’habitude d’egorger les gens, vous le fairez. C’est pourquoi, couper la tête d’un mort, pour eux ça ne pose aucun problème.»

Quant à Museveni, Mzee Kabila a ajouté: «Museveni a envoyé dans de pays là, 1.500 soldats sero-positifs! Pour faire quoi? Pour faire quoi? Pour continuer le génocide [de plus de 5 millions de Congolais]! C’est une maladie comme une autre bien attendu, mais choisir ces gens là pour les envoyez au Congo, quelle est l’intention de ce diable là! Nous avons en face ce genre de personnes.»

Dans son livre, «Les Nouveaux Prédateurs», paru chez Fayard, Colette Braeckman donne le vrai portrait du nouveau Rwanda post-génocide. Elle compare le «nouveau Rwanda d’après le génocide» à un «village Potemkine» - celui des apparences trompeuses.

Elle écrit: «Le nouveau Rwanda, ce pays méconnaissable qui s’est rebâti sur les cendres du genocide, est pareil à son chef. Il suscite la passion, la controverse, des engagements durables, des haines définitives. Les uns n’en finissent pas d’admirer la rapidité avec laquelle l’État s’est construit, l’administration, remise en place. Ils constatent combien Kigali a changé, avec ses quartiers neufs, ses villas de nouveaux riches (que certains appellent [ironiquement] «vive le génocide»!), ses commerces, son Institut des sciences, des technologies et de gestion (KIST), sa vocation à devenir un pays des services. Ils admirent les campagnes rangées comme un Monopoly, qu’un géant semble avoir remis en ordre, avec ses maisons regroupés le long des routes, ses élèves en uniforme blanc et bleu, ce pétit peuple laborieux qui semble toujours mû par une tâche urgente, ces paysans minutieux comme des jardiniers.

Mais ce Rwanda d’après le génocide est aussi, aux yeux de ses détracteurs, un village Potemkine. Derrières ces images rassurantes, qui impressionnent les étrangers, il y a aussi la peur, omniprésente, l’obsession de la sécurité, la surveillance exercée par le DMI (Département de la sécurité militaire), les enlèvement et parfois les éliminations physiques. Une presse muselée, des journalistes en prison ou en exil, des défections au sein même du Front patriotique. Un ancien président hutu, Pasteur Bizimungu, est en prison pour avoir voulu créer un nouveau parti politique (ce qui était interdit jusqu’à la fin de la transition. [Alors qu’est ce que Kagame reprochait à Laurent Désiré Kabila donc? D’avoir mis les partis politiques en congé jusqu’à la nouvelle ordre?], un ancien prémier ministre Célestin Rwigema, hutu lui aussi en fuite et accusé, après avoir été associé au pouvoir durant quatre ans, d’avoir été un génocidaire, un ancien président (tutsi) de l’Assemblée contraint à l’exil car il craignait pour sa vie.

Le village Potemkine, celui des apparences trompeuses, c’est aussi l’envers d’une politique de «villagisation» ou «Imidugu», qui a obligé des centaines de milliers de paysans à quitter leur habitat dispersé pour se rassembler le long des routes et des pistes, à vivre dans des maisons construites à la hâte, souvent dépourvues de portes et de châssis de fénêtres, qui se décomposent sous les averses. Dans les nouveaux villages, les cultivateurs se trouvent éloignés de leurs champs. Faute d’entretien minutieux, les cultures déperissent, les reboisements se sont arrêtés et l’entretien des terrases antiérosives est moins systématique qu’autres fois, ce qui accentue les érosions et les effets de la sécheresse.

Le nouveau régime a fait en sorte que ces montagnards individualistes que sont les Rwandais vivent désormais sous la surveillance constante des autorités, ce qui a permis de rétablir une sécurité absolue dans les campagnes. En effet des comités de défenses locaux (Local Defense Forces) organisent chaque soir des patrouilles aux abords des villages, afin de dissuader d’éventuels infiltrés et de surveiller tous les autres. Cette politique de «villagisation» n’a pas seulement permis le quadrillage des milieux ruraux, elle a aussi eu pour effet de rompre l’emprise que l’église Catholique exerçait sur les paysans, parfois au bénéfice des groupes de prières.

Kagame est donc un homme qui avance masqué. Quel fut son véritable dessein? Rentrer au pays, le diriger au mieux, tenter de faire vivre côte à côte Hutus et Tutsis, en leur apportant la sécurité?

«Je ne peux pas les obliger à s’aimer, mais je peux tenter de guarantir la sécurité de chacun», aime-t-il déclarer. Ou bien restaurer le pouvoir perdu par les siens (il appartient à la branche dynastique de Bega, ce groupe au sein duquel, dans la tradition monarchique, étaient choisies les reines mères), s’imposer comme le nouveau «patron» de toute la région après avoir détrôné un Mobutu usé et s’être imposé à un Museveni transformé en rival?

Les questions continuent à se bousculer: le glaive des guerriers du Front patriotique s’est-il rouillé au fil du temps, l’idéal qui animait les combattants du FPR, qui soudait leur discipline, s’est-il perverti à l’epreuve du pouvoir? L’appétit que l’entourage de Kagame éprouve pour les richesses tirées du pays voisin (le Congo) s’est-il ouvert en même temps que le coffre-fort Congolais, ou le hold-up était-il dépuis longtemps prémédité? Vers où se dirigent les bénéfices de l’occupation de l’est du Congo? Sont-ils exclusivement affectés au financement de la plus puissante armée de la région, ou échouent-ils dans des comptes abritant la «cagnotte» du FPR?

Est ce le génocide, la mort de tant des leurs, qui a rendu ces militaires aussi insensibles à la douleur d’autrui, qui leur a donné la force d’exporter la violence et d’infliger la désolation au-délà de leurs frontières, comme si c’était le prix à payer pour la sécurité des leurs? «Pour nous emparer des auteurs du génocide, nous traverserons toute l’Afrique, nous la ferons flamber s’il le faut», me disait en 1997 un jeune commandant aux yeux jaunes, qui m’assurait qu’il pouvait tuer sans sciller. S’exprimait-il sous le coup de l’exaltation, ou ses propos réflétaient-ils un projet de conquête bien antérieur à la guerre qu’il venait de remporter [contre le régime Habyarimana]?

J’avoue que c’est au Congo, au vu des événements dramatiques, où l’exportation de la violence déployée par les hommes de Kagame a de loin dépassé la sécurisation des 260 kilomètres de frontières commune; c'est au vu du comportement des hommes de Kagame, que j’ai pris la mesure des accusations de crimes de guerre qui pesaient sur le FPR pour son comportement durant le génocide – et même durant les années précedentes. C’est au vu de cette violence déployée hors frontières, de ce mépris à l’égard des Congolais, ces «Ibicucu» autrement dit «les gens sans importance» selon Kagame, dont la mort ou la vie ne pesaient d’aucun poids, que s’est dissipé le crédit accordé au Front patriotique rwandais après le génocide…».

Malgré le fait qu’on a affaire à un régime autocratique et hitlérien sans précedent au Rwanda, les gouvernements occidentaux continuent de soutenir Kagame et le traitent comme un chouchoux.

«Il est tellement un chouchoux,» a déclaré Claire Short, l’anciènne sécrétaire d’état britannique chargée du development international. Cette année son successeur Hillary Benn a déclaré que « le Rwanda se dirige incontestablement dans la bonne direction». Ce n’est donc pas une surprise si, rien que pour l’année 2004-2005, le gouvernement britannique à travers Département pour le Development International veint d’octroyer 42 millions de livres sterling à Kigali. Il est attendu que les Américains suivent avec un autre 25 millions de livres sterling. For de ce soutien Kagame peut massacrer, piller au Congo tout comme au Rwanda comme il veut. Sans problèmes! Et même après le tout dernier rapport des experts de l’ONU faisant état de la présence des troupes Rwandaises et Ougandaises au Congo, le Conseil de Sécurité ne s’est pas prononcé jusqu’à exiger Kagame et Museveni de rétirer leurs troupes et de cesser de soutenir les dissidents et les milices qu’ils ont créees au Congo pour continuer avec le pillage des richesses Congolaises.

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