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GABEGIE FINANCIERE DANS L’ARMEE: SE SENTANT HUMILIE DEVANT FLAHAUT , ONOSUMBA FAIT LE PONCE PILATE ET POINTE LE DOIGT A SES COLLEGUES DU DEPARTEMENT DES FINANCES
Par Antoine Roger Lokongo, 4 décembre 2005
En quoi consiste le paradoxe du Congo? La réponse est claire et nette: «une population qui s’est massivement enrôlée en vue des élections (24 millions se sont inscrits dans 9300 centres à travers tout le pays jsuqu’à ce jour, malgré des cas d’incertitude élévée, dont 9300 rien qu’à Kinshasa), une immense bonne volonté à la base, et en face, une classe politique désireuse de faire traîner la transition et d’en tirer un maximum de bénéfices.»
C’est la conclusion que tire Colette Braeckman dans un article paru dans Le Soir du samedi 4 décembre 2005. Et c’est ce paradoxe que le ministre Belge de la Défense, André Flahaut dernièrement en visite à Kalemié et à Kamina, comme son collègue Armand De Decker, lui aussi en visite de travail, à Lubumbashi et Kinshasa, viennent de redécouvrir.
Notre consoeur Colette Braeckman rapporte qu’à Kalemié, André Flahaut a été acceuilli en fanfare par les soldats venus de tous les mouvements armés arrivés la veille. On joua la Congolaise, l’hymne national de la RDC, et aussi la Brabançonne, et les officiels Congolais, dont le ministre de la Défense Adolphe Onosumba, exprimèrent leur reconnaissance à Flahaut pour son soutien concret, son approche pragmatique.
Mais les bon voeux, toujours selon Colette Braeckman, n’étaient pas tout. Invité à visiter la base, le minsitre belge, malgré le manque de temps, surprit ses hôtes lorsqu’il bifurqua soudain bers les bâtisses de béton gris abritant les hommes de la 3eme brigade. Sans prévenir, il écarta les tentures délavées tenant lieu de portes, regarda à travers les fénêtres sans vitres et il s’imprégna du triste spéctacle de ces chambres vides et sales, où des paillasses tenaient lieu de matélas. Il s’entretint ensuite avec des soldats désabusés qui lui confirmèrent que leur solde de 10 dollars par mois était totalement insuffisante.
«Alors que le ministre Belge poursuivait son examen des locaux délabrés, et que les soldats du rang lui expliquaient leur dénuement» poursuit Colette Braeckman, «le ministre de la Défense Onosumba, nous confiait lui, son «humiliation» devant ce blâme venant à la fois de la base et des mentors extérieurs et, sans surprise, il renvoyait sur ses collègue du département des Finances la réponsabilité de la gabegie dans l’armée.»
Par ailleurs, Colette Braeckman a révélé que l’équipement militaire que les Belges viennent de remettre aux Forces Armées de la RDC (FARDC) datent de de la guerre froide. Des ponts flottant, des barges, des canots qui roullaient doucement sur les rives de la Meuse du côté de Jambes, des équipements dont s’est doté l’armée belge pendant la guerre froide, lui permettant si necessaire, de franchir le Rhin et la Weser, au cas où tous les ponts seraient détruits.
C’est ainsi que Colette Braeckman, écrivant pour une audience belge, bien entendu, a venté ces équipements militaires, vieux, désuets, surannés, démodés, déclassés, voir même rouillés pour les Belges, mais flambant neufs pour les FARDC (…):
«Aujourd’hui, les caissons flottants de la «FaltschimmerBrucke» (FSB) permettant le franchissement des rivières, ont trouvé une nouvelle vie: 27 d’entre eux viennent d’arriver à Kalemié, sur la rive congolaise du lac Tanganyika, accompagnés de 39 camions et d’une trentaine de jeeps, et le colonel Servatius s’apprête à former des militaires à utiliser ces engins pour traverser les cours d’eau du Congo. Dès leur arrivée en Afrique, ces spectaculaires pontons du métal qui s’ouvrent comme des feuilles de papier ont été mis en service.
«A Kigoma, sur la rive tanazanienne du lac Tanganyika, 150.000 réfugiés Congolais attendaient avec impatience d’être ramenés au Kivu et n’arrivaient pas à embarquer sur le M.V. Mwongozo car les eaux étaient trop basses. Qu’à cela ne tienne: après un périple qui les mena de Zeebrugge jusqu’à l’Océan Indien, en passant par le Golfe Persique, les caissons, à peine débarqués du train à Kigoma, firent mis à la disposition du Haut-Commissariat aux réfugiés, et, déployés sur le port, ils permirent d’accélérer les opérations d’embarquement des répatriés.»
L’ironie c’est que ce sont les mêmes types d’équipements militaires datant de la guerre froide qui ont été fournis aux aggresseurs du Congo à partir de l’Europe de l’Est pendant cinq ans d’une guerre injuste imposée au peuple Congolais – souvenez-vous de l’Ukranien Victor Bout, un marchand notoire d’armes et ses relations avec le RCD-Goma?
Un nouveau rapport d’Amnestie International, une organisation internationale de défense des droits de l’homme basée à Londres, rendu public en juillet dernier et intitulé « Democratic Republic of Congo : Arming the east », constitue une preuve. Le rapport s’appuie sur des éléments probants pour faire valoir que, durant tout le processus de paix en Rdc, des agents, originaire des Balkans et d’Europe de l’Est proches des gouvernements du Rwanda, de l’Ouganda ont fourni une aide militaire à des groupes armés et des milices opérant dans l’Est de la Rdc La suite on la connait: 5 millions de Congolais morts et les resources naturelles et minérales de la RDC systématiquement pillées.
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