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Le double jeu des acteurs de la transition
A.R.Lokongo, 29.04.2005
Pendant que la réunification financière demeure encore un voeux pieux, les soi-disant ex-chef rebelles et les Mobutistes n’ont pas encore rendu compte de leurs gestion des territoires occupés pour leur compte par leurs maîtres Anglo-américano-rwando-ougando-burundaise, la restructuration de l’armée se déroule sans recensement des soldats étrangers dans ses rangs, et qu’un tribunal pénal international pour le Congo est loin d’être établi, la République Démocratique du Congo s’endette jusqu’au cou! Entre temps le chaos est à nos portes avec des mouvements de grève partout, même au niveau du parlement non-elu. Ou va l’argent emprêté?
Mobutu nous a laissé avec une dette de plus $34 milliard mais on ne voit pas les travaux effectués par cet argent. C’est pourquoi Mzee Laurent Désiré Kabila a refusé de payer toutes ces dettes. Le peuple apprend par le bien d’un parlement non-élu que la dette extérieure du Congo envers le FMI, la Banque Mondiale et d’autres Bailleurs de Fonds est complètement annulée, mais ne se rejouit pas du fait que sur la même ardoise, on nous accorde des prêts colossaux. Nous sommes un pays totalement exsangue par 37 ans de prédation mobutiste et une guerre d’agression extérieure long de 6 ans.
Mais les acteurs Congolais issus de ce régime de triste mémoire et de la guerre d’agression sont tellement bourrés d’argent pillé à tel point que si cet argent est rendu dans le trésor publique, on aurait pas besoin de s’endetter comme il est le cas aujourd’hui. Et pendant que ces messieurs se la coulent douce avec cet argent pillé, ils comptent encore piller davantage pour s’acquitter des dettes contractés de la part des banques, des compagnies militaires et de barbouzes privées qu’ils ont contractés pour occuper des territoires encore plus vastes – la guerre partout dans le monde, plus spécialement en Irak, étant privatisée – sans oublier leurs allégeance à Museveni et Kagame. Voilà pourquoi la réunification financière se fait tarder! D’ailleurs une source fiable fait état d’un scandale financier à la RVA où plus de $11 million ont pri une destination inconnue.
Si «l’arrangement» de la transition concocté en Afrique du Sud consiste à légitimer ou à couvrir tous ces méfaits, alors le peuple Congolais est absolument mi dans le sac, car c’est lui qui va porter le fardeau du repayement des dettes qu’on contracte aujourd’hui de la part du FMI, de la Banque Mondiale, de la Banque Africaine de Dévelopment (qui comptent certains pays puissants occidentaux comme ses acteurs), que sais-je encore?
Si l’on se félicite de la «réinsertion de notre pays la République Démocratique du Congo dans le circuit du système capitaliste mondiale» par lequel les États-Unis, la Grande Bretagne, l’Union Européenne, le FMI et la Banque Mondiale décident le sort des pays pauvres (qui doit vivre, qui doit mourir) - rappelez-vous du discours de Georges W. Bush sur la liste des pays constituant l’Axe du Mal»- on regrette le dépècement du Congo par les multinationales capitalistes occidentales qui convoitent les immenses richesses de notre pays en forçant la main à «un gouvernement de transition» de leur octroyer des contrats allant de 40 ans et plus.
C’est ce qu’ils font en Irak à ce moment même! D’ailleurs, les pays occidentaux qui se sont opposés à l’occupation de l’Irak, y compris la Russie, risquent de ne bénéficier que d’une part minime du gâteau irakien.
Ce que les États-Unis, la Grande Bretagne, le FMI et la Banque Mondiale font en Irak inspire vraiment la répugnance à tel point qu’on a droit de dire: «Au diable avec les États-Unis, la Grande Bretagne, le FMI et la Banque Mondiale!» Bientôt ils vont financer la création d’un tribunal spécial chargé de juger les crimes de Saddam Hussein. Quand est ce qu’un tribunal spécial pour le Congo sera établi pour juger les crimes contre l’humanité commis par Museveni, Kagame et Buyoya et leurs laquins Congolais?
Ils disent que ces crimes de Saddam Hussein incluent ceux perpétrés contre la République Islamique d’Iran et contre l’État du Koweit, alors que ces sont les États-Unis et la Grande Bretagne qui ont financé la guerre contre l’Iran pour en découdre avec le régime «terroriste» d’Iran et ont utilisé et armé Saddam Hussein pour la cause (et parce qu’ils n’ont pas accompli la promesse faite à Saddam de récupérer le Koweit, historiquement une partie intégrale de l’Irak, Saddam Hussein est passé à l’action militairement pour se faire payer. Dictateur qu’il soit, Saddam n’est pas dupe).
L’Arabie Saoudite, ennemi juré de l’Iran a octroyé une dette de $30,7 milliards à l’Irak à cet effet. Maintenant l’Arabie Saoudite réclame cet argent aux Américains - qui dirigent maintenant l’Irak sans un ministère de finance - plus $12 milliard pour les dégâts lui causé par la Première Guerre du Golfe
La dette extérieure de l’Irak qui monte jusqu’à $150 milliard sera réglée n’ont pas par le FMI et la Banque Mondiale, mais par les États-Unis à travers la Maison Baker et Botts de Texas, dont les avocats ont barré la route aux familles des victimes de l’Attaque du 11 Septembre pour réclamer des compensations de la part de l’Arabie Saoudite pour avoir financé les terroristes du Mouvement Al Qaeda.
Ah oui, le pouvoir se trouve au bout du fusil selon la logique Américaine. Georges W. Bush, le nouveau «Pasha de l’Irak», a lui-même instruit Botts de Texas de s’occuper à restructurer la dette extérieure de l’Irak. Quid de la souverainété de l’Irak? Est ce que les Irakiens eux-mêmes n’ont pas parmi eux d’experts en haute finance internationale? Ahmed Chalabi, un membre clé du Conseil Gouvernemental Irakien, n’est-il pas un ancien banquier trouvé coupable de fraude par Saddam Hussein?
Botts de Texas ne va pas travailler pour rien! C’est une façon pour George W. Bush de repayer James Baker pour avoir «fixé légalement mais fastidieusement le contentieux électoral de Floride», ce qui a permi à Bush d’accéder à la Maison Blanche. Baker est aussi conseiller auprès de Carlyle Group, une compagnie d’armement appartenant à Bush le père.
Juste après avoir attaqué le Zimbabwe, le principal allié du Congo (heureusement la SADC vient de condamner le Commonwealth pour son attitude arrogante, impérialiste et raciste contre le Zimbabwe), la Grande Bretagne, après avoir orchestré et financé la guerre d’agression contre le Congo, y revient par la grande porte avec des prêts et des dons! Mais le Congo doit d’abord défendre ses propres intérêts! C’est le principe nous léguer par Emery Patrice Lumumba et Laurent Désiré Kabila.
Et Joseph Kabila s’attend bien à parachever la révolution déclenchée par Lumumba, Mulele et Mzee Kabila. C’est ce qu’il a déclaré lui même dans une interview accordée à Washington Post lors de son dernier périple aux États-Unis d’Amérique.
Soyons honnêtes! Mzee Kabila a trouvé le pays complètement détruit par 37 ans de prédation, de kleptocracie, de marasme économique, de violence et dictature comme s’il était en guerre, exactement comme il l’est aujourd’hui! Il n’y a pas de différence.
Le peuple n'a pas oublié comment un certain 17 Mai 1997, une révolution populaire dirigée par Laurent Désiré Kabila a mi les Mobutistes en congé définitif et sans compter sur les «investisseurs étrangers», les bailleurs de fonds, les donateurs, le FMI et la Banque Mondiale, rien qu'en mobilisant les ressources nationales, a relevé l'économie nationale et redonné au peuple la fierté d'être Congolais. Les faits sont là et les oeuvres initiés par Mzee Laurent Désiré Kabila ont parlé par eux-mêmes. Les Congolais qui n'affichent pas d'une courte mémoire et qui ne se positionnent pas à chaque tournure des événements de la scène politique moyennant leurs intérêts personnels égoïstes, peuvent en rendre témoignage.
Rendant hommage à Mzee Laurent Désiré Kabila dans son discours d’investiture, Joseph Kabila a déclaré que «Mzee Laurent Désiré Kabila demeure le seul Chef d’État Africain d’avoir exercé ses fonctions sans détourner l’argent de l’État et l’encaisser dans des banques Suisses ou accumuler des biens personnels découlant de l’exercice du pouvoir».
Joseph Kabila attend bien poursuivre cette politique. Mais certains «Kabilistes qui ont trahi Kabila», certains Mobutistes et même les pasteurs d’églises rôdent déjà autour de Joseph Kabila tels des vautours, qui pour arracher un poste, qui pour exécuter un agenda caché. Joseph Kabila se trouve exactement dans la même situation que Mzee Laurent Désiré Kabila avant son assassinat combien ignoble! Les loups sont dans la bergerie! Mais nous avons confiance que Joseph Kabila ne va pas se laisser distraire. L’expérience rend sage, dit-on.
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