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A la faveur de la suspension du Gouverneur Bulaimu considéré comme anti - tutsi par le R.C.D , tous les sites miniers sont à nouveau accessibles aux Banyamulenges et autres exilés tutsi qui rentrent un à un d'un séjour de près d'un an du Rwanda.
GROUPE DIOCESAIN
Note d'analyse et d'informations
jdiocesain@yahoo.fr
Concerne : Le devoir de mémoire
Le 25 mai 2005
Du 26 mai au 9 juin 2004, la ville de Bukavu à l'Est de la RDC a connu l'une des attaques les plus meurtrières de l'histoire de la guerre dans ce pays.
Pendant quatorze jours, deux des officiers de la rébellion pro rwandaise, le RCD, se sont attaqués, probablement sous l'instigation des hommes haut placés tant à Kinshasa qu'à Kigali, au commandement de la 10è région militaire en opération dans la province du Sud Kivu.
Si à l'attaque contre le général Nabiolwa, le prétexte avancé a été une simple incartade entre militaires, à l'attaque du Général Mbudja Mabe, le geste de ces deux officiers Tutsi a été officiellement justifié par la nécessité pour eux de défendre la communauté rwandophone menacée de génocide par les populations congolaises.
Plus tard l'on découvrira, grâce notamment aux déclarations du général Nkundabatware que la motivation profonde de cette attaque n'était autre qu'une énième tentative de la balkanisation de la RDC par le retrait du juron national congolais de l'ancienne province du Kivu au profit d'un pays voisin.
Déjà défigurée par une urbanisation chaotique et sinistrée par une gestion administrative catastrophique, la ville de Bukavu a été, à cette occasion, marquée et endeuillée par plus de 120 morts inutiles, des maisons et des magasins pillés, des femmes, des filles et des enfants violés, des familles dispersées, des foyers disloqués, une économie fragilisée et une population traumatisée à vie...
N'eut été l'éveil de la conscience nationale manifesté d'abord à Kinshasa ensuite à travers toutes les grandes villes de la République, le plan mis à exécution par les agresseurs de la RDC et leurs commanditaires aurait abouti.
A la veille de ce triste anniversaire, peut-on dire que le mauvais sort a été définitivement conjuré et que la ville de Bukavu sinon la province du Sud Kivu sont complètement sécurisées ?
Grâce à plusieurs études et à un certain nombre des dénonciations, il est connu maintenant que le problème au Sud Kivu est plutôt politique, qu'il a ses origines et ses ramifications ancrées dans les méandres de la crise identitaire qui secoue la région des grands lacs depuis plus de trois décennies et qu'il est en réalité exacerbé par les difficultés d'intégration et de cohabitation des populations venues principalement du Rwanda.
Politiques, militaires ou scientifiques , ce qui importe c'est de s'interroger si les raisons qui ont motivé les affrontements de l'année passée ont totalement disparu pour espérer l'instauration d'une paix durable dans la province du Sud Kivu.
Il n'est un secret pour personne que les troubles dans cette partie de la République sont liés pour une grande partie à la présence des richesses naturelles et à la convoitise des pays voisins dont le Rwanda.
Or à la faveur de la suspension du Gouverneur Bulaimu considéré comme anti - tutsi par le R.C.D , tous les sites miniers sont à nouveau accessibles aux Banyamulenges et autres exilés tutsi qui rentrent un à un d'un séjour de près d'un an du Rwanda.
Ce retour que tout le monde félicite et encourage, ne porte-t-il pas les germes d'un nouvel affrontement dans la mesure où le Rwanda reste déterminé à concrétiser ses projets expansionnistes, où les Banyamulenge demeurent son bras séculier pour la matérialisation de ce projet et/où la plaie de leurs exploits meurtriers à Bukavu ne se sont pas complètement cicatrisées dans la population congolaise qui les voit revenir ?
Faute d'une sensibilisation préalable aussi bien chez les rwandophones que chez les « kongolophones » et en l'absence d'une justice réparatrice au profit des victimes des affrontements, ne peut-on pas craindre que les mêmes causes ne conduisent aux mêmes effets ?
Le Rwanda a agressé le Congo par l'Est sous le prétexte et le couvert du droit de poursuite des interahamwe. Aujourd'hui plus qu'avant, ces derniers sont concentrés dans la périphérie de la ville de
Bukavu où ils tuent, volent, violent, séquestrent, commettent impunément des exactions et des actes ignobles. Cette présence rapprochée des frontières Rwandaises, le zèle mis dans les massacres des populations autochtones et la publicité donnée par certains médias à la cruauté des FDLR au Sud Kivu, ne sont-ils pas un nouveau piège tendu aux congolais pour permettre au Rwanda de réattaquer la RDC ou pour pousser cette dernière à ouvrir une offensive qui inciterait l'APR à intervenir sur son territoire ?
De 2004 à 2005, des statistiques fiables font état à walungu de 177 exécutions sommaires, de 320 cas de viols, 465 cas d' enlèvements, 748 cas de mauvais traitements, 14 cas de disparitions, sans compter les 19 assassinés de Ninja dans la zone de Kabare et les nombreux cas des mutilations et des demandes de rançons.
Qu'il s'agisse des rastas, des FDLR ou des mutins de Bukavu ou de Kanyanbayonga, les Rwandais ne continuent- ils pas d'agresser la R.D.C. de la manière la plus subtile qui soit ?
Les hutus génocidaires, les rastas, les FDRL et autres mutins cessent-ils d'être rwandais par le simple fait d'avoir commis des crimes chez eux, de s'être réfugiés en RDC où d'avoir porté l'uniforme des FARDC.
Si le Congo était un état de nature à protéger sa population et à demander des comptes pour ses souffrances, à quel pays les demanderait-il sinon au Rwanda ?
Le paradoxe ici est que la R.D.C est le seul pays au monde dont la population peut être maltraitée et massacrée par un Etat tiers où ses ressortissants sans que son gouvernement ait à réagir contre ce pays ni judiciairement ni militairement.
Et même sur le plan international, le gouvernement congolais ne se préoccupe pas que le Sud Kivu ait une bonne presse auprès des investisseurs. En effet à cause de la présence massive des interahamwe et des rebellions à répétition, l'Est de la RDC est cotée depuis juin 2004 en phase 4 selon l'échelle de graduation sécuritaire de 1'ONU.
La phase 4 est celle d'alerte où ne sont autorisées que des activités d'urgence à l'exclusion de tout projet de développement durable.
Pendant que Kigali est en phase O, le gouvernement congolais se complaît d'avoir sa capitale en phase 2 et tout l'Est du pays en phase 4. Sans doute qu'il ignore que de ces indices dépendent la propension et l'empressement des hommes d'affaires à investir, la possibilité pour la R.D.C de bénéficier du fond de développement mondial pour son redémarrage économique.
Que le gouvernement de la R.D.C ne fournisse aucun effort pour baisser la tension sécuritaire à l'Est, n'est ce pas aussi un signe qui interpelle les bonnes consciences quant à sa volonté réelle de réhabiliter cette contrée de la République ?
Peut-on crier Paix, Paix, Paix au Kivu pendant que de l'ensemble des brigades que comprend la province du Sud Kivu, le commandant de la 10ème région militaire n'en contrôle que la moitié ?
Peut-on parler de la paix durable quand ceux qui doivent l'installer sont menacés de mort, de délogement, de mutation où même de promotion afin de les éloigner tout simplement de Bukavu ?
Peut-on se réjouir de la pacification et de la réunification du pays alors que le duo « FORUM et SYNERGIE » recrute dans le Nord Kivu, que les recrues sont entraînées à Mudende, à Ruhengeri et à chengerero sous la supervision des éternels insurgés et le commandement des anciens gouverneurs et vice gouverneurs du Sud Kivu, des officiers R.C.D originaires du Nord et du Sud Kivu du pays voisin ?
Comment peut-on dormir sur ses lauriers à Bukavu quand à Luberizi ,4000 hommes en armes dont un nombre important a péri pour diverses raisons, sont abandonnés à eux-mêmes vivant de rapines sur le dos du peuple et de la générosité de l'ennemi ?
N'est ce pas là aussi un motif d'inquiétude que sur 10.000 soldats annoncés pour Kanyabayonga, seuls deux bataillons aient pu être envoyés, du reste, sans munitions, sans vivres et sans solde ?
N'est ce pas humiliant que des anciens militaires de la DSP, chassés en 1997 par les Rwandais, soient engagés comme mercenaires par Kigali pour participer à la démotivation des troupes régulières à L'Est et à la destruction de leur propre pays au départ d'Uvira et de Bukavu ?
D'aucuns misent sur la MONUC, se disant qu'elle est une assurance pour la paix en RD.Congo. Mais n'était-elle pas déjà là quand Nkundabatware et Mutebusi ont attaqué le 26 mai 2004 la ville de Bukavu ? N'a-t-elle pas pris une part active dans l'éphémère victoire des insurgés ?
Comme à l'accoutumée, la MONUC est à l'expectative et se dit en appui aux FARDC. On aura beau tuer, mutiler, enlever les congolais qu'elle ne bougerait pas. Elle continue d'attendre qu'une attaque en règle vienne, comme en ituri, faucher l'un de ses soldats pour réagir.
Au Groupe Diocésain, l'on pense qu'à l'instar du Rwanda qui a précieusement conservé les crânes de ses martyres au musée, les kivutiens en général et les Bukaviens en particulier devraient garder fraîche à la mémoire la date du 26 mai 2004.
Ils devraient le faire non pas dans le soucis d'entretenir la haine ni la vengeance mais pour le besoin de mémoire, de vigilance et de résistance.
Ils devraient se rappeler les 120 personnes froidement abattues ainsi que toutes les exactions commises dans la ville afin de se garder des tares de la nouvelle idéologie qu'une certaine frange d'africains cherche à répandre dans le continent, à savoir : l'ethnisme.
Quand aux auteurs de l'attaque et aux partisans de la partition. Le Groupe Diocésain voudrait rappeler que l'on n'est mieux que chez soit et que ni le mensonge à l'échelle internationale, ni le recours aux armes ne sont la meilleure solution pour le règlement des conflits ni pour l'obtention du pouvoir.
Cette catégorie des congolais doit apprendre à grandir, à se détacher du cordon ombilical pour se mouvoir toute seule en harmonie avec son nouvel environnement. Pour le Groupe, les intéressés doivent privilégier l'intégration par juxtaposition à l'intégration par superposition. Ils doivent cesser de piéger les congolais et se dissuader de pouvoir les dominer un jour. Car avec plus de 450 tribus et une mosaïque d'ethnies, les unes aussi minoritaires que les autres, la RDC ne peut se permettre de jouer au bipolarisme ethnique ni au protectionnisme des minorités.
Pour l'heure, la question fondamentale que se pose le Groupe Diocésain est : pendant que l'on tue, vole, viole, enleve, rançonne, massacre, spolie, mutile les populations à walungu dans le Kivu, dans la province orientale et le nord Katanga, où se trouvent le gouvernement congolais, le sénat, l'assemblée nationale, les institutions d'appui à la démocratie, les cours et les tribunaux, Le CIAT ?
La léthargie et l'immobilisme constatés dans le chef du gouvernement face à cette hécatombe ne sont- ils pas en réalité une invitation à la population abandonnée de tirer les conséquences de sa situation et de se prendre en charge ?
L'ennemi est en passe d'obtenir par la ruse ce qu'il n'a pu obtenir par les armes. Avec les perspectives annoncées pour le 30 juin 2005, il y a des risques qu'à la suite de la manipulation de certains partis politiques et de certains groupes de pression, le peuple congolais en arrive à crier malgré lui : la partition est morte, vive la partition.
Au peuple d'ouvrir l'oeil.
Le 25 mai 2005
Le Diocésain
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