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MEMORANDUM DE DEMISSION LUE DEVANT L’ASSEMBLEE TENUE LE 29.01.2005
ANTOINE ROGER LOKONGO
JUSQU’A CETTE DATE, RAPPORTEUR LA COORDINATION DES CONGOLAIS DU ROYAUME
UNI (CCUK)
Chers Compatriotes,
Je tiens à vous remercier de tous mes voeux, pour la confiance que vous
m’aviez temoignée en m’élisant comme rapporteur de
la COORDINATION DES CONGOLAIS DU ROYAUME UNI, CCUK en sigle.
Mais, je voudrais aussi par la présente vous présenter mes sincères
excuses et ma démission de la dite poste, parceque ma conscience m’interpelle
et me pousse à réfuser de porter la responsabilité devant
l’histoire, en prenant part ou en contribuant directement à travers
mon rôle de Rapporteur au fossoyement de notre indépendance politique
et économique accuse au prix du sang; par mesure de respect à
notre peuple, à la mémoire de nos martyrs de l’indépendance,
plus particulièrement de nos illustres Héros Nationaux Emery Patrice
Lumumba et Laurent Désiré Kabila; ainsi que celle des 5 millions
de Congolais massacrés dépuis 1998 par la coalition anglo-américano-rwando-ougando-burundaise;
surtout en memoire de ma mère qui est décédée très
malade dans les terriotires alors jadis occupés par les agresseurs.
Je réfuse de prendre part ou de contribuer directement à travers
mon rôle de Rapporteur à l’enterrement du Congo dans toute
sa souverainété nationale et son intégrité territoriale,
enterrinées, à mon avis, par les choix susceptibles d’être
opérés ici nonobstant le fait que ces décisions seront
soumises à un referendum, à l’issue de cette CONSULTATION
SUR LES OPTIONS FONDAMENTALES RELATIVES A L’AVANT PROJET DE LA CONSTITUTION
DE LA TROISIEME REPUBLIQUE ORGANISEE PAR LA COMMISSION CONSTITUTIONELLE DU SENAT
DE TRANSITION DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO A KINSHASA.
Chers compatriotes,
Ma décision se justifie par le fait que d’abord ma prérogative,
mon mandant de rapporteur que vous m’aviez confié, m’a été
arraché au profit de «quelques experts» préalablement
choisis par le Coordinatuer Noël Mbala pour rédiger le rapport final
qui doit être envoyé à Kinshsa, parceque moi je ne suis
pas un juriste.
En plus, le travail collegial n’existe pas au sein de la Coordination.
En titre d’example, le Coordinateur est allé voir Le Sécrétaire
d’État Britannique Chargé des Questions Ecossaises, invité
à Kinshasa pour aller animer un séminaire sur leur système
de «devolution» ici dans son pays, sans informer tout le monde.
Personnellement, j’ai remarqué qu’il y a au sein de la Coordination,
une poignée de Mobutistes, de Tsisekedistes et des sympatisants des Rwandais
et des Rwandophones Congolais - hier Banyamulenge, aujourd’hui Rwandophones,
demain je ne sais quoi on va les appeler – qui veulent détourner
ce cadre pour en faire une plate-forme politique et un instrument fort de récupération
du pouvoir en sollicitant l’aide des autorités de notre pays d’accueil,
la Grande Bretagne. Ce n’est donc pas une surprise que Bizima Karaha,
qui a torpillé la diplomatie Congolaise, alors que Laurent Désiré
Kabila qui l’a considéré à tort comme un Congolais
et l’a nommé Ministre des Affaires Étrangères, est
presume ambassadeur de notre pays ici en Grande Bretagne. Nous allons dénoncer
cela.
D’ailleurs, dépuis que je suis devenu membre de la Coordination,
ma boîte email ne cesse d’être remplie de la littérature
Udepesoise et autres.
Or, n’étant membre d’aucun parti politique quelconque, ma
vision d’un Congo meilleur ne concorde pas avec la façon de voir
les choses de ceux qui ont ensanglanté, ruiné, pillé notre
pays; de ceux qui ont manipulé, clochardisé et chosifié
le peuple pendant 37 ans d’un régime compradore, sanguinaire, dictatorial
et kléptocratique, jusqu’à abandoner le peuple à
lui-même, voué au marasme économique et à la débrouillardise,
la corruption étant institutionalisée au sommet même de
l’État par «l’Article 15» du Manifeste du MPR
Parti-État, promulgué à Nsele, stipulant la logique du
«chacun pour soi, Dieu pour tous». «Moto na moto…».
Le penchant presque pathologique à l’égocentrisme de la
crasse politique Congolaise a fait plus de tort que du bien à notre peuple.
Resultat: l’attaque du pays par les étrangers, l’humiliation
de la nation, la mort de plusieurs millions de nos compatriotes, et la balkanisation
presque de la République, patrimoine hérité de nos ancêtres.
J’ai toujours dit et je le répète: il faut que nous developions
le sens du bien commun sans lequel nous ne saurons jamais garder le Congo intacte
dans l’espace vital nous legué par nos ancêtres; ni assurer
son émancipation, son bonheur, son bien-être collectif, bref, son
entrée dans le concert des nations fortes et dévelopées.
Chers Compatriotes,
Selon Platon, le grand philosophe politique Grecque, le but de faire la politique,
le rôle de l’État, ce n’est pas d’accumuler les
pouvoirs et les richesses personelles, mais d’établir une société
civilisée au sein d’une nation donnée en puisant des éléments
à partir de ses propres valeurs culturelles. Au contraire, au sein de
cette Coordination, il y a beaucoup de choses qui se sont dites et qui sont
loin de contribuer à une société Congolaise que nous voulons
tous civilisée.
J’évoque des propos injurieux et des ménaces de mort contre
la personne du Chef de l’État, le Général Major Joseph
Kabila, et de l’intox visant la personne et la vie privée du Chef
d’État Major des Forces Armées, le Général
Kisempia, soupçonné de vivre avec une femme Tutsi d’origine
Rwandaise, alors qu’à vrai dire, sa femme est une Congolo-Congolaise
de la Tribu Songye. Tout cela sous prétexte que ce qui se dit dans nos
réunions à huit clos, doit se terminer la-bas. Or, il est de ma
conviction personelle, qu’une personne soit Chef de l’État
ou Chef d’État Major, pousse-pousseur, chégué ou
pas, toute personne humaine a droit à la vie et au respect auquels il
ne faut pas chercher à porter atteinte contre ou à vilifier à
travers l’intoxication, d’autant plus qu’il y a au Congo des
canaux établis pour exprimer ses griefs contre un autre citoyen pour
l’intérêt supérieur de la nation.
Je vous signale aussi que j’ai subi des injures de la part des autres
membres de la Coordination, m’accusant d’être un fanatique
aveugle et malade, un vieux-jeune parceque je défends toute une autre
vision d’un Congo meilleur que je voudrais évoquer tout de suite
là pour votre information et votre compréhension. Il y a, à
ma grande surprise, quelques compatriotes membres de la Coordination, qui m’ont
donné un conseil dit «fraternel», celui de quitter ce pays,
si je ne suis pas content avec la politique étrangère des États-Unis
et de la Grande Bretagne vis-à-vis le Congo, car la loi du plus fort,
ont-ils rencheri, est toujours la meilleure. Mais nous, nous disons, que la
loi du plus fort est toujours l’enfer pour les autres. Il n’y a
pas un example frappant que notre cher et grand Congo Démocratique, dépuis
l’époque Léopoldiènne jusqu’à nos jours.
Même Michela Wrong auteur d’un livre intitulé Sur les pas
de Mr Kurtz: Vivre au Seuil du Désastre au Zaïre de Mobutu, vient
de publier un autre livre dans lequel elle dénonce l’ingérence
anglo-américaine dans le conflit Éritréo-ethiopiènne,
et par consequent dans d’autres foyers de tension à travers l’Afrique.
L’histoire donne enfin raison à Laurent Désiré Kabila
qui a dénoncé cette ingérence derrière l’agression
Rwando-Ougando-burundaise. Au Congo, si le peuple qui souffre comprend qu’il
est victime de l’ingérence anglo-américaine par le Rwanda,
l’Ouganda et le Burundi interposés, comme il vient de la dénoncer
dans un programme de la BBC realisé par Mark Ashurst, et que je l’espère,
vous l’avez tous suivi, combien à plus forte raison nous qui vivons
ici où notre sort se decide?
Chers compatriotes,
Ma vision d’un Congo meilleur n’est autre que l’héritage
politique et économique nous légué par Emery Patrice Lumumba
et Laurent Désiré Kabila.
Evitons donc de s’egarer dans des formes de l’État et des
types de régimes, cousus dans les laboratoires occidentaux et qui ne
sont pas réellement adaptés aux réalités africaines.
J’estime que le principe des Comités de Pouvoirs Populaires (CPP
en sigle), en d’autres termes, le principe de l’auto-défence,
de l’auto-prise en charge par le peuple, de compter sur nos propres efforts
pour reconstruire notre pays, devrait être la pierre angulaire qui soutiendra
toute l’édifice de la future Constitution. Que l’idée
d’un pouvoir national et populaire soit le moteur principale de la future
Constitution pour restaurer la souverainété populaire; reconquerir
l’indépendance nationale longtemps baffouée; rétablir
la liberté et la démocratie nationales; restituer le patrimoine
et les richesses nationales à l’écrasante majorité
du peuple souverain et travailleur longtemps opprimé et manipulé;
établir un gouvernement révolutionaire, national et populaire,
rétablir le sens du bien commun, reveiller en l’homme Congolais,
esclave dans son propre pays, le sens de l’initiative, libérer
sa créativité et son savoir-faire dans plusieurs domaines; car
son histoire a été marquée durant une longue période
coloniale, néocoloniale et dictatoriale par la perte de l’initiative
et de la résponsabilité; réssuciter l’âme congolaise
avec son penchant vers trop d’accessoires et des intérêts
immédiats et l’aider à retrouver ses valeurs éthiques
culturelles pour lui permettre à bien gerer ses institutions politiques,
économiques et sociales, à consolider la paix et le dévelopement
à l’intérieur et à l’extérieur des frontières
de son pays dans ce millénaire du donner et du recevoir.
En politique intérieur: pour permettre une vie nationale libre et démocratique,
et garantir l’unité territoriale et administrative du Congo, il
nous faut briser par un programme politique et économique vraiment révolutionaire,
l’emprise du joug hégémoniste des USA et de la Grande Bretagne
et d’autres superpuissances Européennes sur le Congo et l’Afrique,
les mêmes puissances qui ont toujours soutenu le Rwanda, l’Ouganda
et le Burundi contre le Congo,
«Sur le plan économique et social: garantir et élever le
niveau de vie des masses laborieuses, développer une économie
nationale indépendante, soustraites des affres de l’exploitation,
en s’inspirant des expériences scientifiques en cours dans le monde,
planifier et contrôler la production nationale, ouvrir les portes de la
connaissance et de la culture à toutes les filles et fils du Grand Congo
Démocratique, sans distinction de sexe, de langue ou de tribu, bref;
décoloniser le pouvoir économique en traitant avec les multinationales
qu’en nos propres termes.
Chers compatriotes,
Organiser le peuple signifie le mettre en mobilisation permamente et lui confier
le pouvoir pour qu’il se prenne en charge. Les CCP sont donc le peuple
organisé en organes du pouvoir d’État populaire, ils exercent
directement la gestion de la chose publique à chaque échelon de
l’État, de la base au sommet. Le peuple devient ainsi le maître
indiscutable de son propre destin. Il s’implique ainsi dans l’exercise
et le contrôle directe du pouvoir et s’en sert pour ses propres
intérêts et non toujours pour les intérêts des étrangers
comme d’habitude. Chaque Congolais devient un facteur, non de déstabilisation,
mais de dévelopement.
Chers compatriotes,
Pour une bonne organisation du peuple qui puisse permette à tout le
monde de participer au travail et surtout à la prise des décisions
politiques et au suivi de l’exécution, pour que le Congo rattrappe
dans une période très courte le rétard accumulé
pendant plusieurs décennies dans tous les domaines, il n’ y a pas
une meilleure stratégie autre que les CCP.
Je vous prévient, comme Mzee Kabila l’a répété
à maintes réprises, que si nous choisissons à nouveau le
chemin de la pauvrété, de l’allégeance à l’étranger,
le chemin de la facilité parcequ’on nous promet de l’aide
et de l’assistance, nous ramperons à quatre pattes. Aucune facilité
n’a fait émerger un peuple. Alors soyons dignes d’être
Congolais! Ne nous creusons pas notre propre tombe!
En ce qui nous concerne, deux solutions claires et nettes s’impose pour
une paix durable au Congo:
1. Retirez le pouvoir politique et militaire au Congo aux personnes d’origine
Rwandaise à l’issue des élections libres et transparentes.
Il ne s’agit pas de l’exclusion ici. Loin de là! Nous estimons
que les personnes d’origine Rwandaise ont suffisamment prouvé que
si le pouvoir politique et militaire leur sont confiés, ils travailleront
soit pour les intérêts du Rwanda, soit ne tarderont pas à
faciliter l’annexion pure et simple de l’Est du Congo au pétit
Rwanda pauvre et surpeuplé!
2. Rétirez également le pouvoir politique et militaire, toujours
à l’issue des élections libres et transparentes aux Congolo-Congolais,
qui ont été suffisamment soudoyés par la haute finance
internationale, les multinationales et les superpuissances bien connues. Le
peuple sait qu’il y a certains Congolais laconiquement connus au pays
comme «des Congolais de service», qui, de par leurs actes, souscrivent
au schéma de la partition du Congo parcequ’ils ont été
corrompus par les ennemis de notre indépendance; car cette enième
guerre d’agression contre notre pays nous imposée par le Rwanda
et les puissances externes qui le soutiennent, découle d’un vaste
complot qui, malheureusement, a des complices au niveau même des institutions
du pays.
Je prie l’Ambassade de notre pays ici en Grande Bretagne, parce que c’est
sous son égide que s’est tenue l’assemblée élective
du 14.12.2004 pendant laquelle mon mandat entre autres m’a été
confié; de prendre acte de ma démission et d’annexer mon
memo au rapport final A SOUMETTRE A LA COMMISSION CONSTITUTIONELLE DU SENAT
DE TRANSITION DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO A KINSHASA; y compris les
7 préoccupations suivantes:
1. Notre attachement à souverainété nationale de notre
patrie, à l’unité de toutes les Congolaises et Congolais,
à l’intégrité territoriale, à l’indépendance
politique et économique de notre cher et beau pays, la République
Démocratique du Congo;
2. Notre condamnation des agressions répétées, des pillages
systématiques de nos resources naturelles et minérales de notre
pays, les tueries, les massacres et le génocide de plus de 5 millions
de Congolais par les troupes Rwandaises, manifestement soutenues par les superpuissances
et multinationales occidentales bien connues avec la complicité des Rwando-Congolais
et de certains Congolo-Congolais bien connus;
3. Notre appel à la mobilisation totale par le gouvernement de transition
de toutes nos resources matérielles et humaines pour vider tous les préalables
à l’organisation des élections libres, démocratiques
et transparentes sur toute l’étendue du territoire national dans
les délais réalistes, prévus par la Constitution de Transition;
de neutraliser les seigneurs de guerres et de bouter dehors les mercenaires
étrangers ainsi que toutes les troupes d’agression Rwandaises tout
en ramenant la guerre d’où elle est venue qui assiègent
une grande partie de notre territoire, plus précisement les mines d’or,
de diamant et de coltan à l’est de notre pays, s’adonnant
même au braconage et à l’exploitation illégale du
bois; et qui risquent d’y entraver le processus électoral qui doit
aboutir, dans les délais impartis par l’Accord Global et Inclusif
et la Constitution, à l’organisation des élections libres,
démocratiques et transparentes sur toute l’étendue du territoire
national; et enfin de rétablir l’autorité de l’État
sur l’ensemble du territoire national; notamment en revigorant et intensifiant
le système de contrôle ou inspection de l’État sur
toutes les institutions publiques et privées du pays y compris nos institutions
à l’étranger, c’est-à-dire nos réprésentations
officielles;
4. Notre appel urgent à la Communauté internationale, plus particulièrement
à la MONUC et à l’Union Africaine, d’user proprement
de son mandat pour arrêter, désarmer et répatrier les Interahamwe
dans leur pays d’origine le Rwanda, pour ainsi ôter tout prétexte
à Kigali qui tient coûte que coûte à maintenir ses
troupes au Congo;
5. Notre demande que soit rendu public au profit de l’opinion nationale
la liste de tous les contrats signés par le Gouvernement de Transition
avec n’importe quelles multinationales, tel que stipulé par les
nouveaux codes minier et forestier; quelles dividendes l’État et
le peuple Congolais en tirent; et enfin quelles mesures le Gouvernement de Transition
a prises pour assurer la protection de ce qui reste de la faune et de la flore
à l’est de notre pays ravagé par les guerres d’invasion;
6. Notre préoccupation concernant les sujets Rwandais que Kagame est
en train de deverser à l’est de notre pays et qui pourraient se
faire passer pour des Congolais pour voter pour des dirigeants à la nationalité
douteuse. Toutes fois, les Congolais ayant opté pour une autre nationalié
autre que la nationalité Congolaise sont automatiquement disqualifiés
pour élire les dirigeants de la Troisième République à
la fin de cette transition. Nous reaffirmons à cet effet que la nationalité
congolaise est, une et indivisible, et ne se détient pas concurremment
avec une autre.
7. Notre respect pour les symboles de l’indépendance. Nous sommes
pour le maintien de la dénomination actuelle, à savoir la République
Démocratique du Congo, telle que codifiée par la Loi Fondamentale
de 1960. De même nous optons pour la conservation du découpage
territorial de 1960 répresenté dans l’actuel drapeau bleu
caractérisé par une grande étoile au milieu et six étoiles
(réprésentant six provinces) alignées verticalement vers
la gauche et dessiné par la même Loi Fondamentale de 1960 à
l’indépendance. Pour faire face aux multiples défis qui
l’assaillent, le Congo a besoin d’un état fort avec un minimum
de décentralisation politique, car il faut que soit évité
des dérapages des assemblées provinciales élues, propices
à l’anarchie en provinces, et au tribalisme, l’atteinte au
maintien de l’ordre et à l’unité nationale encourageant
des tendances secessionistes, surtout dans le contexte des enjeux politiques
du moment, le Nord Kivu étant une illustration parfaite.
- En effet, notre pays n’est pas encore totalement sorti d’une
guerre d’agression meurtrière qui a duré pendant cinq ans;
- L’armée n’est pas totalement unifiée pour défendre
toutes nos frontières et les troupes Rwandaises se trouvent encore sur
certains coins de notre territoire;
- La cohabitation interethnique se révèle difficile à l’est
de notre pays suite à la mouture d’un phénomène dit
«Rwandophonie»;
- Certaines provinces sont plus grandes, plus peuplées et plus riches
que les autres au point de favoriser le décalage économique. Leur
reconnaitre de larges compétences bien définies et garanties par
la Constitution sans que cela puisse mener à un « régionalisme
constitutionnel » ou elles sont « dotées de la personnalité
juridique, de l’autonomie totale de gestion, des ressources économiques,
humaines, financières ou techniques », s’avère, à
notre avis, un peu risquant pour le moment.
Chers compatriotes,
En guise de conclusion, nous avions unanimement approuvé l’initiative
du Sénat de Transition d’organiser la consultation des populations
congolaises, y compris celles issues de la diaspora, avant l’élaboration
et la rédaction de la Constitution; conformement à la mission
historique et délicate lui confié par l’article 144 de l’actuelle
Constitution de Transition, pour eviter le phénomène de «miméstisme
constitutionel» qui ne permet pas au peuple de s’exprimer sur les
options fondamentales de la vie nationale et eviter des constitutions taillées
sur mesure, comme à l’époque de triste memoire.
Aux constituants qui vont bientôt s’atteler à élaborer
la Loi Fondamentale, nous recommandons nos points de vue à la matière
tels qu’évoqués ci-haut, ainsi que, compte tenu du passé,
l’observance stricte d’un certain nombre de principes de base dont
ceux rélatifs au respect de la souverainété populaire;
de l’apolitisme des entreprises publiques et de l’armée et
sa soumission aux autorités civiles; l’indépendance effective
du pouvoir judiciaire; l’effectivité des droits fondamentaux de
la personne humaine et des sanctions prévues en cas de violation de ces
droits en rapport avec les engagements internationaux pris par notre pays, nommément
les droits à la solidarité et au dévelopement, à
la liberté d’expression et d’association, les droits civils
et politiques, économiques, sociaux, culturels; la stabilité des
institutions; la séparation des pouvoirs éxecutifs, législatives
et judiciaires assortie de leur équilibre; et la responsabilité
politique et judiciaire de tous les détenteurs du pouvoir – à
commencer par ceux qui trainent des crimes contre l’humnaité pendant
la dictature et pendant les guerres d’agression; l’établissement
d’un code de bonne conduite dans la pratique de la bonne gouvernance par
les dirigeants afin d’éviter que ces derniers puissent jouir d’une
impunité quelconque en cas de délits dans l’exercice de
leurs fonctions.
La future Constitution est donc sensé cristalliser la volonté
du peuple Congolais de vivre ensemble et en harmonie entre les differentes communautés
qui le composent, la promotion et le dévelopement des entités
de base et le rapprochement de l’administration et des administrés
afin de favoriser pleinement la participation effective du peuple à l’exercise
du pouvoir. La Constitution doit donc être pragmatique, eviter des voeux
pieux qui ne collent pas aux spécifités et réalités
historiques et culturelles nationales; bref, elle doit mettre le peuple au centre
de toute préoccupation. Que le peuple gouverne, qu’il se prenne
en charge. Qu’il décide lui même sur son propre destin.
De toutes les façons, la nouvelle Constitution pour incarner un Congo
nouveau, doit d’abord incarner un homme Congolais nouveau!
Fait à Londres le 29 janvier 2005
Antoine Roger Lokongo
Chevalier de la Plume
J’ai dit et je vous remercie.
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