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Non au gouvernement d'union nationale après les elections
Karel de Gucht, émissaire des Banyamulenge, que dis-je? des "Rwandophones". C'est politiquement correcte!
L'Avenir
Kinshasa , 17.03.2005 | Politics
Une thèse se développe dangereusement à propos de l'après élections en République démocratique du Congo. Et les initiateurs de cette démarche se trouvent présentement dans la phase d'essai. En fait, ils font tout pour faire accepter cette incongruité aux Congolais. Pour ce faire, ils multiplient les voyages diplomatiques. Hier, c'était Jean-Marie Guéhenno, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies en charge de la sécurité et de la paix. Tout récemment, c'est l'imprévisible Karel De Gucht, le chef de la diplomatie belge. Dieu seul sait qui va le relayer dans la propagation de l'évangile selon lequel il faudrait mettre en place en Rd Congo un gouvernement d'union nationale après les élections.
En soi l'idée est géniale. Très géniale même. Mais seulement voilà. Au-delà du génie qui est à la base de cette trouvaille qui n'en n'est plus une, il faudrait se rendre à l'évidence que les initiateurs de cette démarche pensent mener les Congolais par le bout du nez. A priori, il faudrait se dire sans se voiler la face que pour ces gens, il ne sert à rien d'organiser les élections en Rd Congo. Sinon, comment comprendre que le pays traverse difficilement la période de transition à cause d'un drôle de gouvernement d'union nationale et que l'on veuille encore lui faire vivre la même expérience après les élections.
C'est non seulement injuste mais aussi cynique pour un peuple qui attend de tous ses vœux les élections avec une dose de naïveté pour la plupart. Cela voudrait dire que pour ce peuple, le moment est venu de vivre les vertus démocratiques. Et les élections justes, libres et transparentes constituent l'un des piliers de la démocratie. Et les élections permettent l'alternance au pouvoir qui est également un autre pilier. Si l'on doit aller aux élections pour que tout le monde soit au pouvoir, cela nous amène à dire qu'il n'y aura pas d'opposition, la vraie. C'est-à-dire celle constituée des partis ayant perdu les élections.
Or, dans un système démocratique, on a justement besoin de cette opposition-là, constructive, pour servir de contrepoids à l'équipe au pouvoir. C'est dans ce sens que les élections prennent parfois l'allure d'une sanction pour les dirigeants qui n'auront pas répondu aux attentes de la population. Il est donc temps que les Congolais commencent à expérimenter tout cela. N'en déplaise aux laboratories d'outre mer qui ont un schéma différent qu'ils ne peuvent malheureusement pas appliquer chez eux. Les Congolais ont le droit de savoir que ceux qui leur demandent de mettre en place un gouvernement d'union nationale après les élections ne l'ont pas fait chez eux et ne sont pas prêts à le faire, sous aucun prétexte.
Alors pourquoi tiennent-ils mordicus à le faire appliquer chez nous ? C'est qu'ils ont des intérêts à sauvegarder chez nous. Et à suivre de près, il ne s'agit pas de tout le monde qui pourra tirer profit de ce gouvernement d'union nationale. Il s'agit des gens prédestinés à cela. Ce sont des gens qui servent leur cause au détriment de la majorité congolaise silencieuse. Ce sont encore des gens qui sont prompts à verser le sang, à recourir aux armes ou à fomenter des rébellions quand ils estiment que leur voix n'a pas suffisamment été entendue. Mais, jusqu'à quand donc devra-t-on continuer à faire plaisir aux gens qui ne vont jamais nous renvoyer l'ascenseur ? Jusqu'où ? Dites-nous ! L'Avenir
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