|
Les Etats-Unis accusés de violer les droits de l'homme à l'intérieur et hors de leurs frontières
LES Etats-Unis ont continué de violer les droits de l'homme à l'intérieur et hors de leurs frontières en 2004, selon le rapport annuel d'Amnesty international (AI) publié aujourd'hui et rapporté par EFE depuis Londres.
Cette organisation souligne que des centaines de personnes ont continué d'être détenues sans charges ni jugements sur la base navale de Guantanamo (Cuba) et que les droits fondamentaux de milliers de détenus lors des opérations militaires d'Afghanistan et d'Irak ont été systématiquement bafoués.
Fin 2004, plus de 500 personnes de quelque 35 nationalités continuaient d'être détenues à Guantanamo, signale Amnesty, qui rappelle que quatre ans après la transformation de la base en centre de détention, il n'y a toujours pas de statistiques officielles.
L'organisation estime que durant l'année 10 autres détenus sont arrivés d'Afghanistan et que plus de 100 ont été transférés dans leur pays d'origine pour continuer à être détenus ou remis en liberté.
Elle considère comme une «décision importante» le fait que le Tribunal suprême des Etats-Unis ait décidé en juin d'étendre la juridiction des tribunaux fédéraux aux détenus de Guantanamo, mais elle accuse le gouvernement «d'essayer par tous les moyens» d'éviter que les révisions se transforment en procès judiciaires.
Le rapport recueille le cas des tortures dans la prison irakienne d'Abu Ghraib et rappelle que les forces étasuniennes possédaient quelque 25 centres de détention et 17 en Irak, dans lesquels «on niait systématiquement aux détenus l'accès à des avocats et aux parents».
De plus, quelques détenus, ceux considérés de «grande importance» pour l'information qu'ils pouvaient apporter, «restaient détenus dans des lieux secrets», pendant trois ans parfois.
Le rapport dit aussi qu'on a autorisé des techniques d'interrogatoire qui violent la Convention de l'ONU contre la torture et cite le président George W. Bush, qui a déclaré en février 2002 que, même si les valeurs des Etats-Unis «exigent de traiter les détenus avec humanité», il y a des personnes qui «n'ont pas de droit légal à recevoir ce traitement».
On se souvient, en ce sens, que la décision de ne pas appliquer les Conventions de Genève aux détenus capturés en Afghanistan a été prise sur les conseils de son conseiller juridique, Alberto Gonzalez, que Bush a choisi comme secrétaire à la Justice pour son second mandat.
Selon le rapport, «le fait que la plupart des enquêtes soient réalisées par l'armée elle-même et qu'elles ne puissent pas aboutir au plus haut niveau du gouvernement est quelque chose de préoccupant».
Il souligne la constitution de commissions militaires pour la mise en jugement d'étrangers dans la «guerre contre le terrorisme» et il affirme qu'elles ne sont pas des tribunaux indépendants et impartiaux, mais des organes exécutifs susceptibles d'imposer des condamnations à mort.
Back to top |