The Congo Panorama ~ Le Panorama Congolais
The Congo Panorama ~ Le Panorama Congolais

 
Face à face avec Ban Ki-moon, Sécrétaire Général de l'ONU - Nous lui posons une question sur la MONUC
 
Face à face avec le boucher de Kigali - Antoine Roger Lokongo rencontre Paul Kagame
 
Les Echos de Kinshasa:
News ~ Info/Actualités

Features and Special Reports (in french and english): Documents et Rapports spéciaux très importants
 
Documentation + Key Interviews
 
Economy: contrats miniers signés
 
Important Speeches ~ Discours clés
 
Letters/Forum
 
Debates
 
Si vous ne connaissez pas vraiment Joseph Kabila, l’homme et sa vision lisez le message suivant:
 
Le FRONACORDE - NKOLO MBOKA: un nouveau mouvement des masses pour le Congo.

Adherez-y massivement!

Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs: Lettre ouverte à tous mes compatriotes Congolais.

 
Le Président Joseph Kabila se prononce sur toutes les questions de l'heure. Neamoins, il est estimé que l'époque des dons présidentiels toujours détournés doit être révolue:
 
La privatisation du Congo s'accèlere:

Les princes du mobutisme et l’avenir de notre pays, commentaire critique de Kâ Mana

Kengo wa Dondo doit répondre aux crimes suivants:
 
L'implantation militaire des puissances occidentales sur le continent africain pour controler les matières prémières, une réalité évidente!

De la Françafrique à la Mafiafrique: François-Xavier Verschave. Entretien avec Enrico Porsia.

 
George Forrest répond à Global Witness:
 
Les Deux "Non" de Mzee Kabila:

Evaluation du projet de Constitution

 
Bilan de la transition ~ Transition assessment
 
Nationalisme, Culture & Society.

Ainsi Parla Patrice Lumumba:

Le combat révolutionaire de Pierre Mulele

Video Choc: Assassinat barbare, sauvage et terroriste de Patrice Lumumba!

VIDEO SHOCK: Watch Patrice Lumumba's savage and terrorist assassination here!

VIDEO SHOCK: La terreur du Roi Léopold II - King Leopold's terror in Congo. Watch it here!

Hommage à un veritable révolutionaire Lumumbiste: Léopold Amisi Soumialot parle de son défunt père, Gaston Soumialot.

Video: Ecoutez la voix de Gaston Soumialot ici.

Video: Le film réalisé par Jihal El Tahri et intitulé "L'Afrique en Morceaux: La tragédie des pays de la Région des Grands Lacs" desormais discrédité.

Regardez-le ici!

Video: Mobutu ou les 32 ans de démagogie, de kléptocratie, de terreur et de prédation! Film réalisé par Thierry Michel

Regardez-le ici! Mais attention! Ce film contient des mensonges, surtout à propos de Lumumba!

 
Congo at the ICJ ~ Verdict de la CPI
 
Horribles Photos du genocide au Congo: sickening photos of the genocide of the Congolese people committed by Rwandans, Ugandans and Burundians, backed by Western superpowers and multinationals.
 
Links/Liens
 
 

N.B. Sur le combat politique et la resistance du Général Padiri Bulendwa et de tous les autres vaillants combatants Maï-Maï, Veuillez lire des articles selectionés dans notre rubrique «Articles»



Yerodia Abdoulaye Ndombasi à l’occasion de la commémoration de la mort de Pierre Mulele

«MULELE, MORT IL Y A 33 ANS, SORT DE L’OUBLI »

Je commence par féliciter les acteurs de cette troupe qui nous fait revivre sur scène notre camarade Pierre Mulele, assassiné il y a 33 ans. Nos camarades acteurs ont brave l’inconfort du praticable en forçant leur organe vocal afin que nous puissions entendre ce beau texte qui leur a servi de support à leur jeu scénique. Ils ont ainsi exhibé la voie qui a conduit notre frère et camarade Laurent Désiré Kabila à rendre évident le souhait de notre frère et camarade Pierrot qui a proclamé qu’ «un jour le Grand Congo se libérera ! »

Je compte sur ces acteurs, sur cette pièce, sur cette troupe afin que le geste (poing levé) qui a paru ésotérique pour les Béotiens qui l’ont interprété comme étant la capture, par moi, des « fétiches » de Laurent Désiré Kabila, que ce geste étale la vraie signification du ralliement des partisans, des révolutionnaires du monde entier jurant de continuer la lutte. Ainsi, la pièce nous restitue non seulement une leçon d’histoire, mais encore un décodage de la signification des gestes.

Mulele mort il y a 33 ans, sort de l’oubli dans lequel on a voulu l’installer ; se dresse, par le fait du théâtre, devant nous puisqu’il ne peut disparaître étant hissé à la dignité de signifiant. Comme vous le savez peut-être, le signifiant représente le sujet pour un autre signifiant.

Voilà la concaténation établie de Lumumba, L, à Mulele, m, à Kabila, K. Donc, L.M.K, voici un nouage d’une grande chaîne dont nous avons encore besoin aujourd’hui. Parce que, l ‘épisode L a ouvert la voie à l’épisode M duquel à surgi l’épisode K. Malheureusement, les 3 épisodes se sont provisoirement terminé de la même manière. Nous sommes fidèles à la mémoire de Mulele, comme nous sommes fidèles à la mémoire de Lumumba et de Kabila.

Au constat de cet échec provisoire, après la disparition, je veux dire après la transformation de notre frère Kabila en signifiant fonctionnant lui aussi comme un sujet pour d’autres signifiants que nous sommes, une note d’espoir surgit si nous maintenons fermement la ligne qu’il nous a léguée. Je dis cela parce que les temps présents nous enseignent d’être vigilants dès lors que s’insinue de façon malicieuse le movement tournant qui, excusez la redondance, tourne le dos à l’orientation que nous a léguée le président Laurent Désiré Kabila. Nous assistons à la manière maléfique dont la « bande des quatre » tente de mettre sous le boisseau l’orientation kabiliste, ses enseignements et ses textes.

La « bande des quatre » s’est illustrée récemment en allant à Gaborone et s’arroger le droit de fonctionner comme s’ils étaient « le peuple », comme s’ils étaient légitimés à prendre des engagements dans le torchon qu’ils appellent « pacte républicain » avec des gens qui ne vont pas tarder à se révéler être des véritables « méphistophèles ». Ce qu’ils nomment « pacte républicain » s’intitule en fait « Acte d’engagement » qu’ils ont et qu’ils dissimulent sous l’appellation « pacte républicain ».

Parcourez ce texte et vous verrez qu’il est temps que le souvenir de Mulele vienne nous alerter que bientôt nous risquons de tourner le dos à l’enseignement de Kabila, élaboré à la suite du sacrifice suprême de Mulele et de Lumumba.

Ils (la bande des quatre) s’engagent à remettre en cause les lois, règlement, decisions élaborés sous l’égide de M’zee Laurent Désiré Kabila. Ils (la bande de quatre) s’engagent à « restituer immédiatement et sans condition les biens » des « dinosaures », biens qui ont été pour la plupart acquis par suite des prévarications, vols, spoliations de l’Etat selon les audits dûment établis à la suite de la bourrasque du 17 mai 97.

Les criminels reviennent, veulent revenir sur les lieux de leurs forfaits. Que partout surgissent des oriflammes avec les noms des suppliciés. Les noms de Lumumba, Mpolo, Okito, Mulele, Kabila. Les noms de Odia David, Kadima Nzuzi, Kashala Bonzala, Bangu Paya, Mbuyi, Kabonzolo, Kapena Ambroise, Ilunga Patrice, Katuidi Ambrose, Mukendi Alphonse, Kambalo, Mgr Kongolo… Je cite les noms des victimes afin que les bourreaux se reconnaissent et se rappellent ce qu’ils ont fait, singulièrement le plénipotentiaire qui mena Mulele en bateau, qui l’hébergea chez lui pendant trois jours comme pour mieux l’engraisser avant de le livrer au supplice ignoble dont nous avons les images vidéo : on coupe les mains avec une hache, on coupe les jambes avec une hache, on arrache les yeux, Mulele étant encore vivant ! On coupe le corps en petits morceaux répandus à partir d’un hélicoptère sur le fleuve Congo.

Et voilà pourquoi notre cher Pierrot n’a pas de sépulture. Nous irons au dialogue intercongolais, désormais itinérant, pour nous concilier et non pas pour nous réconcilier. Nous nous concilierons sur le fait que les Congolais doivent se mettre d’accord sur deux points : 1) exiger et obtenir que les agresseurs rentrent chez eux : 2) pour accéder au pouvoir et l’exercer, il faut une légitimité que le peuple, créateur de l’histoire confère lorsqu’il s’exprime par le truchement des élections. Ce sont ces deux choses qui peuvent nous mettre d’accord.

Les revenants diront : « nous avons dissous le corps de Lumumba dans l’acide ; nous sommes allés chercher Mulele à Brazzaville et nous l’avons convoyé jusqu’au lieu de son supplice ; nous avons également arrêté, torturé, convoyé Lumumba à son supplice. Pour tous ces mérites, peuple, votez pour nous ». Et le peuple jugera, non pas sous les oripeaux de la fraternité retrouvée, mais dans la clarté de savoir qui est qui, qui a fait quoi ?

Votre vice-gouverneur de la ville aurait dû présider cette cérémonie. Des raisons impérieuses justifient son absence car je lui aurais posé la question : où est ton papa, Muzungu ? Qui l’a tué ? et roi, Lubaya, gouverneur du Kasaï Occidental, où est ton père ? Tous ceux qui ont été enlevés, qui ont disparu et dont on ne connaît pas encore ni le sort, ni la destination : Tshimanga, Elengesa, etc.. Faut-il passer ces faits criminels sous silence pour cause de réconciliation ? Ces crimes doivent être rappelés et criés à la face de tous les revenants.

Que la bande des quatre prenne garde : son office ne peut pas continuer ! Le président de la République, c’est le fils de notre frère et camarade Laurent Désiré Kabila. Le president Joseph Kabila, c’est notre fils ; nous l’entourons de toute notre affection et nous le soustrairons de toutes les manœuvres consistant à l’entraîner subrepticement vers la trahison de la révolution pour laquelle le président Laurent Désiré Kabila a sacrifié sa vie.

Je parle aux noms du père et du fils.

Faut-il admettre que Lumumba, Mulele et Kabila soient morts pour rien ? Non, n’est-ce pas ? Il faut rappeler aux revenants que nous n’avons pas oublié ce qu’ils ont fait. Ils ne rentreront pas ici les mains dans les poches en sifflotant des airs joyeux comme s’ils n’avaient jamais rien fait. Mulele nous enseigne : sans la masse nous ne pouvons rien. Patrice, fondons dans la masse, réveillons-la de la potion anesthésiante de la bande des quatre. Notre frère et camarade Mulele n’a pas eu les pompes funéraires réservées aux héros, à ceux qui ont mérité de la patrie. Nous le faisons pour la première fois depuis 33 ans. Cela nous pose une question. A chacun d’entre nous de réfléchir et de répondre à cette question que je nous formule, dans un poème de Retamar, un poète cubain et qui dit

« Nous les survivants

A qui devons-nous la survie ?

Qui est mort à notre place dans la geôle ?

Qui a reçu dans son cœur la balle qui m’était destinée ?

Sur quel mort quel mort suis-je donc vivant ?

Ses os incrustés dans les miens,

Les yeux qu’on lui arracha voient par le regard de mon visage et la main qui n’est pas la mienne,

Se dresse au bout de mon bras,

Cette main, qui non plus n’est pas la sienne

Trace des mots brisés

Là où lui n’est pas, dans la survie ».

Yerodia Abdoulaye Ndombasi

Les Congolais se souviennent chaque 3 octobre d'un grand patriote, Pierre Mulele, mort atrocement en 1968.


Les responsabilités et les activités de Mulele ont été très diverses. La plupart des secteurs socio-politiques du Congo sont redevables de ce grand combattant nationaliste.

Les Congolais se souviennent chaque 3 octobre d'un grand patriote, Pierre Mulele, mort atrocement en 1968, assassiné de façon barbare sur ordre de Mobutu.

Vif, il fut coupé en morceaux. Mais pire, Mulele fut aussi assassiné moralement. Aujourd'hui encore, beaucoup de jeunes congolais ne connaissent de Mulele que l'image leur inculquée par les mensonges mobutistes : Mulele a été un inculte, un abrutu, un demi-sauvage...

Or, Mulele fut non seulement un des plus grands intellectuels de sa génération, ministre de l'Education nationale et de la culture, mais il est aussi un des plus grands révolutionnaires de l'histoire de l'Afrique indépendante.

Nous voulons donner une dimension particulière à la commémoration de la mort de Pierre Mulele, l'initiateur de la grande révolution populaire des années 1964-68. C'est cette révolution qui a vu émerger Laurent Désiré Kabila comme un dirigeant d'envergure nationale.

Mulele fait partie de l'histoire du Parlement congolais et des Cpp, son activité révolutionnaire a touché les domaines de l'armée et des renseignements, de la Culture et de l'Enseignement et il a marqué le destin de l'Unikin. Pierre Mulele a été un organisateur syndical à Kinshasa et il a fondé et inspiré le Parti Solidaire Africain. Il a déclenché la grande révolution populaire des années soixante qui a fait trembler le monde impérialiste, qui poussa Che Guevara à s'engager dans le combat pour la libération congolaise sur le front de l'Est aux côtés de Laurent-Désiré Kabila et Léonard Mitudidi.

Trente trois ans après Pierre Mulele, quarante ans presque jour pour jour après Patrice Lumumba, Laurent-Désiré Kabila a connu le même martyr sous les mêmes mains étrangères manipulant des traîtres congolais.

Pour progresser sur la voie de l'indépendance et du pouvoir populaire, le peuple congolais doit cultiver ses traditions révolutionnaires nationalistes et s'inspirer de l'héritage laissé par Lumumba, Mulele et Kabila.

Les responsabilités et les activités de Mulele ont été très diverses. La plupart des secteurs socio-politiques du Congo sont redevables de ce grand combattant nationaliste.

Sous le régime colonial, enrôlé dans la Force Publique, Mulele y obtint le grade de sergent, le même grade que Mobutu, Mulele fut le premier congolais à devenir secrétaire particulier du commandant du camp militaire de Coquillatville (Mbandaka).

Avant l'indépendance, Mulele a été l'initiateur du Parti Solidaire Africain. Au cours de l'année 1959, parmi les partis nationalistes, c'est le Psa qui a adopté le programme nationaliste le plus radical, envisageant l'éventualité de la lutte armée populaire pour arracher l'indépendance à la puissance colonisatrice.

Lors de la formation du gouvernement Lumumba, Mulele a demandé le poste de ministre de la Défense, parce qu'il se méfiait de Mobutu. Mais Lumumba estima que le front de l'éducation, de l'enseignement et de la culture était essentiel pour réaliser une décolonisation idéologique et mentale. C'est ainsi que Mulele est devenu le premier ministre de l'Education nationale et de la Culture du Congo. C'est lui qui engagea la bataille cruciale pour retirer l'Université des mains d'une institution privée et étrangère, l'église catholique. Lovanium devint une université nationale contrôlée par l'Etat nationaliste.

Suite aux élections de mai 1960, le Psa était devenu le deuxième parti nationaliste quant au nombre de sièges au Parlement, après le Mnc-Lumumba. Au 30 juin 1960, Pierre Mulele siégeait comme membre de la première Assemblée législative du Congo indépendant.

Après l'élimination physique de Lumumba par l'alliance Mobutu-Bomboko-Tshombe, agissant sous l'instigation des Etats-Unis et de la Belgique, c'est Pierre Mulele qui a dirigé la lutte pour l'indépendance politique et économique réelle du Congo. Pierre Mulele a initié la grande révolution populaire qui a déferlé sur le Congo en 1964-1965.

De août 1963 à septembre 1968, Mulele est resté avec la masse paysanne du Kwilu, expliquant inlassablement le programme de la révolution anti-impérialiste et populaire et dirigeant les combats.

En son absence, Pierre Mulele avait été élu vice-président du Conseil National de la Libération en tant que dirigeant du Front de l'Ouest, Laurent-Désiré Kabila, qui dirigeait le Front de l'Est, était également élu vice-président du CNI.

Mulele initia le Pouvoir Populaire dans les zones libérées du Front de l'Ouest, pouvoir nouveau qui s'appuyai sur des Comités du Pouvoir Populaire, formés dans chaque village. Lorsque Laurent-Désiré Kabila appela en janvier 1998 à la création de Comité du Pouvoir Populaire, il s'inspirait entre autre de cette expérience. Les équipes de Partisans des villages contrôlés par Mulele étaient les précurseurs des Forces d'Autodéfense Populaire. Elles s'appuyaient sur la masse populaire pour obtenir des renseignements sur l'ennemi et elles menaient la lutte armée contre les interventions étrangères et contre les troupes de Mobutu.


SEMINAIRE POUR UNE ORIENTATION LUMUMBA-MULELE- KABILA

L’expérience et les idées clées de Pierre Mulele

Réflexion proposée par : Antoine Roger LOKONGO

INTRODUCTION

PIERRE MULELE, EDUCATEUR, ORGNISATEUR ET LBERATEUR DES MASSES POPULAIRES DU CONGO

Ce 3 Octobre, il y aura 35 ans dépuis que Pierre Mulele, un des plus grands patriotes Congolais, a été assassiné de façon barbare sur ordre de Mobutu. Vif, on lui creava les yeux, il fut coupé en morceaux puis on le plaça dans un sac et on le jetta vivant dans le fleuve Congo. Son compagnon de lutte Théodore Bengila subbit le même sort. Dix ans aprés, Mobutu juge nécessaire d’exécuter Agnés Luam, la vieille mére de Mulele et plusieurs de ses parentés avec la même cruauté, sauvagerie et barbarie. Mais pire, Mulele fut assassiné moralement et politiquement. Aujourd’hui encore, beaucoup de jeunes Congolais ne connaissent de Mulele que l’image leur inculquée par les mensonges mobutistes selon lesquels Mulele a été un inculte, un abruti, un demi-sauvage, un vulgaire de brousse. Mobutu le soit-disant ´pacificateur et unificateur du « Zaïre » a tout fait pour rayer de la mémoire du peuple, l’oeuvre de Mulele.

Or Mulele fut non seulement un des plus grands intellectuels de sa génération, ministre de l’éducation Nationale et de la Culture, mais aussi un des plus grands révolutionnaires de l’histoire de l’Afrique indépendante, l’initiateur de la grande révolution populaire des années 1964 à 1968.

Cette révolution, estime Abdoulaye Yerodia Ndombassi, successivement Directeur de Cabinet du feu Chef de l’Etat, Mzee Laurent Désiré Kabila, Ministre des Affaires étrangéres et Ministre de l’éducation Nationale, ´a vu émerger le Camarade Laurent Désiré Kabila comme un dirigeant d’envergure nationale. Mulele, poursuit le Camarade Yerodia, ´fait partie de l’histoire du parlement Congolais et des Comités de Pouvoir Populaires (CPP), son activité revolutionaire a touché les domaines de l’armée et des renseignements, de la Culture et de l’Enseignement et il a marqué le destin de l’Université de Kinshasa (Unikin). Pierre Mulele a été un organisateur syndical à Kinshasa et il a fondé et inspiré le Parti Solidaire Africain (PSA). Il a déclenché la grande révolution populaire des années soixante qui a fait trembler le monde impérialiste, qui a poussé même Che Guevara à s’engager dans le combat pour la libération congolaise sur le front de l’est aux côtés de Laurent Désiré Kabila et de Léonard Mitudidi. - Fin de citation.

Vous serez peut être surpris que c’est à travers cette essai, que l’auteur dont je suis et né dans la province Orientale juste vers la fin de cette révolution de 1964 à 1968, vient de découvrir le vrai Pierre Mulele pour la prémiére fois en déhors des épopées sur la rébellion racontées par mes parents. Comme l’estime le camarade Ludo Martens dans son livre ´Pierre Mulele ou la Séconde vie de Patrice Lumumba, Mulele est un grand héros dont l’oeuvre est d’une trés grande importance historique pour le Congo et pour la solidarité internationale dans la lutte contre l’impérialisme et l’exploitation. Car Mulele a été actif dans la plupart des secteurs socio-économiques de notre pays, la République Démocratique du Congo:

Sous le régime colonial, enrôlé dans la Force Publique, Mulele obtint le grade de sergent, le même grade que Mobutu, mais Mulele fut le premier Congolais à devenir secrétaire particulier du commandant du camp militaire de Coquilatville à l’actuel Mbandaka. Avant l’indépendance, Mulele a été l’initiateur du Parti Solidaire Africain (PSA) comme je venais de le dire. Au cours de l’année 1959, parmi les partis qui se sont dit nationalistes, c’est le PSA qui a adopté le programme nationaliste le plus radical, envisageant l’éventualité de la lutte armée populaire pour arracher l’indépendance à la puissance colonisatrice.

Lors de la formation du gouvernement Lumumba, Mulele a démandé le poste de ministre de la Défense, parcequ’il se méfiait de Mobutu. Mais Lumumba estima que le front de l’éducation, de l’enseignement et de la culture était essentiel pour réaliser une décolonisation idéologique et mentale. C’est ainsi que Mulele est devenu le premier ministre de l’éducation nationale et de la Culture du Congo. C’est lui qui a engagé la bataille cruciale pour retirer l’Université des mains d’une institution privée, impérialiste et étrangére, qu’est l’église Catholique. Lovanium devint une université nationale contrôlée par l’état nationaliste.

Suite aux élections de mai 1960, le PSA était devenu le deuxiéme parti nationaliste quant au nombre de siéges au Parlement, aprés le MNC-Lumumba. Au 30 juin 1960, Pierre Mulele siégeait comme membre de la premiére Assemblée législative du Congo indépendant.

Aprés l’élimination physique de Lumumba par l’alliance Mobutu-Bomboko-Tshombe, agissant sous l’instigation des états-Unis et de la Belgique, c’est Pierre Mulele qui a dirigé la lutte pour l’indépendance politique et économique réelle du Congo. Ayant initié la grande révolution populaire qui a deferlé le Congo de 1964 à 1965, Mulele est resté, de ao¾t 1963 à septembre 1968, avec la masse paysanne du Kwilu, expliquant inlassablement le programme de la révolution anti-impérialiste et populaire et dirigeant les combats.

En son absence, Pierre Mulele avait été élu vice-président du Conseil National de la Libération (CNL) - crée par les parlementaires Lumumbistes qui se sont rétirés à Brazzaville aprés le Conclave de trahison de Lovanium et préconisant toutes les formes de luttes susceptible de renforcer l’action révolutionaire armée - en tant que dirigeant du Front de l’Ouest; Laurent Désiré Kabila, qui dirigeait le Front de l’Est, était également élu vice-président du CNL. Mulele initia le Pouvoir Populaire dans les zones libérés du Front de l’Ouest, pouvoir nouveau qui s’appuyait sur les CPP, formés dans chaque village.

Lorsque Laurent Désiré appela en janvier 1998 à la création des CPP, il s’inspirait entre autre de cette expérience. Les équipes de Partisans des villages contrôlés par Mulele étaient les précurseurs des Forces d’Autodéfence Populaire (FAP). Elles s’appuyaient sur la masse populaire pour obtenir des renseignements sur l’ennemi et elles menaient la lutte armée contre les interventions étrangéres et contre les troupes de Mobutu. D’aprés le camarade Ludo Martens dans son livre, ´Abo, une Femme du Congo, les partisans comptaient en moyenne 25% des femmes et de jeunes filles dans leurs rangs, encadrées par la vaillante Léonie Abo, la femme de Pierre Mulele.

II. MULELE OU UNE VIE MARQUEE PAR LA LUTTE CONTRE L’IMPERIALISME ET SES VALETS LOCAUX

Pierre Mulele est né le 11 juillet 1929 à Iwungu-Matende, un pétit village situé dans le secteur de Lukamba sur le territoire de Gungu, district de Kwango, au Kassaï. Fils de Benoît Mulele et d’Agnes Luam, Mulele beneficia de bonnes conditions d’éducation: son pére lui avait appri l’alphabet avant qu’il n’aille à l’école. En classe, il aidait ses condisciples à déchiffrer les lettres et à épeller leurs premiers mots.

Son pére était trés aimé par la population de Mikungu et de Banga-Banga oš il exerçait son metier d’infirmier. Il ne faisait pas partie de cette catégorie des évolués crée par l’administration coloniale pour lui être favorable à ses intérêts et qui évitaient avec dedain de se mêler trop longuement aux demi-sauvages ou paysans travailleurs et analphabétes. Homme du peuple, Benoît prenait à coeur de soulager les malades les plus démunis. C’est dans ce esprit qu’il éleva ses enfants. Il y réussit si bien que souvent, on lui faisait remarquer en plaisantant que le pétit Pierre s’évertuait à copier son caractére (extrait tiré du livre de Ludo Martens, Pierre Mulele ou la Séconde Vie de Patrice Lumumba, Ed.Epo, 1985, page 42-43).

En effet le jeune Mulele avait déjà un esprit trés vif qui s’enflammait facilement quand il flairait des injustices, que ça soit au pétit séminaire de Kinzambi, à l’école moyenne agricole de Leverville ou plus tard dans la Force Publique.

Des injustices, il n’en manquaient pas au Congo de Léopold II. En réalité, Léopold II a mis en place un systéme qui a permis à l’état et aux companies privées belges d’exploiter au maximum - par la repression de la Force Publique et la conquête morale, spirituelle et mentale des ´sauvages par l’église Catholique à les richesses naturelles et minérales du Congo. L’état donnait le monopole de l’enseignement à un réseau de plus de 669 missions Catholiques, desservies par 6,000 missionaires belges jusqu’à l’indépendance, les Jésuites et les Péres Blancs entre autres. Les missionaires s’adonnérent visiblement aux activités économiques gr‚ce à une main d’oeuvre gratuite des catéchuménes, profitant de leur mission primordiale d’être au service de la Monarchie, des grandes sociétés et groupes financiéres occidentales qui exploitaient les richesses naturelles, minérales et humaines du Congo.

L’Administration soutenue par la Force Publique, le Capital et l’église Catholique, constituaient, selon Mr Petillon, le Gouverneur Général des Colonies, ´les trois pierres d’angles à à l’instar de la Sainte Trinité - sur lesquelles Léopold II commença et la Belgique continua d’édifier le Congo (et dont Mobutu par aprés s’attella à restaurer minitieusement pendant ses 32 ans de régne absolue?).

Voila pourquoi le ministére des Colonies ordonna à son administration que ´L’appui le plus large des autorités devra être assuré aux entreprises économiques. C’est ainsi que l’administration mit en place le systéme des travaux forcés, des cultures obligatoires et l’impôt indigéne, avec des conséquences néfastes pour la population. Pour avoir du caoutchouc, par example, les agents de Leopold II avaient été donnés la licence d’amputer les bras des autochtones, de les decapiter s’ils n’atteignaient pas le quota leur fixé par ces mêmes agents.

Mais pour étouffer les esprists des Congolais face à l’exploitation et au pillage systematique mises en place par le colonialisme belge et la répression violente et sanglante, l’église Catholique a prêché l’obeissance et la soumission. ´Sans l’église, il n’y aurait jamais eu de colonisation belge au Congo, car les ´sauvages se seraient plus souvent soulévés contre le colonisateur. C’est ce qu’a écrit Monseigneur Roelens, premier évêque du Congo.

Pierre Mulele grandit donc dans une société dominée par les trois forces du colonialisme belge évoquées ci-haut. Aprés avoir découvert, bien que tard en 1958, la littérature progressiste internationale et marxiste-leniniste, Mulele trouvera dans cette littérature quelques idées qui lui sont restées toute savie et s’en servit pour analyser la lutte des classes dans la société dans laquelle il grandit, des maux dont elle souffrait, tous générés par l’impérialisme et en tira des leçons politiques.

La prémiére leçon politique de Mulele évoque comment nos ancêtres libres et indépendant dans leur pays, ont été brusquement colonisé par les blancs. Ces derniers tentérent d’abord d’achéter leur conscience avec du sel et du poisson salé, mais les ancêtres refusaient. Puis les blancs ont utilisé l’arme à feu et nos resistants ancêtres qui ne disposaient que des lances, des javelots et des arcs étaient fusillés sur place. Une fois conquis, ils étaient contraits à payer les impôts et aux travaux forcés, mais ils se rebellaient toujours. Pour les convaincre à travailler volontairement pour eux, les blancs leur ont imposé la religion chrétiénne à travers laquelle ils leur inculcaient à aimer le bon Dieu et non pas l’argent alors que leurs compagnies realisaient des chiffres d’affaires colossales gr‚ce à la sueur de nos ancêtres; à ne pas tuer alors qu’ils massacraient nos ancêtres comme des bêtes; à ne pas voler alors qu’eux ont volé notre pays, nos terres, et toutes nos richesses. Face à cette misére imposés au peuples noirs, Mulele prône la révolution armée.

Il faut faire la révolution pour chasser les blancs et s’occuper nous-mêmes de notre pays. Mulele déclare: ´Pour liberer notre pays de la domination impérialiste, pour transformer radicalement des structures politiques, économiques et sociales coloniales, il faut briser tous les instruments de cette domination, donc il faut faire la révolution, rallier les masses et les paysans à cette révolution par la lutte armée.

Et Pourquoi la lutte armée? Et bientTenant compte de la nature de la reaction, conclut-il, ´la lutte armée est la principale forme de lutte, la lutte politique, idéologique et économique doivent être cordonnées avec la lutte armée pour remporter la victoire et en finir avec le colonialisme. Voilà donc la deuxieme leçon politique de Mulele.

III. LE COMBAT ANTI-COLONIALISTE ET LA LUTTTE POUR L’INDEPENDENCE

La lutte contre l’impérialisme et le colonialisme belge au Congo a demandé une organisation et une participation efficace des masses, car au moment de la lutte pour l’indépendance, le peuple Congolais était polarisé. Le Congo connaissait bien des classes sociales bien distinctes. Certaines classes qui défendaient le colonialisme voulaient qu’il reste en place.

Cette classe était composée de la grande bougeoisie coloniale composées des PDG des sociétés, des haut fonctionnaires de l’état et les dignitaires de l’église qui dominaient politiquement et économiquement la colonie; puis de la pétite bourgeoisie européenne (les employés blancs), enfin l’aristocratie noire (les chef coutumiers qui recevaient une prime calculée en fonction du nombre d’indigénes qu’ils administraient ainsi qu’un pourcentage sur les impôtspayés par leurs sujets).

Dautres classes s’opposaient au colonialisme et voulaient l’indépendance. Mais dans cette derniére catégorie, différentes classes donnaient un contenu différent à cette indépendance. On compte entre autres, une minorité des chefs coutumiers, la bourgeoisie nationale, donc les patrons noirs, les prêtres, les assistants medicaux, les assistants agronomes, et les employés supérieurs dans les sociétés., la pétite bougeoisie noire, c’est-à-dire les employés et fonctionnaires noirs, les paysans, les prolétaires, les semi-prolétaires et les sous-proletaires, c’est-à-dire les chômeurs. Il a fallu donc mener une campagne tous azimuts pour impulser la conscience nationaliste de nombreux ´évolués, mobiliser les ouvriers et les paysans; une campagne gr‚ce à laquelle l’indépendance a été arrachée.

Peu avant l’indépendance Mulele fonde le Parti Solidaire Africain (PSA), estimant que le MNC de Patrice Lumumba était encore trop lié aux colinisateurs puisque les éléments comme Iléo et Ngalula, proches de l’église Catholique et de l’administration coloniale, se trouvaient en sa direction. Et les emeutes du 4 et 5 janvier ont donné raison à Mulele qui observa:

Les nôtres se sont vaillamment battus sans armes. S’ils avaient disposé d’une bonne organisation et d’armes en suffisance, ils auraient pu libérer la ville. Cet evenement a, par conséquent poussé le MNC et son fondateur Emery Patrice Lumumba à la radicalisation aprés la scission avec Ileo, Ngalula, Kalonji et Adoula. Mulele devient le premier sécrétaire générale du PSA qui se veut un seul parti nationaliste radical prônant une politique panafricaine, donc loin de tout regionalisme ou tribalisme. Il propose à Gizenga la présidence du parti malgré son age, son passé Catholique et son boulot dans le privé qui lui permet d’échapper aux tracasseries qui assaillent les fonctionaires.

Il écrit: ´ Le PSA a pour but l’émancipation du peuple africain dans tous les domaines, son accession dans l’unité existante à l’indépendance. Les statuts prévoient que les PSA sera dissout et intégré dans un nouveau parti, issu de la fusion des differentes formation nationalistes au sein ´d’un parti révolutionaire avancé, un parti d’avant garde, au sein duquel tous les révolutionaires du Congo seront regroupés, et réposé sur une doctrine de base conséquente conforme à la ligne générale de la Révolution sur toute l’étendue du territoire congolais. Jusqu’aujourd’hui ce parti n’a pas été établi au Congo. Voilà l’objet de nos séminaire. Voyez combien Mulele était un précurseur. Par la suite, Mulele élabore un projet de la République Fédérale du Congo: ´l’état fédéral Unitaire du Congo aura tout en mains pour promouvoir la politique sociale et économique du pays. écrit-il.

Malgré tous les efforts de l’Administration cloloniale pour réprimer le mouvement nationaliste et favoriser les partis de collabos, les partis nationalistes gagnent les eléctions de mai 1960. Le MNC-L obtient 34 siéges, le PSA 13. L’ensemble des formations nationalistes obtient 71 députés sur un total de 137, la majorité etant de 69. Mais l’Administration coloniale ne baisse pas les bras et fait tout pour empêcher la formation d’un gouvernement composé en majorité par les nationalistes.

Le 17 juin Lumumba dénonce ces intrigues: ´La Belgique veut imposer un gouvernement fantoche dont l’avénement et le maintien seraient au besoin défendu par les armes. Nous allons constituer notre propre gouvernement au sein de l’ensemble Congolais, dont la Belgique prépare l’éclatement.

Ganshof van der Meerch, le Ministre belge des Affaires Africaines qui avait peur que l’insurrection déjà latente pouvait éclater d’un jour à l’autre confie à Lumumba la mission de former un gouvernement le 21 juin 1960. Aprés son discours historique du 30 juin 1960 devant le Roi Beaudouin, la plus part des ´évolués ne seront plus capables de suivre le dévélopement des idées de Lumumba. Mulele sera un des rares à suivre toute l’évolution de Lumumba et à continuer cette radicalisation aprés l’assassinat combien sauvage du premier Prémier Ministre Démocratiquement élu. Les idées de Lumumba sont basées sur l’indépendance économique, l’appui sur les paysans et les ouvriers et la lutte armée contre la colonialisme belge.

Voici quelques déclarations de Lumumba au lendemain de l’indépendance: ´L’indépendance politique conquise, nous voulons maintenant l’indépendance économique. Le patrimoine national nous appartient. Ce n’est pas en mendiant des capitaux que nous allons développer le pays, mais en travaillant nous-mêmes (Ö) L’indépendance cadeau, ce n’est pas une bonne indépendance. L’indépendance conquise est la vraie indépendance.Voilà, un programme anti-impérialiste clair. Devant les sénateurs, Lumumba s’écrie le 8 septembre 1960:

"Pour la presse, Lumumba est un homme à abattre, c’est un communiste. Pourquoi? Parce que je ne suis pas malhonnête et n’accepterai jamais un franc des Américains ou des autres pour vendre mon pays." A peine son gouvernement installé, Lumumba adresse les paroles suivantes à ses ministres: ´Les ministres doivent vivre avec le peuple. Nous ne devons pas passer au yeux du peuple pour les remplaçants des colonialistes. Contre l’agression belge qui debuta cinq jours aprés l’indépendance pour orchestrer les secessions du Kasai et du Katanga, Lumumba initie une lutte armée. Il mobilise tous les éléments nationalistes de l’armée Congolaise contre les secessionistes mais le colonel Mobutu donne l’ordre à ses troupes d’arrêter leur offensive victorieuse. Aprés le coup d’état de Mobutu et la neutralisation physique (et non pas politique) de Lumumba, Von Horn, un Général de l’Onu déclare: ´Si Lumumba était arrivé à Stanleyville (l’actuel Kisangani), il aurait déclenché une guerre populaire pour la libération du Congo. C’est Pierre Mulele et Laurent Désiré Kabila qui prouveront par la suite que les veritables révolutionaires ne pleurent pas leurs combatants tombés sur le champ de bataille, Ils ramassent leurs armes et continuent la lutte.

IV. LA TACHE HISTORIQUE DE MULELE: RETABLIR LE CARACTERE REVOLUTIONAIRE POPULAIRE DU LUMUMBISME

Le Lumumbisme est une doctrine, tandisque le Mulelisme est une force. Les deux éléments conjugués donnent une arme invincible pour délivrer le peuple Congolais de la servitude des impérialistes, a dit le Général Nicolas Olenga. Un mois aprés l’arrestation de Lumumba, le 1 décembre 1960, Mulele parti en Egypte. Il amena plusieurs pays à réconnaitre le gouvernement Lumumba-Gizenga, entre autres l’anciénne URSSS, l’Allemagne de l’Est, la Guinée, le Maroc, le Ghana, L’Algérie, le Cuba, l’Irak, la Chine Populaire et d’autres. Le gouvernement Lumumba fut déplacé à Kisangani et sous l’impulsion de Mulele, rompu totalement avec Kinshasa le 31 Mars 1961 aprés le Conclave de la trahison de Lovanium du 22 juillet 1961 qui consacra la liquidation du gouvernement nationaliste formé par Lumumba.

Aprés la mort de Lumumba. On assiste au ralliement total de la plus part des Lumumbistes, y compris Antoine Gizenga, au nom de la soit-disante ´réconciliation nationale. Gizenga fut remplacé comme premier ministre par le marionette Adoula, devient vice-premier ministre pour être révoqué et puis arrêté quelques mois plus tard. Tous les politiciens ont voulu jouer le jeux des occidentaux pour devenir riches plus vite. On a assisté au pillage des caisses de l’état, les ministres s’octroient des salaires enormes non mérités, à l’exportation clandestine des diamants et ivoires, au ralliement au grand capital monopoliste international. Mulele ne l’avait-il pas déjà remarqué le 19 juillet 1960, lorsqu’aprés un meeting à Kisangani, Lumumba et ses ministres étaient assis pour boire quelque chose? ´Tous des traîtres ou des incapables, a dit Mulele d’une voix claire pour que Lumumba l’entende. ´Il parla de complot, cita les noms des conspirateurs, mit en garde les disciples contre les hypocrites et contre le pire des Judas, Joseph Désiré Mobutu. (un récit ranconté par Serge Michel, l’attaché de presse de Lumumba).

V. LE DEBUT DU MAQUIS DU KWILU ET LE DECLENCHEMENT DE LA REVOLUTION POPULAIRE AU KWILU

Le 3 juillet 1963, Mulele revient clandestinement de Chine à Kinshasa. Il promet d’accueillir au Kwilu tous les dirigeants nationalistes qui veulent s’engager dans la lutte armée, de les former pour qu’à leur tour, ils créent des bases d’entrainement. Mulele déclare: ´Tous les nationalistes doivent quitter la capitale et rentrer chez eux. Il faut se preparer pour déclencher dans toutes les régions du pays, un soulévement populaire. Mais il faut d’abord former les cadres et préparer la population. Il ajoute: ´Je ne veux pas agir avant trois ans.

Début août 1963, Mulele et quatre compagnons, Bengila, Mukulubundu, Mukwidi et Mitudidi (chargé des rélations extérieures), arrivent au Kwilu dans la region de Nkata. Le récrutement des partisans commence. Parmi le premier groupe de dix jeunes se trouve, Valére Etinka, le pétit frére de Bengila et une seule fille Léonie Abo. A la fin du mois, le camp compte 580 partisans, dont 150 jeunes filles. La formation dans le maqui a tourné autour de l’entraînement physique et militaire. Ensuite il y avait des léçons politiques, dont le premier objectif était de susciter parmi les partisans la haine contre les injustices et le mépris du régime en place, l’amour du peuple, et la lutte pour le changement de son sort.

Entre temps l’armée de Mobutu séme la terreur et la répression dans les villages. Le 3 Septembre déjà, Kinshasa proclame la ´mise à prix de la tête de Mulele et décide d’envoyer des troupes vers les régions dites troublées. Partout oš passent ces troupes, les villages sont pillés: manioc, légumes, cochons, poules sont emportés. Le 19 décembre, Mobutu arrive à Kikwit accompagné des colonels Belges Marliére et Noël. Des jeunes, soupçonnés d’être des partisans de Mulele sont pendus. Conscient que les conditions ne sont pas m¾res pour la confrontation, Mulele ne riposte pas. Il donne la priorité à la préparation politique.

Etant donné que l’organisation est la clé de la victoire, chacun avait sa responsabilité lui proposée par consensus dans le maquis. L’organisation muleliste était constituée de quatre niveaux: la Direction générale (composé d’un bureau d’études et de documentations, le bureau d’information et de presse, le bureau politique intérieur, le bureau technique, un tribunal, un département de santé et un dépôt central); les commandants de zones, les sous-directions et les équipes de partisans et les comités de villages. A l’inverse de l’armée de Mobutu qui opprime les masses, les dirigeants et les combatants Mulelistes doivent poursuivre le même but qui consiste à servir les masses populaires. Pour cette raison, dans l’armée révolutionnaire, officiers et soldats sont politiquement égaux et doivent s’appuyer sur une discipline à toutes epreuves: vivre et lutter aux côtés des masses.

Fin octobre, Mulele avait déjà 5,000 partisans, y compri l’Abbé Tarra. En Novembre et décembre, des partisans impatients lancent des actions sporadiques contre les réprésentants du gouvernement anti-populaire. Des b‚timents appartenant à des blancs sont attaqués à Kakobola, Mungindu, Yassa-Lokwa, Kanga et Kilembe. Face à la repression sanglante toujours accélérée des troupes de Mobutu contre les masses, le 22 janvier, Mulele donne l’ordre à toutes les unités combatantes de passer à une offensive générale. Elles préparent des embuscades partout pour empêcher le déplacement des soldats de Mobutu et obliger l’armée à se diviser en unités plus réduites; elles s’attaquent aux collabos. Le 20 janvier le mouvement Muleliste touche le centre minier et diamantaire au Kasai, Tsikapa. Au nord de la province du Kwilu, les Mulélistes traversent le Kasai en direction d’Oshwe. Ils étaient même arrivé dans la région de Mbandaka. A l’exemple de l’insurrection du Kwilu-Kwango, tout l’Est s’enflamma à partir de 1964. Toutes les masses, à l’est du Congo étaient des Lumumbistes. Elles étaient inspirées par l’insurrection que Mulele avait déclenché à l’Ouest fin 1963. Les révolutionaires à l’Est n’avaient jamais vu Mulele, mais ils allaient au combats sous le cri: ´Mulele, Maï!. C’est pourquoi les forces d’auto-défence populaire qui luttent contre l’agression au Kivu et dans tout l’est s’appellent ´Maï-Maï.

Pendant huit mois, entre avril et fin novembre, la révolution muleliste se développe victorieusement, à Idiofa, Nkara, Kilembe, Gungu et Kikwit oš l’armée de Mobutu, mise en déroute prend la fuite, plusieurs soldats tués à Kimpata Eku par les partisans qui jouissent de l’appui des masses. Des offensives d’envergure sont ménées contre les points d’appui stratégiques de l’Armée Nationale Congolaise. En juin 1964, le Colonel Eugéne Ebeya, chef d’état major de l’ANC est tué dans une ambuscade sur la route Kikwit-Gungu.

Mais dés le mois de mars 1965, la révolution Muleliste est minée par l’individualisme et le tribalisme, deux ennemis dangeruex de toutes révolutions. Une lutte interne entre le tout courageux commandant nationaliste de la zone du Sud, Pierre Damien Kandaka, de la tribu Bampunda et Kafungu, de la tribu Bapende, divise et affaiblit le mouvement. Kandaka boude le commandement Bampunda (la tribu de Mulele) et annonce qu’il va faire sa propre révolution. Ceci aprés que Kafungu lui reproche de constituer des dépôts clandestins au lieu de remettre toutes les armes et autres biens pris à l’ennemi au dépôt central, ce qui lui vaut une semaine en prison. Les services de guerre psychologique de Mobutu se saisissent de la situation et lancent des tracs à partir des avions. Ces tracts appellent ´les Bapende à ne pas se soumettre ´aux Bampunda.

Mulele déclare: ´Je n’ai jamais dit de faire la révolution avec une seule race. La révolution est pout tout le monde. Mulele avec les Bampunda, Kandaka avec les Bapende, quelle sorte de révolution poutrrait-on faire de cette manniére? Début décembre 1964, Mulele envoie une expédition de 120 partisans, commandée par Lievin Mitu, pour arrêter Kandaka. La nuit, ils sont attaqués par des combatants de Kandaka et perdent 20 hommes. Cette tuerie marque la rupture totale. Dâpres combats se déroulent entre les partisans de Kandaka et ceux de Mulele. Les masses comprennent que Kandaka les a trompées et lui disent: ´Mulele n’est pas venu avec une telle révolution. Kandaka écrit alors une lettre à Mulele pour demander la réconciliation. Mais peu aprés Kandaka tombe lors d’un affrontement. A la mi-juin, l’attention de la Direction générale est toutjours entiérement concentrée sur la lutte contre les partisans de Kandaka.

VI. LA CONTRE-OFFENSIVE POUR ECRASER L’INSURRECTION MULELISTE

En août 1964, les troupes Mobutistes sont déjà chassées de deux tiers du territoire national. Le 19 fevrier 1965, le gouvernement central annonça que plus aucune autorisation ne serait accordée pour se rendre au Kwilu. C’est le début d’une contre-offensive lancée par un Général de Corps d’Armée sans soldats, Joseph Désiré Mobutu - ce chien de l’impérialisme, comme l’a décrit Mulele à alors secouru par 390 officiers et techniciens belges et 320 paras lors de l’opération Dragon Rouge de 1964, dirigé par le colonel belge Vandewalle, qui estimait que ´la liquidation du gouvernement révolutionaire s’imposait au plus tôt. En mars 1965, Mobutu a en son service 637 mercenaires blancs. A l’Est du Congo, les forces nationalistes sont écrasés lors de l’Opération Ommegang exécutée par la colonne Vandewalle. Ce corps compte 65 officiers belges, 390 mercenaires blancs, 65 officiers Katangais et 4.200 noirs, essentiellement des mercenaires Katangais venus de l’Angola. Mobutu prit donc le pouvoir avec l’aide des mercenaires. Le 19 juin, à 16 heures, l’ANC surprend les hommes de Mulele et prend le camp de la direction générale situé devant Kifuza. Une brutale répression régne ensiute dans la région. En mars 1966, 300 combattants sont toujours régroupés autour de Mulele. Il faudra 20 mois, jusqu’à novembre 1967 pour que l’ANC, dotée d’une suprematie en armes, arrive à disperser ce noyeau central. Seule la volonté farouche des villageois de proteger l’avenir de la révolution, explique que ce faible noyeau ait pu tenir tête à l’armée mobutiste pendant une période aussi longue.

VII. LE BILAN DE TROIS ANNEES DE LUTTE REVOLUTIONAIRE

Selon Thomas Mukwidi, pour corriger les eurreurs et relancer la révolution au Congo, les nouveaux révolutionnaires que nous sommes, doivent tenir compte des faits suivants: Mobiliser et organiser suffisamment les masses (paysans, travailleurs, étudiants). Seule notre capacité d’organisation et de mobilisation constitue une arme efficace contre les impérialistes, tenant compte des rapports de forces. Avant d’élaborer nos manifestes, nous devons vraiment aller auprés des masses. Vivre avec elle et lutter à ses côtés afin de connaître ses problémes, ses difficultés, ses révendications et de proceder à une enquête sérieuse de sa vie. Il faut parler le même langage avec le peuple. Aprés tout, c’est pour son bonheur que nous devons lutter. Le peuple doit demeurer au centre de tout dispositif socio-politico-économique et révolutionaire. Il faut former un noyeau d’avant-garde uni et homogéne pour diriger la révolution et la lutte armée, composé des cadres qui ont vraiment assimilé la théorie révolutionaires, dont les paroles et les actes concordent afin d’éviter des infiltrations, des cadres vraiment dévoués et fidéles à la révolution et au peuple qu’ils considérent comme une question de vie ou de mort, prêts à tous les sacrifices parce qu’ils savent que seul une triomphe de la révolution peut apporter le bonheur au peuple. Une série de critéres de choix pour les cadres s’impose donc.

Il faut savoir que la révolution est un travail de longue haleine. Seront déçus ceux qui, assoifés de pouvoir et animés d’un esprit d’opportunisme, entretiennent l’ullision qu’il est possible pour nous de remporter une victoire facile et rapide. Le Congo est trop riche pour l’arracher de la main-mise des impérialistes. Il faut ajouter à cela la pratique du tourisme révolutionaire, c’est à dire à parcourir les capitales du monde, et la foi aveugle en l’aide extérieure. Le triomphe de la révolurion répose entiérement sur un travail pratique des cadres à l’intérieur du pays en mobilisant et en organisant le peuple. Nous devons compter sur nous mêmes et sur notre peuple. La révolution, c’est l’affaire du peuple qui se prend en charge.

La formation d’un Parti Révolutionnaire d’avant garde, fondé à l’intérieur du pays, et au cours de la lutte, qui traduira les aspirations profondes de notre peuple, exprimera fidélement ses désirs et sera le défenseur de ses intérêts, s’impose. Cette exigence nous permet de limiter les ambitions et les appétits de ceux qui confondent la révolution avec leurs propres intérêts et la considére comme un moyen de s’enrichir. Le parti doit tracer une ligne de démarcation nette entre les véritables révolutionnaires et les pseudo-révolutionnaires (c’est-à-dire, les reformistes qui disent qu’il faut seulement changer quelques choses dans l’ordre actuelle au lieu d’en finir avec par la lutte armée, les infiltreurs et les traîtres) et placer à sa tête les dirigeants et les responsables sortis des epreuves de la lutte et de la pratique révolutionnaire, ayant l’estime, la confiance et l’appui résolus de notre peuple. La conquête de la masse et l’intensification de la lutte armée, cest-à-dire, la mobilisation et l’organisation des masses par le front et la lutte armée sous la direction centralisée du Parti d’avant-garde.

VIII. CONCLUSION

A ce moment ou le peuple Congolais subit une guerre d’agression lui imposée par la coalition Anglo-américano-rwando-ougando-burundaise avec la complicité des soit-disant rebelles congolais, leurs veritables hommes de paille, toujours prêts à sacrifier l’avenir des autres congolais aux intérêts imperialistes et a leur ambition morbide, l’expérience et les idées cléed de Pierre Mulele font d’une actualité br¾lante. On dirait même que les Congolais qui réfusent de vivre à genoux, sont entrain de resister en même temps de lutter pour leur deuxiéme indépendance, totale et compléte. Nous remercions le camarade Ludo Martens qui, à travers ses écrits, a énormemment contribué à la ´défalsification de l’histoire véridique de la révolution Congolaise ménée par Pierre Mulele. Qitte aux revolutionaires Congolais d’aujourd’hui d’insufler ce ferment revolutionaire au peuple Congolais, surtout à la jeunesse car le nationalisme est sacré et l’opportunisme est a la base de toute trahison. Ceci dit, je vous invite à vous imaginer que Pierre Mulele et Théodore Bengila, se trouvent aujourd’hui presents dans cette salle, à cette heure même pour vous présenter le manifeste qu’ils ont redigé en 1962, dés leur rétour de Chine. Vous vous rendrez compte que ce manifeste est toujours d’actualité dans le Congo d’aujourd’hui.

Je cite:" Peuple Congolais, le pays est en train de mourir à cause des manoeuvres [néo-colonialistes]. [Les néo-colonialistes] veulent nous imposer une nouvelle forme de domination [par cette guerre d’agression et] par l’intermédiaire de nos propres fréres traîtres et corrompus avec des sommes colossales, c’est-à-dire, les réactionnaires de la bourgéoisie. Il n’est besoin de vous démontrer la barbarie, la cruauté de cette nouvelle forme du [néo-colonialisme]. Les néo-colonialistes utilisent diverses méthodes: tuéries, assassinats, empoisonnements, la corruption avec des sommes colossales d’argents en dollars, la propagande mensongére par radio, journeaux, tracts. Beaucoup de dirigeants qui, hier, étaient vos ´défenseurs acharnés, ont trahi la cause du pays. Le pays est tombé entre les mains d’une caste qui ne recherche qu’à s’enrichir d’une maniére scandaleuse, rapide, revoltante, impitoyable, au détriment des intérêts réels du peuple qui continue à mourir de faim [et à subir les affres de la guerre]. La stratégie [Anglo-] américaine au congo s’appuie sur nos divisions, nos querelles, nos luttes tribales, provoquées et entretenues d’ailleurs par les sociologues et psychologues américains qui sont partout dans le pays. Il nous faut parer à cette situation ménaçante. Sur le plan interne, nos efforts doivent tendre à balayer toutes les traces du colonialisme [et du néo-colonialisme]. Il va de soi que nos frêres traîtres, qui servent d’intermédiaires aux capitalistes qui constituent le support d’une politique étrangére, doivent subir les rigueurs de notre lutte de libération totale. Cette lutte doit se mener sous la direction d’un pouvoir populaire et démocratique. C’est aussi une fausse conception que l’indépendance équivaut à prendre la place des anciens dirigeants coloniaux pour ne rien changer quant à la structure économique du type colonialiste. L’indépendance, si l’on la veut entiére et totale, entraîne une lutte héroïque et implacable du colonisé parce que sa réalisation implique un changement radical. C’est une lutte systématique de décolonisation. Elle est dure et de longue haleine. C’est une utopie de croire que la décolonisation totale et réelle puisse se réaliser sans casse. L’histoire de l’humanité nous le prouve avec éloquence. Notre détermination dans la lutte nous conduira à la victoire et celle-ci est inéluctable." -fin de citation.

Je vous remercie.

Back to top

 

Home | About | Contact